‹ Electricité statique, paratonnerresChapitre 31 sur 40 · CINQUIÈME NOTE SUR LES PARATONNERRES INTITULÉE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME NOTE SUR LES PARATONNERRES INTITULÉE

•bserTallons sur le eoûi den paralonnerrea,

•nr qael^nefl pointa dea Inalrnellons françaises et anr la nécemilté

de nonvellea inatrncllona (*).

APPENDICB A CETTE NOTE (*).

40. — Erreur involontaire d*un savant français sur le coût des paratonnerres du système Melsens. — On prouve que ce système est plus économique que les anciens.

Un des plus savants électriciens français, M. le comle Th. du Moncel» avait été induit en erreur sur le coût des paratonnerres du système adopté pour THôtel de ville de Bruxelles; il pensait qu'une installation semblable à celle de l'Hôtel de ville de Bruxelles est ruineuse, et il est plus que prth bable que, si elle était regardée comme indispensable^ on y regarderait à deux fois avant que d'installer des paratonnerres.

J ai comparé, pour combattre celte erreur, le prix de revient d*un paratonnerre de mon système, établi sur la ferme et Thabitation d*un de mes amis, au coût du paratonnerre des abattoirs de la Villette à Paris. Je montre que Tinstallation des paratonnerres sur les abattoirs de la Villette, qui a coûté 71,665 francs (séance du Conseil municipal de Paris, en date du 6 novembre 1877), n'aurait coûté que 19,200 francs environ, si Ion avait adopté pour les protéger de la foudre, le système de THÔtel de ville de Bruxelles , ou de la ferme décrite, avec des devis à Tappui, dans mon livre sur les paratonnerres (p. 154). On remarquera que, pour ne pas me tromper, j'ai quadruplé la dépense, occasionnée par la pose de mon système et que je suis arrivé à cette conclusion qu'on a payé, en nombres ronds, 70,000 francs, alors que, par mon système, on n'aurait dépensé que 20,000 francs, tous les frais étant exagérés dans mon devis.

(•) Bulletins de V Académie royale de Belgique, l. XLVI, 1878, p. i3. (*) Bulletins de l* Académie royale de Belgique, t. XLVI, 1878, p. 581.

41. — PreuTes que les installafions actuelles des paratonnerres des édifices municipaui de Paris ne sont pas, comme on l*a prétendu â tort, lûen supérieures aux anciennes, mises en pratique conformément aux instructions françaises approuvées par FAcadémîe des sciences de Paris et publiées de 18S3 â (868. — La Commission spéciale chargée d'étudier rétablissement des paratonnerres des édifices municipaux dé Paris n'a rien innoTÔ, ou lien peu amendé les anciennes instructions.

J'examine chacun des paragraphes du système de paratonnerres, préconisé dans les instructions de la Commission spéciale chargée d'étudier rétablissement des paratonnerres des édifices municipaux deParis^et, quel que soit mon respect pour les savants distingués qui composent cette Commission, il ne m'est pas possible d'admettre que les installations actuelles des paratonnerres de la ville de Paris sont bien supérieures aux anciennes; en effet, ces instructions ne diffèrent que bien peu de celles que l'Académie des sciences de Paris a publiées depuis 1823 jusqu'en 1868, inclusivement.

En m'exprimant aussi catégoriquement que je viens de le faire sur une question importante, il est indispensable que je reproduise, dans le présent travail, tous^les arguments que je donne dans ma cinquième note.

C'est un signe de déférence que je dois aux savants qui composent la Commission (^) et un témoignage de respect que, malgré nos dissidences, je crois leur devoir. Je critique, mais j'appelle et j'attends, dans l'intérêt de la vérité, la critique sur ce que je me permets d'avancer; je crois être dans le vrai et je demande, itérativement, que l'on me prouve que je me trompe ; c'est le seul motif qui me force à entrer dans les détails de la question.

(<) La Commission était composée de MM. Âlpband, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur des travaux de Paris» président, Fizeau, comte du Moncel, Ed. Becquerel, Desains, Cli. Sainte-Claire Deville, Ballu, membres de Tlnstitut; Magne, inspecteur général honoraire du service d^architecture; H. Andouët, ingénieur civil, secrétaire.

Je donne ces noms d'après les Notices sur les objets exposés par les divers services de la ville de Paris à V Exposition internationale d^ électricité , faisant remarquer qu'en 1875 MM. Belgrand, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur des eaux itégouls, Duc, membre de l'Institut, Davioud, inspecteur généra] honoraire du service d'architecture avec . MM. Félix Lucas et R. Francisque Michel, le premier comme secrétaire et le second comme secrétaire adjoint, faisaient partie de la Commission.

49. — La Gommiuioii n'a rien innoiré pour les pointes on les tiges. — Elle a restreint la zone de protection: or, il est prouvé que la lone, qu'elle admet, s'est souvent trouvée en défaut.

Je montre, enire autres, que rien n'a été changé pour les pointes et les tiges; on a, il est vrai, restreint la zone de protection de chaque tige; mais je démontre que, définie comme la Commission la définit, elle est parfaitement en défaut, comme je Tai fait voir dans la description du coup de foudre sur l'église Sainte-Croix d'ixelles (20 à 26), dans ma note sur le coup de foudre de la gare d'Anvers (33 à 37) et comme l'ont démontré depuis, les observations faites en Angleterre par MM. Andersen et autres, puis les règles posées par MM. Preece et Adams, et, ensuite, les observations faites en Allemagne et en Amérique (*).

48. — La Commission reproduit presque textuellement tout ce qui se trouve dans les rapports de l'Académie des sciences de Paris de 18i3 à 1868, au sujet des conducteurs, des supports des conducteurs et des masses métalliques reliées aux conducteurs; donc pas d'innovation sur ces points.

La Commission reproduit presque textuellement ce qui se trouve dans les instructions de l'Académie, au sujet des masses métalliques reliées aux conducteurs^ au sujet du conducteur lui-même et des supports des conducteurs.

44« — Contradiction de la Commission dans les deux éditions de son rapport au sujet de l'arrivée en terre des conducteurs. — Dans la seconde édition elle fait disparaître la question du raccordement aux conduites d'eau. — Elle ne parle pas des conduites du gaz. — Doutes à ce sujet. Opinion de H. le comte du Honcel.

S'agit' il de Yarrivée en terre des conducteurs; la Commission modifie, en effet, un peu, les instructions de l'Académie de 1867, mais tombe dans de singulières contradictions quand on lit les deux éditions de son rapport du 20 mai iS7S, d'abord dans les deux pièces autographiées, puis dans l'ouvrage de M. le comte du Moncel (S* volume, 3" édition de V Exposé des applications de l'électricité, publié en 4878) et, enfin, dans les Notices

{*) On peul consulter avec fruit à ce sujel les nombreuses données du Beport of the Ughtning Rod Conférence, London, E. et F. N. Spon, 1882; et le livre: Lighlning conductors Iheir History, Nature and Mode of Application^ by Richard Anderson, F. C. S., F. 6. S. LondoD, E. et N. SpoD, 1879, pp. 77, 101, 145, 147.

sur les objets exposés par les divers services de la ville de Paris à l'Exposition internationale ^électricité. Dans la notice exposée, en 1881» par la ville de Paris (n* II, pages 9 et suivantes) on donne une copie exacte de la 2** édition autographiée du rapport de la Commission, dans lequel on a fait disparaître Tun de ses moyens, le plus important et le plus nécessaire, de l'arrivée en terre des conducteurs, c'est-à-dire leur raccordement avec une conduite maîtresse d*eau; dans cette seconde édition, il n'est plus question du raccordement des conducteurs aux conduites d'eau, ou de gaz.

Je crois devoir signaler, ici, ce que M. du Moncel disait dans la troisième séance de la deuxième section du Congrès des électriciens à propos de la discussion sur les paratonnerres et les parafoudres dans les bureaux télégraphiques et rétablissement des paratonnerres sur les supports de lignes aériennes. (Comptes rendus des travaux, p. 278.)

« En somme, après les recherches de Kirchhoff sur la conductibilité » des milieux indéfinis, on a résolu de donner le plus de surface possible » aux conducteurs de dérivation. Ainsi, à la Commission dés paraton- » nerres de Paris, on a décidé de lier les dérivations aux tuyaux de gaz » et aux tuyaux de conduite d'eau, bien que certains ingénieurs aient » exprimé la crainte de voir les ouvriers exposés à recevoir des décharges » foudroyantes. Cette crainte parait chimérique à l'orateur, à cause de » la grande surface de communication des conduites d'eau; par exemple, » avec l'eau, la tension en chaque point doit être très petite, et d'ailleurs » aux États-Unis, où Ion emploie ce procédé, on n'a pas eu à signaler

• d'accident. Pour l'établissement des paratonnerres des édifices muni-

• cipaux, comme des parafoudres pour les lignes télégraphiques, la grande » question consiste à établir une bonne communication avec le sol. On » établit généralement cette communication au moyen de bottes de fil » de fer immergées dans un puits. M. du Moncel préférerait se servir » des conduites d'eau et de gaz, s'il est certain que cela ne constitue pas

• un danger; peut-être même serait-il utile dans ce cas de changer les » décisions prises autrefois par la Commission des paratonnerres. »

Il me parait résulter de ce passage que la Commission des paratonnerres de Paris aurait de nouveau changé d'avis, après le dépôt des notices, qui a été fait au Congrès des électriciens, et qu'elle se rallie aujourd'hui aux dispositions prises pour l'Hôtel de ville de Bruxelles en 1865; mais, il y a ici des contradictions qui, tôt ou tard, devront être expliquées.

éH. ^ GonCralrement à l'opinion de la CommlsBlon, on admet, en général anjourd*bai, qn*il est utile et même indispensalle de raccorder les conducteurs au deui canalisations de Tean et du gaz.

Constatons qu'aujourd'hui, la plupart des savants qui ont écrit sur les paratonnerres, et les sociétés savantes, admettent ces deux raccordements comme élant très utiles, ou indispensables. Faraday, pour obtenir un contact parrait à la terre, et une bonne suite de décharges (a good discharging (rain), avait, dès 1833, mis Tune des armatures de sa batterie en contact, par plusieurs points, avec les canalisations de gazetd'eau.

De plus, il a été prouvé, dans une discussion des gaziers allemands, qu'il est plus avantageux pour le paratonnerre, pour Tédifice armé et même pour les conduites d'eau et de gaz, de rattacher celles-ci aux conducteurs des paratonnerres que de se passer de ce raccordement; les preuves à l'appui de Topinion sont indiquées dans leur publication (*).

En lisant la partie du rapport qui traite du raccordement des paratonnerres aux conduites d'eau, je croyais que la savante Commission se ralliait, en 1 875, à une partie des propositions que j'avais mises en pratique dès 1868; je m'en trouvais très heureux, mais je fais remarquer que, dès 1865, j'avais largement appliqué à l'Hôtel de ville de Bruxelles là surface, assez vaguement définie, préconisée par la Commission.

{*) On pourra consulter avec fruit sur celte question les renseignements suivants :

1 • Journal fur Gasbeleuchting und Wasserversorgung, édile par MM. les docteurs Scbil> ling et Bunle, n»* 16, 17 et 21, septembre et novembre 1880, et n<> 7, avril 1882. Munich.

2* Report of the Lightning Rod Conférence, édited by the secretary G.-J. Symons F. R. S. London, 1882, pp. 9, 28, 37, 39, 44. 72, 100, 102, 108, 114, 117, 123, 126, 128, 139, 201, 231 et 235.

3» Verhandelungen der Kôniglich Preusmchen Akademieder Wissenschaften iiherdie Anlage von Blitzableitungen, aus den Monats-Berichten der Jahre, 1876,1877 und 1880 al)gedruckt. — Berlin, 1880.

4<» Gutachten der Kôniglich Sachsischen technischen Deputation den Anschluss von Blitzableiler auf stàdtische Gaê und Wasserleitungen belreffend, Dresdener Journal, 2 February 1882.

5* Voir mon livre sur les paratonnerres de THôtel de ville de Bruxelles, pp. 63 à 90 et lés extraits que j'en donne (63).

46. — Pails eu paraionnerre de rHotel de Tille de Bruxelles, dont les conducteurs sont, en outre, raccordés aux canalisations d*ean et de gaz*

Le puils du paratonnerre de l*Hôtel de ville de Bruxelles est muni d'un tube de fer de S^JS de long sur O'^fi^ de diamètre, de vingt fils de fer de 12 millimètres de diamètre, d'une longueur de K mètres rattachés métalliquement aux huit conducteurs de 10 millimètres de diamètre descendant de la tour; de plus, mais seulcAient dans ces derniers temps, huit lames de charbon de cornues, de plus de 1 mètre de long sur 0"',35 de large, ont été fixées aux conducteurs descendant de la flèche, le tout indépendnmment des raccords nux tubes à gaz et à distribution d'eau.

49. — En général la partie souterraine des paratonnerres est trop négligée. — Les instructions paraissent un peu yagues sur celte importante question. — Surfaces de contact nécessaires d'après Gay-Lussac en 1823, d'après Pouillet en 185i et en 1867; les surfaces sont de 1,920 et 2,560 centimètres carrés, elles me paraissent trop faillies; comparaison avec la suiface de douMage des navires par sir William Snow Harrîs. — Observations du baron Charles Dupin sur les paratonnerres de sir William Snow Barris pour les bâtiments de mer.

Quand on lit les observations sur les paratonnerres qui ont été foudroyés et qui ont mal fonctionné , quand on voit la plupart des auteurs qui ont écrit sur les paratonnerres, en Allemagne, en Amérique, en Angleterre, etc., on reconnaît qu'ils sont tous unanimes pour déclarer que la partie souterraine est, en général, beaucoup trop négligée, et on se demande si les instructions, à ce sujet, ne sont pas un peu trop vagues.

Reprenons les Instructions de l'Académie de Paris (*).

Le raccordement du conducteur n*y est pas cité moins de douze fois aux pages 31, 72, 76, 83, 84, 102, 103, 105, 109, 110, 131 et 135.

Résumons oe qui est demandé, ou recommandé.

Pour Gay-Lussac (p. 31) il suffit que le conducteur de 15 ou 20 millimètres de côté plonge, au moins de 65 centimètres dans les plus basses eaux; mais on lui donne, ordinairement, deux ou trois racines, pour faciliter récoulement de la matière électrique du conducteur dans Teau du puits.

En 1854 (p. 72), Pouillet admet qu'il n y a pas lieu de modifier la règle

(*) Inslruction sur les paratonnerres adoptée par V Académie des sciences^ éd. de 1874. Paris, Gauthier-Villurs.

posée par Gay-Lussac; il fait remarquer, dans sa note spéciale pour les bâtiments de mer (p. 76) que souvent il ne suffit pas que la chaîne des paratonnerres des navires communique avec Teau de la mer par deux ou trois décimètres carrés de surface; il conseille de rattacher le conducteur au doublage métallique du navire, précaution qui donne une surface énorme, comparativement. Ce raccordement avait déjà été proposé par sir Wiliïam Snow Harris, depuis plus de trente ans, dans la marine anglaise.

Aussi, Charles Dupin en fit-il la remarque, dans la séance de TAcadémie de Paris, en date du 18 décembre 1854, lors de la lecture du rapport de Pouillet, comprenant une note spéciale pour les bâtiments de mer.

Les travaux du savant anglais, qui s'occupait de la pose des paratonnerres sur les navires depuis i821, et qui s'en occupait avec le plus grand succès, iront pas même obtenu Thonneur d'une simple ciiation.

Notons aussi que le jury de r£xposition universelle en 1851, présidé par le baron Charles Dupin, avait décerné sa récompense la plus élevée au système des paratonnerres de sir William Snow Harris, comme étant le meilleur qu'on ait encore imaginé contre les effets de la foudre (*).

En 1853 (pp. 83 et 84), Pouillet demande de mettre les paratonnerres en communication, par de larges su? faces, avec des nappes d'eau souterraines intarissables; mais, lorsque les nappes d'eau sont à une profondeur un peu considérable (quelle profondeur en mètres? on ne le dit pas), il regarde comme nécessaire d'employer un conducteur à deux branches : la branche principale, qui descend à la nappe souterraine, et la branche secondaire, qui, partant de celle-ci rez terre, est mise en communication avec la surface du sol elle-même.

Je me permettrai de faire remarquer que cette précaution me semble être en contradiction avec les opinions de Pouillet lui-même ; bien plus, à la page 103, dans le rapport de 1867, on conseille d'aller à la nappe d'eau souterraine, dût-on aller la chercher à plusieurs kilomètres de distance.

En 1867 (pp. 102,103 et 103), on retrouve, de nouveau, trois fois cette expression vague : communiquer largement avec la nappe souterraine; je dis vague, car la surface n^est pas donnée, mais nous pouvons la calculer d'après ce qui est dit (pp. 109 et 110). L'eau du puits doit avoir, au moins, 50 centimètres de hauteur dans les saisons les plus défavorables;

(*) Comptes rendus hebdomadaires de l*Acaiiénue des sciences de Parts, l. XXXIX, p. 1159, 28 décembre 1854.

les quatre racines doivent avoir 60 centimètres de longueur et être en fer de 3 centimètres de côté, soit, en tout, un contact de 1,920 centimètres «arrés.

En 1868 (p. 131), Pouillet revient encore sur la nécessité de faire plonger le conducteur dans la nappe d*eau et communiquer largement avec elle; il donne un contact un peu plus large qu'en 1867; puis enfin (p. 135), il donne les éléments qui permettent de calculer la surface en contact avec Teau : quatre branches de 80 centimètres de long et 2 centimètres de côté, offrent une surface totale de80x2x4'X'i' = 2,S60 centimètres carrés; quatre branches de 60 centimètres (p. 131), le même calcul pour le contact à Teau, d'après Gay-Lussac, donnent 60 X 3 X 4 X 4- = 1,920 centimètres carrés, soit 74 ou V« ^^ mètre carré.

48. -— La seule amélioration, apportée par la Commission, consiste donc dans Faugmeutation de la surface de contact aiec la nappe aquifére; elle est portée â i mètre carré. — L'Académie de Berlin demande t mètres carrés au minimum. — Le puits de l'Hôtel de ville de Bruxelles offre une surface de plus de tO mètres carrés.

La grande amélioration, apportée par la Commission municipale, a donc consisté, pour rendre les installations actuelles de la ville de Paris bien supérieures aux anciennes^ à augmenter ce que Pouillet appelle une large surface, ou à faire communiquer largement; cela me parait une assez faible surface, comparée à celle du puits de FHôtel de ville de Bruxelles, dont le tube seul offre une surface de 10 mètres, non compris les vingt fils de 12 millimètres de diamètre, longs de 5 mètres, ce qui augmente la surface d'environ i mètres, et, encore, non compris les huit grandes lames de charbon de cornues que j'ai fait installer, récemment, ce qui augmente encore la surface de prés de 6 mètres carrés, soit une siirface totale de plus de 20 mètres carrés (*).

(*) J'ai dit plus haut (45) que la surface du contact de rextrémité souterraine du paralonuerre était vaguement définie; je crois devoir, de crainte de me tromper ou d*induire involontairement en erreur, donner exactement les termes dont la Commission se sert : « A 9 Vexirémité du conducteur sera fixée et soudée une masse métallique, plaque ou cylindre » creux, à surface aussi large que possible. Cette masse métallique devra toujours pion- » ger d'au moins 1 mètre, même par les plus grandes sécheresses, dans la nappe d*eau » souterraine, »

Mais dans Pextrait du cahier des charges et du bordereau des prix de travaux, de paratonnerres, etc. (p. 2^ de la note exposée en 1 881 dans le Pavillon de la ville de Paris), on est un

L'Académie royale des sciences de Berlin, dans son avis de décemhrc 1876, demandait un contact avec Teau des puits ayant au minimum S métrés carrés de surface, et celle-ci devait encore être augmentée dans le cas d'un simple contact avec le sol humide.

Cette donnée montre que, depuis plusieurs années, TAcadémie de Berlin ne se contentait guère du contact préconisé par la Commission municipale de Paris, en 1881.

Comme les tubes en fonte sont lourds et difficiles à manier, il est à ma connaissance que des constructeurs belges se proposent d'emnioyer des tubes en tôle galvanisée de 2 millimètres d'épaisseur environ; ils auront incontestablement l'avantage d'être d'un maniement plus facile et d'une conservation prolongée. J'ai signalé, depuis longtemps, les lames en tôle galvanisée pour les lames de terre.

^tl. — Visites des paratonnerres. — Époque à laquelle il est convenable de procéder â cet examen. — Il est utile de faire la visite avant l'époque des orages, au printemps, si Ton se borne â n'en faire qu'une par an.

Je n'ai pas d'observation importante à faire sur les §§ VllI et IX des instructions de la Commission, en ce qui concerne les dispositions gêné» raies et les visites des paratonnerres.

Seulement, je ferai observer à propos des visites, qu'elles ont toujours été demandées par tous ceux qui se sont occupés de la question.

Je ne vois pas en quoi cette mesure, préconisée depuis longtemps, a pu rendre les installations actuelles des paratonnerres de la ville de Paris bien supérieures aux anciennes.

Je me permettrai, cependant, de signaler l'époque à laquelle la Commission demande que cette visite soit faite. En effet, elle propose la fin d'au-

peu plus explicite • « La plaque de terre sera en tôle douce de 0^^0025 d'épaisseur; sa

• surface sera telle, qu'elle plonge au moins 1 mètre datts la nappe d'eau souterraine, en » toutes saisons. »

« L'assemblage entre le conducteur et la plaque de terre sera fait suivant toute ta

• hauteur de cette dernière. Il sera boulonné, soudé et définitivement élamé sur toute la 9 surface, »

Cela ne me paraît pas absolumenl clair, en ce sens que l'on peut confondre entre la surface totale de la plaque et la surface de ses deux faces, ou, entre une plaque de 1 mètre carré et une plaque de */• mètre; il D*y aurait plus de doute si Ton donnait directement les dimensions de la plaque et la surface totale baignée exij^ée.

tomne. Je n'y vois pas d*inconvénient, à la seule condition, bien entendu» qu'une visite soit faite, avant la saison des orages, au commencement du printemps, mesure qui me paraîtrait plus logique, plus efficace, que celle proposée par la Commission.

ftO. — Question des ouvriers spéciaux pour rétablissement des paratonnerres ; ils ne sont pas Indispensables; j'ai fait voir que tout ouvrier serrurier, ou forgeron, est capable, s'il est surveillé, d établir un paratonnerre de mon système et que tout propriétaire peut s assurer facilement qu'il est bien établi.

Le § X ne donne lieu à aucune observation, mais je dois constater cependant, eu égard à ce § X : Exécution des travaux par des fabricanU et des ouvriers spéciaux^ que TAcadémie de Berlin dans son Gutaohten du 27 mai 1880 (0 admet que la pose des paratonnerres peut être faite par tout serrurier habile; de plus, j'ai fait voir, dans mon ouvrage développé sur les paratonnerres (p. HS) que Ton peut mettre tout ouvrier intelligent, serrurier ou forgeron, à même de construire un paratonnerre, et que tout propriétaire attentif peut en surveiller toutes les dispositions et de s'assurer que l'ensemble est convenablement établi. Je veux bien convenir que les ouvriers spéciaux sont préférables, principalement pour les paratonnerres à hautes tiges et conducteurs à grande section ; mais ils ne me paraissent pas indispensables, pour les paratonnerres de mon système, s'ils sont surveillés par un architecte qui connaît les grands principes sur lesquels repose le bon fonctionnement du paratonnerre, et qui est guidé par des instructions très précises.

Les ouvriers, ou les constructeurs spéciaux ont eu, ce me semble, une large part dans le prix, trop élevé encore, des paratonnerres; pour les paratonnerres de mon système, les aigrettes se fabriquent très aisément, le commerce livre des iSls de fer zingués de 6 à 10 millimètres de diamètre de toute longueur; il suffit pour les raccorder aux dérivations que l'ouvrier chargé de ce travail sache bien décaper et souder, en recouvrant ses soudures d'une masselotte convenable, soit sur les fils qu'il faut rendre métalliquement solidaires entre eux, soit lorsque ceux-ci sont fixés au moyen de brides sur les gros tubes à eau et à gaz.

(') Die Arbeiten durften vonjedem tiichtigen Schlosser ausfiihrbar sein.

51. — Permanenoe de la GommiMion. — Conditions dans lesquelles celle mesure

peut être bonne.

Dans le § XI du rapport, la Commission croit qu*il serait utile de maintenir la permanence de la Commission ; certes, c'est là une bonne mesure; car en se réunissant, chaque année, après la visite des paratonnerres, elle arrêtera les dispositions à prendre pour remédier aux inconvénients que rexpérience aurait fait connaître et pour y remédier en temps utile et opportun; nous admettons, même, l'opportunité de deux visites. Tune avant, lautre après la saison des orages.

Mais, eu égard à ce que j*ai dit plus haut (4*7) , en parlant des observations du baron Gh. Dupin et des paratonnerres de sir William Snow Harris, la mesure, qui décrétera la permanence d'une commission quelconque, ne sera bonne qu'à la condition expresse que la Commission veuille bien tenir compte des observations, des faits ou des propositions qui n'émaneraient pas, exclusivement, de ses membres; j'ose ajouter qu'elle veuille bien tenir compte de ce qui se publie, à l'étranger, sur la question des paratonnerres, soit en vue de citer seulement, soit en vue d'une critique qu'il est digne et indispensable de rendl*e publique par la voie de la presse.

Espérons qu'il en sera ainsi, lorsque le vœu du Congrès international des électriciens sera mis en pratique et que Ton possédera des données statistiques complètes.

Dès cette époque, en 1878, j'ai demandé une révision par l'Académie des sciences, ou une instruction nouvelle et complète, dans laquelle il serait tenu compte des travaux récemment publiés sur la question par des sociétés savantes ou par des savants et des miens, entre autres, toute fausse modestie à part.

S9. — Opinion personnelle de M. le comte du Moncel sur les paratonnerres du njstème Helsens. — Les rapports des Commissions devraient, au moins, faire connaître l'opinion de la minorité.

Dans une note, faisant suite à celle que je viens d'analyser, je donne le devis fait par des officiers du génie pour les paratonnerres des quinze bâtiments couvrant 20,000 mètres carrés de surface des grandes casernes

d*helles-leK-BruxelIes, et je prouve, par ce devis, Téconomie importante que l'on aurait pu réaliser, en adoptant mon système de paratonnerres ; ceux-ci auraient pu, en outre, être construits par les soldats de la compagnie des télégraphistes de Tarmée; mesure qui pour eux constituerait un excellent apprentissage.

Je publie, dans cet appendice à ma cinquième note, une lettre, adressée par M. le comte Th. du Moncel au président de PAcadémie des sciences de Belgique. Cette lettre prouve que le malentendu, entre Téminent électricien français et moi, a disparu; que Tillustre savant français partage, sur beaucoup de points, mes idées; qu'en faisant précéder les instructions de la Commission municipale de quelques commentaires, il n'avait pour but que d'expliquer les raisons qui avaient dicté les décisions de la Commission et qu'il aurait parlé dans un tout autre sens, s'il avait exprimé son opinion personnelle; il est regrettable qu'il ne I^ait pas exprimée, car son opinion aurait incontestablement une haute valeur dans la question.

Nous ajouterons qu'il est même regrettable que, dans une Commission comme celle des paratonnerres de la ville de Paris, ou de l'Académie des sciences (90), il ne soit, en général, pas fait mention des opinions et des avis de la minorité.

C'est ainsi que dans la nouvelle édition des Instructions approuvée par l'Académie, il n'est nullement fait mention des observations présentées en 1854*, par M. le baron Ch. Dupin, au sujet des paratonnerres des navires, armés d'après le système de Sir William Snow Harris; l'illustre académicien avait présenté ces observations, à la suite du supplément à l'Instruction sur les paratonnerres, présentée par la section de physique (Pouillet, rapporteur) (*).

En 1867, après le rapport fait par Pouillet, au nom de la Commission des paratonnerres, MM. le général Morin, C. Becquerel, et le général Piobert ont présenté des observations qui, ce me semble, devaient être assez importantes pour être reproduites à la suite du rapport de Pouillet donnant une instruction sur les paratonnerres des magasins à poudre (•).

.*) Comptes rendus des séances de l'Académie, décembre 1854, t. XXXIX, p. 1159. (■. Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. LXIV, p. 80.

&8« — Il ne doit pas être admis que Ion soit condamné, sans disoussion, a partager tous les aris des Commissions.

J*ai introduit ces considérations, un peu longues, peut-être, afin de bien faire voir les pièces du débat qui s'établira, tôt ou tard, entre les commissions et les savants qui ont la prétention de ne pas leur obéir aveuglément, ou qui osent discuter, respectueusement, les faits et les choses, tels qu'ils les comprennent, en y introduisant des données nouvelles, incontestablement scientifiques, logiques et résultant d'observations bien faites par des savants compétents, expériences et observations dont on affecte parfois de ne pas vauloir tenir compte, soit parce qu'on a pu ne pas les connaître, soit pour tout autre motif. En m'exprimant aussi catégoriquement, je proteste, de nouveau, de tout mon respect pour les savants des commissions scientifiques de divers pays, mais il m'est permis de discuter leurs opinions, car, j'aurai encore à le faire, dans le courant de la présente publication, et à leur opposer des observations, des faits et des expériences qui me conduisent à des conclusions, complètement opposées à celles qu'ils prennent.

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