‹ Élémens d'anatomie générale, ou, Description de tous les genres d'organes qui composent le corps humainChapitre 14 sur 73 · il est blanc · texte numérisé non relu

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' l^oyez Fourcroy et Vauqueliu, Annales du Mus. cl'liist. nat. vol. XII. — Bostock, Medico-Cliir. transact. vol. IV. — Bcrzelins, ihid. vol. III.

DE LA MEMBRANE MUQUEUSE

la eélatine; il est précipité par l'acétate de plomb; à l'état sec, il est demi-transparent, fragile, insoluble dans l'eau , diilioilcment soluble

dans les acides. . . , i •

31. Berzélius a trouvé la mucosité identique dans les narines ei dans la trachée, et composée comme il suit : eau , 933,9 ; matière muqueuse, 53,3; hydrochlorate 'de potasse et soude, 5,6; lactate de soude et matière animale , 3,o ; soude , 0,9 ; phosphate de soude , albumine et matière animale, 3,3.

Dans les analyses des autres mucosités données par ce savant , et dans celles de MM. Fourcroy et Vauquelin , on trouve d'assez grandes différences, qui tiennent les unes à la variété dès parties ou la mucosité a été recueillie , et où elle avait éprouvé divers mélanges; les autres, à la variété des individus aflectés de diverses maladies. En effet, bien que le mucus soit identique , la mucosité n est ni toujours, ni partout la même; en général elle coagule le lait.

§ 278. Les fonctions de la membrane muqueuse sont dans une liaison très-intime av>ec celles des autres parties. Dans l'état de santé , l'action nerveuse , la circulation , les fonctions de la peau , etc. , influent manifestement sur les fonctions de la membrane muqueuse , et réciproquement. Dans l'état de maladie , la^membrane muqueuse produit des effets sympathiques extrêmement remarquables, et en éprouvé également de la part des autres parties.

§ ayg. L'origine de la membrane muqueuse, dès les premiers momens de l'œuf, et son développement dans l'embryon, ont ete indiqués plus haut , § 256. ,11 reste à faire connaître la manière dont se forment les villosités ; c'est à M. Fr. Meckel que l'on doit la connaissance de ce point de l'embryogénie. Les villosités se forment . de très-bonne heure. Dès le commencement du troisième mois, on les aperçoit sous forme de plis longitudinaux très-rapprochés. Ces plis présentent ensuite, sur leur bord libre, des incisions pu dents de scie , qui augmentent successivement de profondeur ; et vers la fin du quatrième mois, les plis sont remplacés par cette multitude de petites éminences qui constituent les villosités. Elles sont d'abord assez grandes et ti'ès-distinctes jusqu'au septième mois. Au commencement, elles sont aussi nombreuses, quoique plus courtes, dans le gros intestin que dans le grêle. Celles du gros intestin deviennent ensuite de moins en moins nombreuses jusqu'à la naissance. 11 est à remai-quer que dans les reptiles, les villosités sont remplacées par de petits plis longitudinaux.

§ 280. Les diflérences de la membrane muqueuse , suivant les sexes, les races et les individus, ne se prêtent point à une description générale , si l'on excepte toutefois la différence de conformation des parties génitales et urinaires dans les deux sexes. La membrane muqueuse du canal digestif est plus épaisse dans l'espèce humaine que dans les mammifères carnivores , mais plus mince que dans les herbivores ; au contraire , la tunique péritonéale de l'intestin est plus mince dans les herbivores , et plus épaisse dans les carnivores que dans l'homme.

§ 281. Les dents, comme on l'a déjà dit, sont des dépendances de la niembrane muqueuse de la bouche, prolongée dans les alvéoles jusqu'à la papille ou pulpe dentaire, dépendances que l'on peut rapprocher des appendices pileux et cornés de la peau externe.

ANATOMIE GliNliBALK,

§ 282. La îiiembraue muqueixse est sujette à des altéi alions morbides extiêmetnent nombreuses et très-variées : elle participe aux vices de contormalion primitifs et acquis des organes dont elle fait partie, ainsi qu'à leurs déplacemens. Elle éi>i-ouve aussi elle seule, surtout dans l'œsophage, l'intestin et la vessie, des déplacemens plus ou moins étendus, à travers le tissu sous-muqueux éraillé; cela constitue de f;mx diverticules. La membrane muqueuse présente encore d'autres prolongemens dépendans et de son alongement et de la laxité du tissu sous-rauqueux : tels sont certains prolongemens des plis ou valvules connivenles, de la luette, les chutes de l'anus, du vagin, etc. Certains polypes ne paraissent aussi être qu'une végétation ou hypertrophie de la membrane et du tissu sous-muqueux ; mais le plus ordinairement il y a production d'un lissu accidentel. On doit regarder comme une .hypertrophie de cette membrane et de ses follicules des tumeurs des paupières, de l'amygdale et de la luette vésicale.

§ 283. La membrane muqueuse est très-sujette à un flux séreux et muqueux, qui constitue les plflegmorrhagies et les blennorrhées sans inflammation. Le tissu sous-muqueux lui-même est sujet , quoique cela soit rare, à un œdème ou infiltration séreuse. Cette membrane est fréquemment le siège d'hémorrhagies ou de flux sanguins; le tissu sous-muqueux est aussi quelquefois ecchymosé. Il n'est pas douteux qu'elle soit aussi le siège de tlux gazeux.

§ 284. L'inflammation s'y montre très-fréquemment et sous toutes ses formes. Ses caractères anatomiques sont une augmentation de la rougeur, qui va quelquefois jusqu'au brun ; un degré d'épaississement en général assez faible, mais variable, et proportionné à la durée de la maladie; un ramollissement plus ou moins marqué, et quelquefois une augmentation énorme des villosités. Le résultat le plus commun de cette inflammation est une augmentation de quantité et un changement des qualités du mucus. Souvent cette inflammation catarrhale dégénère en phlegmorrhée ou en blennorrhée. L'inflammation suppurative y a assez fréquemment lieu aussi; la membrane sans être ulcérée sécrète du mucus et du pus, ou bien même du pus tout pur. On trouve aussi quelquefois des abcès dans le tissu cellulaire sous-muqueux. L'inflammation couenneuse ou plastique y est moins fréquente. Cependant on l'observe fréquemment dans les voies aériennes où elle constitue le croup, et assez souvent dans les voies alimentaires, dans les intestins, la vessie, l'urètre, et même quelquefois aux yeux. Ordinairement la matière organisable est excrétée en lambeaux ou en membranes assez grandes et assez consistantes pour avoir été quelquefois prises pour la membrane interne de l'estomac ou de la vessie, etc.'; ou bien le malade meurt avant l'organisation; d'autres fois, au contraire, la membrane nouvelle s'organise et s'unit à' la surface de l'ancienne; ou bien encore elle contracte des adhérences avec ellemême , et forme ainsi des brides muqueuses qui trayersent en plus ou moins grand nombre et rétrécissent plus ou moins la cavité qu'elles occupent.

$ 285. L'inflammation de la membrane muqueuse n'est pas tonjours érythémateuse et uniformément étendue à sa surface; elle a quelquefois la forme de plaques rouges isolées , et plus souvent celle.'

DE LA MEMOnANE MUQUEUSE. 1^7

d'un exanthème boutonné , soit que les petites, élévations soient discrètes, soit qu'elles soient agminees ou confluentes. On sait que cela s'observe quelquefois , mais non toujours, sur la membrane muqueuse des voies digeslives et respiratoires des individus morts pendant la petite vérole , et que cela même a été regardé comme une variole- interne Cet exanthème interne boutonné , qui paraît consister en une inflammation bornée aux follicules , a été particulièrement observé par M. Bretonneau dans une épidémie d'entérite, dont il est à regretter qu'il n'ait pas encore "publié la description.

§ 286. La gangrène a lieu quelquefois, et l'ulcération fréquemment, dans la membrane muqueuse, surtout après l'exanthème dont il vient d'être question. Après l'une et l'autre de ces causes de destruction, si l'individu survit , il se forme promptement, et avec tous les caractères de l'ancienne membrane, une- membrane nouvelle dans les endroits détruits. On a déjà dit que la membrane des abcès , spécialement celle des abcès chroniques, et surtout celle des clapiers des environs de l'anus, est, ainsi que celle des bourgeons charnus, une membrane muqiieuse, comme celle des fistules. Les membranes séreuses et synoviales qui suppurent , revêtent le même caractère. Quand, au contraire, une cavité muqueuse est obturée et devient le siège d'une hydropisie, la membrane prend l'aspect des membranes séreuses : c'est ce qu'on voit arriver à la trompe utérine, aux sinus maxillaires, et moins complètement à la vésicule biliaire et au conduit de la glande sous-maxillaire. Certains kystes appartiennent aussi, par leur texture et par leur humeur, à la membrane muqueuse : téls sont surtout les athéromes ; mais , comine on le verra un peu plus loin , souvent les athéromes sont des follicules de la peau , et ce n'est alors qu'une légère transformation.

§ 287. La membrane muqueuse est sujette aux diverses sortes de productions accidentelles , soit saines , soit morbides. Quelquefois la membrane muqueuse naturelle du vagin renversée, celle du prépuce dans le cas de phymosis , souvent celle des fistules , et svirtout dans le poumon , devient plus ou moins parfaitement cartilagineuse, et quelquefois même osseuse, soit par transformation , soit par pro- ^duction nouvelle. On a observé quelquefois des kystes séreux, goit dans son épaisseur, soit au-dessous d'elle. On trouve des poils accidentels à la surface de cette même membrane. On y trouve également des productions cornées imparfaites ou des poireaux. Les tumeurs graisseuses, quoique rares dans le tissu sous-muqueux , y ont été quelquefois observées. On observe de~s productions érectiles dans ce même tissu sous-rauqueux , souvent autour de l'anus , et quelquefois dans d'autres parties du canal intestinal. Enfin, les productions moi'bides s'y observent fréquemment.

§ 2^8. Les altérations cadavériques de la membrane muqueuse ont déjà été en partie indiquées § 274. Cette membrane se colore quelque temps après la mort par la pénétration des humeurs qui la recouvrent. Ainsi elle est jaunâtre dans l'intestin vis-à-vis les fesses ; elle offre des lividités qui correspondent aux plus grosses veines sous-muqueuses , elle devient verdâtre dans la vésicule biliaire, etc.

■ f^ojez Wrisberg, in srllo^e Comment., p. 62.— G. Blane, in transact for tlic unpvoi'emeat oj med. and cliir. knowl. vol. Ht, p. 423-428.

ANATOMIE GENJiHALE.

Dans certains genres de mort, elle est dans quelques parties internes le siège de congestions sanguines ou séro-sanguinolentcs. Dans la mort par apoplexie, par hydrolliorax, et surtout par strangulation , dans les cas, en un mot, où la respiration est gênée avant la mort, il arrive fréquemment que la congestion ^ après avoir été d'abord bornée aux veines sous-muqueuses et puis aux vaisseaux de la membrane elle-même , aille enfin jusqu'à l'hémorrhagie dans l'estomac et l'intestin, comme Boerhaave et Morgagni l'avaient déjà annoncé, comme M. Yclloly • l'a observé , et comme je l'ai vu moimême plusieurs fois après ce dernier genre de mort, soit sur l'homme , soit sur des animaux. On distingue aisément cette congestion de l'inflammation, par l'absence de tout produit morbide, muqueux, purulent ou couenneux à la surface de la membrane, par les autres phénomènes cadavériques dépendant de la stase du sang dans le côté droit du cœur, et spécialement par l'état de la peau, qui offre aussi, comme la membrane muqueuse , des lividités et quelquefois des ecchymoses.

TROISIÈME SECTION

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