‹ Elémens d'anatomie générale [electronic resource]Chapitre 13 sur 71 · DES MEMBRANES TEGUMENT41RES · texte numérisé non relu

DES MEMBRANES TEGUMENT41RES

des doigts, par exemple, sont assez grandes ; mais elles ne sont ni absolues ni tranchées : il en est à peu près de même dans la membrane muqueuse , et les interruptions que l’on a Cru y trouver ne sont qu’apparentes, comme on le verra plus loin (Sect. IL) Les différences que l’on observe entre les diverses parties de la membrane muqueuse , quoique plus marquées que celles que l’on trouve à la peau, ne sont pourtant pas plus réelles. En générai le changement d’apparence et de texture est graduel , comme on le voit dans les conduits excréteurs où la membrane va en s’amincissant progressivement et en se dégradant, pour ainsi dire, mais d’une manière insensible. Si l’on comparait la membrane 'des sinus frontaux et celle de l’estomac , on trouverait certainement de très -grandes différences entre elles, comme entre celles de la langue et de l’utérus ; mais ces différences sont , pour ainsi dire , liées par des gradations intermédiaires. On trouve seulement quelques différences assez brusquement tranchées dans des parties très-rapprochées , mais dont les fonctions sont très-différentes, comme entre l’œsophage et l’estomac, entre le vagin et l’utérus : mais encore là, comme partout ailleurs, ce ne sont que des variétés, qui se réduisent très-facilement en un type unique de texture organique.

§ 245. Les tégumens ont une surface libre et une surface adhérente. La première est tournée en dehors pour la peau , et en dedans pour la membrane muqueuse ; c’est l’inverse pour la seconde. La surface adhérente répond à la masse du corps et généralement au tissu cellulaire. Ce tissu (§ i3() ) forme là une

couche plus ou moins dense , plus ou moins épaisse ; dans d autres endroits c est du tissu ligamenteux ou du tissu fibreux élastique qui double les tégumens ; dans une assez grande partie de leuf étendue ils sont garnis ou doublés de fibres musculaires.

§ a4 6. La membrane tégumentaire , outre les grands appendices et les canaux excréteurs des glandes dont il a été question ( § 242 ), est pourvue d’une multitude innombrable d’autres enfoneemens plus simples et beaucoup plus petits qu’on a nommés follicules, locules , lacunes , cryptes , glandes simples , etc. Ces follicules 1 observés et décrits d’abord dans quelques points des tégumens par divers anatomistes, et ensuite dans leur ensemble par Malpigbi , Boerlîaave , Kaau et beaucoup d’autres , existent en effet dans toutes ou presque toutes les parties de ces membranes. Les follicules sont ronds ou obronds , graniformes , d’un volume variable et en général très-petit; ils sont situés en partie dans l’épaisseur de la membrane et font sous sa face adhérente une saillie plus ou moins grande. Ils ont en général la forme d’une petite ampoule dont le goulot ou émissaire plus ou moins allongé s’ouvre à la surface libre de la membrane. Ils sont formés par cette membrane repliée sur elle- même et constituant un enfoncement ou un petit cul-de-sac. C’est à leur présence que sont dues les porosités qu’on

1 Voyez : M. Malpighi , Epistola de striicturâ glandularum , etc. , in op. poslh. — Opusculum anatornicum , de fabricd glandularurn , continens binas epistolas H. Boerhaave ctF. Ruyschii, etc. , in op. omn. Ruyschii. — A. Kaau, Perspiratio dicta Hippocrati , etc. y cap. xi , xu et xm.

DES MEMBRANE-S TIïGUMENTAIRliS. 239

aperçoit à la surface de la peau , au nez surtout, et que sont dues aussi les granulations qui garnissent et soulèvent dans beaucoup d’endroits la membrane muqueuse ; la cavité de ces follicules est extrêmement petite relativement «à l’épaisseur de leurs parois. Ils sont formés par toute la membrane , soit quelle conserve son épaisseur ou que celle-ci soit augmentée ou diminuée. Ils sont entourés par un très^grand nombre de ramuscules vasculaires. La plupart de ces petites ampoules sont simples , discrètes et plus ou moins éloignées les unes des autres ; mais dans certaines parties de la peau , et surtout des membranes muqueuses , on trouve des follicules diversement rassemblés et composés. Outre les follicules dont il vient d’être question, les membranes tégumentaires, et surtout l’interne, présentent beaucoup d’enfoncemens dont l’orifice est aussi large que le fond , et qu’on appelle alvéolaires , et l’une et l’autre présentent aussi un grand nombre de petits enfoncés évasés ou infundibuliformes. Les follicules diffèrent en outre les uns des autrès par la nature du liquide qu’ils sécrètent et qu’ils contiennent: ceux de la peau sont appelés follicules sébacés, et ceux du tégument interne follicules muqueux , à cause du liquide qu’ils fournissent ; ceux des membranes muqueuses au voisinage de la peau sont à peu près mixtes.

§ 247. Les tégumens ont une texture foliée; ils sont, dans une grande partie de leur étendue, évidemment formés de deux couches, le derme et l’épiderme; dans beaucoup d’endroits on distingue encore une couche assez composée entre ces deux principales ; et , dans un grand nombre de parties , il y a en outre des

24° ANAÏOMIÈ GÉNÉRALE.

appendices ou productions saillantes à la surface libre de la membrane.

§ 248. Le derme , quelles que soient les différences qu’il présente dans les deux tégumens et dans leurs divisions, en est toujours la partie la plus profonde, la plus épaisse i celle qui en fait la base, et à la surface de laquelle sont placées les autres. Il est formé d’une couche de tissu cellulaire fibreux , plus ou moins serré, comme feutré , laissant des interstices par où passent diverses autres parties.

§ 249* Des vaisseaux sanguins et lymphatiques , et des nerfs, plus ou moins nombreux, se distribuent et se ramifient dans l’épaisseur du derme , et surtout à sa face superficielle, où ils forment des inégalités qu’on appelle papilles, villosités, bourgeons vasculaires, et qui seront plus exactement définis ou décrits à l’article de chacun des deux tégumens.

§ 25o. La surface du derme est couverte d’une couche plus ou moins distincte, suivant les parties des tégumens, et qu’on appelle corps muqueux ou réticulaire ; c’est du tissu cellulaire à l’état demi-liquide ou à peine organisé , dans lequel se terminent et d’où naissent les divisions les plus fines des vaisseaux blancs ; cette couche, d’ailleurs assez composée , est le siège de la coloration , et celui des incrustations cornées qui garnissent les tégumens dans quelques parties. Cette couche est moins distincte dans les membranes muqueuses que dans la peau.

§ 2a 1. L’épiderme enfin est la dernière partie essentielle des membranes tégumentaires , celle qui en forme la surface libre ; c’est une couche albumineuse excré-

Page 1