‹ Élémens d'anatomie générale, ou, Description de tous les genres d'organes qui composent le corps humainChapitre 16 sur 73 · DE LA PEAU EN GENERAL · texte numérisé non relu

DE LA PEAU EN GENERAL

§ 291. Cette membrane, étendue à toute la surface du corps, 'dont elle détermine la figure dans beaucoup d'animaux inférieurs,

' Medico-chirurq. Transact. vol. iv, p. Sji.

■ M. Malpigtii, de Linguâ, exercit. epist. —de Externe tactils organo epist., in op. omn. lom. If. — J. M. Hoffmann, de Cuticidd et cute. Altd. i68.5. — Lit- Ire , Obs. sur les diflerentes parties de Ja peau , etc. Acad. roy. des scienc. 170a. —F. de Riet, de Organo tactils. Lugd. Bat. 1743.— J. Fantoni, de Corporis integumentis, etc. Turin, 1746.— Lecat, Traite des sens. — Cruikshank, Experuncnts on the insensible pcrspiration, etc. London , 1795. — C. F. Wolll', de dite, in not'. Coni. pelrop. vol. Vril. — G. A. Gautier, Reclierches sur l'organe cutané, Paris, 1811.— Dutrochet, Obs. sur la struct. de la peau. Journ. conipl. vol. V. — J. F. Scbroter, das Mensc.hlich gefiUd, etc. Leipzig, 1814. — Lawrence, in Rees Cjclopœdiui — Seïkv, in ^nat.-phjrsiol. Realworterbuch,

Dn LA PEAU EN GENERAL. I 29

et dont, au contraire, elle reçoit la forme dans l'homme et les autres vertébrés , se moule en eilet sur les organes subjacens , et laisse apercevoir leurs saillies les plus marquées. Partout continue à elle-, même, on voit seulement en divers endroits sur la ligne médiane une interruption apparente qu'on no;nme raphé et qui indique qu'il y a eu originairement deux moitiés séparées. Ce raphé est trèsmarqué dans les endroits oii la réunion des deux moitiés s'opère le plus tard , et où il est le plus ordinaire de trouver des divisions anormales; par exemple, à la lèvre. supérieure, au péi'inée et audessous de l'ombilic. La peau semble percée , mais ne l'est point , aux ouvertures du canal digestif et aux orifices des voies aériennes , urinaires et génitales , endroits où elle se réfléchit et se continue , en changeajit de caractère, avec la peau interne. Il en est de même encore «iu conduit auditif externe , où elle envoie un prolongement cutané, aux yeux et aux conduits des mamelles, dans lesquels elle en envoie d'autres de nature muqueuse.

§ 292. La peau présente deux surfaces. La surface libre, qui est externe et en contact avec l'atmosphère., offre dillérens objets à considérer : on y voit des rides ou plis plus ou moins profonds , dont les uns dépendênt des muscles peauciers , situés à la tête , au coil et autour de l'anus , dont la peau ne peut pas suivre la contraction ; il en est de, même des rides du scrotum, déterminées par la contraction du tissu sous-jacent ; d'autres rides répondent aux articulations , et dépendent de leurs mouvemens : telles sont celles des mains, des pieds , etc. ; d'autres enfin dépendent de l'amaigrissement et de l'atrophie musculaire, quand ces phénomènes se manifestent rapidement et à un âge assez avancé pour que la peau ait perdu sa contractilité. La surface de la peau présente , en outre , de petites rides propi-es àl'épiderme, à la paume des jnains et à la plante des pieds : ce sont des lignes saillantes, séparées par d'autres lignes enfoncées, diversement dii-igées et contournées , et qui sont formées par des séries de papilles. Au dos de la main et au front ce sont des polygones; aux joues et sur la poitrine, des points seulement et des rudimens d'étoiles, etc. On voit aussi à la surface fibre de la peau des ouvertures petites, arrondies, très-généralement distribuées, abondantes à la face surtout : ce sont les oi'ifîces des follicules sébacés; et d'autres ouvertures , plus petites encore , microscopiques , ou des porosités apparentes de l'épiderme , mais qui sont des enfoncemens infundibuliformes et terminés en cul-de-sac. Eh général , celte surface est assez unie ; elle est un peu humectée et enduite par l'humeur de la transpiration et par la matière sébacée.

§ 293. La surface profonde ou adhéreute de la peau tient en «vénérai aux parties sous-jacentes par un tissu cellulaire lâche, qui permet des glissement entre la peau et les parties qu'elle recouvre. Dans quelques endroits, des bourses muqueuses sous-cutanées interrompent la continuité du tissu cellulaire et augmentent beaucoup, la mobilité de la peau et des parties qui sont au-dessous. Dans d'autres endroits, au contraire , le tissu cellulaire est dense , ferme , et se distingue peu de la peauj telle est sa disposition au crâne,' à la nuque, au dos, à l'abdomen. Dans d'autres encore, c'est par du tissu fibreux ou ligamenteux que la peau adhère aux parties sousjacentes ; il en est ainsi autour du poignet et du coude-pied , à la

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paume des mains, à la platite des pieds, et surlout sous le talon. L'adhérence a lieu dans cfuclques points au moyen d'un tissu cellulaire rougeâtre, demi-musculaire, si l'on peut ainsi le dire : tel est le dartos, au scrotum et aux lèvres de la vulve. Enfin, dans quelques endroits même , ce sont des muscles qui doublent la peau et qui s'y attachent : tels sont les muscles peauciers du crâne , de la face , du cou et de la main. Le pannicule charnu des animaux mammifères, beaucoup plus développé que celui de l'homme , excepté à la face , est l'analogue des muscles peauciers de ce dernier. Les anatomistes du moyen âge ont beaucoup disputé sur son existence dans l'homme : il est évident qu'il y existe, mais qu'il y est peu étendu. Dans beaucoup d'endroits, le tissu cellulaire sous-cutané est mêlé de tispu adipeux, et ces deux tissus pénètrent ensemble jusque dans l'épaisseur de la peau. Le tissu cellulaire sous-cutané est parcouru par de grosses veines, par beaucoup d'artères et de vaisseaux lymphatiques, et par des nerfs.

§ 294. Les follicules cutanés ou, sébacés ' ont la plus grande ressemblance avec les foUicules muqueux.

Ils existent dans toute l'étendue de la peau , du moins on les y admet, excepté à la paume des mains et à la plante des pieds. On en admet l'existence , parce que l'humeur sébacée enduit toute l'étendue de la peau 5 parce que par une dissection attentive , et en s'aidant de la loupe, on les aperçoit dans des endroits où ils sont d'une excessive ténuité; et parce que enfin certaines altérations morbides les rendent évidens dans des endroits où on ne les aperçoit pas autrement. Ils abondent surtout là où il y a des poils, aux environs des orifices , dans les plis de l'aine et de faisselle. Ils sont situés dans l'épaisseur de la peau ou au-dessous d'elle ; on les voit surtout bien en coupant la peau t>bliquement. Leur orifice constitue des porosités assez distinctes à la surface. Ils ont la grosseur d'un grain de millet et même moins, cette grosseur varie; ceux du nez sont assez gx'os , ceux des joues sont beaucoup plus petits. Ils ont la forme d'une petite ampoule. Ils sont en général sijnples e^ discrets ; ceux du nez cependant sont très-rapprochés ; quelqiies-uns même sont ramassés ou composés. Ils consistent en une petite ampoule formée par la peau, amincie et réfléchie sur elle-même, et garnie là d'un grand nombre de ramuscules vasculaires. Ils contiennent une matière oléoalbumineuse , un peu différente dans les diverses régions du corps.

2g5. La texture et la composition anatomique de la peau sont des points de fine anatomie qui ont beaucoup exercé la patience des observateurs , et sur lesquels ils sont peu d'accord. Dès l'antiquité on a vu que la peau est composée de deux feuillets : un profond et épais , et un mince et superficiel. Malpighi ayant aperçu dans la langue de bœuf, que les papilles du derme sont séparées de l'épiderme par une couche muqueuse ou glutineuse , qui , comme un réseau , en remplit les intervalles , transporta cette couche , par analogie, à la peau de l'homme; Ruysch donna ensuite la figure de Ce réseau. Depuis cette époque les anatomistes ont été singulièrement partagés sur l'existence de cette membrane ; les uns, la niant tout-à-fait, et n'admettant dans la composition de la peau que le

« J. Ch. Th. Rems , prœside Autenrieth, de Glandulis sehaceis dissert., elc. Tubiiigœ, 1807. /

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derme et l'épideime ; d'aiitres n'en admettant l'existence que dans les races colorées 5 d'autres , au contraire , renchérissant sur Malpighi , et admettant plusieurs couches dans le corps muqueux de la peau , autant, pour ainsi dire, qu'il y a d'élémens anatomiques dans cette membrane, ou qu'elle remplit de fonctions.

§ 296. Les vaisseaux sanguins, et lymphatiques et les nerfs de la peau pénètrent, en se divisant, à travers les aréolels du derme ; soutenus par un tissu cellulaire fin qui les entoure, ils arrivent ainsi jusqu'à la ùxce superficielle, où il yen a des myriades , qui , par leurs dernières divisions, constituent les papilles et le réseau v^sculaire. Relativement à la disposition de ces parties, et particulièrement des vaisseaux, on a assez généralement admis qu'ils sont étrangers au derme, qu'ils ne font que le traverser pour former audessus de lui un réseau vasculaire. M. Chaussier, au contraire , admet que -tous les élémens anatomiques de la peau sont réunis dans le derme lui-même. Gordon va même jusqu'à avancer que le derme injecté est également vasculaire partout, autant à sa face profonde qu'à sa face superficielle. Il serait inexact de dire que les vaisseaux sont étrangers au derme , et qu'ils lui fdrment seulement une couche sous-jacente ; mais il ne le serait pas moins de dire que les vaisseaux sont avissi divisés et aussi nombreux à la face profond<^ du derme qu'à sa face opposée. Les vaisseaux se divisent et se ramifient dans le derme à mesure qu'ils en pénètrent l'épaisseur, et leurs dernières divisions, prodigieusement multipliées, se distribuent dans la surface externe de cette membrane , et dans les éminences qui la hérissent, parties beaucoup plus vasculaires par conséquent que la face profonde. Il en est absolument de même des nerfs.

§ 29^. Le derme ou corium, corium, derma, vera cutis, est une membrane fibro-cellulaire qui constitue le feuillet profond et principal , et presque toute l'épaisseur de la peau. Sa face interne , qui est celle de la peau, présente en général des ouvei'tures alvéolaires coniques, dirigées obliquement dans l'épaisseur de la membrane. Ces aréoles , très-grandes dans le derme de la main , de la plante du pied, du dos, de l'abdomen, des membres; plus étroites au cou, à la poitrine , et à la face surtout , sont presque invisibles au dos ,de la main et du pied, au front, au scrotum et aux lèvres de la vulve. Les bords de ces aréoles se continuent, les premiers et les plus grands , avec le tissu fibreux, sous-cutané ; les seconds, avec le tissu cellulaire plus ou moins dense ; les derniérs ou les plus étroits, avec le tissu très-lâche qui existe dans les régions où on les observe ; l'aréole elle-même est remplie par un tissu cellulaire adipeux , et traversée par les vaisseaux et les nerfs de la peau. Le fond de ces Cfxvités alvéolaues est percé d'ouvertures très-petites qui répondent à la face superficielle du derme. Cette face , assez unie en général , présente dans divers endroits de petites éminences papillaires , bien plus distinctes sur le derme dénudé, que vues au travers de l'épiderme.

% 298. Le corps papillaire et. le réseau vasculaire de la peau, qu on a mal à propos décrits comme des couches distinctes de cette membrane, appartiennent à la face superficielle du derme. Les papilles ^ découvertes par Malpighi, admises, .figurées et décrites

an^LÛ: J/,Tpft^ et xn'"''"'" '^^^-Albinus, Acad.

ANATOMIK GÉNÉRALE.

depuis par Ruysch , Albinus et beaucoup d'autres anatomistes ; dans ces derniers temps par Gautier, sous le nom de bourgeons; révoquées en doute par Chéselden et plusieurs autres, sont de trèspetites saillies ou émincnces de la surface du derme, en général conoides; parfaitement visibles à la langue; disposées en doubles lignes et très-distinctes à la paume des mains, à la plante des pieds et surtout à la pulpe des doigts ; distinctes encore , mais irréguhèrement distribuées , au gland, au mamelon et aux lèvres; mais tellement petites et peu distinctes dans le reste de la peau , qu'elles y ont été plutôt admises par analogie que réellement observées , et qu'elles y sont comme confondues, dans la èunface du derme, en un réseau vasculaire et nerveux. Ces papilles , dans les endroits où elles sont bien distinctes , consistent évidemment en une saillie du derme très-mou , très-cellulaire, pénétré par beaucoup de filets nerveux dépouillés de névrilème, et de ramuscules vasculaires, ayant là une disposition érectile qui sera décrite plus loin ( chapitre IV, ) Dans les endroits où les papilles sont moins distinctes , quoique la composition et la texture de la surface du derme soient au fond les mêmes, il y a moin& de nerfs, les vaisseaux, très-abondans , forment un lacis ou réseau. Le sang pénètre habituellement, mais en quantité variable , dans les vaisseaux de la surface du derme. Dans les ecchymoses de la peau , il va au delà et s'infilire dans le. corps muqueux. Les injections fines et pénétrantes , après avoir lempli le corps papillaire et vasculaire de la pçau , s'épanchent aussi qvielquefois au delà

§ 2gg. La texture du derme est celle d'une trame aréolaire plus ou moins serrée ; la fibre qui le forme lui est propre. Elle a été regardée par les anciens anatomistes comme intermédiaire à la fibre musculaire et au tissu aponévrotique. Quelques-uns l'ont dite purement cellulaire, les auties ligamenteuse. Récemment encore, M. ,Osiander = a soutenu qu'elle était distinctement musculaire à la face interne de la peau. Il a fait ses observations sur la peau de l'abdomen de femmes mortes en couches. Les tissus auxquels elle ressemble le plus par l'ensemble de ses caractères , sont le tissu cellulaire et le tissu fibreux.

§ 3po. Le derme est blanc; sa surface externe est plus ou moins rougeâtre, suivant la quantité de sang retenue dans ses petits vais-, seaux. Son épaisseur n'est point partout la même, elle varie d'une ligne et demie à un quart de ligne. Au tronc, elle est en général plus grande à la partie postérieure qu'à la partie antérieure; aux jnemjares , à la partie externe qu'à la partie interne. Le derme est particulièrement très-mince aux paupières , aux mamelles et aux organes . de la copulation ; très-épais au contraire à la paume des mains , et surtout à la plante des pieds. Il a une demi-transpareûce qui permet d'apercevoir, à travers la peau , la couleur des veines sous-çutanées. 11 a une force de résistance ou de cohésion'qui le rend propre à faire , dans les arts mécaniques , des liens extrêmement forts. Il est soumis dans les arts du tanneur, du corroyeur, du chamoiseur, du mégissief , etc. , à diverses opérations qui empêchent sa putré-

' f^oyez Procliaska, disquisitio anat. phfs. oi'ganismi, etc. Vicnriœ, 1812. 4". ' Commentaticmes goUingenses recentiores, vol. IV. 1820

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faction, et qui augmentent sa densité ou sa flexibilité, etc. Il contient naturellement une grande quantité d'humidité dont la soustraction le rend jaune et élastique. 11 se réduit par la décoction en colle ou gélatine. Outre son extensibilité et sa rétractilité qui sont très -marquées et qui existent encore après la mort, il jouit pendant la vie d'une force de contraction tonique très-évidente , quoique beaucoup moindre que celle des muscles., C'est cette contraction qui constitue la chair de poule. C'est sa surface externe qui est le siège de ,1a sensibilité tactile. Le derme est le soutien de tout le reste de la peau ; c'est à sa surface qu'existe le corps muqueux.

§ Soi. Le' corps muqueux de Malpighi ' , reticulare corpus, rete glutinosum malpighianum , est tme couche fa'ès-mince de tissu cellu- " laire à demi liquide , qui revêt la surface pqpillaire du derme , la sépare de l'épiderme, adhère intimement à l'une et à l'autre, et est le siège de la coloration. Cette partie de la peau , indiquée par Malpighi , très-bien observée par Meckel et par Albinus , admise par la plupart des anatomistes au moins dans le nègre , niée cependant par un certain nombre d'entre eux, et notamment par Bichat , M. Chaussier, Gordon et M. Rudolphi, ne peut pas, à la vérité, être isolée par la dissection , mais peut être aperçue dans diverses circonstances. Toutes les fois , soit dans l'état de vie , ^oit sur le mort , que l'épiderme se sépare du derme, on distingue , sur l'une ou l'autre, et quelquefois sur ces deux^ membranes , une couche muqueuse qui couvre les éminertces papillaires et en remplit les intervalles. Cette membrane intermédiaire est surtout très-visible dans le nègre, trèsvisible encore dans les taches noires des blancs, et bien distincte même sur un morceau de peau blanche que l'on voit dans la collection de Hunter.. Cette couche, extrêmement mince au sommet des papilles, et moins dans leurs intervalles , a l'apparence d'un réseau , mais n'est point percée. Ceux qui n'ont admis que deux membranes à la peau, l'ont regardée comme la partie profonde de l'épiderme. Ce corps muqueux, stjr la nature duquel il est difficile de se faire une idée bien exacte , paraît consister en un liquide plastique pu un tissu cellulaii'e à demi organisé. Le sang et les injections n'y montrent point de vaisseaux ; des liquides y pénètrent pourtant , mais ils semblent y être imbibés ou contenus dans des interstices particuliers. On n'y connaît point de nerfs non plus, et c'est par une pure allégation que M. Gall l'assimile à la substance grise du cerveau. Cette membrane forme un vernis humide qui revêt la surface papillaire et vasculaire du derme. Les substances qui entrent dans l'économie ou qui en sortent par la peau, la traversent; elle est le siège de la couleur, et celui des productions cornées , écailleuses , etc. , qui existent naturellement dans la peau des animaux et dans quelques parties de celle de l'homme ,, ainsi que de celles qui s'y développent accidentellement. Cette membrane si mince , et dont l'existence même a paru contestable, paraît, dans qùelqucs animaux, et même dans 1 homme, du moins dans quelques parties du corps, et dans certains cas , être formée de plusieurs couches superposées.

§ 3o2. Un auteur anonyme avait déjà indiqué cette composition.

' Fojrez Meckel , Recherches anatomiques sur la nature de l'épiderme cl du réseau qu.on appelle .««//./i^/uen, Mem. de facad. roy. des se. de Berlin, i^jj. — Alljuius, Àcadcm. aiinoL., lib. I, cap. i-v.

inn.

'^4 ■ ANATOMIE GÉnÉbaLE.

Ciuikshank l'a observée sur un nègre mort de la petite vérole: Bayhani , sur la peau d un blanc, injectée , dans un autre cas de maladie; Gautier 1 a démontrée sur la peau du nègre par divers procèdes, et M. Dutrochet, sur la peau des artimaux. C'est un nombre , d observations suffisant pour ne pas les rejeter sans examen, i". Il y a sur la surface papiUau-e du derme une couche très-mince et incolore, transparente, que l'on distingue surtout sous les écailles et les cornes colorées des animaux , dans le nègre , et même dans le blanc , mais sous l'ongle seulement ; 2° une couche colorée , trèsdistincte dans les nègres , dans les blanc^ tachetés d'éphélides colorées , et beaucoup moins dans les endroits où la peau est blanche -, elle est souvent réunie à la suivante; 3° une couche incolore superficielle , plus ou moins molle ou bien encroûtée de substance cornée ou calcaire; elle est distincte dans beaucoup d'animaux, un peu dans le nègre, point dans le blanc, excepté aux ongles, aux poils, et dans les productions cornées accidentelles. Cette couche est immé-, diatement couverte par l'épiderme.

§ 3o3. Le pigment de la peau ' a son siège principal dans le corps muqueux et surtout dans sa couche moyenne , mais les surfaces externe du derme, et interne tle l'épiderme surtout, y participent aussi un peu. Les anatomistes antérieurs à Malpighi , et quelquesuns depuis lui, en placent le siège dans ces deux membranes, surtout dans la dernière. La matière colorante existe dans les hommes de toutes les races , excepté les albinos. Cependant ce n'est guère que dans les nègres qu'on peut la voir bien distinctement du reste de la peau. Malpighi avait seulement annoncé que la couleur de la peau avait son siège dans le réseau muqueux; Littre avait, mais en vain, essayé d'obtenir la matière colorante séparée, en soumettant la peau du nègre à la macération pour gonller le corps muqueux , et séparer ainsi l'épiderme du derme. Cependan t , quoique le corps muqueux soit très-mou]et liquéfiable , on parvient à séparer de la peau du scrotum du nègre des portions considérables du corps muqueux coloré , sous forme de membrane continue , indépendante et séparée de l'épiderme. Mais le plus ordinairement, et j'ai plusieurs fois répété cette expérience , la macération sépare du derme , qui reste très-peu coloré , l'épiderme et le corps muqueux réunis et colorés ; ce n'est qu'avec difficulté.qu'on peut ensuite séparer le corps muqueux sous forme de membrane. Si l'on prolonge la înacération dans peu d'eau , et que l'expérience soit faite avec la peau du scrotum, partie très-foncée en couleur, le corps muqueux, en se résolvant en une sorte de mucosité, teint l'eau et laisse enfin déposer au fond du vase une poudre brune impalpable. Gautier a assigné pour siège spécial, à la matière colorante, la couche moyenne du corps muqueux , qu'il décrit, sous le nom de gemmules, comme une couche ondulée qui couvrirait d'un seul de ses contours chacune des doubles figues sillonnées du derme, de la paume des mains et de la plante des pieds. Il semble plutôt que le pigment résulter de globules colorés , disséminés dans le corps muqueux.

Non-seulement le corps muqueux est plus coloré , mais il est plus

> B. S. Albimis, De sede et causa coloris œthiopuin et ceter. homiii., etc. Luc/g. Bat. 1737, et Jnnot. lib. 1. c:ïp. n.— Meckcl, loc. cit.— S. T. Sœmmc ring, Ucber die korperliche verschiedenheit des negcrs vont Luropacr.

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