Phares
Les phares, si souvent frappés, peuvent facilement, et à peu de frais, être armés d'après mon système; je cite le phare d'Ostende comme modèle.
Je puis décrire le paratonnerre de ce phare en quelques mots.
Tout le métal de la lanterne est mis en communication métallique avec huit conducteurs de 10 millimètres de diamètre en fer zingué; il y a huit tiges correspondant à chacun des conducteurs; elles ont une longueur de 1",50, sont inclinées à 45»* environ, leur pointe est en cuivre
nickelé; plusieurs ceintures rendent les huit conducteurs solidaires; chaque conducteur se termine au soi par un tube de fonte de O'^ySOO de diamètre et d'une longueur de 3 mètres; ce tube émerge du sol, de façon à être en vue, ce qui permet ia vérification du bon état des choses. L'un des conducteurs est plongé dans l*eau d'un puits; il est raccordé à son extrémité inférieure è un tube de même dimension, toujours plongé dans l'eau; un regard mobile permet de vérifier, instantanément, le bon état des choses.
st. — Hautes cheminées.
Les hautes cheminées sont dans le même cas; quelques conducteurs de 6, 8 à 10 millimètres de diamètre, des ceintures pour les relier et leurs extrémités effilées en pointes, fixées sur un anneau de fer, comme dernière assise, constituent, avec une large surface de plusieurs mètres carrés à la terre, une protection parfaite; il est bien entendu que les conducteurs doivent être rattachés, indépendamment du puits, aux canalisations de gaz et d'eau dans les grandes villes et même dans les usines qui, pour le gaz, par exemple, sont munies d'une petite usine pour la fabrication du gaz d'éclairage sur place.
De quelque façon que Ton place les pointes au haut de la cheminée, quel que soit le métal des pointes multiples, il me semble convenable de les placer, sous forme de couronne, à la hauteur de la dernière assise et, comme elles sont inclinées, elles se trouvent, plus ou moins, en dehors des atteintes des gaz chauds et nuisibles, expulsés par les cheminées. Cette disposition me parait préférable à celle qui consiste à placer une pointe unique dans l'axe de la cheminée; cette tige et ses supports peuvent être assez rapidement corrodés par les gaz de la combustion des houilles et la pointe doit être garnie de platine.
S9. — Moulins à vent. — Granges. — Meules. — Paratonnerres mobiles pour la campagne. — Paratonnerres pour les bâtiments de mer.
Je ne dis que quelques mots sur les cinq premiers cas particuliers dans mon travail; mais en définitive, je crois qu'il est facile de voir que les paratonnerres à conducteurs, à pointes ou à aigrettes, à raccordements terrestres multiples seraient bien plus facilement posés, dans tous ces cas, que les paratonnerres des anciens modèles.
Beaucoup d'instructions et, entre autres, celle de l'Académie de Paris n'en parlent pas.
Je n'ai pas osé m'occuper des paratonnerres pour les bâtiments de mer, les instructions françaises (*) diffërent de celles de sir William Snow Harris, mais je ne crois pas qu*il soit impossible d'appliquer le système à conducteurs multiples; on sait les services que les paratonnerres du système de sir William Snow Harris ont rendus à la marine britannique. J^ignore comment les choses se passent, très exactement, dans les marines des puissances étrangères, et il est difficile de se procurer les détails positifs d'observations sur les navires armés, ou non, qui ont été foudroyés. Ce serait une étude nouvelle à faire.
SS. — Fermes et bâtiments isolés dans la campagne. — Coût d'un paratonnerre sur une grande ferme. — La pose n'a coûté que 20 centimes par mètre carré de surface protégée. — Conclusion.
L^appendice se termine par la description du paratonnerre établi sur une grande ferme, composée d un grand corps de logis, magasins, écuries, remises, granges, avec une grande fabrique, munie d'une haute cheminée; l'ensemble des bâtiments a un développement de toits de plus de 300 mètres. Ces toits sont situés dans neuf plans horizontaux différents.
II n'y a pas moins de trente-six aigrettes ou deux cent seize pointes, onze contacts à la terre, dont deux avec les pompes en fonte des puits et deux avec un étang. Tout est disposé de façon à pouvoir être vérifié instantanément et. le coût de la pose, dont tous les détails sont donnés dans mon livre, ne s'est élevé qu'à fr. 390,10 c% mettons 400 francs en nombre rond. En admettant que la profondeur des bâtiments soit d'environ 7 mètres, ce qui donnerait pour surface totale protégée 2,000 mètres carrés, on arrive à la conclusion que la protection, par mètre carré de surface, n'a coûté que 20 centimes; aussi, me suis-je cru autorisé à dire, dans la conférence que j'ai faite au Congrès international des électriciens, en 1881, à Paris, vis-à-vis de ce prix, bien autrement bas encore que ceux que j'ai cités plus haut (57) :
Partouty dans les villes comme dans les campagnes, on pourra dorénavant se donner le luxe de faire armer son habitation d'un paratonnerre, pour se mettre à l'abri de la foudre, comme on se donne le luxe d'un foyer pour se garantir du froid et d'une cheminée pour eocpulser les produits nuisibles de la combustion.
(*) Pages 40 et 75 de Vlnstruction, édition de 1874.