‹ Elémens d'anatomie générale [electronic resource]Chapitre 62 sur 71 · II. De V Encéphaloïde · texte numérisé non relu

II. De V Encéphaloïde

§ 838. Le tissu encéphaloïde ou cérébriforme est une production morbide très -commune : elle a été confondue sous le nom de cancer avec plusieurs autres, et notamment avec le squirre. Elle a été d’abord caractérisée par Bayle et M. Laennec. C’est le cancer médullaire, l’inflammation fongueuse, le fongus hématode de quelques écrivains anglais.

Ce tissu existe sous forme de masses nues ou enveloppées, et sous celle d’infiltration.

A l’état de crudité, il forme des masses de grosseur variée : chaque masse est lobée, lobulée,et les lobules sont ordinairement contournés comme les circonvolutions du cerveau. Ce tissu est alors ferme comme la couenne du lard, demi-transparent, incolore, ou blanchâtre, ou grisâtre; les lobules sont réunis entreeux par un tissu cellulaire imparfait , d’une mollesse extrême; ils se confondent à mesure que la masse se développe. Des vaisseaux nombreux, très-fins, à parois très-faibles, sont ramifiés dans ce tissu cellulaire et dans la substance encéphaloïde elle-même.

Quand le développement est complet, l’encéphaloïde est d’une couleur blanche rosée ou violacée par endroits, soit par teinte, soit par points. Ce tissu morbide est alors très-analogue au tissu cérébral, mais moins lié, moins tenace. Il présente d’ailleurs divers degrés de consistance dans la même masse; degrés

comparables à ceux des diverses parties de l’encéphale.

Les masses encéphaloïdes qui ne sont pas enveloppées d’une membrane distincte le sont d’une couche de tissu cellulaire mou; les autres ont une enveloppe demi-cartilagineuse, doublée, à l’intétieur, de tissu cellulaire mou et vasculaire comme les premières. Quelquefois le kyste est incomplet dans son développement ; dans tous les cas, il paraît postérieur dans sa formation à la substance qu’il renferme.

L’infiltration cérébriforme est très-commune, surtout dans le tissu du col de l’utérus; dans cet état, la période de crudité est très-courte.

Le ramollissement de ce tissu donne lieu à une matière pultacée ou comme de la bouillie de couleur rosée. Quelquefois alors, les vaisseaux se rompant, il se fait des infiltrations sanguines dans le tissu cellulaire , ou des épanchemens semblables à l’apoplexie dans la substance amollie : le sang se concrète alors, et est en partie résorbé ; quelquefois même il se forme une membrane en forme de kyste autour du sang ; quelquefois ce sont des infiltrations séreuses qui ont lieu dans le tissu cellulaire ambiant, ou des épanchemens séreux dans la substance même, qui est alors liquide comme celle du ramollissement blanc du cerveau.

Quelle que soit la ressemblance, en effet très-grande, entre le tissu morbide dont il s’agit, et la substance du cerveau, il n’y a pas identité; et l’on ne peut admettre l’opinion de M. Maunoir, qui regarde ce tissu comme

le produit t)’un épanchement de matière nerveuse.

Quand le ramollissement est extérieur ou en con-

tact avec l’air , la surface est grise, verdâtre, fétide, en-

DES TISSUS ACCIDENTELS. 7 I 5

flammée ; quelquefois elle se détruit en tombant en putrilage.

Ce tissu , moins cependant que les tubercules, se multiplie dans lorganisation , lors de son ramollissement surtout. Il a plus de tendance que le tubercule à s’accroître ou à s’étendre de proche en proche. Il ne paraît pas qu’il soit susceptible d’être éliminé et de se guérir spontanément.

Il peut exister dans tous les organes : on l’observe fréquemment dans la mamelle, le testicule , l’utérus, le foie, le poumon, l’encéphale, l’estomac, le périoste, la méninge, les os, leur membrane médullaire, les membranes séreuses , la membrane muqueuse , les musclés, les glandes , les ganglions lymphatiques, le tissu cellulaire commun.

Page 1