LES BÉ ACTION S ÉLÉMENTAIRES W
l’inversion vraie en ce que, contrairement à celle-ci, elle ne se produit pas au seuil. Tandis que dans l'inversion vraie la secousse PF apparaît alors que l'excitation NF reste encore sans réponse, dans l’inversion dérivée du phénomène de Chauveau, c’est l’énergie de- la secousse PF qui l’emporte sur celle de NF. ’
L’inversion au seuil est du reste relativement moins commune et nous pensons qu’elle a une signification beaucoup plus importante et plus précise. Si l’inversion dérivée du phénomène de Chauveau traduit un état pathologique, une variation de l'excitabilité, l’inversion au seuil indique un trouble profond et grave de la structure du muscle.
2“ D’ordinaire l’inversion escorte le ralentissement de la secousse. Mais on peut l’observer à l’état normal, avec secousse vive, sur des muscles parfaitement sains. Ceux qui présentent le plus’ souvent cette anomalie sont : le long supinateur, le deltoïde, le vaste interne, l’adducteur du petit doigt et le premier interosseux au membre supérieur. Au membre inférieur ; les fessiers, le vaste interne, le long péronier latéral, les jumeaux.
L’inversion de la formule tient dans ces cas à une position défectueuse de l’électrode exploratrice, à son application en dehors du point d’élection, à ses dimensions trop grandes par rapport au muscle exploré. 11 suffit souvent de la déplacer légèrement, d’un , centimètre par exemple, pour voir réapparaître la formule nor-
Cette fausse inversion est facile à expliquer, si l’on fait appel à la loi de Pflüger relative à la naissance de l’excitation.
L’électrode étant mal placée, l’excitation au moment de NF tombe sur un point dont l’excitabilité est inférieure à celle du point moteur. Ensuite, au moment de PF, l’excitation venue du . pôle indifférent aborde le muscle par son extrémité, y crée un pôle virtuel qui peut avoir une grande densité et frapper une région plus excitable que celle où s’appuie l’électrode.
3“ Si l’on note en milliampères l’intensité du seuil de NF, puis immédiatement après l’intensité du seuil de PF, il se peut que l’on obtienne les mêmes valeurs ou même que PF exige une intensité moindre. L’égalité polaire et l’inversion peuvent ici encore n’être qu’apparentes. Le passage du courant pour obtenir NF, tandis qu’on fait la lecture abaisse la résistance de l’organisme. L’excitation PF succédant à NF se fera donc dans un circuit
moins résistant, et exigera par suite un moins grand nombre, ou un nombre égal de milliampères.
L’anomalie disparaît si l’on a soin de ne faire la lecture qu’après avoir pratiqué un certain nombre de fermetures alternativement avec chaque pôle.
4° Les explorations pratiquées sans l’aide de la double clef peuvent elles aussi donner lieu à une inversion apparente.
Le passage du courant au moment de la fermeture NF, produit au sein des tissus un courant de polarisation, de sens inverse au courant producteur. Si l’on vient alors assez rapidement à faire une fermeture PF, l’intensité utilisée s’accroît de la valeur du courant de polarisation, et la secousse PF, produite' par un courant d’intensité plus élevée, égale la secousse NF ou l’emporte sur elle.
Cette cause d’erreur n’a pas lieu lorsqu’on utilise la double clef. En effet au moment du relâchement de chaque clef, le courant de polarisation est mis en court-circuit sur la clef et s’écoule dans son conducteur métallique (V. p. 7).
Le ralentissement de la secousse. — L’examen de la forme de la secousse musculaire est capitale en électrodiagnostic.
Au lieu d’être vive, brève, rapide comme l’éclair ainsi qu’à l’état normal, la secousse peut en effet être modifiée dans sa forme, le plus souvent ralentie ou franchement lente, traînante, vermiculaire. Le muscle dessine alors sous la peau une onde plus ou moins étalée et sa contraction rappelle assez bien le mouvement de reptation d’un ver de terre.
Cette anomalie a été découverte par Remak.
La lenteur de la secousse est parfois difficile à apprécier, notamment lorsqu’elle est peu marquée : dans ces cas délicats, on devra faire appel au témoignage d’un muscle indiscutablement sain chez le même sujet.
En général la lenteur est presque toujours plus marquée à PF qu’à NF. Dans les cas légers, elle peut même faire complètement défaut à NF qui conserve le caractère de secousse vive, et ne se montrer qu’à PF.
D’autres fois on voit des secousses lentes redevenir progressivement vives, tandis qu’on poursuit l’examen. Les faits de ce genre appartiennent à la réaction partielle de dégénérescence.
La lenteur de la contraction n’appartient pas exclusivement à l’excitation galvanique. Réaction musculaire, on l’observe égale-
ment assez souvent pai’ l’cxcilalion laradique, lorsque 1 excitabilité est conservée pour cette forme de courant.
L’analyse de la secousse lente, au moyen de la méthode graphique, montre par comparaison avec un tracé de secousse normale que le ralenlissement de la secousse porte sur les différents temps de la contraction : la durée du temps perdu est accrue ; la pente de la période de raccourcissement est moins abrupte et se continue par un plateau alors que sur le muscle sain la courbe myographique présente un sommet aigu (fig. 36). Enfin la période de relâchement est allongée, surtout dans sa partie terminale. Il est même à noter que c’est surtout sur cette dernière phase, la décontraction, que le ralentissement est lopins marqué et le plus caractéristique.
Sans doute la proposition de Larat d’inscrire ainsi Içs caractères de la secousse est-elle fort séduisante en raison du document qu’on aurait entre les mains et qui permettrait des comparaisons fort utiles pour fixer l’évolution des altérations musculaires. Malheureusement les examens électrodiagnostiques sont déjà fort longs par eux-mêmes, et il n’est guère à prévoir que les électrologistes acceptent cette complication de technique dont une observation attentive les dis[(ensera toujours.
Causes d’erreur. — Les causes d’erreur auxquelles peut donner lieu l’appréciation de la lenteur de la secousse seront étudiées à propos delà réaction de dégénérescence (V. p. 60).
La contraction galvanotonique. — Nous avons vu qu’à l’état normal, un courant relativement intense appliqué sur le nerf, détermine à NF, soit une secousse simple mais énergique, soit une contraction soutenue autrefois désignée comme tétanique et qui est en réalité d’ordre tonique. Celle-ci dure pendant tout le passage du courant et cesse à l’ouverture.
Cette contraction galvanotonique, facile à obtenir sur le nerf est à peu près impossible à produire sur le muscle, à 1 état normal. Mais à l’état pathologique on peut l’obtenir avec des intensités relativement faibles. Erb l’observa le premier : il constata que dans la réaction de dégénérescence, la contraction lente prenait parfois l’aspect tétanique et se prolongeait pendant tout le passage du courant. Depuis elle a été rencontrée fréquemirient par Huet, Delherm, Bourguignon et nous-mêmes.
ZiMMEBN et Peroi.. - ÉlectrodiagDOStic de guerre. 4
On UC l'observe pas en general qiiaïul on provoque la contraction du muscle par l’intermédiaire du nerf, alors que celui-ci est encore excitable, mais par l’excitation directe du muscle au point moteur. Tantôt elle constitue toute la contraction : la contraction est d’emblée tonique. Tantôt elle succède à une secousse à départ lent : celle-ci n’arrive pas au relâchement complet, la contraction lente se poursuit par un plateau; le muscle ne se relâche qu’à l’ouverture.
Le plus souvent elle est plus manifeste par Vexcitation positive, qu’avec le pôle négatif.
Mais c’est surtout par l’exploration au voisinage du tendon (excitation longitudinale) beaucoup plus qu’au point moteur qu’elle se laissera déceler (le pôle négatif sur le tendon).
Le caractère particulier de cette contraction galvanotonique est qu’elle ne survit pas au passage du courant. Elle cesse à l'ouverture. Aussi l’a-t-on dénommée contraction galvanotonique non durable par opposition avec la contraction galvanotonique durable qui se prolonge après la cessation de l’excitation et qui constitue un caractère important de la réaction myotonique (maladie de Thomsen).
La contraction galvanotonique durable diffère de la précédente en ce qu’elle survit à l'ouverture. Ou l’observe pour des courants suffisamment forts, avec l’un ou l’autre pôle au point moteur. C’est avec la fermeture positive, ou mieux encore à l’excitation longitudinale qu’elle est, elle aussi, la plus caractérisée. Sa persistance au delà de l'ouverture est de quelques secondes, après lesquelles le muscle se relâche. Elle se dissipe et peut disparaître par la répétition des excitations. Elle fait partie de la réaction myotonique et se rencontre sur certains muscles dans le début des myopathies.
La réaction longitudinale. — A l’état normal, les muscles sont excitables dans toute leur portion charnue, mais leur excitabilité acquiert un optimum dans la zone étroite du point moteur. Les variations d’excitabilité que présente le muscle à l’état pathologique et qui, dans la méthode monopolaire, se manifestent lorsqu’on interroge ce point moteur, ne se limitent pas seulement à ce point mais frappent le muscle dans son ensemble. C’est ainsi que l’extrémité distale du muscle pathologique peut donner une réponse
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conlractile plus aisément qu’a l’étal normal. Alors qu’il faut une intensité notable de courant galvanique pour développer une secousse dans un muscle sain en l’excitant à l’insertion du tendon, à l’état pathologique, une intensité de conrant relativemen,t faible pourra suffire. Que simultanément l’excitabilité au point moteur ait décru d’une façon notable ou ait même disparu, l’excitation à l’insertion du tendon l’emportera en efficacité ou suppléera même complètement à l’excitation au point moteur.
Découvert par Remak (1876), retrouvé en 1891 par Doumer, étudié ensuite de très près par Huet (1894) le phénomène reçut de Wertheim-Salomonson la dénomination de déplacement du point moteur.
Dans la suite, Ghilarducci ayant montré qu’on pouvait l’obtenir en portant l’excitation au-dessous du muscle, voire même à l’extrémité du membre le désigna sous le nom de réaction de dégénérescence à distance, expression qui a prévalu pendant assez longtemps, mais qui est aujourd’hui à peu près uniformément remplacée par celle d’hyperexcitabilité longitudinale ou de réaction longitudinale que lui avait donnée Huet.
Réaction ou hyperexcitabilité longi- 35 __ Recherche de la tudinale, déplacement du point moteur, réaction de dégénérescence à distance sont donc des appellations variées .du
même phénomène. Dans les notations on écrit souvent DRd.
Longtemps on l’a considérée comme une manifestation ultime et tardive de la réaction de dégénérescence, mais il est aujourd’hui bien établi qu’elle accompagne celle-ci dans toute son évolution, qu’elle en constitue l’une des réactions élémentaires les plus importantes et les plus précoces (parfois deux ou trois jours après la lésion du nerf).
Lorsqu’on vient à porter l’électrode exploratrice à l’extrémité inférieure du corps charnu d’un muscle en évolution dégénérative à une période encore peu éloignée de son début (fig. 35), on constate que l’excitatiùn de fermeture en ce nouveau point provoque la contraction avec un courant de bien moindre intensité qu’à l’état normal. Il y a hyperexcitabilité longitudinale et cette hyperexcitabilité à l’exploration longitudinale est une hyperexcitabilité réelle, absolue. Plus fard, l’excitabilité diminuant au point moteur, diminue également à l’excitation longitudinale et exige un courant de plus grande intensité qu’à l’état normal. Mais la diminution d’excitabilité étant moindre à l’excitation longitudinale qu’au point moteur, l’excitation longitudinale prédomine sur celle du point moteur ; il y a hyperexcitabilité longitudinale relative.
Lorsque l’excitabilité est abolie au point moteur, l’excitabilité à l’insertion du tendon peut être la seule manifestation de l’excitatabilité du muscle.
Manifestation de dégénérescence, la secousse due à l’excitation longitudinale en conserve la caractéristique, c’est-à-dire la lenteur. Souvent même la lenteur dans l’excitation longitudinale est plus prononcée qu’au point d’élection. La secousse produite par l’excitation du point moteur peut même sembler vive, ou sa forme paraître douteuse : on la trouvera d’ordinaire mieux caractérisée par l’excitation du tendon.
L’ordre d’apparition des secousses par l’excitation longitudinale ne diffère pas, au moins dans la majorité des cas, de l’ordre normal ; le plus souvent NF s’obtient avant PF ; l’inversion se rencontre rarement.
La lenteur de la secousse est parfois remplacée dans l’hyperexcilabilité longitudinale, mais seulement dans les phases initiales de la réaction de dégénérescence, par une contraction galvanotonique. D’ordinaire à ce moment les autres réactions du muscle sont parfaitement normales : on ne trouve au point moteur ni secousse lente, ni modification de la formule. Il en résulte que la constatation exclusive d’une contraction tonique par l’exploration longitudinale peut être un indice très précoce et très fin d’une altération du muscle (Bourguignon);
La réaction de Rich ou réaction de compression. — La réaction de Rich, ou plus exactement de Richard Geigel, est une réaction quantitative consécutive à la compression des nerfs et des vaisseaux avec les
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doigts ou la bande d’Esinarch. Elle est caractérisée par l’apparition précoce des secousses d’ouverture à l’excitation du nerf.
En supposant qu’à l’état normal, on obtienne la succession des secousses avec les intensités suivantes :
1 mA.NE