DU SYSTÈME LYMPHATIQUE
$4^8- Le système lymphatique comprend, i° les vaisseaux qui rapportent la lymphe et le chyle dans les Veinés, et 2° des renflemens interposés dans leur trajet, et qu’on appelle glandes conglobées, ou ganglions lymphatiques.
ARTICLE PREMIER
§ 459. Les vaisseaux lymphatiques, appelés aussi absorhans, sont tellement déliés, minces, et valvuleux, ce qui en rend l’observation et l’injection très-difficiles,
que leur connaissance est assez récente. Cependant ils ont été entrevus par les anciens. Erasistrate et Hérophiie avaient certainement aperçu les vaisseaux chylifères. C’est Eustachio qui a découvert le canal thoracique dans le cheval. Aselli vit, et nomma vaisseaux lactés, les chylifères de quelques animaux ; il indiqua bien leurs fonctions. Veslingius est le premier qui ait vu les vaisseaux chylifères ou les lymphatiques du mésentère et le canal thoracique dans l’homme. On doit à O. Rudbeck, et l’on a attribué aussi à Th. Bartholin et à Jolyf, la découverte des vaisseaux de cette espèce dans les autres parties du corps. Les inventeurs leur donnèrent les noms de vaisseaux séreux, aqueux ou lymphatiques; Bartholin conjectura qu’ils étaient, comme les veines , continus aux artérioles , et destinés à rapporter la partie aqueuse du sang. Ruysch a très-bien décrit leurs valvules. La connaissance des vaisseaux lymphatiques s’est beaucoup étendue par les travaux de Meckel, de Monro, par ceux de W. Hunter et de trois de ses disciples, J. Hunter, W. Hewson 1 et Cruikshank 2 ; surtout par ceux de l’illustre P. Mascagni 3 4 , et ■par quelques autres 4 encore , qui tous leur ont accordé
1 Descriptio systematis lymphatici , ex anglico versa , etc. in op. omn. Lugd. Bat. 1795.
2 Anatomie des vaisseaux absorbans du corps humain , traduite de l’anglais par PeUt-Radel; Paris, 1787 .
3 V asorum lymphaticoi'um corp.hum. historia et ichonographia; Senis, 1787.
4 Ludwig, Traduction allemande de Cruikshank et de Mascagni, avec des additions; Lips. 1789. — - Werner et Feller, Vasorum lacteorum atque lymph. anat-physiol. descrip-
des orifices béans, et ont attribué l’absorption à ces orifices.
§ 46o. On distingue communément ces vaisseaux en chylifères et en lymphatiques; mais cette distinction est tout-à-fait superflue et sans aucune utilité, car leur disposition, leur texture et leurs fonctions sont les mêmes.
§4^i. Les vaisseaux lymphatiques ont une disposition arborisée comme les autres vaisseaux. Les humeurs qu’ils contiennent les parcourent , "comme les veines, des ramifications, ou plutôt des racines, vers les troncs. L’ensemble de ces vaisseaux consiste en un tronc principal et un tronc accessoire, auxquels aboutissent des racines innombrables.
§ 4 62. On trouve des vaisseaux lymphatiques dans toutes les parties du corps, si l’on excepte la moelle épinière , l’encéphale, l’œil et le placenta.
Leur situation présente cela de remarquable, que, dans les membres et dans les parois du tronc, ils sont, comme les veines, distribués en deux plans, l’un superficiel ou sous-cutané , et l’autre inter-musculaire ou profond qui accompagne les vaisseaux sanguins elles nerfs; et que dans les cavités splanchniques on trouve de même un plan de vaisseaux lymphatiques situes immédiatement. sous les membranes séreuses, et d’autres plus profonds.
§ 463. Le nombre des vaisseaux lymphatiques est très-considérable; on en compte jusqu à une vingtaine
tio; Lips. 1784. — J. G. Haase, de Vasis cutis et intestin, absorbentibus y e te. Lips. 1786. — Sclircger, Fragmenta an at. et pkysioi.fasc . I; Lips. 1791.
dans le plan superficiel des membres inférieurs pour accompagner la seule veine saphène interne j et un nombre moins grand , mais assez considérable encore, pour accompagner les vaisseaux profonds. Les superficiels sont moins volumineux que les profonds. Le volume de ces vaisseaux est beaucoup moindre que celui des veines. Ceux des membres inférieurs sont plus gros que ceux des membres supérieurs, ceux de la tête sont très-petits. Quant à leur capacité totale, elle n’a pas été exactement déterminée, elle paraît en général être environ le double de celle des artères, et égaler celle des veines dans le plan superficiel au moins.
§ 464. L’origine des vaisseaux lymphatiques est invisible et inconnue. Des considérations physiologiques et des expériences anatomiques ont fait admettre et puis rejeter leur continuation directe et immédiate avec les artères. On a vu aussi plus haut que leur origine par des orifices béans à la surface des deux tégumens et des membranes séreuses, dans les aréoles du tissu cellulaire et çlans la substance des organes, admise d’après des considérations et des expériences du même genre, n’est pas mieux constatée. Il faut savoir douter.
§ 465. Aussitôt qu’on peut les apercevoir, on voit les radicules des vaisseaux lymphatiques s’unir entre elles, se séparer, et s’unir de nouveau, de manière à former des réseaux qui constituent en grande partie les membranes séreuses, tégumentaires , etc.
Ces vaisseaux deviennent en général plus gros et moins nombreux en s’éloignant de leur origine. Dans leur trajet ils continuent de se diviser en branches
anatomie générale.
qui se réunissent de nouveau avec d’autres branches voisines, ou même entre elles, de manière à former des îles: ces divisions, ces réunions, ces nombreuses anastomoses , forment en beaucoup d’endroits des plexus.
Quand ils sont pleins et un peu distendus ils paraissent plutôt moniliformes que cylindriques ; c’est le grand nombre de valvules dont ils sont munis, et la dilatation qu’ils présentent au-dessus d’elles, qui leur donne cette apparence de éhapelet ; ils offrent assez souvent encore d’autres dilatations ovoïdes. Ils présentent beaucoup de variétés dans leur trajet : constamment ceux d’un côté différent plus où moins de ceux du côté opposé.
Tous* après un trajet plus ou moins long, se ramifient à la manière des artères, et semblent se terminer dans des glandes lymphatiques, au delà desquelles ils reparaissent de nouveau formés de racines qui se rassemblent à la manière des veines. Ceux des membres parcourent de longs trajets, plusieurs pieds, sans interruption de ce genre; ceux du mésentère ne parcourent que quelques lignés sans rencontrer des glandes: Quelques-uns passent à côté d’une glande sans s’y arrêter. Il paraîtrait même, suivant Cruikshank, que des vaisseaux lymphatiques du dos arriveraient aux troncs sans passer par des glandes; mais Mascagni, dont 1 autorité est si grande dans cette matière* assure qu aucun vaisseau lymphatique n’arrive aux troncs sans passer au moins par une glande.
§ 4 66. Après un trajet plus oïl moins long, plus ou moins interrompu par des ganglions , les vaisseaux
lymphatiques de la moitié inférieure et du quart supérieur et gauche du corps se terminent par un tronc très-allongé, le canal thoracique, dans la veine sousclavière gauche; les autres se terminent par un tronc très-court dans l’autre veine sous-clavière. Ces terminaisons sont elles-mêmes sujettes à diverses variétés. Y a-t-il d’autres terminaisons des vaisseaux lymphatiques dans les veines P Une partie de cette question doit être examinée à l’occasion des ganglions lymphatiques, l'autre doit l’être ici.
Plusieurs anatomistes et physiologistes ont admis cette opinion 1 , que l’on peut fonder sur ce que partout, et surtout dans le mésentère, les radicules connues des vaisseaux lymphatiques ont une capacité de beaucoup supérieure à celle des vaisseaux qui leur font suite; sur ce que, dans cette partie du corps aussi, on retrouve souvent dans les veines , comme dans les vaisseaux lymphatiques , les substances introduites par absorption, et même celles qui ont été injectées directement dans ces derniers vaisseaux; sur ce que, enfin , la ligature du canal thoracique, même unique, ne détermine pasla mort avant dix à quinze jours, et qu’on retrouve alors dans le sang les substances introduites dans 1 intestin et absorbées par sa membrane interne. Mais on n a point vu la communication dont il s’agit; aussi n a-t-elle pas été généralement admise. C’est surtout dans les glandes lymphatiques qu elle paraîtrait avoir lieu; nous y reviendrons ün peu plus loin. ( art. II. )
S 4^7. Les surfaces des vaisseaux lymphatiques sont,
ï oyez Ludwig, loc. cit .
comme celles de tous les vaisseaux, l’une celluleuse et adhérente, l’autre lisse et libre : cette dernière présente une multitude de valvules.
Ces valvules, de forme semi-lunaire ou parabolique, sont la plupart disposées par paires, et assez larges pour fermer complètement la lumière du vaisseau. Elles sont en général placées à des intervalles inégaux , si ce n’est dans les vaisseaux du testicule, où elles sont à peu près de ligne en ligne* ce qui leur donne plus qu’à aucune autre la forme d’un chapelet. Elles sont plus ou moins rapprochées suivant les parties, sans que cela soit plus particulier aux branches qu’aux rameaux; on trouve dans certains vaisseaux, des intervalles de plusieurs pouces sans valvules : le canal thoracique est surtout remarquable sous ce rapport. Dans quelques points l’insertion d’un petit vaisseau dans un plus gros n’est garnie que d’une valvule simple. Dans quelques endroits des troncs on trouve des valvules annulaires qui ne closent pas totalement le canal. L’insertion des troncs dans les veines sous-clavières est garnie d’une double valvule qui s’oppose efficacement aux reflux du sang dans leur cavité. Toutes ces valvules, comme celles des veines et des artères, sont formées par une duplicature de la membrane interne.
§ 4^8. Les vaisseaux lymphatiques sont formés de deux membranes, très-distinctes dans leur tronc principal.
L’externe, cellulaire et inégale extérieurement, est unie au tissu cellulaire ambiant, qui lui forme une gaine; plus profondément elle est distinctement fibrillaire ou filamenteuse : on prétend même y avoir vu
des fibres musculaires. La membrane interne est trèsmince.
On suit dans l’épaisseur de la membrane externe, des petits vaisseaux sanguins, artériels et veineux; quelques-uns disent y avoir vu aussi des vaisseaux lymphatiques. On n’a pu y apercevoir de nerfs.
§ 4g6. lies parois des vaisseaux lymphatiques, quoique très-minces et transparentes, sont denses et très-résistantes, bien plus que celles des veines, eu égard à l’épaisseur différente. Cependant ces vaisseaux sont extensibles, et aussi très -rétractiles. L’élasticité y est manifeste : si on les remplit et les distend dans le cadavre, la matière qu’on y a introduite en est repoussée.
L’irritabilité ou contractilité vitale 1 n’y est pas moins évidente, quoiqu'elle ait été niée par Mascagni et plusieurs autres. Si on les expose à l’air sur le vivant, ils se contractent manifestement; si on pique le canal thoracique ou un autre vaisseau lymphatique après l’avoir lié, le liquide en sort par jets, comme le sang qui sort d’une Veine, tandis qu’après la mort il s’échappe seulement en nappe. Il est vrai que les irritations mécaniques ou chimiques ne produisent pas des mouvemens semblables à ceux des muscles, mais l’irritabilité varie suivant les organes.
On ne sait rien sur leur sensibilité, et peu de chose sur leur force de formation.
§ 4jo. Les vaisseaux lymphatiques contiennent le chyle et la lymphe (§ 79); ils conduisent ces humeurs
Scbreger, de Irritabilitate vasorum Ismphaticorum ; Lips.
cie leurs racines vers leurs troncs, ce qui est assez bien prouvé parla disposition de leurs valvules, qui permet le trajet dans ce sens et s’y oppose dans l’autre; parles effets de la ligature, au-dessous de laquelle ils se gonflent tandis qu’ils se vident au-dessus; et par les valvules qui garnissent leur insertion dans les veines. Les liquides les parcourent lentement et uniformément, c’està-dire sans présenter de pulsations.
Darwin, Thilow et autres, pour expliquer la rapidité . de certaines sécrétions, ont admis un mouvement rétrograde des humeurs dans les vaisseaux lymphatiques ; tel, par exemple, que des liquides absorbés parles parois de l’estomac pourraient aller directement par les vaisseaux lymphatiques, et au moyen de leurs communications, aux reins et à la vessie: c’est admettre que les valvules n’opposent pas un grand obstacle au retour des liquides. Mais il est certain, au contraire, que les valvules opposent un obstacle insurmontable au cours rétrograde des liquides; et de plus des observations et des expériences directes font découvrir dans les voies urinaires dessubstancesintroduites dans l’estomac, sans que les vaisseaux lymphatiques intermédiaires en présentent la moindre trace.
ARTICLE II
§ 471. Les glandes conglobées ou ovoïdes, qui interrompent la continuité des vaisseaux lymphatiques, sont dans le même rapport avec ces vaisseaux que les ganglions nerveux avec les nerfs.
Ces ganglions sont très-anciennement connus. C’est en partie d’eux que Hippocrate parle sous le nom de glandes. Fr. Sylvius leur a donné 1 epithète de conglobées, et Lossius celle de lymphatiques. D’après la comparaison ci-dessus faite par Sœmmerring, et pour éviter une confusion, M. Chaussier les a désignées sous le nom de ganglions lymphatiques.
§472- Us sont situés sur lé trajet de tous les vaisseaux lymphatiques , à commencer du coude-pied et du pli du coude pour les membres, du canal carotidien et de la base extérieure du crâne pour la tète. Il en existe beaucoup au cou, dans faisselle , dans l’aine , plusieurs dans les parois antérieures de la poitrine et de l’abdomen, et un très-grand nombre dans ces cavités. Ils existent surtout très-abondamment autour des racines des poumons et dans le mésentère , près des parties par conséquent qui donnent accès à beaucoup de matières venant du dehors. On n’en connaît point dans le crâne ni dans le rachis.
Leur volume varie, dans l’état de santé, depuis celui d’une lentille jusqu’à celui d’une amande. En général les plus petits sont placés vers les origines, et les plus gros vers les troncs des vaisseaux. Les plus volumineux et les plus rapprochés se trouvent vers la racine du mésentère, les plus petits dans l’épiploon; ceux de la tête et du bras sont petits.
Leur figure est obronde, oblongue, un peu aplatie ; ils sont plus ou moins inégaux à la surface ; ils ont en général la forme d’une amande.
Les ganglions lymphatiques sont en général d’un blanc rougeâlre, semblable à la chair, mais leur cou-
leur varie suivant les régions qu’ils occupent : ainsi , ceux qui sont sous - cutanés sont d’une couleur plus foncée; ceux des environs du foie sont jaunâtres, ceux de la rate bruns, ceux des poumons noirâtres, ceux du mésentère très-blancs , etc.
Leur consistance est plus grande que celle d’aucune partie molle.
§ 47^. Les ganglions lymphatiqnes sont enveloppés d’une membrane mince, fibrillaire, très-vasculaire, unie au tissu cellulaire environnant, et qui envoie des prolongemens fins et mous dans l’intérieur.
Les vaisseauxlymphatiques dont la glande interrompt le trajet se distinguent en ceux qui y arrivent, vasa inferentia, et en ceux qui en sortent, vasa efjerentia : ils se distinguent les uns des autres par la direction de leurs valvules. Le nombre des vaisseaux inférens est très-variable; on en trouve depuis un jusqu’à vingt ou trente; celui des vaisseaux efférens est variable aussi, rarement correspondant, et ordinairement moindre. Les premiers entrent par l’extrémité de la glande la plus rapprochée des origines du système, les autres sortent par l’extremité opposée, qui répond aux troncs. Les vaisseaux inférens, en approchant de la glande, se divisent en rameaux qui s’écartent en rayonnant autour d’elle , se divisent et se subdivisent à sa surface, de manière à l’entourer d’un réseau. Les vaisseaux efférens produisent à peu près le même effet à l’autre extrémité de la glande, par la réunion successive de leurs radicules et de leurs racines en troncs plus ou moins nombreux et volumineux. La capacité totale des vaisseaux efférens paraît en général moindre
des ganglions lymphatiques. 4 1 5
que celle des inférens ; cela est surtout frappant dans le mésentère.
Les glandes lymphatiques ont aussi des vaisseaux sanguins remarquables. Les artères sont assez volumineuses et nombreuses pour que leur injection colore tout-à-fait les glandes. Les veines, plus volumineuses encore que les artères, sont dépourvues de valvules. On peut voir des filets nerveux arriver à ces organes et les traverser ; mais il est très-difficile de savoir si quelques filamens s’y terminent, ou si tous ne font que les traverser. Deux grands anatomistes sont opposés sur ce sujet; Wrisberg les admet, et Walter les nie.
§ 474- Les anatomistes ne sont pas plus d’accord sur la conformation interne et la texture des glandes lymphatiques. Albinus, Ludwig, Hewson, Wrisberg, Monro, Meckel , regardent leur tissu comme entièrement vasculaire; Malpighi, Nuck, Mylius, Hunter, Cruikshank, y admettent des cellules ; Sœmmerring admet ces deux sortes de textures, et une troisième résultant de leur combinaison. L’examen que j’ai fait de ce tissu dans l’homme, dans plusieurs animaux, et surtout dans les glandes inguinales de vaches mortes pendant la lactation, m’a montré qu’il résulte uniquement de vaisseaux, mais qui offrent une disposition érectile plus ou moins évidente. En effet, parmi les vaisseaux inférens qui pénètrent dans l’épaisseur de la glande, les uns acquièrent et conservent une grande ténuité, les autres se dilatent en cellules, comme les veines du pénis , les les uns et les autres ayant de nombreuses communications anastomotiques. Les racines des vaisseaux efférens
présentent de leur côté la même disposition , c’est-àdire que les unes sont des radicules déliées, et les autres des racines renflées ou dilatées en cellules. La plupart des glandes lymphatiques présentent à l’intérieur ce mélange de ramifications ténues et de parties renflées. Quelques-unes ne présentent presque que des rameaux dilatés en cellules ; quelques autres ne semblent consister qu’en un réseau de ramifications déliées. C’est par ces variétés qu’on peut expliquer la diversité d’opinion qui a existé sur ce point d’anatomie.
Les glandes lymphatiques contiennent dans leur intérieur une substance crémeuse ou lactiforme qui parai t être contenue dans les vaisseaux fins ou larges qui les composent, et non dans le tissu cellulaire.
§ 47^>. Ces ganglions sont plus volumineux, plus mous, plus rougeâtres, et contiennent plus de liquide dans les enfans et les jeunes sujets que dans les adultes ; ils diminuent beaucoup, mais ne disparaissent pas dans la vieillesse. Il n’y a pas de différence tranchée sous ce rapport entre les deux sexes : Hewson dit qu’ils sont plus gros chez l’homme; Bichat dit tout le contraire. On les a trouvés noirs sous la peau des nègres.
§ 476* La fonction qu’on attribue aux glandes lymphatiques est de servir au mélange des liquides arrivant par divers vaisseaux inférens, et à l’élaboration de la lymphe et du chyle. Les liquides sont ensuite emportés par les vaisseaux lymphatiques efférens , et peut-être en partie par les veines. Ce dernier point a été nié par beaucoup d’anatomistes et de physiologistes d un grand nom , comme Haller, Cruikshank , Hewson, Mascagni, Sœmmerring, etc. , mais il est à craindre que 1 autorité
DES GANGLIONS LYMPHATIQUES. 4r7
de ces hommes célèbres n ait fait rejeter sans examen une vérité.
Outre les faits déjà rapportés ci-dessus en faveur de l’opinion dont il s’agit, on peut dire que beaucoup d’observateurs ont aperçu des stries de chyle dans la veine-porte; on peut ajouter- qu’un très-grand nombre d’anatomistes ont vu, et j’ai vu moi- même nombre de fois, le mercure introduit dans les vaisseaux lymphatiques du mésentère, passer, au delà d’une glande, tout à la fois dans les vaisseaux efférens et dans les veines de la glande; or ce passage est trop facile et trop constant pour dépendre d’une double rupture et non d’une communication naturelle des vaisseaux lymphatiques et des veines.
§ 477- Outre les maladies des glandes et des vaisseaux lymphatiques r, comme l’inflammation des uns et des autres , les blessures et les ruptures des vaisseaux , leur dilatation variqueuse, leur rétrécissement et leur oblitération , les tubercules et les autres productions morbides dans les glandes, etc., on a fait jouer au système lymphatique, en le considérant comme appareil de l’absorption, un rôle très-grand et très-exagéré dans la plupart des maladies. v -
1 S. Th. Sœmmerring, de Morbis vasorum absorbentiurn corp. hum. in-8°; Traj.ad Moén. 1795.
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