I. — Fractures récentes
La première période écoulée et les manifestations infectieuses évitées, les symptômes de la fracture demandent à être recherchés avec soin.
Mobilité anormale. — Des deux symptômes pathognomoniques des fractures, seule la mobilité anormale doit être retenue. La .crépitation manque en effet toujours dans les fractures avec perte de substance; elle est difficile à révéler dans les fractures
Fig. 26. — Comment on recherche la mobilité anormale dans une fracture du groupe antérieur (médiane ou paramédiane). Le pouce et l’index de chaque
simples, ou du moins on ne pourrait la mettre en évidence qu’en provoquant des douleurs et surtout en exposant le blessé à des lésions plus étendues des parties molles et notamment de la muqueuse. Mais la mobilité anormale est assez caractéristique, pour que le diagnostic soit d’ordinaire facile en ce qui concerne les fractures du corps de l’os : il n’en est pas de même de celles de la portion verticale.
Lè signe de la mobilité anormale se recherche, de façon diffé-
rente suivant qu’il s’agit de fractures du type antérieur ou du ' type latéral. Les deux figures ci-jointes montrent bien du reste comment il convient de faire la manœuvre.
Pour les fractures médianes ou paramédianes, on saisit chaque
partie du maxillaire entre le pouce et l’index, l’index en haut; puis on essaie de faire jouer les deux fragments l’un sur l’autre. En cas de fracture postérieure, du côté droit par exemple, on introduit le pouce gauche dans la bouche et on l’applique sur les dents situées en arrière du trait de fracture, tandis que les autres doigts de la main gauche saisissent solidement l’angle du maxilaire; la main droite maintient, comme dans le cas précédent.
l’autre fragment et les deux mains combinent leurs efforts pour provoquer des mouvements dans le foyer de fracture. Enfin lorsque le trait siège en arrière de la dernière molaire, le pouce intrabuccal prend un point d’appui solide sur le bord antérieur de la branche montante.
Comme pour toutes les fractures, la mobilité anormale, lorsqu’elle est peu marquée, n’est pas toujours de constatation très facile. Cependant lorsque aucune dent ne fait défaut, le moindre mouvement s’accuse nettement entre des dents voisines ; mais l’absence de quelques dents est la règle et on ne peut dès lors s’en rapporter qu’au toucher; il arrive que deux observateurs ne sont pas d’accord sur le même cas, lorsqu’il s’agit par exemple de savoir si une fracture est ou non consolidée. Du reste ces difficultés sont exceptionnelles, et, dans les fractures avec perte de substance notamment, la mobilifé anormale est un signe de constatation aisée et simple.
Il n’en est pas ainsi pour les fractures de la branche montante où ce signe est ordinairement absent et dont lé diagnostic devient en conséquence très difficile. La radiographie permet dans ces cas de faire le diagnostic, à la condition qu’elle soit claire.
Discordance dentaire. —Les fractures avec, perle de substance comportent toujours un certain degré de divergence dentaire; nous avons indiqué, au chapitre consacré à l’anatomie pathologique, les particularités que l’on observe. Nous nous bornerons donc ici à rappeler en quelques lignes les principaux éléments de la déformation :
1" Dans les fractures du type antérieur, les fragments se rapprochent sans tendance au chevauchement : il y a donc fermeture de l’arcade dentaire qui tend vers la forme angulaire à sommet antérieur (déformation en mâchoire de serpent), et projection en arrière de ce sommet qui se trouve ainsi plus ou moins refoulé ; en outre les dents latérales inférieures tendent à passer en dedans des supérieures; énfin, si la fracture est paramédiane, l’ensemble des dents du côté non fracturé tend à se déplacer vfers le foyer de fracture, réalisant ainsi un décalage d’une ou deux dents et même davantage.
2° Dans les fractures du type latéral, la déformation est plus complexe; le long fragment s’incline du coté du foyer de fracture et la ligne interincisive se transporte nettement dans le même