‹ Élémens d'anatomie générale, ou, Description de tous les genres d'organes qui composent le corps humainChapitre 23 sur 73 · DES VAISSEAUX EN GENERAL · texte numérisé non relu

DES VAISSEAUX EN GENERAL

Chaque partie, depuis son origine d'une branche plus grosse iusqu'ù sa division en rameaux plus petits qu'elle, conserve en général une forme cylindrique.

Chaque rameau étant plus petit que la branche dont il procède , et plus gros que chacun des raniuscules qui naissent de lui , il eh résulte une diminution successive depuis le tronc jusqu'à la fin de chacune des dernières ramifications.

Comme en général la somme des branches qui résultent de la division d'un tronc l'emporte sur le volume du tronc lui-même , il s'ensuit aussi que le système vasculaire a la forme d'un cône dont le sommet est au cœur et dont la base est formée par l'ensemble de tous les ramuscules répandus dans le corps.

§ 355. Le nombre des divisions du système vasculaire , depuis son centre d'origine jusqu'à ses dernières ramifications , n'est pas le même dans toutes ses parties. On l'a beaucoup exagéré, en le portant à quarante; Haller s'est beaucoup plus approché de la vérité ^n portant à une vingtaine le maximum des divisions successives d'un vaisseau depuis son tronc jusqu'à ses dernièi'es divisions.

Dans certains endroits , les vaisseaux se divisent en se bifurquant , de manière que le ti'onc cesse par sa division en deux branches , la branche par la séparation en deux rameaux. Ainsi l'aorte se bifurque en iliaques communes , celles-ci se bifurquent à leur tour ; les carotides priniitives se divisent également en deux. Les vaisseaux intestinaux présentent cette division dichotomique d'une manière remarquable.

Les angles que les vaisseaux forment en se divisant , et sous les-^ quels les branches se séparent des troncs , varient , mais sont pour la plupart aigus du côté des rameaux. Il est bon d'observer avec Haller que ces angles , auxquels on a attaché beaucoup d'importance, sont en grande pai tie détruits ou changés par la dissection , en enlevant le tissu cellulaire qui entoure les vaisseaux. Il y a quelques angles qui sont à peu près droits , ce sont en général les premières et les plus grosses divisions des troncs : ainsi les branches de la crosse de l'aorte, l'artère cœliaque, les rénales, etc.; les veines rénales et hépatiques , les veines sous-clavières , les jugulaires , etc. ; le canal thoracique, à son embouchure dans la veine sous-clavière, et quelques autres, comme les vaisseaux sacrés antérieurs, tarsiens, etc. Quelques vaisseaux même forment des angles obtus : tels sont les premiers vaisseaux intercostaux , les vaisseaux inférieurs du cervelet , ceux du cœur, et quelques vaisseaux des membres, etc. La plupart enfin forment des angles aigus , et souvent très-aigus , tels sont par exemple les Vaisseaux Kpermatiques.

11 faut observer relativement aux angles, que l'on regarde comme droits et même comme obtus , que la plupart soiiferéellement aigus ; mais à .une petite distance de leur origine , les branches , après un court trajet , changent de direction , se réflécliissent et suivent un trajet rétrograde ou contraire à celui du tronc, à peu près comme on le voit dans les branches des saules pleureurs.

Il n'y a aucune loi ou règle générale à déduire de l'observation sur les angles que forment les divisions des vaisseaux. Ainsi l'on voit des grosses branches aussi bien que des petites, et des branches voi-

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sines du tronc et de son origine , aussi bien que des rameaux trèséloignés, naître sous des angles plus ou moins aigus.

Ce qui est vrai des gros vaisseaux l'est également des plus petits dans les divisions desquels on trouve également des angles aigus pour la plupart, quelques-uns droits et même quelques-uns obtus.

^ 356. Les branches des diverses parties du système vasculaire , tout en se divisant ou se ramifiant à mesure qu'elles s'éloignent de l'origine ou du centre du système, ont cependant entre elles des communications ou anastomoses. Les vaisseaux lymphatiques sont ceux qui en ont le plus , les veines en ont beaucoup , les artères en ont moins, et cependant en ont encore un très-grand nombre. Ces communications ont lieu par la rencontre et la réunion de deux vaisseaux d'une même espèce et d'un volume égal.

Dans quelques endroits, deux vaisseaux marchant obliquement l'un vers l'autre, se réunissent en un seul tronc qui suit là direction moyenne ou diagonale des deux ; telle est la réunion des deux artères vertébrales pour former la basilaire , celle des artères spinales antérieures, celle de l'aorte et de l'artère pulmonaire dans le fœtus, celle de beaucoup de veines , etc.

Les vaisseaux s'anastomosent le plus souvent en formant par leur rencontre une arcade , de la convexité de laquelle partent des rameaux : c'est ce que l'on voit dans les vaisseaux mésentériques ou intestinaux , autour des articulations , à la main , au pied , etc.

Dans d'autres endroits, deux vaisseaux suivant chacun leur direction, communiquent par une branche transversale ; telle est la communication des artères ombilicales entre elles dans le placenta ; telles sont celles des artères du cerveau, du côté droit avec le côté gauche, et de la partie antérieure avec la postérieure ; telles sont aussi celles de beaucoup de veines et d'artères des membres.

Dans plusieurs parties , ces communications diverses et plus ou moins nombreuses , forment des cercles ou des polygones, comme celui de Ridley ou de Willis, sous le cerveau ; ceux de hris , de la bouche , celui qui entoure l'estomac , etc.

Dans un grand nombre de parties, ou presque partout, les vaisseaux qui s'anastomosent en arcades, se réunissant également avec d'autres provenant de branches, les unes plus rapprochées , les autres plus éloignées du centre du système vasculaire établissent des voies collatérales à la circulation : ainsi, par exemple, les vaisseaux circonflexes de la hanche communiquent tout a la fois par en haut Tvec des vaisseaux du tronc, et par en bas avec des vaisseaux du Jenou , et ceux-ci , en même temps, communiquent aussi avec des rameaux nés des vaisseaux de la jambe.

En général le va sseau ou les Vaisseaux qui résultent d'une anastomose^ sont plus volumineux que chacun des vaisseaux abouches,

r*^"\f irex rple danf la cav!té du crâne, à la main et au du corps, pai exemple, font communiquer des vais-

pied. Dans la pl^P^^^^f/^^,; rapprochée ; dans quelques-uns, elles en seaux dont 1 origine est asse, , ^.^^^^^ très-

font communiquer dont lougmc t

DES VAISSEAUX EN GLnÉrAL. * 55

éloigiiécjcomme de la région sous-clavière à la région inguinale, par exemple.* Les anastomoses des vaisseaux sanguins sont plus nombreuses et plus grandes autour des articulations que dans les intervalles; celles des veines et des vaisseaux lymphatiques sont encore très-fréquentes entre les troncs principaux; celles des veines en particulier sont très-raultip liées sous la peau.

On se fera une idée du nombre et de l'importance des anastomoses quand on saura que l'aorte ' peut être rétrécie , oblitérée, liée même sans que la circulation ou l'injection cesse de faire parvenir des liquides dans toutes les parties du corps ; que les plus grosses vemes 1 , les veines caves elles-mêmes , étant ôblitérées , le sang circule néanmoins; et que le canal thoracique ^ a pu être impunément oblitère ou lié.

Les anastomoses ont pour but de favoriser et de régulariser la circulation des humeurs.

§ 357. Les gros vaisseaux suivent une dii'cction passablement droite, en général parallèle à l'axe du corps; c'est pour cela qu'on pratique de préférence les incisions en long pour éviter de les léser.

Cependant , en beaucoup d'endroits , les vaisseaux ont une direction flexueuse. La flexuosité consiste en un trajet alternativement ondulé au-dessus et au-dessous d'une ligne droite ; elle augmente par l'état de réplétion ou d'injection des vaisseaux du cadavre , et, dans les artères, pendant la systole du cœur : elle diminue dans les circonstances opposées ; elle diminue silrtovit beaucoup par la dissection exacte des vaisseaux. Les flexuosités sont très-marquées dans les vaisseaux des parties sujettes à de grands changemens de volume , de figure, de situation; comme la bouche, l'estomac, l'intestin , la vessie', l'utéi'us, la langue et le testicule avant sa sortie, etc., et de celles qui sont sujettes à de grands mouvemens , comme les environs des articulations : ici cependant il y a moins de flexuosités , mais les vaisse.aux sont très-élastiques.

Les vaisseaux de la rate , ceux du cerveau , les veines spermatiques, sont aussi très-flexueux , sans que cela paraisse destiné au même usage.

Les flexviosités des vaisseaux sanguins sont plus marquées que celles des vaisseaux lymphatiques, et celles des artères, plus grandes que celles des veines.

^ § 358. La disposition symétrique des vaisseaux est très-imparfaite. Elle n'existe point dans leurs parties centrales; ils sont à peu près symétriques dans leurs divisions qui appartiennent à des parties symétriques, et asymétriques dans celles qui appartiennent à des parties,sans symétrie. Les artères, les veines et les vaisseaux lymphatiques présentent également cette disposition. Dans certains animaux et dans l'embryon , le système vasculaire est plus symétrique que dans l'homme adulte. Du reste, outre le défaut généi-al de symétrie, le système vasculaire est encore sujet à beaucoup d'irrégularités dans sa distribution.

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•^Flandrin, .Tournai de Médecine, toin. LXXXVII. Paris , — A. Coo-

per, m Médical records an nesearches, etc. Lond. .1 8i3.

ANATOMIE GtNÉRALE.

§ 35g. Les parois des vaisseaux tiennent par la surface externe qui est tloculente, à la masse du corps dans laquelle ils sont ramifiésleur surface interne est lisse , polie , luisante , humide , et en contact avec les humeurs circulatoires; elle présente des éperons saillans là ou les branches forment des angles aigus avec les troncs. Les parois ont une épaisseur qui, relativement au volume du vaisseau, va en augmentant des troncs vers les ramifications. La cavité présente exactement, comme cela vient d'être dit ( § 354) des vaisseaux euxmêmes, la fortne cylindrique dans chaque division : la forme d'un cone décroissant en allant du tronc vers une des dernières divisions, et celle d'un cône croissant du tronc vers l'ensemble des rameaux.

§ 36o. La texture des vaisseaux résulte, plus ou moins distinctement, de plusieurs couches supei-posées .

La membrane intérieure est mince, blanchâtre, plus ou moins diaphane, uniforme, sans fibres apparentes, partout continue, mais différente dans les artères et dans lés veines. Elle ressemble beaucoup aux membranes séreuses. Elle est humectée d'un liquide dont on ne connaît pas bien la source. Elle forme, suivant les espèces de vaisseaux, un plus ou moins grand nombre de valvules ou replis disposés de manière à permettre le passage des humeurs dans le sens suivant lequel se fait la circulation , et à l'empêcher dans le sens opposé.

La membrane ejcterne , qu'il ne faut pas confondre avec la gaîne cellulaire qui entoure lâchement les vaisseaux , est plus épaisse que l'interne, fibro-cellulaire et généralement formée de filamens obliques relativement à la direction du vaisseau et entre-croisés entre eux.

Entre ces deux membranes on en trouve une autre fibreuse, distincte dans toutes les artères que l'on peut soumettre à la dissection , ainsi que dans les grosses veines.

§ 36 1. La membrane externe du système vasculaire, et surtout la membrane moyenne des vaisseaux qui en sont pourvus, sont for-mées d'une fibre paiticulière.

Cette fibre a été nommée fibre élastique, tissu fibreux élastique, etc., quoique la plupart des organes soient élastiques et fibreux , mais parce qu'elle jouit de l'élasticité au plus haut degré : elle avait déjà été aperçue par Nicholls , par J. Hunter et par M. Ev. Home ' ; quelques anatomistes et chimistes modernes s'en sont occupés

Elle forme non-seulement les parois des vaisseaux , mais celles des canaux aériens ; elle double aussi certains conduits excréteurs ; elle forme l'enveloppe du corps caverneux et celle de la rate, les ligamens jaunes des vertèbres; elle forme de plus, dans divers animaux , le ligament cervical postérieur, une tunique abdominale aux grands mammifères, un ligament qui relève les ongles des chats , celui qui ouvre les coquilles bivalves; et, dans la plupart des animaux mammifères, elle remplace les muscles des osselets du tympan. Mais c'est surtout dans la membrane moyenne des artères , dans les ligamens jaunes, et dans celui de la nuque, que ses caractères sont

I Crooriian Lecture on muscular motion, in philos, trans. ann. i^gS. ^H. Y{a\iïï.,de Sfstemate telcs elasticœ, etc. Tubingae, 1822. — Cheyreul, note iiicdilc.

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