‹ Électrodiagnostic de guerre (volume 2)Chapitre 12 sur 58 · FRACTURES DE · texte numérisé non relu

FRACTURES DE

MACHOIRE INFÉRIEURE

sens; ordinairement son extrémité se place en dedans du court fragment; en outre, ce dernier chemine en avant pour compenser la perte de substance ; or, comme il est à peu près fixé au niveau de l’articulation temporo-maxillaire, il ne peut exécuter ce mouvement qu’en s’élevant par son extrémité fracturée (voir fig. 13,14, IS). Cette élévation est d’autant plus prononcée qu’elle est moins gênée par les dents conservées du haut et du bas; aussi est-elle particulièrement évidente pour certaines fractures de la région de l’angle.

3° Enfin pour les fractures de la branche montante, on observe l’attitude que nous avons signalée et qui se résume eu ce fait que le côté fracturé se ferme avant le côté non fracturé par suite d’une obliquité très appréciable du plan dentaire (voir fig. 20 à 22).

Dans les fractures sans perte de substance, il arrive très souvent que le déplacement des fragments est nul ou très modéré : assez souvent, lorsqu’il existe à un degré marqué, il n’est qu’apparent et dû aux déviations subies par les dents partiellement chassées de leurs alvéoles ou encore à des fractures alvéolaires. Mais lorsqu’il existe réellement, il constitue comme une ébauche des déformations signalées plus haut : ou bien la rangée dentaire d’un des fragments se place sur un plan postérieur, ou bien elle occupe un plan supérieur; de toutes façons la correction de la difformité est généralement facile.

Les signes de fractures doubles se déduisent naturellement des indications déjà fournies. Nous avons observé dans cette variété nu déplacement particulier du fragment mobile : il s’abaisse en basculant. Il en résulte que, dans l’occlusion les dents postérieures arrivent au contact alors que les antérieures se trouvent encore éloignées de 2 ou 3 millimètres ; ce genre de malocclusion pourrait aboutir à une consolidation vicieuse.

Asymétrie faciale. — Nous avons publié dans la Presse médicale (23 octobre 1915) les indications qui paraissent caractériser l’asymétrie faciale due aux fractures du maxillaire inférieur; elles concernent spécialement les fractures du type latéral. Les éléments de l’asymétrie sont assez évidents pour que l’on puisse souvent, d’un coup d’œil, faire le diagnostic de la lésion, même alors qu’elle est consolidée depuis longtemps. Ils se résument ainsi ;

1“ La ligne médiane et le menton lui-même sont nettement

fractures du maxillaire inférieur.

Planche II.

Fractures latérales du mi turé). Asymétrie de la du même côté est comi chement des fragments

axillaire inférieur face; le menton

comme aplati,

lotographies de face et du côté fra.

dévié vers le côté fracturé; la fa( gumenls sont soulevés par le clievai ■ cicatrice. Au contraire, le côté no

SYMPTOME a ET DIAGNOSTIC

déviés du côté fracturé ; cette déviation aisément reconnaissable a en outre pour résultat de mettre en valeur en quelque sorte le côté non fracturé qui paraît plus étendu et plus saillant.

2° Du côté fracturé on voit une tuméfaction qui correspond au

foyer de fracture et qui est due au cal, au déplacement des fragments, etc. r

3“ La saillie de l’angle de la mâchoire, du cote fracture, est effacée; le bord postérieur de l’os oblique en avant par suite du déplacement du petit fragment; il en résulte que le profil est

comme aplati et fuyant. ... • 1,1

4“ Enfin il est habituel qu’une cicatrice, d’importance variable, déforme les téguments au niveau de la fracture.

Anesthésie cutanée. — Nous avons signalé, avec Gauthier et Lheureux que l’anesthésie mentonnière était un bon signe de fracture de la mandibule, surtout dans les cas anciens et consolidés où le diagnostic rétrospectif n’est pas toujours facile.

Cette anesthésie est due naturellement à. la section du nerf den-

laire inférieur dans le canal osseux ou à son voisinage immédiat ■ elle n existe donc pas dans les fractures médianes ou pâramédianes, non plus que dans celles de la iranche montante en arrière de l’epine de Spyx; mais elle nous a paru constante dans toutes les fractures latérales. Elle occupe sur le menton, du côté fracturé une zone sensiblement circulaire, d’un diamètre de 3 à 4 centimètres, prolongée par une zone d’anesthésie sur la région correspondante de la lèvre inférieure. En outre, on note habituellement mais d’une façon moins constante, que la muqueuse de la joue’

■ ainsi que la gencive externe sont privées de sensibilité jusqu’au foyer de fracture : quant à la gencive interne, son insensibilité peut s’observer, mais elle est très inconstante d’après nos recherches ^ '

Les dents elles-mêmes participent naturellement de l’anesthésie jusqu’à la ligne médiane ; on met aisément le fait en évidence avec un thermo ou mieux un galvano-caiitère : la pointe rougie, appliquée sur les dents, détermine rapidement une vive douleur du côté sam, tandis que le côté fracturé ne réagit pas.

Ajoutons que la recherche de la mobilité anormale est généralement peu douloureuse dans les fractures mandibulaires ; on en trouve une explication dans ce fait que le fragment antérieur est privé de sensibilité.

— Fractures anciennes.

Les signes de fractnres anciennes sont les mêmes que ceux des fractures récentes, réserve faite des modifications qui peuvent résulter soit de la consolidation soit des moyens thérapeutiques appliqués.

Dans lés pseudarthroses, la mobilité est généralement très prononcée : il est donc très facile de la constater par les moyens que nous avons indiqués.

La discordance dentaire est plus ou moins marquée suivant les effets du traitement, de même que l’asymétrie faciale. Dans les fractures consolidées ou pseudarthrosées sans traitement on eu

rencontre encore — la déformation n’est que la reproduction de celle qui est causée par une fracture récente. Mais un traitement méthodique, même lorsqu’il n’obtient pas la consolidation, a, d’ordinaire pour résultat de ramener le grand fragment en bonne position : la concordance dentaire est rétablie pour la majeure partie de l’arcade, et le menton ramené vers la ligne médiane ; l’asymétrie ne porte plus que sur le petit fragment qui garde sa direction oblique et fuyante, et dont les dents, s’il en a conservé, n’engrènent que d’une façon plus ou moins imparfaite.

Quant à l’anesthésie dans la région du menlonnier, elle nous a paru demeurer invariable; nous l’avons toujours constatée même chez nos plus anciens blessés, qu’il y ait eu ou non consolidation; les opérations d'ostéo-synthèse n’ont également aucune influence; aussi pensons-nous que la recherche de cette particularité demeure un excellent signe rétrospectif de fracture.

Les anciennes fractures se compliquent souvent de fistules; elles sont généralement peu profondes et conduisent soit sur un foyer de nécrose, séquestré ou non, soit sur une cavité d’ostéite. Tous les chirurgiens savent combien sont tenaces et persistantes ces fistules lorsqu’elles siègent sur un os long, particulièrement sur le fémur ; seules des interventions minutieuses et étendues arrivent à les tarir. 11 n’en est heureusement ])as de même au maxillaire inférieur; unbondébridementdu trajet suivi d’un coup de curette en procure la guérison presque à coup sûr ; la curette ramène soit des fongosités soit de petits séquestres, soit une racine ou môme une dent complète, refoulée par le projectile.

La paralysie faciale est fréquente dans les fractures anciennes et récentes. Sans avoir fait sur ce point des recherches détaillées, nous pouvons dire qu’elle guérit assez souvent, sans que l’on ait fait aucune tentative thérapeutique.

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