‹ Electro-dynamisme vitalChapitre 73 sur 77 · VIL · texte numérisé non relu

VIL

Be Beau défini par la Physiologie.

Platon proclame que « le Beau , c’est la splendeur du Vrai ». Celte définition a été beaucoup admirée, mais, en vérité, je ne vois pas ce qu’elle nous apprend, cl de quel secours elle peut nous être pour le discernement

LE BEAU DÉFINI l’AIl LA PHYSIOLOGIE. 377

du Laid d’avec son contraire. Car il importe de trouver la règle rationnelle de cette distinction, puisqu’elle se révèle au sentiment d’une manière assez imparfaite pour que les opinions restent divisées sur ce sujet. La Physiologie , qui fut inconnue aux Philosophes Esthétistes , nous fournit, sans effort et sans réserve, la solution intéressante qu’ils ont pris tant de peine à chercher en vain.

Les forces diverses qui constituent l’être organisé sont disposées de telle sorte par la Nature que leur concours puisse réaliser une résultante déterminée dont l’effet est la vie normale de l’individu, c’est-à-dire l’exercice unitaire et intégral de toutes ses fonctions, la satisfaction harmonique de tous ses besoins, la jouissance pleine et équilibrée de toutes ses facultés.

Ces forces sont destinées à combiner leur action propre avec l’action des forces ambiantes, qui sont aussi des éléments nécessaires de la vie.

Nous savons d’un autre côté que pour que les forces constitutives de l’Homme puissent entrer en rapport régulier avec les forces extérieures, cet accord nécessaire doit cire opéré en grande partie par l’action de la volonté du sujet. Pour déterminer celte volonté à lui prêter son juste concours dans le soutien et la direction de la vie humaine, la Nature l’y sollicite par l’intermède des Passions.

Chaque passion se trouve ainsi destinée à pousser l’animal à l’accomplissement de quelqu’un des actes volontaires exigés de lui par les conditions de son existence, et, en même temps, à le détourner de certains actes contraires à ces conditions.

Dans le premier cas, la passion suscite dans l’âme un

CONCLUSION GÉNÉRALE

mouvement t V impulsion vers les forces extérieures, vers V objet, propres à servir à la réalisation de l’acte normal , et ce mouvement s’atteste à la conscience par le sentiment du désir; dans le second cas, elle donne lieu à un mouvement de répulsion loin de l’objet susceptible de s’associer à la perpétration de l’acte anormal, et ce mouvement a pour symptôme moral I’aversion.

L’ « Objet » qui provoque le Désir plaît, celui qui cause l’Aversion déplaît.

Disons maintenant que le Beau, c'est ce qui plaît, et que le Laid , c’est ce qui déplaît.

Or, ce qui plaît, c’est ce qui est d’accord avec la loi de notre nature, avec la loi de nos besoins ; donc le Beau, c’est l’indice par lequel le Bien se fait reconnaître à notre âme en excitant en elle le désir; donc le Laid, c’est l’indice par lequel le Mal se signale à notre âme en provoquant son aversion.

Pour condenser cette définition dans une formule plus concise, nous dirons : Le Beau, c’est le signe sensible du Bien ; le Laid , c’est le signe sensible du Mal.

On objectera : — Comment celte théorie peut-elle s’accorder avec le fait qu’une même chose est proclamée belle par dix juges et déclarée laide par dix autres? — Réponse : Ce qui est bon pour une organisation peut être mauvais pour une autre; par conséquent le beau et le laid peuvent s’intervertir dans le jugement de deux individus sans cesser d’être respectivement les signes distinctifs du bien et du mal.

Exemple : La Crapaudc paraît charmante au Crapaud, tandis qu’elle est horrible pour l’Homme. C’est qu’elle est un objet propre à satisfaire les besoins du premier, à l’assister dans l’exercice de ses fonctions, et que, pour

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