CHAPITRE III
DES MEMBRANES TÉGUMENTAIRES.
§ a38. Ces membranes sont celles qui , tant à l’intérieur qu’à l’extérieur , revêtent les parties naturellement exposées au contact des substances étrangères. On les appelle encore villeuses composées, ou folliculeuses, à cause des parties nombreuses qui entrent dans leur texture, et en particulier des follicules qu’elles contiennent; Elles constituent après le tissu cellulaire, dont elles sont une modification plus ou moins composée , le tissu ou l'organe le plus généralement répandu dans le règne animal j elles sont les premières parties distinctes et figurées de l'embryon • c’est sur elles et par elles que tout le reste du corps se forme j en santé et pendant toute la vie, elles sont les organes des fonctions les plus essentielles : c’est en elles et par elles que se font toute absorption et toute sécrétion extrinsèques ; c’est sur elles que toutes les substances étrangères font impression ; elles sont souvent altérées dans les maladies ; c’est sur elles enfin que la plupart des agens thérapeutiques Sont appliqués : leur étude est donc d’une grande importance pour le médecin.
§ 2^g. Galien 1 avait déjà fait remarquer qu’outre la peau extérieure qui est le tégument commun de toutes les parties, il y aune peau membraniforme et mincë qui
1 De la méthode thérapeutique , L. xiv , chap. 2.
DES membranes tégumentaires. 2^3
revêt les parties internes; plusieurs anatomistes 1 avaient déjà indiqué la continuation de la peau dans quelquesunes des cavités naturelles , et l’analogie du mucus avec l’épiderme; Bonn * avait déjà décrit avec détail la continuation de la peau avec la membrane interne dans toutes les ouvertures et les cavités ; les zootomistes et les naturalistes l’avaient aussi fait observer, ainsi que l’analogie qui existe entre ces deux parties d’une même membrane dans l’intervalle desquelles tout le reste du corps est placé. Bichat a particulièrement insisté sur cette continuité. IVL J.-B. Wilbrand 4 a fait récemment une exposition détaillée du système cutané ou tégumentairedans toutes ses divisions. M. Hébréard 5 a décrit la transformation de la peau en membrane muqueuse^ et réciproquement.
§ a4o. Les membranes tégumentaires ont dans toute leur étendue des caractères communs qu’il faut d’abord
exposer; mais d’après des différences dans leur situa-
tion , leur texture et leurs fonctions, elles sont distinguées en deux parties qu’il faudra décrire ensuite chacune à part : ce sont la membrane muqueuse ’et la peau.
* Casserius, Pcntaestheseion , hoc est, de quinque sensibus liber.
a Glisson , De guld , ventriculo et intestinis.
3 De continuationibus membranarum .
^ Das hautsystem in allen seinen vcrz iveigungcn , anatomisch , physiol. un d pathol . dargeslellt. Giessén , 18 13.
5 Mémoire sur l’analogie qui existe entre les systèmes muqueux et dermoïde ; Mémoires de la Soc. méd. d'émulation. , vol. vin , pag. i53.
PREMIÈRE SECTION