LIVRE TROISIEME
de l'amour, près d'une eau murmurante sur un lit de cailloux, je te dédierai, 6 déesse Fortune , un hymne de reconnaissance qui attirera les dieux champêtres dans ces lieux enchantés.
DOUZIEME ELEGIE
A Saragosse.
ntique cité, qui dois ton nom fameux à César Auguste , et qu'a bâtie la main des héros, l'Ebre, le plus grand des fleuves de l'Hespérie, t'offre ses eaux triomphantes. Il t'honore comme sa souveraine, et il veut que tes murailles restent à jamais debout sur sa rive, tant qu'il coulera. Mille colonnes royales soutiennent tes palais; tes tours aériennes s'enfoncent dans les nues. La déesse de Cythère t'a doté de tendres et charmantes jeunes filles; elle t'affectionne en souvenir de son petit-fils Auguste.
Hélas! pourquoi, baignée de larmes, cultives-tu les noirs cyprès? N'est-ce donc point assez de l'arbre cher à Phébus, pour en tresser des couronnes triomphales à ton roi, qui revient vainqueur d'un ennemi barbare? Pas un
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roi, pas un César ne s'est montré plus clément, depuis le règne d'Auguste.
TREIZIÈME ÉLÉGIE
Sur le voyage à Compostelle du très-révérend cardinal de Tolède
tatyres aux pieds de chèvre, vous qui veillez jSur les voyageurs appelés à fournir une longue ; route, dignes fils d'un père éloquent qui sur .sa blonde chevelure porte une aigrette d'or, la foret retentissante, le mont élevé, le fleuve aux roseaux murmurants vous adorent. Dites-moi, a-t-il guidé son cheval sous vos ombrages, s'est-il reposé sur le bord de vos eaux, ce voyageur sacré , dont la mitre couvre le front légèrement blanchi, qui gouverne par de justes lois l'empire espagnol et procure d'heureux loisirs aux peuples pacifiés, ce prélat qui, sur l'autel de la fière Tolède, fait fumer aujourd'hui un encens plus agréable et plus doux? Dites-le-moi, satyres , petits satyres légers, et vous déesses des forêts, proie enviée des satyres. Si jadis le dieu Pan m'est apparu à moi seul, quand, dans les soi-
i. Jean Tavera, dont Jean Second était secrétaire.