L’existence de mouvements involontaires et
DIGRESSION EXPLICATIVE SUR LA THÉORIE DE L’iNSTINCT. 123
inconscientiels, dons l’ordre de la vie de relation, a été établie péremptoirement par l’analyse de plusieurs exemples (188) ;
2° La présence, dans la moelle épinière, de forces musculo-motrices distinctes de l’Ame, et pouvant s’exercer sur les membres en dehors de, et malgré , sa volonté, c’est une vérité établie sur les faits d’expérience les plus décisifs (31), et admise du reste par l’universalité des Physiologistes ;
3° La nature animique, c’est-à-dire consciente et volitive, de ces forces motrices spinales, est couverte et dissimulée, et peut rester douteuse, tant que, par l’association de ces forces à l’àme céphalique, les actions propres de celle-ci et les actions propres de celle-là , se confondant dans une combinaison intime , il devient très-difficile de démêler leurs origines respectives. Mais une expérience que j’ai citée (176) permet d’isoler les forces spinales de la force cérébrale; c’est alors que les premières recouvrent une complète indépendance, et que leur individualité se dégage tout entière et se détermine avec une netteté parfaite.
On prend un Coléoptère, on détache la tête de l’abdomen, c’est-à-dire l’encéphale, ou ganglion céphalique, du reste de la Chaîne Sous-intestinale, qui est la moelle épinière des insectes. Un centre particulier et libre , centre de sensation, d’émotion, de discernement, de volonté et d’action, se manifeste aussitôt et simultanément dans chacune des deux portions isolées de l’animal.
D’un autre côté, la science établit que du ganglion céphalique partent les actes exécutés par le tronçon antérieur, et que les mouvements accomplis par la portion abdominale ont leur source dans les ganglions placés
sur la fraction de la chaîne sous-intestinale qui reste comprise dans l’abdomen.
212. De cette expérience, dont j’ai donne plus haut les détails, il résulte évidemment, inéluctablement, que les ganglions abdominaux de la chaîne sous-intestinale des Insectes n’ont pas moins d’analogie avec le ganglion céphalique , par la nature de leurs fonctions et les propriétés de la virtualité vitale qu’ils renferment, que par leurs caractères anatomiques. Ainsi les ganglions inférieurs de la chaîne sous-intestinale renferment un principe sentant, pensant et voulant, c’est-à-dire une âme, aussi bien que le ganglion céphalique lui-même.
Or, le cerveau des Vertébrés, le cerveau de l’Homme, n’est, aux yeux de la science, que le développement du ganglion céphalique des Invertébrés, et la moelle épinière n’est, à son tour, autre chose que la chaîne sousinleslinale modifiée.
Mais la moelle épinière aussi, de même que la chaîne sous-intestinale, son équivalente, est le siège de forces motrices indépendantes (76).
213. Ici, ces forces motrices sont des âmes; et que sont-elles là? — Des âmes aussi, très- certainement, car pas un fait ne s’élève contre cette conclusion, et celle conclusion est celle de la Logique Naturelle; c’est une vérité que proclament toutes les voix de l’Anatomie et de la Physiologie Comparées, c’est la science, c’est la raison, c’est l’évidence qui l’attestent; celte vérité, admellons-la donc comme telle, quelque douleur qu’en éprouvent nos préjugés.
214. Nous avions cherché à nous rendre compte, après en avoir constaté l’existence, d’une espèce remar-