‹ Elégies parisiennesChapitre 23 sur 30 · AUX SABLES-D OLONNE · texte numérisé non relu

AUX SABLES-D OLONNE

Océan! Océan! O plaine merveilleuse!

Quand je te vis, l'été s'achevait sur les flots Et la ville blottie au ras d'une anse creuse Retentissait des cris d'appel des matelots !

Sur la terre et la mer l'air était sans nuage, L'hirondelle fendait la va^ue d'un vol sûr Et, du large accourant vers la paix du rivage, Quelques voiliers tendaient leurs ailes dans l'azur.

Enfant de ce grand lac où la lumière agile Sur le front blanchissant des oliviers s'endort. Je connus, Océan, que sa beauté fragile Tombait devant la tienne et j'eus peur sur ton bord.

J'eus peur et tout sombra : le charme de la plage, Lair pur qui se flétrit sur la face des eaux, Mes yeux ne virent plus qu'un élément sauvage Sur lequel, éperdus, tournoyaient des oiseaux.

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La ville l)lanclie, au loin, sur la lag-une grise. Tendait vers l'horizon sa couronne de i^ins Cv^mnie U!ic suppliante auprès des flots assise Priant sur elle-même et sur tous les marins.

Mais, un instant après, dans mon àme afrail)lie,

Océan, tu versas tout ton enchantement !

Et je te vis changer cette mélancolie

O plaine merveilleuse, en long- ravissement !

C'est depuis que je t'aime, autant dans tes tempêtes, Quand, sous le vent, tu meus des montagnes de flots, Que dans ton calme, quant aux astres tu te prêtes, Jaime ton rire immense et j'aime tes sanglots !

Adieu, pourtant ! Et toi, souveraine des sables.

Fille de l'Océan, je te laisse à ton port,

A ta lagune, au vent, aux flots impérissables,

Aux bois de pins dressés, gémissants, sur ton bord.

Au bout de la jetée, aux heures de marée, Tu ne me verras plus, les yeux sur l'hori^.on Où la brume du soir déjà s'est emparée Du soleil qui se meurt à son dernier rayon.

Mais j'emporte avec moi, pour briller sur ma vie, Ton souvenir, cité scintillante de sel.

Toi qui dors, par la mer sans cesse poursuivie, Et dont la terre basse attire plus de ciel !

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