PAR MM
Léon IMBERT et Pierre
^ Professeur Dentiste <
a l’BcoIe de Médecine de Marseille. de
Préface de M. le Médecin Inspecteur Général
97 figures et 5 planches hors texte
MASSON ET C'^ ÉDITEURS
LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS, Vf
Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous paxs.
PRÉFACE
Les conditions de la guerre actuelle, et particulièrement de la guerre de tranchées, en multipliant les traumatismes du crâne et de la face, ont permis au chirurgien d’observer, en plus grand nombre que dans les guerres antérieures, les fractures du maxillaire inférieur. Depuis plus de deux ans, l’étude de leur anatomo-physiologie et de leur thérapeutique a permis de réaliser des progrès considérables et de renouveler complètement leur histoire.
Quand on parcourt les traités de blessures de guerre, on est frappé de ce fait que presque toujours la guérison des fractures de la mandibule par coup de feu a été abandonnée aux seuls efforts de la nature. Dans les fractures très esquilleuses, s’accompagnant bien souvent de perte de substance considérable, les fragments en position vicieuse se fusionnaient avec les parties molles en un bloc cicatriciel, irrégulier, induré et couvert d’un revêtement cutanéomuqueux sillonné de brides. D’où impossibilité de la mastication, parfois écoulement permanent de la salive, gêne considérable de la déglutition par immobilisation de la langue dans la gangue cicatricielle, etc....
Imdert et Réal.
PRÉFACE
Ces faits révèlent manifestement qu’autrefois on méconnaissait pour la mâchoire inférieure les vieux principes directeurs du traitement de toutes les fractures : la réduction et l’immobilisation. Pourquoi un pareil abandon de principes généraux cependant admis sans conteste? — Il est facile de l’expliquer : En pratique, la réduction se confond presque toujours avec l’application de l’appareil d’immobilisation; or, le chirurgien, livré à ses seules ressources, était incapable d’assurer efficacement la contention de ces fractures. Aujourd’hui, il n en est plus de môme et la collaboration constante du chirurgien et du prothésiste est venue heureusement transformer le traitement de ces lésions.
■ Les faits nouveaux observés, les récentes modifications de la thérapeutique ont donné lieu à de nombreux travaux, épars dans la littérature médicale ou dans les communications des Sociétés savantes. MM. Imbert et Réal ont eu le mérite, non seulement de les réunir dans un livre, mais encore d’exposer le fruit d’une expérience personnelle datant de plus de deux ans et intensifiée par le grand nombre de cas qu’ils ont eu à traiter.
Au début de leur travail, MM. Imbert et Réal insistent 'd’abord sur un point d’une portée générale très importante., Toutes les fois que la mandibule est brisée, comme il y a toujours perte de substance, on se trouve pris entre deux écueils : ou bien, en remettant les fragments en position anatomique, on les maintiendra l’un par rapport à l’autre dans un écartement qui pourra aboutir à la pseudarthrose — ou bien, en rapprochant les fragments sans souci de la perte de substance, on supprimera l’engrène-
PRÉFACE
ment dentaire, et la mastication sera définitivement compromise.
Les auteurs sont d’avis, quand il s’agit d’une faible brèche osseuse, qu’il faut sacrifier l’engrènement à la consolidation. Encore l’engrènement ainsi réalisé doit-il permettre une liiastication satisfaisante. Ce n’est que dans les cas extrêmes avec perte de substance trop considérable que la réduction se bornera au rétablissement de l’antagonisme dentaire normal.
L’étude anatomo-pathologique et clinique des différentes variétés de fractures et de leurs complications est faite avec beaucoup de clarté et de méthode. — Après avoir passé en revue le traitement immédiat chirurgical des fractures de la mandibule, MM. Imbert et Réal abordent ensuite le traitement prothétique. Le dernier chapitre est consacré au traitement des pseudarthroses par l’ostéo-synthèse et les greffes osseuses et cartilagineuses.
Enfin, les auteurs n’oublient pas qu’ils sont actuellement médecins militaires et comme tels appelés à évaluer les incapacités consécutives aux fractures du maxillaire inférieur. Leur étude à cet égard est particulièrement sérieuse et consciencieuse. La connaissance approfondie qu’ils ont de leur sujet a permis aux auteurs, en établissant différentes variétés cliniques très nettes, de formuler des appréciations très précises et de donner des évaluations tout à fait judicieuses.
En résumé, ce livre met au point des questions de pratique chirurgicale encore peu familières à beaucoup de nos confrères. Par la précision des règles qu il établit, il mérite d’être le vade mecum de tous ceux de nos cama-
PREFACE
i-ades qui ont à
à l’intérieur, les
blessures de la mâchoire inférieure, et qui ne trouvaient jusqu’ici aucun travail d’ensemble pour les guider dans leur tâche.
Ce livre vient donc à son heure pour le plus grand bien de nos blessés. Il ne peut manquei* d’être accueilli avec beaucoup de faveur, et de trouver auprès du public médical un légitime succès.
Ch. Février,
Nous avons l'agréable devoir d'exprimer nos remerciements à nos collaborateurs du service de Chirurgie et Prothèse maxillo-faciale de la XV® Région :
MM. L. Gadthier, Ch. Lheureux, Médecins aides-majors. Assistants du service; — Granier, dentiste militaire ; — Bosano, Aüdiheht, Vaulbert, chirurgiens dentistes; — Carlavan , chef d’atelier ; — M. Agussol nous a rendu les plus précieux services par son talent de dessinateur, joint à sa compétence de chirurgien dentiste.