‹ Electricité statique, paratonnerresChapitre 35 sur 40 · de pouce · texte numérisé non relu

de pouce

7 onces.

Section en

Diamètre.

miUimètree carré*.

Notons en passant que les sections admises par les commissions françaises permettent l'emploi de conducteurs dont la section peut varier de 22S à 480 millimètres carrés.

L'Académie de Berlin est d'avis qu'un conducteur ayant une section de 1 centimètre carré est suffisant (voir les Gutachten, etc., cité au 31).

M. W.-H. Preece, qui cependant, a signé le rapport, et dont j'ai déjà donné l'opinion, pensait qu'un fil de fer galvanisé de 6 millimètres de diamètre suffit pour protéger une habitation ordinaire (*).

(•) But I contend that a wire équivalent to the ordinary galvanized iron wire, knoum as n» 4, which is one quarter ofan inch in diameter^ and used so largely for télégraphie purposes, is amply sufficient for any dwelling house. (Journal of the Society of lelegraph engineers, 1873.)

Je puis aflSrmer aujourd'hui (décembre 18S2) que le savant électricien en chef du Post Office n'a pas changé d'opinion depuis 1873; il aura donc fait partie de la minorité de la Conférence, si celle-ci a procédé à On vote sur la section minimum à donner aux conducteurs.

Je dois regretter que, tout en se mettant en contradiction avec les Académies de Belgique, de Berlin, de Paris et les opinions exprimées en 1873 par l'un de ses membres, la Conférence n'ait pas jugé à propos de signaler l'emploi des conducteurs déliés, simples ou multiples, que j'avais appliqués dès 1865 à l'Hôtel de ville de Bruxelles.

Je regrette vivement de ne pas voir reproduit, dans le Report, ce que M. Richard Anderson F. C. S. F. G. S., membre de la Société des ingénieurs télégraphistes, dit page 111 de son livre (Lightning Conductors^ their History, Nature ^ and Mode of Application. London, E. et F.-N. Spon, 1879) après avoir donné les principes généraux de mon système de protection :

« Aucun édifice n'est probablement aussi complètement à l'abri de la » foudre que THôlel de ville de Bruxelles. » {And probably no other building is so completely guarded from the dangers of thunderstorms.)

Cependant, M. R. Anderson est un partisan très décidé du système des paratonnerres à conducteurs en cuivre de M. R.-S. Newall F. R. S. (voir les pages 140 à 168 de son livre).

Hauteur des tiges. — On laisse la question dans le vague; on n'ordonne pas. 11 n'y est pas fait mention de l'emploi des aigrettes. Au sujet des pointes, la Conférence a déjà fait remarquer que si la pointe est trop délicate, elle est exposée à être fondue. Je me demande, cependant, s'il ne faut pas considérer que, dans une aigrette, il y a plusieurs pointes et que leur ensemble ne doit pas se comporter comme la pointe unique, surtout si, comme à l'Hôtel de ville de Bruxelles, on compte sur un édifice au delà de cinq cents pointes.

9G. — Gode de règles ou lois donné par la Conférence. — Son modèle de pointes, etc. ^— Avenir possible des paratonnerres à bas prix en Angleterre.

L'introduction du Rapport est suivie d*une section HI comprenant un Code de lois pour l'établissement des paratonnerres (Code of Rules for the Erection of Lightning Conductors).

Le titre seul parait impliquer que la Conférence n'admet que les lois ou les règles qu'elle pose; en général ses expressions affectent la forme impérative; donc plus de discussion, c'est la loiy et il faut obéir.

Pointes et terminaisons supérieures. — On n'y donne aucune règle générale sur le nombre de pointes, leur hauteur, etc.

La pointe supérieure ne doit pas être plus aiguë que celle du cône, dont la hauteur est égale au rayon de base ; elle renchérit donc, bien entendu sans motiver, sur la pointe classique de l'Académie de Paris, puisque dans celle-ci la hauteur du cône est égal à trois fois le rayon de base; mais, elle amende ce point, en ce qu'elle ordonne qu'à un pied audessous, on visse et soude un anneau de cuivre, dans lequel on fixe trois ou quatre pointes effilées (sharp) de cuivre; le diamètre de leur base et leur inclinaison sur la tige ne sont pas indiqués.

Voilà donc bel et bien une aigrette; on ajoute qu'il est désirable que les pointes soient platinées, dorées ou nickelées, en vue de résister à l'oxydation (*).

Je ferai remarquer que les pointes en cuivre de l'Hôtel de ville de Bruxelles, placées depuis 1865, sont absolument intactes, aujourd'hui (1882).

Quant aux cheminées des usines, le Code de lois ordonne qu'elles doivent avoir une bande de cuivre, autour de leur sommet et de fortes pointes effilées (sharp) longues d'un pied, placées à des intervalles de deux ou trois pieds tout autour de la circonférence. L'inclinaison des pointes n'est pas donnée. Je me demande pourquoi il faut employer, dans ce cas particulier, des pointes effilées et nombreuses.

Matière du conducteur. — On y revient, et comme les lois ou règles ne sont pas, absolument, celles données à litre de recommandation, dans le tableau ci-dessus, je reproduis ce paragraphe textuellement.

« Du cuivre ne pesant pas moins de six onces par pied courant, la » conductibilité de ce cuivre ne sera pas moindre que de 90 7© de celle » du cuivre pur, soit sous la forme de ruban, ou de corde de fils forts, » aucun fil individuel n'ayant un diamètre moindre que le n* 12 B.W.G. » (ce qui correspond à 2""*,76 de diamètre). On peut employer du fer, » mais il ne pèsera pas moins de 2 V4 Ibs par pied courant (*). »

(^) The point of the upper terminal should nôt be sharp y not sharper than a cône of which the height is equal to the radius of its base. But a foot lower down a copper ring should be screwed and solder ed on the upper terminal, in which ring should be fixed three or four sharp copper points, each about 6 in. long. U is désirable that thèse points be so platinized, gilded or nickel plated as to resist oxidation.

(*) Copper, weighing not less than 6 oz. per foot run, ànd the conductivity of which is not less than 90 per cent of that ofpure copper, either in the form of tape or rope of stout wires — no individual wire being less than iV» 12 fi. W. G. Iron may be used but should noth weigh less than 2 */* Ibs. per foot run. (See pp 5 to 10.)

Les nombres ei-dessus, car remarquons bien que nous en sommes à TappUcation des lois, diffèrent de ceux que j*ai donnés plus haut, surtout pour le fer, mais peu importe.

Je ne serais pas fâché d'apprendre comment les propriétaires, qui posent un paratonnerre, s'assureront facilement que le cuivre de leurs conducteurs aura un pouvoir conducteur égal aux ^lo ^^ cuivre pur. — Je trouve en moyenne les nombres suivants dans les ouvrages :

Cuivre pur i 00,00

Meilleur cuivre d'Amérique 92,57

Cuivre d'Australie 88,88

Cuivre de Russie 59,5i

Cuivre d'Espagne (Uio-Tinto) ii,24

pour le fer les variations s'élèvent de 18,20 à 14,60; il y a donc du fer qui conduit aussi bien que certains cuivres; toujours, bien entendu, qu'il s'agit du courant de la pile qui, du reste, n'est pas applicable à la foudre ni aux courants instantanés à fortes tensions.

Protection des conducteurs de cuivre. — Il faut les mettre à l'abri de la détérioration et du vol, en les enfermant dans un tube de fer d'une hauteur de dix pieds (3 mètres) au-dessus du sol, dans lequel ils doivent plonger un peu.

Raccordement terrestre. — On peut raccorder les conducteurs au moyen d'une bande de cuivre aux conduites rapprochées de gaz et d'eau, ou on peut raccorder la bande à une feuille de cuivre ayant une surface de 3 pieds X 3 pieds (1 mètre carré environ), d'une épaisseur de 7i6 de pouce (l'^^jS environ) entourée de fraisil, ou de coke et enterrée dans un sol toujours humide, ou bien on peut se servir d'une bande de cuivre placée dans une tranchée avec du coke; cette bande doit avoir, comme dans le cas précédent, une surface totale de 18 pieds carrés (2 mètres environ). Quand les conducteurs sont en fer, la plaque de terre, de pareille dimension, doit être, de même, en fer galvanisé; c'est une excellente précaution. J'ai vu des plaques de cuivre, fixées à des conducteurs de fer, prêtes à s'en détacher complètement par suite de la corrosion du fer au contact du cuivre.

J'ai voulu reslreindre mon examen actuel à quelques points principaux, mais ce que je dois constater, c'est que dans ce Code de his^ il n*est pas fait la moindre allusion aux dispositions essentielles de mon

système de paratonnerres en ce qui concerne les conducteurs en fer, la forte section des conducteurs anciens, admis en France, ainsi qu'aux prétendues lois pour la hauteur et le placement des pointes qui prêtent singulièrement à l'arbitraire, etc., etc.

Quoi qu'il en soit, j'ai cru (malgré plusieurs citations ou analyses de mes publications dans les treize appendices, A à M du Report)^ que le silence, que la Conférence garde dans son Code de loiSy sur lapplication possible de mon système, équivalait à une condamnation; j'aurais été heureux de voir la Conférence se prononcer, nettement, sans réticence aucune, soit pour, soit contre l'ensemble du système, ou son adoption concurremment avec les paratonnerres qu'elle ordonne ou qu'elle préconise; les savants éminents, qui en font partie, n'auraient pas manqué, dans ce cas, de discuter les points essentiels, au grand profit de l'élucidation de la question scientifique et pratique, surtout dans les points sujets encore à discussion, et dans lesquels on rencontre des opinions très opposées.

On comprend que je dois regretter, profondément, eu égard, surtout, aux savants éminents, qui sont membres de la Commission anglaise, le silence qu'elle a cru devoir garder sur mon nouveau système de paratonnerres, en donnant les règles et les lois, qui, d après elle, constituent la protection la plus efficace, abstraction faite de toute considération sur les constructeurs qui usent si largement de la réclame, ou qui sont protégés par de soi-disant brevets d'invention (*).

(*) Je dois à ce sujet de uouvcau déclarer, bien haut, que je n'ai pas voulu me faire délivrer un brevet d'invention et que je laisse tous les conslnicteurs libres de toute entrave dans leurs travaux; il me serait, même, facile de le prouver, mais j*ose me contenter de ma simple affirmation; plusieurs constructeurs belges m*ODt demandé des conseils ; je me suis, pour tous (un seul excepté en Belgique), mis librement à leur disposition, quand je pouvais leur donner un conseil dans rétablissement de paratonnerres de n'importe quel système.

Quand on voit les réclames faites, par beaucoup de constructeurs, dans divers pays, on est, forcément, amené à partager, un peu, Topinlon de John Phin (Plain direction for the Construction and Erection of Lightuing-Rods , New -York, 1879), sur les constructeurs ambulants de paratonnerres {Lightning-Hod Men): On pose des paratonnerres non pour protéger les habitations, mais pour gagner de Targent. (To make money rather than to affbrd protection from lightning.) Dans la préface de la S*' édition, il ajoute: que son livre est le seul qui n'a pas été publié dans le but de préconiser (pufflng) quelque brevet particulier. [The présent volume slill remains^ as when first issued, the only book pubiished on lighting rods^ which has not been written for the purpose ofpuffing some peculiar patent.)

Dans un pays comme TAngleterre, il arrivera tôt ou tard, si je suis dans le vrai, comme beaucoup d'électriciens le pensent, qu'un industriel, ou qu'une société, bien et Uounêtement organisée, pourra, par ses paratonnerres à bas prix, lutter avantageusement avec ceux que

99. — Yœii du Congrès des électriciens eu 1881 au Congrès international. — Opinion de Gay-Lussac, en 18Î5.

Le Congrès international des électriciens, en 1881, a émis te vœu :

« Qu'une entente s'établisse entre les divers États en vue de réunir les » éléments d'une statistique relative à ^efficacité des paratonnerres des » divers systèmes en usage. »

Espérons que ce vœu sera exaucé et mis en pratique; les observations faites avec soin et d*après un modèle bien ordonné aideraient, puissamment, à la solution des questions en litige et du mode le plus efficace de protection. On sait qu'en 1823, Gay-Lussac, parlant au nom de la Commission des paratonnerres, avait déjà dit : « Nous formons le vœu que » M. le Ministre de l'Intérieur, après avoir ordonné l'exécution d'une • mesure réclamée depuis longtemps, et dont il sent toute l'utilité, invile » les autorités locales à lui transmettre fidèlement tous les renseigne- » ments relatifs à la chute de la foudre sur un édifice armé de paraton- » nerres. Ces renseignements seraient la source d'améliorations impor- » tantes et contribueraient, en faisant connaître les avantages d*un » préservatif aussi simple et aussi sûr, à en rendre l'adoption plus » générale. »

II est regrettable que l'on n'ait pas tenu un compte plus sévère de ce vœu, émis par l'Académie des sciences de Paris; espérons qu'il en sera autrement pour le vœu émis, plus d'un demi-siècle après, par le Congrès international des électriciens.

les manufacturiers trouvent trop chers et qu'elle pourra, si elle est prudente et dirigée par un éiectricieu habile, faire ses affaires, comme nous le disons en français; elle provoquera, eo même temps, Térection de beaucoup de paratonnerres, là ou les fraisa faire paraissent trop élevés, aujourd'hui, quand on applique les systèmes anciens et, surtout, les paratonnerres à conducteurs en cuivre, tant préconisés en Angleterre.

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