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III. — Constriction des mâchoires

On ne doit, pensons-nous, présenter les constrictious des mâchoires aux commissions de Réforme qu’avec la plus extrême réserve; mais il est pour le moins aussi regrettable de les voir s’éterniser dans les services spéciaux et surtout dans les autres.

Nous avons eu l’occasion d’exposer les résultats de notre expérience sur ce point; nous nous bornerons ici à les résumer de la façon suivante :

Il est incontestable que quelques-uns de ces blessés sont de simples simulateurs ou tout au moins exagèrent beaucoup. Il est généralement assez facile d’en acquérir la preuve.

Mais nous pensons que la majorité des constrictious est due à une contraction musculaire simple : il s’agit d’hypertoniques, semblables à ceux dont s’occupent actuellement les neurologistes. En introduisant un oùvre-bouche et en exerçant une pression modérée, on sent la résistance céder par à-coups, comme un muscle qui se fatigue, et l’on arrive aisément à ouvrir complètement la bouche. Pour ces cas, un traitement régulier de quelques semaines suffit d’habitude, et il n’est pas question pour eux de réforme.

Restent enfin les constrictious par cicatrice, par sclérose musculaire ou par fusion osseuse. La première variété relève incontestablement de la chirurgie opératoire. Il en est de même de la troisième, avec cette restriction qu’elle nous paYaît exceptionnelle; sur un total de constrictious par blessures de guerre supérieur à 150, nous ne l’avons jamais observée, et cependant les blessures de la région temporo-maxillaire n’étaient pas rares. Quant aux rétractions fibreuses, ce sont les plus rebelles et qui, parfois; pourront à notre avis, nécessiter la réforme. Toutefois, on ne pourra la prononcer que si, tout d’abord, les traitements chirurgicaux ont été appliqués. Il est incontestable, en effet, que

pension de retraite. U est certain cependant que l’on doit considérer comme

1° Les pseudarthroses par brèche osseuse très vaste ;

2» Les pseudarthroses qui ayant été l’objet d’une opération soit d’ostéo-synthèse, soit de greffe osseuse ne se sont pas consolidées.

Si l’on estime que certains blessés des mâchoires doivent obtenir une pension de retraite, c’est à ces don.': catégories, pensons-nous, qu’il convient de la

!•: VALUATION DUS INVALIDITÉS 151

la section du tendon du temporal ou l’opération de Le Dentu donnent parfois de bons résultats; mais ce n’est pas toujours le cas et quelques-uns de nos opérés ont récidivé sans qu’il nous fût possible de nous y opposer.

Il nous paraît certain que l’occlusion absolue de la bouche constitue un état sérieux : une incapacité de 40 p. 100 n’est pas excessive ; mais nous n’avons jamais observé ce cas, qui doit être au moins exceptionnel.

Par contre, dès que l’ouverture de la bouche peut atteindre 2 centimètres, l’alimentation s’effectue d’une façon suffisante.

Dans les très rares cas qui s’échelonnent entre cette ouverture de 2 centimètres et l’occlusion complète, lorsque tout traitement aura échoué, on sera, à notre avis, autorisé à proposer une indemnité de 10 à 20 p. 100; nous indiquons encore que cette solution doit être considérée comme très exceptionnelle.

Nous répétons en terminant, que l’expérience actuellement acquise ne permet pas, sur tous ces points, des conclusions délinitives; cette étude ne vise qu’à fournir une classification des incapacités, susceptible d’être utilisée comme base de discussion.

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