‹ Electricité statique, paratonnerresChapitre 30 sur 40 · But de la note · texte numérisé non relu

But de la note

Je décris dans ce travail un nouveau modèle du Rhé-électromètre de Marianini et son mode d'installation dans les bureaux télégraphiques. Ce modèle, construit, sur mes indications, par M. Devos, mécanicien des télégraphes de TÉtat, est très maniable, se place facilement dans les bureaux et peut se fabriquer à très bas prix, une dizaine de francs.

On sait que cet appareil est fondé sur la propriété, que possèdent les courants électriques, de transformer un barreau neutre, de fer ou d'acier, en aimant, lorsque le barreau est entouré d'un solénoïde, dans lequel les courants peuvent circuler. L'aimant, produit de cette façon, agit sur une aiguille aimantée, librement suspendue, ou pouvant se mouvoir sur un axe vertical; celle-ci préalablement placée dans le plan du méridien magnétique sera déviée vers TEst ou vers TOuest, lorsque le courant aura passé dans le solénoïde, et sa nouvelle direction sera déterminée par le sens du courant- qui aura produit Paimanlation. Je crois inutile de le décrire ici; ma note en donne la description détaillée et un dessin sur échelle.

Je donne un résumé des observations, recueillies dans les bureaux télégraphiques de rÉtat belge, depuis le mois de juin 1875, jusqu'en mars 1876, au moyen du Rhé-électromètre; ces observations étaient extraites d^un volumineux dossier et d'un rapport de M. Banneux, ingénieur eh chef des télégraphes.

O BuUetiM de l'Académie royale de Belgique, i.\L\U^ 1877.

S9. — Le Rhé-électroDiètre iniliqae le sens des courants dans les paratonnerres et les fils télégraphiques. — Importance probable, au point de Tue météorologique, d'un Yaste système d'obserYations du Rhé-électromètre Intercalé dans les lignes télégraphiques. — Installations en Belgique. — Concours bienveillant de M. le Ministre des TraYaux publics. — iNote sur une application spéciale du Rhéélectromètre.

Il résulte des faits signalés, que les observations du Rhé-électromètre permettent de constater, sans aucun doute, le sens des courants induits ou autres, qui traversent les lignes télégraphiques et que Tappareil, placé dans des conditions convenables, peut augmenter nos connaissances sur les phénomènes météorologiques, qui accompagnent les orages, qui pro* duisent des courants instantanés, provoqués, sans cause électrique apparente, ou des courants terrestres qui traversent les fils de ligne et, peutêtre même, les effets que Ton attribue aux aurores boréales.

Aujourd'hui que les réseaux télégraphiques aériens traversent l'Europe dans tous les sens et s'étendent sur le monde civilisé entier, la météorologie pourrait trouver dans les observations des Rhé-électromètres, placés dans les lignes de toutes les directions possibles, une riche moisson de faits et la télégraphie pourrait, sans doute, se rendre mieux compte des courants qui, parfois, entravent son service; elle apprendrait à prévoir ou à atténuer Tinconvénient de ces courants spontanés, que Ton observe si souvent et qui compromettent le service (*).

(*) Je ne connais pas assez les eiigences du service des télégraphes pour pouvoir me prononcer sur TopportuDlté et Tutililé de la proposition que j'indique plus bas ; en dehors de tous les moyens qui ont pu être mis en pratique pour éviter les inconvénients des courants spontanés, instantanés et même continus, qui parcourent les fils de ligne, Je crois pouvoir attirer Inattention sur ce que je dis plus loin (90) à propos de certaines dispositions quej*ai proposées, depuis longtemps, pour les paratonnerres des magasins à poudre; je veux parler de remploi d'un double réseau de conducteurs.

M. le professeur Alluard a fait, au Puy-de-Dôme, une observation très intéressante (90), il a placé un second Hi, mis en fréquentes communications avec la terre, pour dériver du fil sous-jacenl les décharges provenant du sommet du Puy-de-Dôme vers le réservoir commun; Je me demande sMl n'est pas possible de rappliquer aux grandes lignes télégraphiques aériennes, mais, avec une légère modification. Je la sse, bien entendu, à Messieurs les télégraphistes le soin de décider, eu égard aux frais à faire et à la fréquence des désagréments que Ton voudrait éviter, de Popportunité d'une pareille mesure, car je ne puis la présenter, ici, qu'avec une grande réserve, même, au simple point de vue scientifique.

Od sait que les lignes télégraphiques présentent souvent une série de fils nombreux juxtaposés dans un même plan vertical, le long de chemins de fer, sur des poteaux élevés,

Les observations du Rhé-électromètre dans les stations télégraphiques n^entravent, en aucune façon, le service des télégraphistes; car ceux-ci ont ordre de se mettre sur terre en cas d'orage; les observations de cas de foudre ascendante ou descendante , ou la direction des courants , étant donnée par le Rhé-électromètre dans les stations télégraphiques, discutées et coordonnées avec les observations météorologiques générales dans les nombreuses stations d'un pays ou même de toute TEurope, ne peuvent manquer d'offrir le plus grand intérêt.

J'aurai à revenir, plus loin, sur la donnée de la foudre ascencfan/e ondescendante, en d'autres termes, sur l'origine du trait foudroyant partant de terre ou partant des nuages; je ne le ferai qu'à propos des paratonnerres de magasins à poudre en cherchant à analyser l'ensemble des opinions de Faraday (96).

Je dois me borner, ici, à constater que le Ministre des Travaux publies de Belgique s'est intéressé à la question de l'installation du Rhé-électromètre; il a même donné une instruction pour les bureaux télégraphiques, peu nombreux encore, où ces appareils sont installés.

oU chaque fil se trouve isolé. Je ine demaude ce qui pourrait arriver, si Ton plaçait sur ces lignes ud fil perdu ^ dominant tous les autres? Des fils dérivés nombreux, descendant le long des poteaux, seraient mis en contact avec la terre, les rails, etc.. et chacua d*eux serait armé d'une aigrette en communication métallique avec le fil perdu et la terre.

N*aurait-on pas ainsi un moyen d*anéantir, ou d'atténuer, au moins, les courants instantanés, ou autres, dans tous les fils inférieurs, seryant à la transmission des dépêches?

Il me parait qu'une expérience décisive serait facile à faire avec le Rhé-électromètre; en elTet, des Rhé-éleclromètres, placés d'une part sur le trajet du fil supérieur, ne pouvant servir à la transmission des dépêches, et, d'autre part, sur le trajt^t des fils de ligne, permettraient de se rendre un compte plus exact des courants instantanés; Je me demande si, sur une ligne disposée de cette façon, les courants ne seraient pas, partiellement au moins, anéantis, quelle que soit du reste, leur origine. Au simple point de vue théorique, c^est-adire, de la physique générale, Texpérleuce pourrait avoir son intérêt, mais je n^ose insister davantage. — (Voir à ce sujet la discussion au Congrès des électriciens, deuxième section, 2«, 3« et 4« séance, pages 274 et suivantes.)

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