DES CARTILAGES ARTICULAIRES
adhérente, sans pénétrer jamais dans leur substance.
Ces cartilages,' compressibles et élastiques, amortissent les effets de la pression et des chocs ; leur poli facilite les mouvemens des articulations diarllirodiales. Ils s’amincissent beaucoup dans la vieillesse.
§ 556. Dans les articulations contre nature il ne se produit point de véritables cartilages , mais seulement du tissu desmo-chondroïde , tissu qui , à la vérité, ressemble beaucoup à celui des cartilages diarthrodiaux. Dans les articulations diarthrodiales naturelles, la destruction des cartilages est quelquefois suivie de leur reproduction à peu près parfaite ; seulement le cartilage nouveau, produit à la surface de l’os, étant plus mince, a une couleur en apparence violacée, ce qui est dû à sa demi-transparence ; les bords de l’ancien cartilage sont libres , et anticipent sur le contour très-mince du nouveau.
On trouve quelquefois dans les articulations des vieillards , affectées de diverses autres altérations , les cartilages diarthrodiaux changés en fibres villeuses , libres et flottantes. Mis à découvert dans les désarticulations , si la plaie est réunie par adhésion primitive, le cartilage et sa membrane synoviale n’y participent point, et restent libres derrière la cicatrice. Si la plaie
reste ouverte, si elle s’enflamme et suppure, on voit au bout de quelques jours le cartilage se ramollir, et disparaître ensuite successivement de la circonférence au centre, à mesure et même avant que les granulations s’étendent à la surface de l’os. L’inflammation des cartilages diarthrodiaux est en général rare; et, quand elle a lieu, elle se termine ordinairement par
ulcération ou par résorption. Cette ulcération des cartilages diarthrodiaux est le plus- souvent consécutive à l’inflammation de la membrane synoviale ou de l’os, quelquefois à celle du cartilage lui-même, mais quelquefois aussi elle semble netre précédée d’aucune inflammation. Quelquefois, avant de s’ulcérer, le cartilage s’amollit et prend l’apparence fibreuse. Cette ulcération a le plus souvent lieu chez les sujets jeunes, ou avant lage moyen de la vie. Cette ulcération est accompagnée d’une douleur d’abord légère, qui augmente peu à peu d’intensité. Quand l’ulcération s’arrête et - guérit, il se fait une reproduction de cartilage déjà indiquée, ou bien une production osseuse éburnée ou émaillée, ou bien enfin une soudure des surfaces, une ankilose. Dans le cas d’ankilose vraie , les cartilages sont toujours résorbés.
§ 557. Les cartilages des articulations synarthrodiales, sont des lames extrêmement minces, placées entre les os articulés d’une manière immobile, et tenant fortement des deux côtés à ces os par engrenure’; leurs bords, dans l’intervalle des os, tiennent intimement au périoste externe et interne, qui passe de l’un à l’autre os. Ils concourent ainsi pour beaucoup à la solidité de ces articulations. Ces cartilages, dans les sutures du crâne, sont plus minces à l’intérieur qu à l’extérieur de la paroi, ce qui rend en partie raison de la disparition plus prompte des sutures à l’intérieur qu’à l’extérieur du crâne. Sous le rapport de la fréquence de leur ossification , ils tiennent le milieu entre les cartilages temporaires et les permanens.
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ARTICLE II
des CARTILAGES COSTAUX, LARYNGIENS, elC.
§ 558. Les cartilages costaux 1 sont les cartilages les plus longs et les plus épais du corps, ils constituent des proion gemens cartilagineux aux côtes osseuses! Les premiers d’entre eux peuvent aussi être considérés comme des côtes cartilagineuses antérieures ou sternales. Les cartilages tiennent tous à l’extrémité antérieure des côtes, par engrenure, comme les cartilages synarthrodiaux. Le premier est même continu avec le sternum par l’autre extrémité; les six suivans s’articulent avec le sternum par diarthrose ; les trois suivans s’articulent de même avec ceux qui les précédent; les deux derniers sont plongés dans le tissu cellulaire intermusculaire.
§ 559. La texture de ces cartilages est très-obscure , et au premier aspect ils paraissent homogènes. Cependant, par la macération prolongée pendant au moins six mois , les cartilages costaux se divisent en lames ou plaques ovales, séparées les unes des autres par des lignes circulaires ou spirales, et réunies entre elles par quelques fibres obliques qu’elles s’envoient réciproquement. Ces lames elles-mêmes se divisent en fibrilles radiées, et celles-ci, à la longue, en petites parcelles, qui se réduisent enfin en substance muqueuse; toutes ces divisions ou séparations s’opèrent d’abord à la circonférence du cartilage : le centre est plus homogène,
Hérissant, Sur la structure des cartilages des côtes de 1 homme et du cheval, in Mém. de l’acad. des sc., 1748.
et se divise le dernier. On peut hâter cette séparation en faisant dessécher au soleil un cartilage costal macéré pendant deux ou trois mois. Les acides produisent un effet analogue.
§ 56o. Les cartilages costaux sont un peu flexibles et très-élastiques. Dans l’inspiration, .le mouvement imprimé aux côtes par les muscles, les ploie et les tord sur eux-mêmes, et quand l’action musculaire vient à cesser, ils tendent d’eux-mêmes à reprendre leur direction première, et sont ainsi des agens de l’expiration.
S 56i. Passé l’âge adulte et dans la vieillesse, les cartilages costaux cessent d’être ou de paraître homogènes. Leur périchondre devient opaque, et il se pro- . duit, entre le cartilage et lui, et dans son épaisseur, des plaques osseuses plus ou moins nombreuses et larges, qui finissent quelquefois par former un étui osseux plus ou moins complet. Ce changement arrive presque constamment au premier, en commençant par son extrémité sternale; les autres cartilages sterno-costaux l’éprouvent aussi, mais à un degré moindre. Les cartilages costaux asternaux l’éprouvent moins encore, ou point. En même temps les cartilages costaux deviennent jaunâtres , puis rougeâtres dans leur centre, qui présente aussi des points osseux plus ou moins gros et nombreux, lesquels finissent quelquefois par envahir le cartilage tout entier. Ce dernier phénomène se montre plus fréquemment et plutôt aux cartilages asternaux qu’aux autres.
Ces changemens dans les cartilages sont ordinairement l’effet de l’âge: ils commencent vers le milieu de la vie, et vont continuellement en augmentant; cepen-
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dant on a vu des hommes de cent trente ans et de cent cinquante ans ne pas avoir les cartilages costaux ossifiés.
Quand les cartilages commencent à éprouver ce changement, la dessiccation les fait rompre en travers dans le centre , devenu aréolaire , et non à la surface , devenue au contraire plus dense.
Ils s’ossifient fréquemment, et à un âge peu avancé chez tes phthisiques.
§ 562. Les cartilages costaux dénudés ne produisent point de granulations, mais sont recouverts par celles des environs. Rompus, ils ne se réunissent pas par une substance cartilagineuse, mais une lame cellulaire est produite entre eux, et l’endroit rompu est enveloppé d’une virole osseuse fournie par le périchondre, et qui est plus ou moins régulière, suivant que les fragmens sont restés plus ou moins exactement affrontés. J’ai vu quelquefois dans l’homme, et souvent dans le cheval , la fracture des cartilages asternaux ossifiés, réunie par un cal osseux.
Les cartilages costaux sont sujets à quelques vices de conformation primitive, et meme à manquer en totalité ou en partie : dans ce dernier cas, c’est toujours l’extrémité tenant à la côte qui existe. Quand la poitrine se déforme, quand elle se rétrécit, comme cela a quelquefois lieu après la guérison de la pleurésie, les cartilages du côté affecté se ploient, et deviennent difformes.
§ 563. Le cartilage nasal, celui du conduit auriculaire et celui du conduit guttural du tympan, sont encore articulés par engrenure avec les os. Ceux du
larynx, au contraire, ne sont attachés aux os que par des ligamens, et sont réunis entre eux par des articulations mobiles.
Ces cartilages ont encore une certaine épaisseur. Quand on enlève leur périchondre, on trouve leur surface lisse et dense. La macération long-temps continuée, divise ces cartilages en fibrilles ou filamens mous et courts. La coction et les acides minéraux produisent les mêmes effets.
Ces cartilages sont flexibles et élastiques ; par leur
solidité ils maintiennent la forme et la cavité des or-
ganes qu’ils contribuent à former. Ceux du larynx présentent la particularité remarquable d’un accroissement très-rapide à l’époque de la puberté. Ces mêmes cartilages s’ossifient quelquefois dès l’âge adulte , en partie du moins. L’inflammation chronique de la membrane muqueuse du larynx et son ulcération bâtent beaucoup cette ossification, qui est en effet constante dans la phthisie laryngée, et fréquente dans la phthisie pulmonaire.
Les cartilages thyroïde et cricoïde divisés , se réunissent par des lames osseuses du périchondre , plus épaisses à l’extérieur qu’à l’intérieur du larynx.
ARTICLE III