‹ Electro-dynamisme vitalChapitre 36 sur 77 · DIGRESSION EXPLICATIVE SUR LA THÉORIE DE L INSTINCT · texte numérisé non relu

DIGRESSION EXPLICATIVE SUR LA THÉORIE DE L INSTINCT

quable do mouvements tout à la fois intelligents et involontaires, et, pour obtenir ce résultat, nous avons creusé un nouveau problème dont la solution, tout en nous fournissant l’explication demandée, nous a dévoilé un principe nouveau qui, pour la Psychologie Comparée, et la science générale de la Vie, possède, j’ose le proclamer, l’importance d’une révélation.

Il me reste à ajouter un mot d’explication sur les opérations des Ames Spinales.

215. Leur rôle normal est, — 1° D’exécuter les actes d’impulsion motrice qui sont décidés et commandés par l’Ame Céphalique ; — 2" De reproduire d’ellesmêmes, en vertu de leur propre spontanéité, les mouvements qu’elles ont déjà produits par les ordres exprès de la volonté centrale, toutes les fois que cette reine de la ruche vivante leur fait exécuter, dans le moment actuel, un mouvement déterminé dont les premiers étaient habituellement suivis.

Ainsi, quand l’Ame centrale, notre Moi, commande que les jambes soient mises en mouvement pour l’opération de la marche , elle entend implicitement que ce mouvement soit continué jusqu’à ce qu’elle en prescrive la cessation. En conséquence , les âmes spinales continuent à mouvoir ces membres sans que le chel ait besoin de réitérer ses ordres pour faire exécuter chaque pas successivement, et son autorité n’intervient plus que pour modifier la vitesse ou la direction de l’impulsion imprimée, ou pour l’arrêter.

216. Les Ames subalternes sont donc susceptibles d’éducation, elles sont susceptibles de saisir, de se rappeler et d’observer, la loi de concomitance qui relie

entre eux certains mouvements coordonnés que la volonté suprême a imprimés elle-même directement un certain nombre de lois.

Celui qui apprend à écrire est obligé de soutenir la marche de sa plume par un effort continu et non interrompu de son attention et de sa volonté, celte attention et celte volonté présidant à l’exécution de chaque lettre et de chaque portion de lettre. Maintenant que j’écris tous les jours depuis vingt ans, les subalternes de mon Ame la suppléent dans toute la partie élémentaire et fastidieuse de celte besogne. En écrivant, je me contente de penser les syllabes; je me borne à les dicter mentalement une à une, et les invisibles secrétaires logés dans mon épine dorsale conduisent seuls ma main pour les coucher, lettre par lettre, sur le papier.

L’éducabililé de ces Ames coassociées se manifeste peut-être d’une manière plus surprenante encore dans les mouvements anlisynergiques qu’exécutent simultanément, sur le clavier, les dix doigts d’un pianiste exercé, pendant que sa vue et son attention indivises sont concentrées dans la lecture de la musique.

217. Cuvier prétend que « L’instinct n’a aucune marque visible dans la conformation de l’Animal; mais l’intelligence, — ajoute-t-il, — autant qu’on a pu l’observer, est dans une proportion constante avec la grandeur relative du cerveau. »

C’est encore là une fausse appréciation qui tient à deux causes, à la distinction vicieuse tracée par l’esprit de l’auteur entre les idées d’intelligence et d’instinct, et, secondement, à ce qu’il a méconnu la loi signalée par Gall de la division phrénologique (cpp esprit; loyoç,

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discours) du cerveau, c’est-à-dire du partage de ses parties entre les différentes facultés composant 1 Ame dont il est l’organe général.

218. La marque visible de l’instinct, dans la conformation des Animaux , c’est le développement relatif de l’organe cérébral de la faculté dont cet instinct représente la prépondérance sur les autres parties de l’Ame. Ainsi, le Castor a les parties latérales antérieures du crâne fortement élargies, c’est-à-dire la région de cet organe regardé par les Phrénologistes comme répondant à la faculté Constractivité ; etc.

219. Si maintenant, dans certains animaux chez lesquels l’instinct présente les caractères les plus merveilleux, l’encéphale se fait précisément remarquer par sa petitesse, il faut en conclure une chose, c’est que l’instinct, si fortement accusé qu’il soit, n’embrasse qu’un très-petit nombre de facultés mentales chez ces sujets. Toutes les autres facultés y étant profondément oblitérées, le cerveau est absorbé tout entier par un seul organe, et quelque relativement grand que soit d’ailleurs celui-ci, il ne peut produire qu’une masse générale fort réduite.

C’est ainsi que l’encéphale, chez les Vertébrés inférieurs, quoique d’un volume total bien moindre de celui qu’il atteint chez les animaux plus parfaits, nous offre néanmoins un développement des lobes et des bulbes bien au-dessus de celui qu’ils présentent dans le cerveau de l’Homme lui-même.

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