II. - LES LÉSIONS MÉDULLAIRES
,0n observe en pathologie de guerre des compressions, des sections complètes ou incomplètes de la moelle, relevant soit de l’action directe d’un projectile, soit d’une fracture de la colonne vertébrale.
Les modifications des réactions électriques qui accompagnent ces lésions ont principalement'pour siège les territoires lombaires 'et sacrés où elles peuvent être unilatérales ou bilatérales, symétriques ou diffuses, systématiques ou dissociées. On peut cependant dans les lésions hautes les observer aussi aux membres supérieurs.
ZiMMERN et Pebol. — Électrodiagnostlc de guerre. 8
Bastian dans un cas de seclion ii’a trouvé aucune modificaliou des réactions électri(|ues. Bar contre la plupart des auteurs qui ont eu l’occasion d’observer des cas de ce genre signalent dans tout le segment frappé de paraplégie, une hypoexcilabilité très profonde pour les deux formes de courant avec ou sans lenteur de la secousse galvanique, souvent même de l'inexcitabilité absolue (Schultze, Pfeiffer). L’iiypoexcitabilité profonde paraît avoir été plus fréquemment observée que la RD elle-même. D’après Bruns l’hypoexcilabilité ne serait qu’apparente et due au développement considérable de Tœdème.
Les modifications des réactions électriques, pour Pierre Marie et Foix, seraient conditionnées au moins dans un certain nombre de cas par des névrites des membres paralysés prédominant ordinairement sur le sciatique poplité externe L
La recherche des altérations des réactions électriques n’offre pas un très gros intérêt dans les traumatismes directs de la moelle si ce n’est en vue de déterminer, dans certains cas, la hauteur de la lésion, et de vérifier par ce moyen un examen radiologique.
Bien plus instructive est la recherche des réactions électriques dans les contusions de la moelle (chute, ensevelissement, choc de projectiles) et les commotions par éclatement d’obus ou explosion de mines.
Les paralysies qui résultent de ces traumatismes s’accompagnent assez souvent d’un degré plus ou nioins marqué de réaction de ' dégénérescence attribuable aux lésions des cornes antérieures (hématomyélie).
Dans les cas graves, l’hématomyélie avec son corlège de symp-,, tômes cliniques caractéristiques (paraplégie, dissociation syringomvélique) s'impose au diagnostic : mais, dans les cas légers, la découverte de quelques réactions anormales est, au même titre que la ponction lombaire, précieuse pour fixer la nature de la lésion.
Dans ces cas légers où les suppléances peuvent masquer la paralysie, on observera, en général dans le territoire du sciatique, plus particulièrement dans le domaine du sciatique poplité externe, sur un muscle ou fin groupe musculaire, d’un côté seulement ou des deux, soit la RD franche, soit de la RD partielle ou seulement encore une simple diminution de l’excitabilité.