LA VIE ET LES OUVRAGES DE BECLARD
Par C.-P. OLLIVIER, d'angers.
Écrire la vie d'un homme célèbre , c'est en même temps honorer sa mémoire et rendre service à la socie'té; car en rappelant les triomphes de celui dont chaque pas fut marqué par une couronne , on enseigne aux hommes qui veulent l'imiter, par quels chemins on ai'i'ive à la gloire , et de quel prix est dans la vie une re'putation justement acquise. C'est dans ce double but que nous voulons dérouler ici la vie laborieuse du savant que regrettera long-temps l'École de Médecine de Pai'is , dont il était un des plus beaux ornemens.
Pierre- Augustin Béclard naquit à Angers , le i 2 octobre 1785 , de parens chez lesquels la probité était héréditaire , et qui n'avaient d'autre fortune que leur bonne réputation. Quoique chargé d'une nombreuse famille, son père , à force de soins et d'économie , parvint à donner à chacun de ses enfans l'éducation première dont ils avaient besoin pour continuer l'exercice du commerce assez borné qui les faisait vivre. Ainsi , lorsque le jeune Béclard eut appris à lire, écrire et compter, on lui fit entrevoir que c'était là que devaient se borner ses connaissances. Mais, soit qu'il eût le pressentiment de ses succès à venir, soit qu il fût inspiré par un instinct ou par ' un goût irrésistible , Béclard ne tint pas compte de ces avis , et se mit à dévorer tous les livres qui lui tombaient sous la main.
Les écoles centrales , tjue l'on avait établies dans les départemens comme autant de foyers de lumière destinés à éclairer line nation régénérée, étaient alors dans toute leur activité. Béclard s'inscrit au nombre des élèves de celle qui s'était formée à Angers, et ne tarde pas à se faire remarquer par ses progrès et par ses succès rapides. C'est là qu'il devine, pour a première fois, les ressources de l'étude ; c'est là qu'il puise 1 amour des sciences, et qu'il apprend à chérir leur culte. Cependant, malgré les illusions dont son àme ardente se