‹ Élémens d'anatomie générale, ou, Description de tous les genres d'organes qui composent le corps humainChapitre 11 sur 73 · COI · texte numérisé non relu

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nrs IvfEMBRANES SÉnEUSES SPLAXCniXIQVES. I07'

présence, accompagnée de douleurs vives quand ils se placent entre les surfaces articulaires, ne produit presque point de gêne lorsqu jIs se trouvent logés dans des endroits mobiles et où l'articulation est Mche. Des cnfoncemens plus ou moins profonds sont quelquefois creusés à la longue par la pression qu'ils exercent sur les cartilages, t comme ces enfoncemens répondent par leur forme à celle des orps qiù y sont logés, cela a fait dire que c'était des lirorceaux de cartilage séparés par une violence extérieure ; mais il suillt de considérer'que ces enfoncemens n'existent pas dans le plus grand nombre des cas oîi l'on trouve des corps étrangers, qu'ils ne ressemblent nullement, pour l'aspect, aux surfaces d'une fracture, et que les corps sont bien plus épais que le cartilage articulaire , pour ne point admettre cette opinion.

- ARTICLE iV.

DES MEMBRANES SEEEUSES SPLANCHNIQIJES.

§ 221. Les membranes séreuses proprement dites, que l'on a aussi appelées membranes diaphanes, sont celles qui tapissent les cavités splanchniques et qui fournissent des tuniques plus ou moins complètes aux viscères situés dans ces cavités.

§ 222. Ces membranes ont été pendant long-temps , comme toutes les autres membranes séreuses, considérées et confondues , soit dans l'état sain, soit dans l'état malade , avec les organes qu'elles enveloppent et les parties qu'elles revêtent. Cependant , sous le premier rapport, on avait successivement décrit d'une manière exacte chacune de ces membranes, indépendamment des parties qu'elles recouvrent ; quelques anatomistes, comme Monro, avaient même déjà indiqué l'analogie qui existe, entre elles. Sous le rapport pathologique. Sauvages et M. Pinel avaiént déjà établi un ordre d'inflammation pour celles des membranes diaphanes , mais en y comprenant l'inflammation de l'estomac, de l'intestin , de la vessie et de l'épiploon , comme autant de genres. Diverses observations d'anatomie pathologique, et notamment celles de J. G. Walter sur la péritonite, avaient montré que cette membrane pouvait, comme les autres membranes séreuses, être alfectée dans toute son étendue , tet indépendamment des parties sous-jacentes ; enfin , le docteur Carmichael Smith avait noté avec exactitude l'inflammation identique de toutes les membranes diaphanes, lorsque Bichat donna sa description complète et exacte des membi-anes séreuses, et particuHèrement de l'arachnoïde. On a donné depuis des descriptions de quelques-unes de ces membranes ' , mais l'on a peu ajouté à ce que notre célèbre anatomiste en â dit; on a ajouté davantage h leur histoire pathologique.

§223. Les membranes séreuses dont il s'agit ici sont situées dans les cavités du tronc, qu'elles tapissent; elles y revêtent les organps les plus importans, les plus essentiels à la vie. Ces membi'anes sont distinctes et séparées les uires des autres; leur nombre est peu considérable: ce sont 1° le péritoine dans l'abdomen, où il revêt plus ou

1 '^pj'^^ Langcnljcck, Commp.niariuin de structurd perilonœci, etc., curn tabults. Gollin- 1817.— L. Rohiado, Osserunzioni sid pcrUoneo et sulla pleura, in mem. dclla vealAccad. délie scienze. Tora. XXtV, Turin, 1820.

moins coinplètement la plupart des organes de la digestion , qui sont contenus dans cette cavité , et beaucoup moins les organes génitaux et unnaires; 2", 3° les deux plèvres, et 4" le péricarde, dan^s la poitrine , ou chacune de ces membranes est bornée h un seul organe et aux parois de sa cavité; 5° l'araolinoïde , dans le crâne et dans le ^aiial rachidien; 6° et 7» enfin, daqs l'iiomme seulement, les péiididymes ou tuniques vaginales des testicules.

L'étendue de ces membranes, prises ensemble, est très-considérable, et dépasse de beaucoup celle de la peau. Le péritoine est la plus grande de ces m'embranes : son étendue égale au moins celle de toutes les autres réunies.

§ 224. La description générale des memlSranes séreuses a déjà. en grande partie fait connaître l'espèce dont il s'agit ici, et qu'on peut regarder comme le type du genre. Leur forme est la même que celle de toutes les membranes séreuses : celle d'une vessie sans ouverture à parois contigues. Elles revêtent d'une part la surface interne des parois de la cavité où elles sont contenues, et de l'autre elles fournissent des tuniques ou enveloppes extérieures aux organes. Les plèvjes, le péricarde, les pérididymes ont une conforma,tion assez simple, leurs parties viscérale et pariétale se continuent autour du point où l'organe qu'elles revêtent tient par des prolongemens vasculaires aux parois de la cavité qui le renferme. Quant à l'arachnoïde et au péritoine, leur disposition est un peu plus compliquée, sans cesser d'être essentiellement la même. Pour la première, la complication tient au grand nombre de vaisseaux et nerfs qui aboutissent au cerveau et qui en partent. Or, sur chacune de ces parties, l'arachnoïde forme une gaîne qui se continue à l'une de ses extrémités avec le feuillet viscéral de la membrane , et à l'autre avec son feuillet pariétal , disposition déjà indiquée et figurée par Bonn , sur laquelle Eichat a plus particulièrement fixé l'attention , et d'où résulte , d'une part , que la cavité membraneuse n'est point ouverte, et que les deux parties de la membrane sont continues l'une à l'autre. Quant au péritoine , sa complication dépend du grand nombre de parties auxquelles il fournit des tuniques , et de la disposition diverse de ces parties , dont les unes sont très-près de la j)aroi postérieure de l'abdomen , d'où elles reçoivent leurs vaisseaux , et sont simplement couvertes par le péritoine 5 dont les autres sont éloignées, quelquefois très-éloignées de cette paroi, et sont suspendues à des freins membraneux qui contiennent les vaisseaux dans leur épaisseur. Sa complication dépend aussi des prolongemens vasculaires saillans au delà des viscères et auxquels la membrane séreuse fournit des enveloppes flottantes ou épiploiqucs. Cette membrane offre encore cette particulârité , qu'elle est la seule de toutes les membranes séreuses qui présente une ouverture au pavillon de la trompe utérine. De plus grands détails sur la conformation des membranes séreuses splanchniques appartiennent à l'anatomie spéciale de ces membranes , et surtout à celle du péritoine et de l'arachnoïde.

§ 225. Des deux surfaces de ces membranes,,, l'une est toujours libre dans l'état sain, et l'autre est généralement adhérente. La surface libre est luisante , humide , et paraît polie ; cependant elle est garnie de villosités fines qui deviennent visibles quand on la regarde sou» l'eau, et que l'irritation inflammatoire rend. très-apparentes. C'es.t

DES MEMBRANES SEREUSES SPLAKCnKIQTJES. I OQ

aux membranes séreuses qui les enveloppent et qui les tapissent, que les organes et les parois des cavilés splanchniques doivent leur aspect luisimt; là oîi ils en sont dépourvus, ils n'ont point la même apparence. Cette surface libre , partout contiguë à elle-même , ainsi que la sérosité qui l'humecte, établissent une distinction, un véritable isolement entre des parties extrêmement rapprochées ; elles faciUteut surtout singulièrement Jes mouvemens de ces parties.

§ 226. L'autre surface des membranes séreuses est presque partout adhérente , soit aux viscères , soit aux parois des cavités ; il n'y a guère que quelques points du feuillet viscéral de l'arachnoïde qui soien t libres ' par les deux faces, partout ailleurs la surface extérieure des membranes sérieuses est adhérente. Cette adhérence a lieu d'une part avec les parois des cavités , et de l'autre part avec la surface des viscères. Ledegré ou la solidité de cette adhérence varie beaucoup. En général, la où les membranes séreuses tiennent à un tissu ligamenteux , comme à la dure-mère , au péricai cle , aux aponévroses de la paroi abdominale , à l'albuginée du testicule , etc. j cette adhérence est intime ; elle est encore assez grande sur des parties musculaires et autres , comme sur le cœur, les poumons, l'estomac, l'intestin , etc. 5 elle l'est beaucoup moins en qi.ielques endroits, comme là où la membrane passe d'un organe aux pai^ois de la cavité, ou réciproquement là où elle forme des freins et des prolongemens flottans qui contiennent des vaisseaux ; dans les endroits où le tissu cellulaire sous-séreux contient de la graisse, et en général partout où il est lâche.

§ 11'^. Ces diflérences sont d'une assez grande importance pour s'y arrêter encoi'è : il en résulte, par exemple, que quand l'utérus, la vessie, l'estomac, l'intestin augmentent de volume, les freins et les r^îplis péritonéaux ambians s'écartent, se développent et s'appliquent aux organes ; et que , quand ceux-ci reviennent sur eux-mêmes , la membrane leur redevient étrangère : cela est dû à la laxité du tissu cellulaii-e sous-séreux vers le bord adhérent de ces replis. Quand une hernie se fait dans l'aine et s'accroît, c'est, pour la plus grande partie, par le déplacement, le glissement de la membrane séreuse, favorisés par la laxité des adhérences , que le sac s'agrandit; quand, au contraire , une hernie ombihcale augmente de volume , c'est par distension et par amincissement que le sac s'agrandit , l'adhérence du péi-itoine étant intime autour de l'ombiHc. Bichat a peut-être un peu exagéré l'influence que la laxité des adhérences des membranes séreuses peut avoir sur l'isolement de leurs maladies, et de celles des parties sous-jacentes.

§ 228. Les .propriétés physiques de ces membranes sont celles que nous avons exposées en parlant du système séreux en général : elles sont minces , mais la ténujté n'est pas la même dans toutes , dans tous les endroits de la même membrane , ni dans tous les individus. Molles , demi-transparentes , etc. , leur extensibilité est très-marquée , plus que celle des membranes synoviales ; leur résis tance, assez grande, est de beaucoup supérieure à celle du tissu cellulaire: elles sont un peu élastiques. Lorsqu'on distend ces membranes au delà d'un certain degré ,' elles s'éraillcnt; les éraillemens occupent la surface libre ; le reste de l'épaisseur de la membrane résiste plus à la déchirure, ou cède davantage à la distension.

§229. Elles consistent toutes en un feuillet unique, d'autant plus

AKATOMIi: GliKl'nALE.

dense et serré, qu on, l'examine du côté dé la surface libre, et donf la texture est plus hlchp du côté opposé , oh elle devient floconneuse et se conlond avec le lissu cellulaire? commun. Jusqu'à l'époque oîi Douglas a donné une description exacte du péritoine, on considérait cette membrane et celles de la même espèce, comme bifoliées , et contenant les viscères dans l'écartement de leurs deux feuillets : c'était une opinion erronée qu'il a réfutée , et que Vacca et d'autres ont en vam essayé de reproduire. Le prétendu feuillet externe n'est autre chose que le lissu cellulaire sous-séreux si bien décrit par Douglas. Elles consistent essentiellement en une couche de tissu cellulaire extrêmement rapproché et condensé, et de plus en plus distinct du tissu cellulaire, depuis la surface adhérente, où elle se continue insensiblement avec lui, jusqu'à la surface libre, oîi elle en diffère beaucoup ; on n'y distingue pas aussi manifestement des fibres ou des petits faisceaux entrelacés que dans les membranes synoviales. Les appendices flottans dé ces membranes contiennent aussi du tissu cellulaire libre, et souvent du tissu graisseux;, elles sont beaucoup' plus vasculaires que les autres membranes séreuses ou synoviales. Elles contiennent une immense quantité de vaisseau^ blancs ou séreux, qui deviennent apparens par l'injection , la congestion , l'inflammation et quelques vaisseaux rouges ti-ès-fins qui appartiennent a leur surface ejterne , et surtout au tissu-cellulaire sous-séreux , comme on peut s'en assurer en détachant la membrane, que l'on trouve blanche dans les endroits où l'on y aurait supposé un grand nombre de vaisseaux rouges que Ton apercevait seulement au travers d'elle. Les vaisseaux rouges sont surtout abondans dans les replis flottans ou épiploïques. Des nerfs ont été suivis jusqu'auprès de ces membranes, mais non dans leur épaisseur même.

§ aSo. Ces membranes desséchées deviennent transparentes, prennent une légère couleur jaunâtre, et devienrtent en même temps élastiques et assez fermes : elles reprennent leurs premières propriétés par l'immersion dans l'eau. La macération les rend d'abord molles , opaques , épaisses , pviis pulpeuses , et finit , mais après im temps très-long, par les dissoudre. Dans les cadavres qui commencent à s'altérer, ces membranes, d'une part, laissent transsuder, et de l'auti'e , s'imprègnent des liquides; de là leurs diverses colorations. Le feu nu et l'eau bouillante les racornissent. L'ébuUition prolongée les convertit en gélatine et en un peu d'albumine. Ces divers caractères les rapprochent du tissu cellulaire et du tissu ligamentaire.

§ 23 1 . La force de formation y est moins développée que dans le tissu cellulaire libre. L'irritation n'y détermine point de mouvemens sensibles, mais elle en altère la sécrétion et la texture; elle les enflamme. Elles ne sont sensibles que dans cet état, où elles deviennent oriiinairement le siège ^'une vive douleur.

§ 282. Dans l'état de vie et de santé, elles sont humectées à leur surface contiguè' par de la sérosité qu'elles déposent et résorbent continuellement. On avait attribué cette sécrétion à l'action de certaines glandes qu'on supposait logées dans leur tissu. Ruysch a prouvé que ces prétendues glandes n'existent pas. Hunter avait cru que cette sécrétion se faisait par une véritable transsndation analogue à la transsudation cadavérique , à travers les aréoles , les in- Icrstices , ou les porosilés anorganiques du tissu des vaîsseaux : quoi-

DES MEMDRAXES SEREUSES SPLANCHNIQUES. III

nue la véritable voie et le vrai mode organique suivant lesquels se lout les sécrétions perspiratoires et autres, ne soient pas bien connus, du moins on peut alTirmer qu'elles diffèrent dp la transsudation, laquelle n'a lieu que dans le cadavre. La sérosilé , dans 1 état de santé, est en quantité si petite , qu'elle est à peine apercevable , et qu'à peine peut-on la recueillir. Hewson a recueilli, sur des animaux tués à l'instant, le liquide, en petite quantité, qui humecte les membranes séreuses, et il a vu, par le repos et l'exposition ù l'air, ce liquide se coaguler comme la lymphe coagulable du sang. JI n'a pu recueillir de même la sérosité du tissu cellulaire. Bostock a trouvé, dans la sérosité saine' des cavités splanchniques , de l'eau , de l'albumine en moindre proportion que dans le sérum, de la matière incoagulable et des sels. Schwilguéy a trouvé de l'albumine, une matière extractive et une matière grasse. D'après l'examen que j'ai fait de la sérosité des cavités splanchniques , il me semble que la matière incoagulable est du mucus gélatiniforme semblable à celui qu'on trouve dans l'albumine coagulée du sérum du sang. La coagulabilité de la sérosité saine , déjà observée avant Hewson par Lower, Lancisi et Kaau, a été , au contraire, niée par Sarcone, Cotunnio et Géromini ' 5 je crois cette coagulabilité constante dans l'état sain.

§ 233. De toutes 'les membranes séreuses , celles dont il s'agit maintenant , sont celles dont les fonctions et les actions morbides sont le plus intimement liées avec les autres phénomènes organiques, cela d'ailleurs présente encore des variétés; ainsi la membrane du testicule et celle de l'abdomen diffèrent beaucoup sous ce rapport.

§ 234. C'est à elles aussi que se rapporte, pour la plus grande partie, ce qui a été dit sur les altérations morbides de tout le système séreux. Elles sont sujettes de plus que les autres à quelques vices de conformation primitifs; comme les ouvertures contre nature , qu'on observe dans quelques cas de monstruosité et dont elles peuvent toutes offrir des exemples , ainsi que les prolongemens ou appendices qui enveloppent les hernies congéniales et autres déplacemens.

§ 235. Les hernies accidentelles sont aussi accompagnées d'une altération de forme des merabrahes séreuses splanchniques, c'est l'existence à peu près constante d'un sac herniaire qui enveloppe les parties déplacées : ce sac est formé par la membrane séreuse qui rêvet les parois, et que les viscères, en se déplaçant, poussent devant eux.

§ 236. L'hydropisie , l'inflammation et ses effets , les fausses membranes, les adhérences, les productions accidentelles, soit analogues, soit morbides , sont plus communes dans les membranes séreuses splanchniques^que dans les autres espèces, et plus communes encore dans quelques-unes d'entre elles que dans les autres.

$ 237. Quoique les membranes séreuses splanchniques forment un groupe assez naturel, cependant elles présentent des différences qm appartiennent à l'anatomie spéciale ; -et en outre , l'arachnoïde ddlere encore beaucoup des autres. Elle a bien la même conformation que les autres membranes- séreuses , mais sa consistance est très-

tSS^" stdla genesi, e cura delV uiropc. Cremoiia, 181G.

ANATOMIE G1-;«ÉIIALE.

moUo, sa ténuité extrême, sa texture impossible à déterminer; elle semble homogène; on n'y renconti:c .point de vaisseaux , même dans l'état de maladie. La plupart des phénomènes morbides qu'on lui attribue se passent dans le tissu sous-jacent de la pie-mère ; elle semble enfin former un genre à part.

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