‹ Électrodiagnostic de guerreChapitre 32 sur 96 · I. - LES RÉACTIONS ÉLÉMENTAIRES anormales · texte numérisé non relu

I. - LES RÉACTIONS ÉLÉMENTAIRES anormales

Dans un certain nombre d'affections du système nerveux centrai et nérinhérique, les réactions électriques s’écartent plus ou moins de k normale. L’étude de ces modifications des réactions électriques étant assez complexe, nous passerons tou

kbord en revue les diverses modifications élémentaires que I on peut rencontrer ; nous examinerons ensuite la maniéré dont ci se groupent dans les différents états pathologiques.

Les modifications élémentaires peuvent être des modifications quantitatives ou des modifications qualitatives.

1= Modifications quantitatives. - L’obligation d’employer pour atteindre le seuil de l’excitation au PO^t nrnteur Inl intLsité de courant sensiblement plus elevee que dans le rdffions normales, témoigne d’une diminution de 1

H-ordinaire à la division 10, on conclura a la diminution a ext

lin suiet sain la contraction minima, un muscle reponu p f„e rnSon rel.ti,e«,e.. éB.rgique, on «mcNr. à 1 talion d'exdtalilité, à nypmxeitaUlM fm<h<,ue de musc .

44 LES ANOMALIES DES ItEACTIONS ELECTIUQUES

La diminution d’excitabilité se caractérise parfois, non par la nécessité d’utiliser un courant plus intense pour obtenir le seuil, mais par une diminution d’amplitude de la contraction maxima, par rapport à un muscle sain.

Il est des circonstances où la diminution d’excitabilité est telle que la bobine induite étant au maximun d’engainement, le muscle exploré ne répond en aucune façon à la sollicitation faradique. On peut alors parfois obtenir la contraction en substituant à la bobine utilisée une bobine donnant plus de tension (fil fin). Si cela ne suffit pas, on fera l’essai de l’excitation bipolaire. Si enfin, avec le courant de tension et en bipolaire, la plus forte intensité de courant supportable ne provoque aucune contraction, on peut considérer le muscle comme inexcitable au courant faradique et conclure à l’abolition de l’excitabilité faradique; cette abolition de l’excitabilité faradique est appelée quelquefois réaction de Duchenne.

Dubois (de Berne) a fait très justement remarquer que les muscles qu’on aura reconnus inexcitables au- courant faradique tétanisant le plus énergique répondent parfois encore aux chocs isolés d'induction. Cette particularité est à retenir, car si elle dénote une très grosse diminution de l’excitabilité, elle ne permet pas de conclure à sa suppression. '

Avec le courant galvanique, suivant que la contraction minima exigera, pour être perçue, un courant plus intense ou moins intense qu’à l’état normal, nous dirons comme précédemment qu’ily a hypoexcitabilité ou hyperexcitabilité galvanique du nerf ou du muscle examiné.

Nous conclurons aussi à l'abolition de l’excitabilité galvanique lorsque, celle-ci ayant été explorée successivement à l’aide de chaque pôle, l’élévation progressive de l’intensité dans les limites de la tolérance n’aura amené l’apparition d’aucune secousse.

L’abolition de l’excitabilité peut être indéniable à la vue, le muscle ne paraît pas se contracter; pourtant une légère contraction peut quelquefois être encore perçue par la palpation du tendon qu’on sent glisser sous le doigt au moment de l’excitation.

Causes d’erreur. — 1" L’hyperexcitabilité peut être simplement apparente chez des sujets maigres dont les nerfs et les muscles sont à fleur de peau, ou chez des sujets présentant des anomalies dans la disposition des nerfs qui, en les rapprochant de la peau, les rendent plus accessibles à l’excitation.

LES RÉACTIONS ELEMENTAIRES 45

2“ L’hyperexcitabilité ou l’hypoexcilabilité des nerfs et des muscles peut être simplement apparente et les écarts q ant lif d’avec la normale relever non pas d’une modification de 1 excitabilité, mais d’une modification de la résistance de la

^Tâpprécialion des modifications de l’excitabilité faradique et galvanique doit en effet tenir compte de l’etat delà peayuisque Llle-ci se comporte comme une résistance additionnelle placée sur le trajet au courant. Sa plus ou moins grande conduclibi ite peut élever ou abaisser le seuil. Or, comme un grand nombre d'affections du système nerveux central et périphérique comptent parmi leurs manifestations des troubles trophiques cutanés, ti oubles nui modifient la résistance de la peau, on voit qu il y a la une cause permanente d’interprétalions erronées. Une peau très résistante peut dissimuler ainsi une augmentation d excitabilite, de même si une légère hyperexcitabilité coïncide avec une résistance quelque peu diminuée, on aura l’apparence d une hyperexcitabilité très prononcée. . ■ .

Parmi les causes qtii diminuent la résistance cnUnee et qui sont susceptibles d’en imposer pour une augmentation dexcüabilité il faut signaler l’amincissement de la couche cornee, 1 état de moiteur du tégument, la fonte du pannicule adipeux souscutané et toutes les autres causes qui rapprochent les nerts et les muscles de l’électrode. Au contraire l’état sclerodermique, l’hyperkératinisation, la déshydratation des tissus, les roubles vaso-moteurs, l’hypothermie augmentent la résistance; il en est de même des produits lubrifiants utilisés par le massage (talc graisse) qui, s’introduisant dans les canaux glandulaires, sont

cause d’effets analogues. j * *

Ces modifications de conductibilité de la peau rendent fies délicate l’appréciation de modifications légères de 1 excitabilité.

2» Modifications qualitatives. - Les modifications qualitatives que l’on peut rencontrer sont ;

1» L’inversion de la formule normale.

2“ La lenteur de la secousse.

3» La contraction galvanotonique.

4° La contraction myotonique.

5“ La réaction longitudinale.

L’inversion de la formule. — A l’état normal, sur le nerf et le muscle avec le courant galvanique, l’apparition de la secousse positive (PF) exige toujours un courant plus intense que celui qui est nécessaire pour amener la secousse négative (NF).

A l’état pathologique, ce rapport peut être modifié et la secousse positive être obtenue avec un nombre de milliampères égal ou inférieur à celui qu’il aura fallu pour produire la secousse négative. On dit alors qu’il y a égalité polaire (NF = PF), si les deux secousses apparaissent sensiblement avec un même nombre de milliampères et inversion de la formule normale (PF > NF), si PF se produit avec un courant moins intense que NF.

Les mêmes modifications, égalité polaire et inversion, peuvent se montrer dans les relations des secousses d’ouverture, c’est-àdire que l’on peut avoir PO = NO ou NO > PO, à l’encontre de ce que 1 on observe à l'état normal. En pratique cependant on ne recherche qu’exceptionnellement les contractions d’ouverture, les modifications dos secousses de fermeture suffisant en général à caractériser la réaction élémentaire d’inversion.

Cette réaction d’inversion est encore parfois désignée sous le nom de réaction d'Erb, du nom de l’auteur qui l’a, le premier, parfaitement étudiée.

Une exploration minutieuse et précise exige toujours la recherche des valeurs de l’intensité correspondant respectivement aux secousses minima de NF et PF.

Il faut avoir soin de noter pour chaque muscle les valeurs de l’intensité trouvée, de manière à avoir pour des examens ultérieurs un document pouvant servir de base de comparaison et juger d’après^cela si l’inversion de la formule s’accentue ou si au contraire l’anomalie tend à disparaître.

Causes d’erreur .. — 1° On né se hâtera pas de conclure à l’égalité polaire et à l’inversion, lorsque ces anomalies se présenteront sous des intensités de courant quelconques. Les expériences de Chauveau et Boudet que nous avons rapportées montrent que chez l’animal, avec des courants d’intensité croissante, l’énergie de la contraction de PF devenait d’abord égale à celle de NF, puis la dépassait. A l’état normal chez l’homme, on ne peut guère observer le phénomène en raison de la difficulté d’atteindre les intensités nécessaires. Par contre à l’état pathologique, cette inversion particulière se rencontre assez fréquemment. On la distinguera de

Page 1