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Électrodiagnostic de guerre

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INTRODUCTION

L’importance de l’électrodiagnostic dans les blessures de guerre, le souci constant de renseigner d’une manière précise et utile le neurologiste, le physiothérapeute, le chirurgien, le médecin des commissions'de réforme, nous a amenés à jeter sur le papier quelques notes relatives aux données essentielles de l’exploration électrique. En les coordonnant, nous nous sommes trouvés avoir écrit ce petit livre, qui, nous l’espérons, pourra rendre quelques services à nos collègues.

L électrodiagnostic, en matière de neurologie de guerre, est le complément indispensable de l’examen clinique. Exécuté selon les règles, il est d’un puissant secours pour résoudre toute une série de problèmes que soulève la pratique journalière. Il tire sa valeur de ce que les réactions électriques constituent des signes objectifs,'nets, indiscutables, d’une précision mathématique.

C’est grâce à lui, par exemple, que se dissipe l’indécision lorsque le neurologiste hésite sur l’existence ou la coexistence de troubles pithiatiques. C’est lui qui fournit les éléments primordiaux du pronostic dans les blessures des nerfs, qui permet de poser une indication thérapeutique précise. C’est à lui encore qu’appartient de soutenir la gravité d’une impotence devant le conseil de réforme, etc.

INTRODUCTION

Malheureusement, pour des raisons diverses, ou a voulu demander à l’éleclrodiagnostic plus qu’il ne pouvait donner; on lui a demandé la solution de questions qu’il est incapable de résoudre, et, sa valeur clinique n’eûl-elle subi l’épreuve du temps depuis Duchenne (de Boulogne) et Erb, que ces exigences auraient pu jeter sur lui une pointe de discrédit.

C’est encore une .opinion assez répandue que les résultats de l’exploration électrique doivent fixer, automatiquement en quelque sorte, la valeur fonctionnelle des nerfs et des musclés paralysés. Il n’en est rien. D’une part celle-ci n’est pas susceptible de se laisser mettre en équation, d’autre part on ne saurait perdre de vue que l’excitabilité électrique de l’appareil neuro-musculaire- est une propriété entièrement indépendante et différente de sa faculté d’engendrer le mouvement sous l’incitation des centres supérieurs. L’excitabilité n’est pas un critérium de l’état du nerf; elle en est simplement un indicateur précieux.

Au même titre que les autres méthodes de laboratoire, l’électrodiagnostic intervient aux côtés de la clinique pour fixer ou confirmer un diagnostic différentiel. La réaction de dégénérescence décide de l’atteinte du neurone moteur périphérique, avec autant de certitude que l’agglutination accuse l’infection éberthienne.

Mais la portée de l’examen électrique ne se limite pas à la simple constatation de l’existence ou de l’absence de la réaction de dégénérescence. Le degré des anomalies des réactions électriques, le mode suivant lequel elles se trouvent associées, leur évolution sont autant de données dont l’analyse amènera à caractériser le cas considéré, à fixer son pronostic, à légitimer telle ou telle thérapeutique.

Une enquête semblable, pour être complète et féconde, sera toujours, on le conçoit, délicate et laborieuse et exigera' un temps matériel nolable. Le plus souvent môme elle ne permettra pas une.réponse immédiate, d’abord parce qu’on sera souvent obligé de remettre au lendemain le contrôle

INTRODUCTION

d’une réaction éiémontaire restée douteuse ou iiidélerminée à un premier examen, ensuite parce que dans l’immense majorité des cas on ne saurait se passer des renseignements fournis par l’évolution des réactions. Le malade demande « à être suivi » étape par étape, au point de vue électrodiagnostic, comme il est d’usage de le faire au point de vue clinique. Il en est, et nous ne saurions assez insister sur ce point, il en est des réactions électriques comme de la température. Une seule prise de température est insuffisante pour caractériser une pyrexie : c'est la courbe qu'il importe de consulter.

La conséquence log'ique qui découle de ces considérations c’est que, pour des appréciations qui reposent souvent sur des nuances, il conviendrait d’abord qu’un accord s’établisse entre les électrologistes pour l’adoption rigoureuse d’une technique uniforme, puis qu’un même blessé soit toujours examiné par la même main lorsque, comme c’est le cas général, des examens successifs sont nécessaires. Ce désidéralum est peut-être d’une réalisation moins difficile que ne le laisseraient supposer les exigences de l’évacuation des blessés.

Le rôle du médecin électricien n’est pas terminé lorsqu’il aura noté le détail des réactions anormales.

Celles-ci dûment consignées, il lui appartient de les rapprocher des symptômes cliniques en tenant compte de toute une série de facteurs : nature probable du traumatisme ou de la lésion nerveuse, individualité du nerf touché, date de l'exploration à partir du début des accidents, etc.

Ce que réclame le chirurgien, le neurologiste, c’est la traduction des résultats de l’exploration en langage clinique.

Aussi la pratique de l’électrodiagnoslic exigeât-elle du médecin non seulement qu’il soit familiarisé avec les difficultés de la technique électrique, mais encore qu’il possède

introduction

une instruction neurologique étendue, étayée sur de solides connaissances anatomiques.

Ce n’est qu’avec cet actif qu’il pourra interpréter utilement les résultats de l’exploration et formuler une opinion çor-

'^'^C’est le médecin qui fait l’électrodiagnostic qui lui donne sa valeur.

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