DU TISSU ÉRECTILE
^organe se gonfle et augmente beaucoup de volume; il revient promptement sur lui-même aussitôt qu’on rétablit la circulation. Les accès de fièvre intermittente sont accompagnés, dans la période de froid, d’un gonflement manifeste de cet organe , qui se dissipe plus ou moins complètement à la fin de l’accès. Il paraît que la même chose a lieu pendant la digestion.
§402. Le tissu érectile se développe quelquefois accidentellement dans l’organisme. Gette production a été décrite sous les noms de tumeur variqueuse, d’anévrysme par anastomose , d’anévrysme des plus petites artères, de télangiectasie , etc.
Ses caractères anatomiques sont tout-à-fait les mêmes que ceux du tissu érectile naturel : c’est une masse plus ou moins volumineuse, plus ou moins bien circonscrite, entourée quelquefois d’une enveloppe fibreuse mince; offrant à l’intérieur une apparence de cellules ou de cavités spongieuses; consistant, dans la réalité , en un lacis inextricable d’artères et de veines qui communiquent par d’innombrables anastomoses, comme les vaisseaux capillaires, mais beaucoup plus larges, les veines surtout; facilement injectable par les veines voisines, qui sont quelquefois variqueuses, mais difficilement par les artères.
Cette altération existe le plus souvent dans l’épaisseur de la peau, et dans une étendue plus ou moins grande. Elle ressemble alors quelquefois à la crête et aux autres parties analogues des gallinacées. La peau de la face, celle des lèvres surtout, en est fréquemment le siège. On 1 observe dans le tissu cellulaire sous-cutané, ou plus ou moins profond; on l a vue occuper
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tout un membre; ou dit même I avoir observée dans des viscères.
Cette production est le siège d une vibration, d’un bruissement, d’une pulsation plus ou moins manifestes, et qui augmentent par toutes les causes qui excitent l’activité de la circulation générale ; mais les tumeurs quelle forme, même à la peau, ne sont guère susceptibles d’une sorte d érection isolée. Elle tire le plus souvent son origine de la naissance, d’autres fois elle paraît dépendre d une cause accidentelle; elle persiste quelquefois sans changement; d’autres fois, et c’est le plus ordinaire, elle augmente continuellement de volume par la dilation de ses cavités intérieures et finit par se rompre, ce qui donne lieu à des hémorrhagies difficiles à réprimer.
Au pourtour de l’anus on trouve des tumeurs hémorrhoïdales spléno’ides qui constituent une variété de ce tissu érectile accidentel.