DU SYSTEME VASCULAIRE
sécrétion excrétoire ; déposant et reprenant alternativement des molécules dans les cavités closes des membranes séreuses, et dans les aréoles du tissu cellulaire; fournissant continuellement dans la substance des organes des matériaux de composition , et y reprenant incessamment ceux de la décomposition.
§ 347. Dans les animaux Içs plus simples, la masse du corps tout entière , partout également perméable , s'imbibe directement des matières de l'absorption, et rejette aussi simplement celles de l'excrétion ; î\ un degré un peu plus élevé de composition organique , le tégument , siège essentiel de l'absorption et de la sécrétion extrinsèque , est pi-olongé dans la masse du corps par des ramifications plus ou moms multipliées, à l'aide desquelles les matières de l'absorption sont distribuées , et celles de l'excrétion puisées, dans divers points de la masse; enfin , dans un degré plu^ élevé et qui comprend une grande partie du règne animal, des vaisseaux parcourent la masse du corps •dans tous les sens , c^istribuant et reprenant partout la matière de la nutrition.
§ 348. Comme dans l'homme ainsi que dans beaucoup d'animaux , le sang contenu dans les vaisseaux est continuellement porté d'un point central dans toutes les parties et rapporté de toutes les parties au centre, de manière à décrire un cercle, on donne aussi à l'ensemble du système vasculaii e et dç ses dépendances, le nom d'appareil circulatoire; le premier nom étant relatif à la conformation et le second à la fonction. ;
Ce système ou genre d'organes comprend ,trois espèces , dont deux , les artères et les veines, contiennent du sang; les artères le portant à toutes les pai'ties , et les veines le rapportant de toutes les parties , sont unies au centre par un organe creux, musculaire, le cœur. La troisième espèce, les vaisseaux lymphatiques, rapportent non du sang , mais le chyle et la lymphe , et les versent dans les veines ; ils doivent être considérés comme un appendice du système veineux.
§ 349. Les artères et les veines sont dans un rapport tel avec le cœur et avec le sang, qu'on peut encore les diviser en deux autres sections.
Le sang est apporté par les veines de toutes les parties du corps au cœur , et de là conduit au poumon par l'artère pulmonaire ; il revient du poumon par les veines pulmonaires au cœur , pour être emporté par l'artère aorte dans toutes les parties du corps , d'où il est rapporté par les veines caves. On donne le nom de circulation pulmonaii-e ou petite, au trajet du sang du cœur au poumon et du poumon au cœur, et le nom de vaisseaux pulmonaires aux voies de cette circulation . On donne le nom de circulation générale ou grande, au trajet du sang du cœur dans tout le corps et de toutes les parties du corps au cœur , et le nom d'artère aorte et de veines caves , ou de vaisseaux généraux, à ceux que parcourt le sanp dans ce trajet.
S 35o. Le sang contenu dans les veines générales du corps, dans la moitié antérieure ou droite du cœur et dans l'artère pulmonaire, est d'un rouge brun; on l'appelle veineux : celui que contiennent les veines pulmonaires, l'autre moitié du cœur et les artères aortiqu es, est d'un rouge vermeil ou artériel. On a divisé aussi la circulation ' d'après le sang qu'elle conduit , en celle du sang noir et en celle du sang rouge. Bichat, auteur de cette division, aperçue par Galien
ANATOMir, gÉnÉbALE.
(Il" sect.), a cm devoir décrire ensemble les voies de la première sous le nom de système vasculairc h sang noir, et réunir celles de la seconde sous le nom de systèW vasculairc à sang rouge. On voit tout de suite que cette division, féconde en résultats, repose entièrement sur une base physiologique, et non sur la ressemblance de texture des parties.
§ 35 1 . Les trois espèces de vaisseaux ayant beaucoup d'analogie entre eux , les deux systèmes vasculaires sanguins ayant surtout beaucoup de rapport l'un avec l'autre; et les systèmes veineux et lymphatique se ressemblant aussi beaucoup, il faut, avant de déciire chaque espèce, exposer ces généralités, tant ce qui est relatif aux vaisseaux en général, que ce qui appartient à leurs terminaisons.
PREMIÈRE SECTION
ARTICLE PREMIER
DES VAISSEAUX EN GÉnÉhAL.
§ 352. La situation des vaisseaux est intérieure ou profonde. Les plus gros sont placés en général vers le centre du corps , et l'on ne trouve aux surfaces que des divisions d'une ténuité extrême, et encore sont-elles séparées des corps extérieurs par une couche de substance non vasculairc.
Les vaisseaux principaux, soit au tronc, soit aux membres, sont en généi'al placés dans le sens de la flexion des parties.
En général on trouve ensemble , une artère , une ou deux veines , et plusieurs vaisseaux lymphatiques; en outre, on trouve sous la peau beaucoup de vaisseaux lymphatiques et de veines, et peu d'artères.
§ 353. Le volume respectif des vaisseaux des trois espèces est lel qu'en général les vaisseaux qui rapportent, savoir les veines et les lymphatiques, sont ensemble beaucoup plus volumineux que les artères qui portent le sang. Les veines mômes à elles seules ont en général beaucoup plus de capacité que les artères auxquelles elles correspondent ; cela est surtout vi'ai des vaisseaux généraux du corps. Quant au lapport de volume et de nombre, ou de capacité totale, entre les vaisseaux veineux et lymphatiques , il est moins connu ; on sait bien cependant que sous la peau, sous les membranes muqueuses, et autou' ùes membranes séreuses , il y a tout à la fois beaucoup de veines et de vaisseaux lymphatiques ; que dans les interstices nmsculaires des membres et des parois du tronc, il y a encore beaucoup de vaisseaux lymphatiques avec les veines, tandis que dans le canal rachidien et dans le crâne il y a beaucoup de veines volumineuses , et peu ou peut-être point de vaisseaux lymphatiques. Ces derniers rapports dépendraient-ils de la différence de la matière dont les muscles et la substance nerveuse se nourrissent , et par conséquent de la matière différente qui reste dans -la circulation?
§ 354. La forme extérieure du système yasculaire est celle d'un arbre dont le tronc tient au cœur, et qui se divise successivement en branches , en rameaux et en ramuscules de plus en plus fins.