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DES MEMBRANES SYNOVIALES DES TENDONS

«t en très-grand nombre , des petits corps, de la forme et du volume à peu près des pépins ou graines de poires et de pommes, que l’on a cru animés, et qu’on a proposé de noramçr acephfilocystis plana. On les a trouvés le plus souvent sous le ligament annulaire antérieur du carpe, et quelquefois dans d’autres membranes des tendons, comme celles du grand fessier, du long fléchisseur du pouce, etc. L’incision leur donne issue , mais il en résulte le plus souvent une vive inflammation, très-grave, et dans les cas les plus heureux une adhérence intime, qui, au poignet, par exemple, confond tous les tendons fléchisseurs en un seul paquet, et réduit les doigts à l’immobilité. En général, l'inflammation des membranes synoviales tendineuses mérite de fixer l’attention des pathologistes. Il en est de même au reste de la plupart de leurs altérations morbides qui ont souvent été confondues sous le nom de tumeurs blanches avec les maladies des articulations, au voisinage desquelles elles sont situées.

ARTICLE III

§ 210. On désigne sous ce nom, capsulœ synoviales , les membranes séreuses des articulations diarthrodiales. La plupart appartiennent à des os, quelquesunes à des cartilages, comme cela a lieu pour le larynx. Ces membranes sont, comme les précédentes, humectées par un fluide à l’intérieur , et facilitent de même le glissement des parties qu’elles revêtent.

212 anatomie générale.

Elles ont été long-temps confondues avecles ligamens capsulaires des articulations Nesbitt, Bonn, W. Hunier, avaient déjà observé qu elles forment une membrane distincte des ligamens et des cartilages articulaires; Monro avait noté leur analogie avec les autres membranes synoviales et séreuses; Bicbat a fixé davantage l’attention sur ces membranes, et en a donné une description générale plus complète. Monro et Mascagni en ont donné des figures.

§ 2 1 1 . Le nombre de ces membranes est très-grand : il y en a à peu près autant que d’articulations. Ce nombre n’est pas parfaitement égal à celui de ces dernières, parce que d’une part, certaines de ces membranes sont communes à plusieurs articulations, ainsi qu’on le voit au carpe, et que d’autre part il est des articulations qui en renferment plusieurs. Du reste on ne les trouve point ailleurs que dans les articulations.

§ 2 1 2. On observe les variétés suivantes dans la configuration de ces membranes : i° il en est qui représentent des poches arrondies et simples comme les membranes vésiculaires des tendons : c’est ce qu’on voit aux articulations des phalanges entre elles et avec le métacarpe et le métatarse; il n’y a là aucune espèce de complication, et on n’obtient par l’insufflation , qu’une petite ampoule ronde; 2° dans quelques articulations, la cavité de la membrane semble traversée par un ligament ou un tendon, autour duquel celle-ci se réfléchit, en lui formant une gaine continue, à ses deux extrémités, avec l’enveloppe commune que la synoviale fournit a 1 articulation : cette synoviale est alors vaginiforme : ou

rencontre cette disposition dans les articulations coxofémorale, scapulo-liumorale, etc.; 3° une complication plus grande s’observe dans d’autres articulations : dans celle du genou , par exemple, on trouve une enveloppe commune, des gaines pour le tendon du muscle poplité et le ligament adipeux; et de plus des replis revêtent les ligamens semi-lunaires et croisés, qui soulèvent la membrane et font saillie dans l’articulation; On pourrait donc établir à peu près cet ordre dans la complication des membranes synoviales : ampoule simple; ampoule soulevée par des flocons graisseux ; cette dernière disposition jointe à la présence de gaines; enfin, outre cette dernière, des replis formés par des parties qui s’enfoncent dans l’articulation et sont revêtues par la membrane. Toutes ces formes si variées se rapportent, en dernière analyse, à la forme vésiculaire.

§ 2 1 3. La surface externe des membranes synoviales a des connexions plus ou moins étroites, avec les parties voisines. Aux deux extrémités de l’espèce de sac qu elles représentent, toutes adhèrent intimement aux surfaces articulaires des os, ou plutôt aux cartilages qui revêtent ces surfaces. Leur connexion avec ces cartilages est tellement serrée, qu’on croirait que celui-ci est nu; cependant Nesbitt , Bonn, W. Hunter, avaient annoncé depuis long-temps l’existence d’un prolongement des membranes synoviales sur les surfaces articulaires des os. G est particulièrement à Bicbat que I on doit d’avoir établi celte vérité d’une manière incontestable. Quelques auteurs pourtant, tels que Gordon, et M. Maî gendie, élèvent encore des doutes sur ce point. Plu-

sieurs faits démontrent la présence des synoviales articulaires sur les cartilages. Dans l’inflammation de ces membranes, leur rougeur, qui à la longue devient sensible, s’étend sur la circonférence du cartilage, et est de moins en moins marquée, à mesure qu’on s’avance vers son centre , la membrane s’identifiant de plus en plus avec le cartilage ; le centre lui-même finit par se pénétrer de vaisseaux, mais le cartilage n’est coloré qu à sa surface, et conserve dans son épaisseur la couleur blanche qui ïui est propre. Les brides qui se forment quelquefois dans les membranes synoviales naissent indifféremment de tous les points de leur étendue, et on observe, quand elles tiennent au cartilage, que leur base lui adhère moins intimement, et qu’en cet endroit la membrane devient apparente , comme elle l’est naturellement au pourtour des surfaces articulaires : de cette manière la synoviale est apparente sur le centre même du cartilage. La dégénération fongueuse, propre à la membrane synoviale, se voit également sur le cartilage. Enfin, l’inspection directe démontre la continuité de cette membrane. En enlevant obliquement une tranche d’un cartilage, que l’on renverse ensuite de manière à la rompre à sa base, elle tient encore par la synoviale , qui la recouvre ainsi que le reste du cartilage. Lorsqu’on scie un os, qu’on rompt ensuite le cartilage de son extrémité, la connexion est encore établie dans les deux moitiés par la synoviale, qui se porte de l’une à l’autre.

Dans le reste de leur étendue , c’est-à-dire au pourtour de l’articulation , les membranes svnoviales tiennent aux ligamens articulaires d’une manière égale-

DES CAPSULES SYNOVIALES ARTICULAIRES. 2l5

ment très- serrée, comme on le voit à la capsule de l’articulation scapulo-humérale : l’adhérence est surtout intime au milieu, et devient de plus en plus lâche vers les extrémités. Dans l’intervalle des ligamens, ces membranes correspondent aux tissus cellulaire et graisseux: ces tissus forment là des pelotons très-marqués, ainsi que près de l’endroit où la synoviale abandonne les ligamens -pour se réfléchir sur l’os. *

La surface interne est lisse, polie, contiguë à ellemême, lubréfiée par la synovie j et garnie de villosités et de prolongemens fiangés.

§ 21 4- Les membranes synoviales sont minces, molles, demi-transparentes, blanchâtres, extensibles à un certain degré, quoiqu’elles le soient moins que les séreuses splanchniques, et rétractiles, comme le montrent leur hydropisie et leur retour sur elles -mêmes après l’évacuation du liquide qui s’y est accumulé. Leur rupture dans les luxations dépend moins de leur défaut d’extensibilité, que de leurs connexions étroites et de la moindre étendue de leurs replis.

§ 21 5. Ces membranes sont garnies de pelotons graisseux, placés à leur extérieur ou dans leur épaisseur même, et improprement désignés sous le nom de glandes synoviales d’ Havers. Ces pelotons, aperçus par Y ésale et Etienne, décrits par Cowper et surtout par Cl. Havers x, ont été regardés par tous les physiologistes, jusqu’à Monro, comme les organes sécréteurs de la synovie 2. Leur volume varie suivant la quantité de graisse qu’ils

v*De ossibus , senno iv, cap. i.

2 l oyez Pitscliel. De axungiâ articula'. Lips. 17/10. — Haasc. De unguine arliculari , ejusque vit iis. Lips. 177 4-

anatomie générale.

contiennent : ils renferment toujours plus ou moins de ce fluide, et sont presque entièrement formés de tissu adipeux. Les franges existent, à l’intérieur de la membrane , à l’endroit où sont placés ces pelotons en dehors. Les endroits où l’on rencontré ces différensobjets sont ceux où la membrane offre le plus de vaisseaux. Les franges contiennent dans leur épaisseur du tissu cellulaire, de la graisse et des vaisseaux sanguins; les autres parties des membranes synoviales ne reçoivent que des vaisseaux séreux. Les lymphatiques ne sont apparens que dans quelques-unes de ces membranes. Il est inutile de nous arrêter de nouveau à l'hypothèse de Mascagni, que cet auteur applique à toutes les membranes transparentes. On ne connaît pas les nerfs des capsules synoviales.

§ 216. Le liquide sécrété par ces membranes, ou la synovie, synovici , ainsi nommé par Paracelse à cause de sa ressemblance grossière avec le blanc d’œuf, est le résultat d’une sécrétion perspiratoire, quoiqu’on ait admis beaucoup d’autres idées sur le mécanisme de sa formation. Ce fluide n’est point, comme on la cru pendant long-temps, le produit du mélange de la sérosité avec la graisse; la moelle des os ne transsude pas pour le former, comme nous l’avons vu; la synovie même ne contient pas d’huile dans l’état naturel. Les prétendues glandes de Ha vers ne peuvent , d’après ce que nous avons dit, remplir l’usage que cet auteur leur attribuait, et les franges qui les surmontent ne sont pas, comme il le croyait, des conduits excréteurs. On n observe , en effet, rien de glanduleux dans les paquets synoviaux , point de granulations , de

conduits excréteurs; cependant on a récemment encore cru trouver cette structure glandulaire r. La graisse même qu’ils renferment n’est pas essentielle a leur structure , et d’ailleurs , comme il n’y a pas d huile dans la synovie, ce n’est pas la transsudation du premier de ces fluides, quand il existe, qui donne naissance au second. Rosenmuller prétend qu’il y a des follicules sécrétoires dans ces pelotons adipeux : je n’ai point vu ces follicules et ne sache pas que personne ait constaté de nouveau leur existence. La sécrétion de la synovie n’est donc ni glandulaire, ni folliculaire, ni un simple résultat de la transsudation, mais véritablement perspiratoire : toute l’étendue des membranes synoviales en est le siège, mais surtout la portion de ces membranes que surmontent les franges, en raison de plus grand nombre de vaisseaux qu elle contient. La synovie est en partie reprise par absorption et sa quantité , toujours à peu près la même, suppose un équilibre entre celle-ci et la sécrétion.

Connu des Grecs, qui lui donnaient le nom de tcov upêpav , désigné pendant long -temps sous celui iïaxungïa, d'unguen, ce liquide est filant, visqueux, doué d’une saveur salée, d’une pesanteur spécifique exprimée par io5 , celle de l’eau représentant 100. Sa composition chimique a été examinée , tant chez, les animaux que chez l’homme, mais plus particulièrement dans le bœuf, par Margueron, Fourcroy, J. Davy, Hildebrandt, M. Orfila et plusieurs autres. On y trouve de l’eau, de l’albumine, du mucus ou de

1 V oyez Hcyligers. Dissertatio physioL anat. de fabricd àrticul. i8o3.

21 S ANATOMIE GENERALE

la matière incoagulable, regardée par quelques-uns comme de la gélatine mucilagineuse , de la matière filandreuse, que les uns pensent être de la fibrine, les autres de l’albumine dans un état particulier, de la soude, du muriate de soude, du phosphate de chaux et une matière animale que l’on dit être de l’acide urique. Les usages de la synovie sont de diminuer les frottpmens, et de faciliter par là le glissement des parties.

§ •Airj. Les capsules synoviales des articulations présentent quelques altérations pathologiques 1 . Elles se réparent quand elles sont divisées; mais leur mode de réunion est peu connu; il n’y a point de faits précis dans l’histoire des plaies des articulations et des luxations, relativement à ce mode. Il se fait quelquefois de nouvelles membranes synoviales, comme on l’observe dans les fausses articulations , «après les luxations non réduites; dans ce cas que le docteur Thomson a décrit , et que j’ai moi-même observé, les débris de l’ancienne capsule et le tissu cellulaire réunis forment une nouvelle membrane, assez semblable à la première. A la suite des fractures non consolidées , dans les articulations surnuméraires qui leur succèdent, il existe de même une membrane fermée, lisse à 1 intérieur, contenant un liquide visqueux plus ou moins analogue à la synovie.

L’hydropisie des articulations constitue lllydrar-

1 Voyez Reimarus, de tumorc ligament. , etc. Leyd. UJ7. — Wynperssé, de ancylosi. Leyd. 1783. — Ejusd. de ancyl. pathol. Leyd. 1783. — Brodie. Traité des maladies des articulations. Paris, 1819.

tlirose : la synovie est ordinairement altérée de diverses manières dans celte affection.

§218. L inflammation produitdans ces membranes les

même altérations de tissu et de fonctions que dans les séreuses en général. Elles s’épaississentunpeu, rougissent dans une plus ou moins grande étendue, se recouvrent de grains albumineux, et contractent quelquefois des adhérences à la suite de cette inflammation. Celle-ci peut se terminer par résolution , et laisse alors une roideur tenant à l’épaississement de toutes les parties environnantes : la membrane elle-même reste aussi, en

général, plus épaisse. Des épanchemens, soit de synovie pure , soit de sérosité lactescente ou contenant des flocons albumineux, ou même du véritable pus, peuvent résulter de cette inflammation. Les adhérences qui surviennent à sa suite constituent une des espèces d’ankiloses. Il est, comme on le sait, plusieurs variétés de cette maladie : toutes dépendent de 1 altération de la synoviale, et quelquefois des parties extérieures, à cette membrane. Ainsi dans l ankilose fausse , il paraît y avoir épaississement , induration de toutes les parties molles qui entourent les articulations. Une autre espèce, à laquelle on pourrait appliquer l’épithète de fausse si elle devait être conservée, est caractérisée par des adhérences de la membrane synoviale. L’articulation devient alors une amphiartrose, des brides ou lames synoviales unissent les surfaces diarthrodiales : ces brides sont quelquefois si nombreuses quelles représentent une sorte de eellulosité; suivant leur nombre, leur longueur, leur extensibilité, les mouvemens sont plus ou moins bornés; l’épaississement et

1 endurcissement des parties molles se joignent à cette alteration, à la suitede laquelle les parties ne reprennent jamais complètement leurs mouvemens. Dans la vraie ankylosé, non seulement il setablit des adhérences entre les surfaces articulaires, mais encore ces surfaces se soudent, se confondent, la continuité est parfaite entre les os, dont les lames compactes ainsi que les lames cartilagineuses qui les séparaient finissent ellesmêmes par disparaître, de sorte que leui tissu spongieux se confond : c’est par la membrane synoviale que commence ce changement, que nous devions à cause de cela indiquer ici. L’ulcération est une terminaison plus rare de l’inflammation des membranes synoviales.

§ 219. Dansles tumeurs blanches, parmi lesquelles on range des altérations très-diverses, comme l’inflammation, I hydropisie, les maladies des cartilages, etc., on trouve quelquefois une altération propre aux membranes synoviales : c’est un état dans lequel ces membranes sont converties en une substance fongueuse d’où s’élèvent des végétations jusqu’au-dessous delà peau, et faisant même saillie à l’extérieur. Reimarus, Brambilla, M. Brodie, ont décrit ces fongus cancéreux.

§ 220. Il se forme des corps étrangers dans les articulations; celle du genou en est le siège le plus fréquent. Le volume de ces corps varie , ainsi que leur nombre et leur consistance, comme nous l’avons déjà dit en traitant du système séreux en général; ils se forment en dehors de la membrane synoviale, et paraissent le résultat d’une altération particulière de la nutrition ; ils s enfoncent petit à petit du côté de l'intérieur de la mem-

brane, et finissent par se détacher entièrement suivant le mécanisme indiqué plus haut. Leur présence, accompagnée de douleurs vives quand ils se placent entre les surfaces articulaires, ne produit presque point de gêne lorsqu’ils se trouvent logés dans des endroits mobiles et où l’articulation est lâche. Des enfoncemens plus ou moins profonds sont quelquefois creusés à la longue par la pression qu’ils exercent sur les cartilages, et comme ces enfoncemens répondent par leur forme à celle des corps qui y sont logés, cela a fait dire que c’était des morceaux de cartilage séparés par une violence extérieure; mais il suffit de considérer que ces enfoncemens n’existent pas dans le plus grand nombre des cas où l’on trouve des corps étrangers, qu’ils ne ressemblent nullement, pour l’aspect, aux surfaces d’une fracture, et que les corps sont bien plus épais que le cartilage articulaire pour ne point admettre cette opinion.

ARTICLE IV

DES MEMBRANES SEREUSES SPLANCHNIQUES.

§ 221. Les membranes séreuses proprement dites , que l’on a aussi appelées membranes diaphanes, sont celles qui tapissent les cavités splanchniques et qui fournissent des tuniques plus ou moins complètes aux viscères situés dans ces cavités.

§ 222. Ces membranes ont été pendant long-temps, comme toutes les autres membranes séreuses, considérées et confondues, soit dans l’état sain, soit dans l’état malade, avec les organes quelles enveloppent et les parties qu’elles revêtent. Cependant, sous le pre-

mier rapport, on avait successivement décrit dune manière exacte chacune de ces membranes indépendamment des parties quelles recouvrent; quelques anatomistçs, comme Monro, avaient même déjà indiqué l’analogie qui existe entre elles. Sous le rapport pathologique, Sauvages et M. Pinel , avaient déjà établi un ordre d’inflammation pour celles des membranes diaphanes, mais en y comprenant l'inflammation de l’estomac, de l’intestin, de la vessie et de l’épiploon comme autant de genres; diverses observations d’anatomie pathologique , et notamment celles de J. G. Walter sur la péritonite, avaient montré , que cette membrane pouvait comme les autres membranes séreuses , être affectée dans toute son étendue, et indépendamment des parties sous-jacentes; enfin, le docteur Garmichael Smith avait noté avec exactitude l’inflammation identique de toutes les membranes diaphanes, lorsque Bichat donna sa description complète et exacte des membranes séreuses, et particulièrement de l’arachnoïde. On a donné depuis des descriptions de quelques-unes de ces membranes r, mais l’on a peu ajouté à ce que notre célèbre anatomiste en a dit ; on a ajouté davantage à leur histoire pathologique,

§ 223. Les membranes séreuses dont il s’agit ici sont situées dans les cavités du tronc, qu’elles tapissent ; elles y revêtent les organes les plus iinportans, les plus es-

1 Voyez Langenbeck , Commentarium de structura pentonœci , etc ., cum tabulis. Gotting, 1817. — L. Rolande, Osservazioni sul perijioneo et sulla pleura , ui mem. delta real Accad. délie scienze. Tom. XXIV, Turin, 1820.

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sentiels à la vie. Ces membranes sont distinctes et séparées les unes des autres ; leur nombre est peu considérable : ce sont, i° le péritoine dans l’abdomen, où il revêt plus ou moins complètement la plupart des organes de la digestion, qui sont contenus dans cette cavité , et beaucoup moins les organes génitaux et urinaires ; 2° , 3° les deux plèvres , et 4° le péricarde , dans la poitrine, où chacune de ces membranes est bornée à un seul organe et aux parois de sa cavité; 5° l’arachnoïde, dans le crâne et dans le canal rachidien ; 6° et 7° enfin, dans l’homme seulement , les péridymes ou tuniques vaginales des testicules.

L’étendue de ces membranes, prises ensemble, est très-considérable, et dépasse de beaucoup celle de la peau. Le péritoine est la plus grande de ces membranes : son étendue égale au moins celle de toutes les autres réunies.

§ 224. La description générale des membranes séreuses a déjà en grande partie fait connaître l’espèce dont il s’agit ici, et qu’on peut regarder comme le type du genre. Leur forme est la même que celle de toutes les membranes séreuses; celle d’une vessie sans ouverture et à parois contiguës. Elles revêtent d’une part la surface interne des parois de la cavité où elles sont contenues, et de l’autre elles fournissent des tuniques ou enveloppes extérieures aux organes. Les plèvres, le péricarde, les pérididymes ont une conformation assez simple, leurs parties viscérale et pariétale se continuent autour du point où l’organe quelles revêtent tient par des prolôngemens vasculaires aux parois de la cavité qui, le renferme. Quant

f21/\ ANATOMIE GENERALE.

à l’arachnoïde et au péritoine, leur disposition est un peu plus compliquée, sans cesser d’être essentiellement la même. Pour la première, la complication tient au grand nombre de vaisseaux et nerfs qui aboutissent au cerveau et qui en partent. Or, sur chacune de ces parties, l’arachnoïde forme une gaine, qui se continue à l’une de ses extrémités avec le feuillet viscéral de la membrane, et à l’autre avec son feuillet pariétal, disposition déjà indiquée et figurée par Bonn , sur laquelle Bichat a plus particulièrement fixé l’attention , et d’où résulte, d’une part, que la cavité membraneuse n’est point ouverte, et que les deux parties de la membrane sont continues l’une à l’autre. Quand au péritoine, sa complication dépend du grand nombre de parties aux quelles il fournit des tuniques, et de la disposition diverse de ces parties , dont les unes sont très-près de la paroi postérieure de l’abdomen d’où elles reçoivent leurs vaisseaux, et sont simplement couvertes parle péritoine; dont les autres s'ont éloignées, quelquefois très-éloignées de cette paroi , et sont suspendues à des freins membraneux qui contiennent les vaisseaux dans leur épaisseur; sa complication dépend aussi des prolongemens vasculaires saillans au-delàdes viscères, et auxquels la membraneséreusefournitdesenveloppes flottantesoh épiploïques. Cette membrane offre encore cette particularité, qu elle est la seule de toutes les membranes séreuses qui présente une ouverture au pavillon de la trompe utérine. De plus grands détails sur la conformation des membranes séreuses splanchniques appartiennent à l’anatomie spéciale de ces membranes, et 1 surtout à celle du péritoine et de 1 arachnoïde.

des membranes SÉREUSES SPLANCHNIQUES. 225

$ 225. Des deux surfaces de ces membranes , l’une est toujours libre dans l’état sain , et l’autre est généralement adhérente. La surface libre est luisante, humide, et paraît polie; cependant elle est garnie de villosités fines qui deviennent visibles quand on la regarde sous l’eau, et que l’irritation inflammatoire rend trèsapparentes. C’est aux membranes séreuses qui les enveloppent et qui les tapissent, que les organes et les parois des cavités splanchniques doivent leur aspect luisant; là où ils en sont dépourvus , ils u ont point la même apparence. Cette surface libre, partout contiguë à elle-même, ainsi que la sérosité qui l’humeçte, établissent une distinction, un véritable isolement entre des parties extrêmement rapprochées; elles facilitent surtout singulièrement les mouvemens de ces parties.

§ 22 6. L’autre surface des membranes séreuses est presque partout adhérente, soit aux viscères, soit aux parois des cavités ; il n’y a guère que quelques points du feuillet viscéral de l’arachnoïde qui soient libres par les deux faces, partout ailleurs la surface extérieure des membranes séreuses est adhérente. Cette adhérence a lieu d’une part avec les parois des cavités, et de l’autre part avec la surface des viscères. Le degré ou la solidité de cette adhérence varie beaucoup. En général, là où les membranes séreuses tiennent à un tissu ligamenteux, comme à la dure-mère, au péricarde, aux aponévroses de la paroi abdominale, à l’albuginée

1 du testicule, elc., cette adhérence est intime; elle est encore assez grande sur des parties musculaires et autres, comme sur le cœur, les poumons, l’estomac, l’intestin , etc; elle l’est beaucoup moins en quelques

anatomie générale.

endroits, comme là où la membrane passe d’un organe aux parois de la cavité, ou réciproquement; là où elle forme des freins et des prolongemens flottans qui contiennent des vaisseaux; dans les endroits où le tissu cellulaire sous-séreux contient de la graisse, et en général partout où il est lâche.

§ 227. Ces différences sont d’une assez grande importance pour s’y arrêter encore: il en résulte, par exemple, que quand l’utérus, la vessie, l’estomac * l’intestin augmentent de volume, les freins et les replis péritonéaux ambians s’écartent, se développent et s’appliquent aux organes; et que, quand ceux-ci reviennent sur euxmêmes, la membrane leur redevient étrangère : cela est du à la laxité du tissu cellulaire sous-séreux vers le bord adhérent de ces replis. Quand une hernie se fait dans l’aîné et s’accroît, c’est, pour la plus grande partie, par le déplacement, le glissement de.la membrane séreuse, favorisés par la laxité des adhérences, que le sac s’aggrandit; quand, au contraire, une hernie ombilicale augmente de volume, c’est par distension et par amincissement que le sac s’aggrandif , l’adhérence du péritoine étant intime autour de l’ombilic. Bichat a peut-être un peu exagéré l’influence que la laxité des adhérences des membranes séreuses peut avoir sur l’isolement de leurs maladies, et de celles des parties sous-jacentes.

§ 228. Les propriétés physiques de ces membranes sont celles que nous avons exposées en parlant du systèm e séreux en général : elles sont minces, mais la ténuité n’est pas la même dans toutes , dans tous les endroits de la même membrane, ni dans tous les individus. Molles, demi- transparentes, etc., leur extensibilité est très-

DES MEMBRANES SEREUSES SPLANCHNIQUES. 227

marquée, plus que celle des membranes synoviales; leur résistance assez grande et de beaucoup supérieure à celle du tissu cellulaire ; elles sont un peu élastiques. Lorsqu’on distend ces membranes au delà d’un certain degré, elles s’éraillent; les éraillemens occupent la surface libre; le reste de l’épaisseur de la membrane résiste plus à la déchirure, ou cède davantage à la distension.

S 229. Elles consistent toutes en un Feuillet unique, d’autant plus dense et serré, qu’on l’examine du côté de la surface libre, et dont la texture est plus lâche du côté opposé, où elle devient floconneuse et se confond avec le tissu cellulaire commun. Jusqu’à l’époque où Douglas a donné une description exacte du péritoine, on considérait cette membrane et celles de la même espèce, comme bifoliées, et contenant les viscères dans l’écartement de leurs deux feuillets : c’était une opinion erronée qu’il a réfutée, et que Vacca et d’autres ont en vain essayé de reproduire. Le prétendu feuillet externe n’est autre chose que le tissu cellulaire sous -séreux si bien décrit par Douglas. Elles consistent essentiellement en une couche de tissu cellulaire extrêmement rapproché et condensé, et de plus en plus distinct du tissu cellulaire, depuis la surface adhérente, où elle se continue insensiblement avec lui, jusqu’à la surface libre, où elle en diffère beaucoup; on n’y distingue pas aussi manifestement des fibres ou des petits faisceaux entrelacés que dans les membranes synoviales. Les appendices flottans de ces membranes contiennent aussi du tissu cellulaire libre, et souvent du tissu graisseux ; elles sont beaucoup plus vas-

euJaires que les autres membranes séreuses ou synoviales. Elles contiennent une immense quantité de vaisseaux blancs ou séreux, qui deviennent apparens par l’injection, la congestion, l’inflammation, et quelques vaisseaux rouges très-fins qui appartiennent à leur surface externe, et surtout au tissu cellulaire sous-séreux , comme on peut s’en assurer en détachant la membrane, que l’on trouve blanche dans les endroits où l’on y aurait supposé un grand nombre de vaisseaux rouges, .que- l’on apercevait seulement au travers d’elle. •Les vaisseaux rouges sont surtout abondans dans les replis flottans ou épiploïques. Des nerfs ont été suivis .jusques auprès de ces membranes, mais non dans leur épaisseur même.

§ 23o. Ces membranes desséchées deviennent transparentes , prennent une légère couleur jaunâtre, et deviennent en même temps élastiques et assez fermes: elles reprennent leurs premières propriétés par l’immersion dans l’eau. La macération les rend d’abord molles, opaques, épaisses, puis pulpeuses, et finit, mais après un temps très-long, par les dissoudre. Dans les cadavres qui commencent à s’altérer, ces membranes d’une part, laissent transsuder, et de l’autre, s’imprègnent des liquides , de là leurs diverses colorations. Le feu nu et l’eau bouillante les racornissent. L’ébullition prolongée les convertit en gélatine et en un peu d’albumine. Ces divers caractères les rapprochent du tissu cellulaire et du tissu ligamentaire.

§ 23 1. La force de formation y est moins développée que dans le tissu cellulaire libre. L’irritation n’y détermine point de mouvemens sensibles, mais elle en altère

des membranes séreuses splanchniques. 229

la sécrétion etja texture f elle les enflamme. Elles ne sont sensibles que dans cet état ou elles deviennent ordinairement le siège d’une vive douleur.

§ 23a. Dans l’état de vie et de santé, elles sont humectées à leur surface contiguë par de la sérosité» qu’elles déposent et, résorbent continuellement. On avait attribué cette sécrétion à l’action de certaines, glandes qu’on supposait, logées dans leur tissu. Ruysch a prouvé que ces prétendues glandes 11'existent pas. Hunter avait cru que cette sécrétion se faisait par une véritable transsudation, analogue à la transsudalion ca-, davérique, à travers les aréoles, les interstices, ou les porosités anorganiques du tissu des vaisseaux: quoique la véritable voie et le vrai mode organique, suivant, lequel se font les sécrétions perspiratoires et autres, ne soit pas bien connu, du moins on peut affirmer quelles diffèrent de la transsudation, laquelle n’a lieu que dans le cadavre. La sérosité, dans l’état de santé, est en quantité si petite, qu’elle est à peine apercevable, et qu’à peine peut-on la recueillir. Hewson a recueilli sur des animaux tués à l’instant, le liquide, en petite quantité, qui humecte les membranes séreuses, et il a vu, parle repos et l’exposition à l’air, ce liquide se coaguler comme la lymphe coagulable du sang. Il n a pu recueillir de même la sérosité du tissu cellulaire. Bostock a trouvé, dans la sérosité saine des cavités splanchniques, de l’eau, de l’albumine en moindre proportion que dans le sérum , de la matière incoagulable, et des sels. Schwilgué y a trouvé de l’albumine une matière extractive et une matière grasse. D’après l’examen que j ai fait de la sérosité des cavités splanchrti-

23o anatomie générale.

ques, il me semble que la matière incoagulable est du mucus gélatiniforme semblable à celui qu’on trouve dans l’albumine coagulée du sérum du sang. La coagulabilité de la sérosité saine , déjà observée avant Hewson par Lower, Lancisi et Kaau , a été, au contraire, niée par Sarcone, Cotunnio et Géromini 1 ; je crois cette coagulabilité constante dans l’état sain.

§ ü33. De toutes les membranes séreuses, celles dont il s’agit maintenant, sont celles dont les fonctions et les actions morbides sont le plus intimement liées avec les autres phénomènes organiques, cela d’ailleurs présente encore des variétés ; ainsi la membrane du testicule et celle de l’abdomen diffèrent beaucoup sous ce rapport.

§ a3 4* C’est à elles aussi que se rapporte pour la plus grande partie , ce qui a été dit sur les altérations morbides de tout le système séreux. Elles sont sujettes de plus que les autres à quelques vices de conformation primitifs; comme les ouvertures contre nature, qu’on observe dans quelques cas de monstruosité et dont elles peuvent toutes offrir des exemples, ainsi que les prolongemens ou appendices qui enveloppent les hernies congéniales et autres déplacemens.

§ ^35. Les hernies accidentelles sont aussi accompagnées d’une altération de forme des membranes séreuses splanchniques , c’est l’existence à peu près constante d’un sac herniaire qui enveloppe les parties déplacées : ce sac est formé par la membrane séreuse

1 Saggio s u lia gcncsi, c cura dclV idrope. Crcmona t

DES MEMJHlANUS SEREUSES SPLANCHNIQUES. 23 I

qui revêt les parois, et que les viscères en se déplaçant poussent devant eux. .

§ 236. L’hydropisie, l’inflammation et ses effets, les fausses membranes, les adhérences, les productions, accidentelles soit analogues, soit morbides, sont plus communes dans les membranes séreuses splanchniques que dans les autres espèces, et plus communes encore ' dans quelques-unes d’entre elles que dans les autres.

§237. Quoique les membranes séreuses splanchniques forment un groupe assez naturel, cependant elles présentent des différences qui appartiennent à l’anatomie spéciale ; et en outre, l’arachnoïde diffère encore beaucoup des autres. Elle a bien la même' conformation que les autres membranes séreuses , mais sa consistance est très-molle, sa ténuité extrême, sa texture impossible à déterminer ; elle semble homogène; on n’y rencontre point de vaisseaux, même dans l’état de maladie. La plupart des phénomènes morbides qu’on lui attribue se passent dans le tissu sousjacent. de la pie-mère; elle semble enfin former un genre à , part.

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