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SUR LA QUESTION DES PARATONNERRES

Il a paru utile de publier à la suite du rapport de M. Rousseau un mémoire nouveau de M. Melsens sur la question des paratonnerres; le lecteur qui voudra approfondir l'étude de cette question importante trouvera dans le travail de M. Melsens une analyse des travaux de ce savant, et des détails nombreux qui ne pouvaient trouver place dans le rapport officiel, et qui complètent les renseignements relatifs à Fun des deux systèmes de paratonnerres en présence à l'Exposition de Paris, dont M. Mascart, secrétaire général du Congrès, indiquait en ces termes les caractères généraux :

« 1** Le système de Gay-Lussac basé sur l'emploi d'un petit nombre » de conducteurs à large section et de liges de grande hauteur;

» ^ Le système de M. Melsens, qui consiste à entourer l'édifice à » protéger d'une sorte de cage métallique formée de conducteurs nom- » breux de faible section, et garnies de pointes ou tiges courtes mais » nombreuses. »

L'examen de ces deux systèmes a occupé une place considérable dans les travaux du Congrès; M. Mascart disait a ce sujet dans son rapport général:

« Le problème de la protection des édifices contre les effets de la » foudre, résolu dans ses traits généraux par le génie de Franklin, a été » l'objet d'une discussion mémorable. Le Congrès a entendu avec le » plus vif intérêt les explications de M. Melsens sur les paratonnerres à » conducteurs multiples, les renseignements fournis sur les instructions » de l'Académie des sciences de Paris et de l'Académie de Berlin, les » idées émises par plusieurs de nos collègues et les résultats de la Com- » mission anglaise des paratonnerres. Vous avez pensé qu'il n'était pas

» possible actuellement d'émettre un avis motivé sur les différents sys- » tèmes en présence, mais que le Congrès devait user de son influence » pour obtenir qu'une entente s'établisse entre les divers États en vue de • réunir les éléments d'une statistique relative à l'efficacité des divers » systèmes de paratonnerres en usage. Une pareille enquête étendue à » tous les pays sera un document précieux pour fixer à l'avenir ropî- » nion des savants. »

En présence du vœu émis par le Congrès, une analyse complète des travaux relatifs au système de M. Melsens offre un sérieux intérêt. Le système de Gay-Lussac, en effet, est suffisamment connu dans ses principes et dans ses détails, soit par la célèbre instruction de i823, qui est devenue le guide de beaucoup de constructeurs et qui a été adoptée par plusieurs gouvernements, soit par toutes les instructions qui ont paru depuis Franklin dans divers pays; mais il n'en est pas de même du système de M. Melsens : adopté dès 1865 pour THôiel de ville de Bruxelles, il n'a été mis en pratique dans notre pays par l'Administration des bâtiments civils et le Ministère des Travaux publics que depuis la délibération du 5 avril 1879 de l'Académie royale de Belgique; ajoutons que, avant lui, on n'avait guère cherché à innover et que le système proposé par notre compatriote pour rendre plus efficace la protection contre les dégâts de la foudre est le premier, qui, tout en respectant les principes scientifiques des paratonnerres, en a modifié profondément les détails.

Dans ses publications, M. Melsens a cherché à justifier toutes ces modifications, a motivé une à une les dispositions qu'il adopte; et, en consignant les opinions contradictoires, il a mis autant que possible toutes les pièces du procès sous les yeux du monde savant, des administrations et des constructeurs. Le travail inédit dans lequel il développe les considérations nouvelles introduites dans cette partie de la science, et fournit tous les documents qui permettent à chacun de se faire une opinion raisonnée, pourra contribuer, ainsi que ses autres travaux, au progrès d'une application restée stationnaire pendant longtemps; c'est ce qui a engagé à publier ce travail dans le recueil des rapports officiels et à donner ainsi un développement si considérable aux annexes du rapport de M. le professeur E. Rousseau sur les paratonnerres.

Le Comité de rédaction.

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