LE PASSEUR
O Passeur, par ce soir si tragique d'automne Où l'eau, malgré la brume amassée à ses bords. Sous le vent violent se soulève et moutonne Ne m'as-tu pas conduit sur le fleuve des morts ?
Autour de moi les peurs infernales s'élancent :
Je crois n'être pas seul au banc des passagers,
La barque est lourde au choc des flots qui la balancent
Et mes pieds sont pressés par des pieds étrangers.
Si je plonge ma main dans l'onde, des étreintes Glacent mon sang jusqu'à sa source remué, ïa rame en s'abaissant vient d'animer des plaintes, O Passeur à la proue invisible et muet.
llU ÉLÉGIES PARISIENNES
Revenons-nous chez les vivants?... Des voix lointaines. Un I)ateau qui nous frùle avec des fanaux clairs. Et. guidant les haleurs sur les rives prochaines, La conque du barreur qui déchire les airs ...
Voici 1 île apparue en une masse donibre, O Passeur. al>ordons : sous un toît qui s'endort Dans la brunie échappée à la rivière sombre .Je dois trouver l'Amour assis au foyer d'or.