‹ Élémens d'anatomie générale, ou, Description de tous les genres d'organes qui composent le corps humainChapitre 30 sur 73 · DES ARTÈRES · texte numérisé non relu

DES ARTÈRES

§ 4o5. Les artères arteriœ, sont les vaisseaux qui portent le sfing du cœur à toutes les parties du corps.

§ 4^6. Hippocrate et ses contemporains donnèrent le nçm de veines à tous les vaisseaux et à tous les canaux , excepté au canal aérien , qu'ils appelèrent artère. Aristote parle le premier de l'aorte, qu'il appelle petite veine. Praxagoie donne le nom d'artère à l'aorte et à ses branches, qu'il croit contenir une vapeur. L'école d'Alexandrie distingue les artères des veines par l'épaisseur des parois, et admet que le sang peut , dans certaines circonstances, passer dans les artères. Galien, le plus grand anatomiste de l'antiquité, essaie de prouver que les artères sont pleincs de sang dans l'état natm'el ; il considèïe le système veineux et le système artériel chacun comme un arbre dont les racines, implantées dans le poumon , et les branches distribuées dans tout le corps , sont réunies avi cœur. Il faut venir presque jusqu'à Vésale pour trouver les premiers rudimens de l'art d'injecter les vaisseaux, et jusqu'à lui pour trouver quelques notions sur la texture des vaisseaux sanguins : leurs fonctions et leurs altérations n'ont été connues que plus tard.

^ 407- 11 y a deux troncs artériels : l'aorte et l'artère pulmonaire: Chacun d'eux a une disposition arborisée , et présente une origine, un tronc, des branches, des rameaux et des ramusculcs de plus en plus déliés, jusqu'à sa terminaison.

Chacun des troncs artériels naît d'un ventricule du cœur, et présente là , non une continuation de la substance du cœur, comme on l'a dit récemment encore '', mais une connexion intime et tres-re-

1 Boeckler, de Functionibus glandulœ thyvcoidœ thj mi, alque glandul. supraren., etC. Argentor. lySS. — Hecker , iiber die verrichtung der Ideinsten schlasadern und einger ans einem gewebe derfeinsten gcf'asse bcstehendan eingeweide, der schiidimd brustdnise^ dcrmilzes, dernebennieren und nach-

geburl. Erfurl, 1790. . , , . ^

^Bassuel, Nouvel asiDCct de l'intérieur des artères, et de leur structure par rapport au cours du sanj; Me'm. présent, de math, et de phys. tom. I, aun. ,'.50 __D. Belmas, Structure des artères, leurs propriétés, leurs fonctions et leurs altérations organiques, in-4". Strasbourg, 1822.— Ch. H. Ehrmann, mêmes titre , lieu et date. ,.• „ ,Q.,n

îLangenbcck, NosoL. und thcrap. der chu: kmnklieuen; ijrocUmS-) vol.I.

DES AUTÈRES.

imrauable : la membrane moyenne de l'artère est divisée en trois lestoiis'bordés de tissu ligamenteux , l'orifice du ventricule est garni d'un anneau du même tissu, le sommet des festons de l'artère est solidement attaché i\ l'orifice du ventricule , et les intervalles trianoulaires des dentelures sont également occupés par des membranes Figamenleuses; la membrane interne du vaisseau se continue avec celle du cœur, et la membrane externe s'unit à la substance de cet

organe

Les troncs , les branches et toutes les divisions des artères sont sensiblement cylindriques. Il y a pourtant quelques exceptions : certaines artères vont en s'élargissant , quelques-unes semblent se rétrécir. Les cylindres artériels vont en diminuant depuis les troncs jusqu'aux dernières ramifications. • En général, la somme des branches l'emporte sur le tronc qui les fournit , mais il y a des exceptions : ainsi il n'est pas évident que l'artère carotide et le tronc brachial aient ensemble plus de capacité que le tronc inominé, de même il n'est pas certain que les artères radiale et cubitale réunies en aient plus que l'humérale. Il ne faut pas confondre dans cette comparaison le diamètre extérieur avec la capacité. D'ailleurs il arrive à tout instant des changemens de capacité dans des rameaux artériels , sans que les branches en changent sensiblement; et pour n'en citer qu'un exemple évident, les artères utérines augmentent considérablement pendant la grossesse , l'artère hypogastrique qui les fournit augmente un peu , et l'artère iliaque primitive pas sensiblement.

Le nombre variable des divisions successives des artères, leur mode de division , les angles que forment les branches avec les troncs , ont été indiqués (§ 354 et suiv. ) ainsi que les anastomoses et les- voies collatérales qu'elles offrent à la circulation. Il en est de même de leurs flexuosités.

La terminaison des artères devenues capillaires et microscopiques a lieu par leur continuation en veines , soit par des communications capillaires rouges , soit par des communications incolores à cause de leur ténuité.

§ 4o8. Vues à l'intérieur, les artères sont cylindriques, leur coupe est circulaire , excepté dans les très-grandes artères qui , étant vides , s'aplatissent un peu , et presentent une coupe elliptique.

Chacun des deux troncs artériels est muni de trois valvules à son origine au cœur. Ces valvules semi-lunaires tiennent par leur bord convexe au contour des festons de l'artère ; leur bord libre est droit , un peu épais , surtout au milieu , qui offre un petit renflement. Une face est tournée du côté de la paroi artérielle, et l'autre du côté de l'axe du vaisseau. Ces valvules sont formées par la membrane interne des artères , repliée en double , et contenant dans son épaisseur une couche mince de tissu, ligamenteux ou fibreux; leur bord libre contient un petit cordon de ce tissu , et son milieu un point fibro-cartilagineux. Quand ces valvules s'abaissent , la, face qui répond au ventricule devient convexe, l'autre qui répond au canal devient concave; leurs bords libres se rencontrent, se toucTient, et elles ferment exactement le vaisseau. Dans tout le reste de leur étendue les artères sont dépourvues de valvules.

La surface interne est lisse, polie , et humectée. La surface externe

^7^ ANATOMIE GÉNIÎHALE.

répond au tissu cellulaiie commun et particulier dans lequel les artères sont ramifiées. Le tissu cellulaire, moulé autour d'elles ou çcarte par leur présence, leur forme une gaîne cellulaire. Cette gaîne est confondue en dehors avec le reste du tissu cellulaire ou avec la substance des organes 5 en dedans elle est unie à l'artère assez lâchement pour que celle-ci glisse aisément dans son intérieur dans les divers mouvemens , et s'y retire en se raccourcissant quand elle a été divisée. Cette gaîne est assez ferme autour des artères des membres; dans la poitrine et l'abdomen la gaîne des artères est en partie formée par les membranes séreuses. Celle des artères spermatiques est remarquable par sa laxité ; celle des artères du cerveau n'est pas distincte. Cette partie de l'anatomie des artères mérite beaucoup de considération dans la pathologie et dans les opérations.

§ 409. La texture ' des artères résulte de plusieurs couches membraneuses superposées. On a beaucoup discuté et varié sur leur nombre. Porté à cinq par quelcpaes anatomistes, et réduit à un par quelques autres , on peut le fixer à trois : une externe , une moyenne etune interne.

§ ^10. La menibrane externe , appelée aussi celluleuse, nerveuse, fibreuse, etc., est mince, blanchâtre, formée de fibrilles obliques et croisées , entrelacées diagonalement par rapport à la longueur du vaisseau. A l'extérieur ce tissu est assez lâche, et s'unit à la gaîne; du côté interne, au contraire, les fibrilles sont tellement serrées, qu'on ne peut les apercevoir qu'en le déchirant. Dans les troncs artériels , cette double disposition est assez marquée et assez tranchée pour que cette couche paraisse réellement double; dans les artères moyennes et petites, au contraire, cette couche devient uniformément serrée et distincte du tissu cellulaire de la gaîne et ressemble alors beaucoup au tissu ligamenteux.

Cette membrane est très-résistante et très-élastique, tant dans le sens longitudinal que circulairement. Souple et résistante en même temps, elle n'est pas divisée par l'action des ligatures appliquées, même immédiatement, sur elle. Quand on la déchire on éprouve beaucoup de difliculté , et l'on aperçoit la texture de ses fibrilles obliques, qui en rend la résistance égale dans tous les sens.

§ 4i La membrane moyenne, appelée aussi rausculeuse, tendineuse, propre, etc., est épaisse, jaunâtre, formée de fibres presque circulaires ou annulaires. Celte membrane , la plus épaisse des trois , est très-apparente dans les troncs ; elle laugmente proportionnellement d'épaisseur, à mesure que les artères diminuent de volume. Son épaisseur est peu considérable dans les artères de certains viscères, et surtout dans les artères du cerveau. Elle peut être divisée en plusieurs couches par la dissection : c'est probablement ce qui a induit en erreur ceux qui ont admis plus de trois membranes artérielles. Les fibres extérieures sont moins serrées, les plus profondes le sont davantage , et ainsi de plus en plus. Ces fibres ne forment pas

' Ludwig, de Artériaruin tunicis. Lips. lySg.— Albinus, Àcad. annol. lib. IV, cap. y m, de Arteriœ menihranis etvasis. — A. Monro, Remarks on the coats ofarteries, their diseuses, etc. in /ro?-/cs. — Delasone, sur la Structure des artères, Me'm. de Tacad. des se. 1756.— -C. Mondini, de Artenanim tunicis, in opusculi scientifici, t. I; Bologna, 1817. — A. Beclard , sur les Blessures des artères, Mem.de la soc me'd. d'Emulation, t. VIII. Pans, 1817.

DES ARTERES. - 179

loiit le tour du vaisseau. On ne trouve point clans la membrane moyenne les fibres longitudinales et spirales qu'on y a admises. Dans les endroits ou les artères se divisent, les fibres circulaires du tronc s'écartent et forment de chaque côté un demi-anneau ; les fibres annulaires de la branche leur font suite. La membrane moyenne tient intimement à l'externe.

La membrane moyenne a une fermeté telle , que , séparée des autres , elle conserve sa forme cylindrique ; c'est à elle que les artères doivent de rester béantes ou de conserver leur lumière quand elles sont vides. Isolée, elle jouit d'une force de i-ésistance et d'une élasticité faibles , suivant le sens de la longueur de l'artère , et très-fortes suivant le sens de ses fibres , c'est-à-dire suivant la circonférence du vaisseau. La fermeté et l'élasticité des fibres qui la forment vont successivement en diminuant des grosses artères vers les petites. On l'a tour à touj" comparée et assimilée à la fibre musculaire en général ; à la fibre musculaire de l'utérus , au tissu fibreux ou ligamenteux , elle constitue une espèce de tissu élastique, tissu particulier, mais participant des caractères des fibres musculaire et ligamentaire.

§ 4" 2. La membi-ane interne des artères , appelée aussi nei'veuse, arachnoïde , commune , etc., est la plus mince des trois. Elle se continue dés ventricules du cœur dans les artères ; c'est elle , pour la plus grande pai-tie , qui forme les valvules seini-lunaires des artères^. Elle présente , dans les grosses branches vides, quelques plis longitudinaux , et de petites rides transversales dans les artères du jarret et du pli du coude ; elle est également ridée dans les artères rétractées après l'amputation. Sa face interne est hsse , polie, humide et en contact avec le sang ; sa face externe adhère à la membrane moyenne. Dans les troncs artériels , on peut la diviser en plusieurs lames : la plus interne esti^extrêmement mince et transparente, le reste est blanc opaque, et se confond insensiblement avec la membrane moyenne ; c'est à cette partie surtout qu'on a donné le nom de membrane nerveuse. Dans les branches , elle ne forme plus qu'un seul feuillet indivisible. On ne distingue dans cette membrane , qui est très-dense , aucune apparence de fibres 5 elle se déchire à peu près avec la même facilité dans tous les sens. Elle est. peu élastique. On l'a comparée aux membranes séreuses et au tissu muqueux ou cellulaire ; elle n'est point vasculaire comme les membranes séreuses en général ; c'est à l'arachnoïde qu'elle est le plus comparable.

§ 4i3. Il entre encore dans la composition des artères , du\issu cellulaire, des vaisseaux et des nerfs.

Le tissu cellulaire qui pénètre la membrane externe, et qui l'unit a la moyenne, est assez apparent; mais au delà il est tellement rare et serré, que son existence a été révoquée en doute. Cependant quand, par la dissection , on enlève d'une artère la membrane externe et la plus grande partie de l'épaisseur de la moyenne, il s'élève de la partie découverte des bourgeons charnus, comme du reste de la-plaie.

^ 414. Les artères et les veines des artères {vasa arteriaruvi) leur sont lourmes par les vaisseaux voisins , et deviennent tres-apparentes Clans la membrane externe par les injections et quelquefois même sans cela, surtout chez les jeunes sujets: on les suit jusqu'à leur pénétration dans la membrane moyenne , et pas au clelà. .

^e que 1 on appelle vaisseaux cxhalans et absorbaus , ou plus exae-

tement les voies inconnues de l'exhalation et de l'inhalation , sont démontres dans les parois artérielles par le f-^t mùmo , car dans les artères enflammées il se fait une exhalation à la surface interne : et , dans le cas de ligature , le coagulum intérieur est absorbé.

H 1 5- Les nerfs ' des artères viennent de la moelle et des ganglions Les artères des organes des fonctions végétatives reçoivent les leurs des ganglions , les autres de la moelle. Les nerfs des artères forment autour d'elles des réseaux analogues à ceux que forment les nerfs pneumo-gastnques autour de l'œsophage , et les accompagnent ainsi dans l'intérieur des organes. Mais, en outre, des filets se terminent dans la tunique externe , et d'autres arrivent à la membrane moyenne, sur laquelle ils se répandent en un réseau très-délié. Les premiers sont mous et aplatis ; les seconds , filiformes et d'une finesse extrême , ont plus de consistance , et parcourent un trajet moins long. Toutes les artères ne reçoivent pas un égal nombre de nerfs; l'artère pulmonaire en reçoit moins que l'aorte et ses divisions. Ils sont d'autant plus abondansque les artères sont plus petites. Les artères du cerveau n'en sont pourvues que jusqu'à l'endroit où elles pénètrent dans la substance cérébrale. Dans la vieillesse , les nerfs des artères , surtout ceux de la membrane moyenne, deviennent moins apparens. Le grand nombre de nerfs que reçoivent les artères montre une étroite liaison entre le système nerveux et l'appareil circulatoire , entre les nerfs et le sang.

§ 4 '6. Les propriétés physiques les plus remarquables des artères sont la fermeté de leur tissu , sa résistance et son élasticité. C'est à la fermeté de la menjbrané moyenne qu'elles doivent surtout la faculté de conserver une grande partie de leur lumière , quoique vides de sang. Leur pesanteur spécifique est environ io8. Leur épaisseur, en général assez grande , augmente encore un peu par la vacuité ; elle est aussi un peu plus grande du côté convexe des courbures que du côté opposé , à peu près comme 8 est à ; elle augmente proportionnellement au calibre des artères à mesure que celui-ci diminue ; cependant elle n'est pas la même dans toutes les artères du même diamètre : ainsi les parois des artères encéphahques sont très-minces , et celles des membres sont épaisses.

§ 4' 7' La résistance des artères à la rupture a été examinée par Clifton Wintringham ; j'ai fait aussi quelques expériences sur ce sujet. Ces vaisseaux ont une grande force de résistance , en général proportionnée à leur épaisseur. Celle de l'aorte est supérieure à celle de l'artère pulmonaire. A mesure que les artères diminuent de volume, leur résistance absolue diminue , mais leur épaisseur relative et leur mollesse augmentant, leur extensibilité et leur résistance relative augmentent. La résistance n'est cependant point la même dans toutes les artères du même volume : celle de l'artère iliaque est plus considérable que celle de la carotide. La résistance en long ne dépend

Êresque que de celle de la membrane externe ; la résistance circulaire , eaucoup plus forte, est due aux membranes moyenne et externe. La membrane interne a très-peu de force de résistance dans un sens comme dans l'autre.

» A. Wrisberg, loç. cit.— Lucœ, Quœdam. nhsen'. anat. circa ncivos artcrias adeuntes et comilantes, in-^", cum. fig. Francof.-ad-Mœnum , i8io.

DES ARTERES.

S 418. L clasticiLc des artères est leur propriété physique la plus importante. Si on les distend en long, elles cèdent et s'alongent, pour revenir brusquement sur elles-mêmes quand on cesse la distension. Si on les distend en travers , elles cèdent moins et reviennent avec plus de force encore. Si par l'injection ou l'insufllation on les remplit avec excès, elles s'élargissent un peu, s'alongent, et au moment oii l'on cesse l'eflbrt , elles reviennent sur elles-mêmes et se vident en partie. Si on les ploie , elles se redressent; si on les aplatit par la compression, elles reprennent leur folme cylindrique. Dans l'état de vie, elles sont à un état de tension élastique qui fait c[ue, quand elles sont divisées , les Jaouts se rétractent. L'élasticité des artères est très-marquée dans les plus grosses; elle diminue successivement dans les petites.

§ 4 19' Les artères sont aussi susceptibles d'une extensibilité et d'une rétractilité lentes. Quand une artèi'e principale cesse de livrer passage au sang , les artères collatérales , en la remplaçant dans ses fonctions , s'agrandissent et acquièrent en peu de temps un volume considérable : cet agrandissement est du même genre que l'accroissement ordinaire, mais il est beaucoup plus rapide; l'artère, au contraire, qui cesse de livrer passage au sang, revient peu à peu sur elle-même, et finit par disparaître plus ou moins complètement.

§ 420- Les propriétés vitales des artères, comme celles des autres parties , sont relatives et à levu' propre nutrition et à leur action dans l'organisme. La force de formation y est manifeste dans leur production accidentelle , et moins dans la réparation de leurs lésions. L'ir-/ ritabilité y est manifeste à un certain degré; la sensibilité y est beaucoup moins évidente.

§421. L'irritabilité artérielle appelée aussi tonicité, contractilité, force vitale des artères , force de contraction , ou la force par laquelle les parois de l'artère, dans l'état de vie, se rapprochent de son axe sans même avoir été distendues , a été un grand objet de controverse parmi les physiologistes.

Haller , qui admet la nature musculaire de la membrane moyenne des artères , avoue que ses expériences i^c lui ont rien appris de positif sur leur contractilité , et que ces vaisseaux n'ont pas répondu toujours aux stimulus chimiques et mécaniques. Bichat, Nysten et M. Magendie, ont également nié l'irritabilité des artères. Bichat se fonde sur ce que l'irritation mécanique à l'extérieur ou à l'intérieur du vaisseau ne produit pas demouvemens; ouverte en long, les bords de l'artère ne se renversent ^as ; extraite du corps, elle ne donne aucune marque de contractdité ; disséquée couche par couche , on ne voit point ses hbres palpiter ; le doigt introduit dans une artère vivante n'y est pas serre fortement; l'artère interceptée entre dëux hgatures n'éprouve quun ébranlement communiqué; la contraction produite par les acides est un racornissement , et l'action des alcalis est nulle.

^'à. plupart des anatomistes et des physiologistes sont d'une opinion contraire, fondée sur un grand nombre de faits; Verschiiir et Haàtings ont vu 1 irritation mécanique produire la contraction des artères.

•Fojr. Chr. Kratnp, de vitali arteriarum; Argent. 1785.— C. H. Pnrrv nf^wV"^""^.';','?^"^"'""^^ "t^^^rprop. of tha arteries . etc. ; lîad,. ,8,6 lings; loc cS' "Z"^'-- <-l^<^ ^ricries, etc. ; Lond. 1819. -Has^

ïSî ANATOMIE GI£N1£RALE.

Zimmermann , Pari y , Verschuir , Ilastings , ont vu les acides minéraux et végétaux produire le même effet. Thomson et Haslings ont vu la même chose par l'action de l'ammoniaque. Verschuir , Hunter, Haslings , ont Vu la seule action de l'air et de la température produire celte contraction. Hastings a encor^ obtenu le même effet en appliquant l'huile de térébenthine, la teinture de cantharides , la solution de muriale d'ammoniaque, de sulfate de cuivre. Bikkeret Van den Eosch ont obtenu la contraction des artères par l'électricité ; Guilo et Rossi , par le galvanisme ; Home l'a même observée en appliquant un alcali sur le nerf avoisinant une artère. La contractilité vitale , peu évidente dans les grosses artères , va en augmentant successivement dans^les petites.

On peut encore citer en preuve de l'existence de l'irritabilité des artères, l'augmentation de leur contraction dans les inflammations et les névralgies. Ainsi, dans le panaris, dans l'angine tonsillaire , dans la prosopalgie, etc., on voit et on sent au toucher les artères d'un côté battre beaucoup plus fort que celles du côté opposé. On voit quelquefois des différences du même genre dans l'hémiplégie. La même chose a lieu aussi dans la grossesse et dans beaucoup d'autres phénomènes hygidesou morbides , accompagnés d'un développement local des vaisseaux.

On peut donc conclure de ce qui précède, que pendant la vie les artères jouissent à la fois de l'élasticité et de l'irritabilité ; que l'élasticité prédomine dans les grosses , et l'irritabilité dans les petites artères ; que l'irritabilité artérielle est plus ou moins soumise à l'influence nei'veuse. Avec l'âge, les vasa vasorutn diminuant, les nerfs des artères s'atrophiant, et la membrane moyenne devenant plus clure , l'irritabihté artérielle diminue de plus en plus, l'élasticité eUe-même finit par diminuer beaucoup.

§ 4^2. La sensibilité des artères est nulle ou extrêmement obscure. Verschuir rapporte une seule expérience dans laquelle un animal a paru éprouver de la douleur par l'application d'un acide minéral. D'après Bichat, l'injection d'un liquide irritant paraît aussi produire une douleur vive.

§ 423. La fonction des artères est de conduire le sang du cœiudans toutes les parties du corps. Lorsque lé? ventricùles du cœur poussent en se contractant une nouvelle quantité de liquide dans les artèi-es déjà pleines de sang en mouvement, la vélocité du mouvement s'en trouve accrue dans toutes les artères : l'observation d'une blessure artérielle le prouve. Un autre effet de la systole des ventricules généralement admis, est la dilatation des artères. Des expériences ont été invoquées à l'appui de cette dilatation; d'autres expériences intéressantes du docteur Parry semblent la contredire : cependant elle existe réellement , mais elle est très-peu considérable. Un autre effet plus sensible , produit par chaque systole, est lalongement des artères. L'action exercée par les artères pour pousserle sane en avant , est leur retour élastique qui les rétrécit et les r

ac-

urcit, et par conséquent diminue leur capacité, et de plus une ,wrce de contraction vitale qui s'ajoute à l'élasticité dans les artères moyennes, et finit par la remplacer dans les petites. La vélocité du cours du sang artériel va en général eu diminuant des troncs vcis les

cou for

ITES ARTÈRES.

-derniers rameaux ; celte vélocité présente en outre des variétés locales, constantes ou accidentelles.

La fonction des artères est donc de conduire coinme des canaux le gan"^ dans toutes les parties, et comme canaux contractiles, de lui imprimer une partie du mouvement dont il est animé. On a tour à tour exagéré et trop restreint l'action des artères sur' le sang. Il est bien certain , i" que les vaisseaux paraissent avant le cœur , soit dans la série animale , soit dans l'embryon ; 2° que les foetus monstrueux sans tête sont dépourvus de cœur ; 3" que dans les poissons il n'y a point de ventricule aortique, et que dans l'hpmme même la veineporte {scct. II!) est également dépourvue d'un agent musculaire iropre d'impulsion ; 4° "^^"^ les reptiles à qui on enlève le cœur, e mouvement du sang continue encore long-temps : tous ces faits pi'ouvent effectivement que les vaissèciux sont un agent , et sont même l'agent primitif du mouvement dvi sang. Les artères y prennent pai'l par leur élasticité et par leur irritabilité.

Mais il n'est pas moins certain que dans les animaux pourvus de cœur, cet organe devient un agent puissant du mouvement du sang ; c'est ainsi que par son action la circulation artérielle, bien que continue, est saccadée; c'est ainsi que la circulation a lieu dans l'esturgeon, quoique l'aorte soit renfermée dans un canal osseux ; c'est de même que, dans l'homme, l'aoï'te et ses principales branches peuvent être osseuses sans nuire notablement à la régularité du cours du sang. Il faut conclure de là que l'une et l'autre de ces puissances (celle du cœur et celle des artères) servent à la circulation , et que l'une peut suppléer en partie l'autre. Mais l'action du cœur sur le sang, va en diminuant, et celle des vaisseaux en augmentant, à mesure qu'on s'éloigne du centre de la circulation. La contraction vitale des artères est aussi une des causes de leur vacuité dans le cadavre. , § 424- La circulation ailérielle est accompagnée d'un mouvement qu'on appelle pouls. On a tour à tour attribué ce phénomène à la dilatation et au resserrement alternatifs des artères ; à l'alongem'ent de ces vaisseaux, et à la locomption qui en résulte; à la pression du doigt qui l'explore, ou à plusieurs de ces causes réunies. Le nombre des pulsations dépend uniquement de celui des contractions du cœur. Le volume ou la plénitude du pouls dépend de la quantité de sang^ contenue dans les artères ; sa durée , de celle des contractions du cœur ; sa force , de la quantité de sang poussée par le cœur , de la force avec laquelle il est poussé, de la quantité contenue dans les artères , et de celle qui passe à travers les vaisseaux capillaires. L'exploration du pouls a pour objet d'examiner l'état de la circulation et <les puissances motrices du sang, savoir le cœur et les vaisseaux.

Les parois des artères augmentent d'épaisseur et de densité pendant toute la période d'accroissement; elles continuent encore d augmenter en densité pendant tout le reste de la vie.

Les variétés des artères sont beaucoup plus fréquentes qu'on ne l a dit en général. Bichat et M. Meckel ' ont dit avec raison qu elles sont au moins aussi fréquentes , sinon plus même <iue celles des veines. C'est surtout dans les grosses artères qu'elles sont remarquables ^ et par leur fréquence, et par une sorte ' ^<?"/^cAes archiu. fur die physiologie.

- tr. licdcmann, Tahulcv avteviavum coj-p. humnni. Calsrhux, iSaa.^

de régularité ou de symétrie, et par la ressemblance qu'elles présentent alors avec l'état régulier de certains animaux.

§4^5. Outre les vaisseaux accidentels déjà indiqués (gS'ji), quand une artère principale est interrompue dans sa continuité' il s'établit encore des voies supplémentaires poùr la circulation. Ces voies résultent ordinairement de l'augmentation de volume d'anciens vaisseaux qui, de blancs et incolores qu'ils étaient par leur ténuité extrême, deviennent rouges, ou qui, de rouges et capillaires qu'ils étaient, deviennent plus volumineux; mais qui, dès avant cette circonstance, formaient, par leurs anastomoses, lies voies collatérales ( § 35o ). Dans certains cas , la circulation se rétablit par des voies tout-à-fait nouvelles, par des, artères de nouvelle formation. Ce fait, soupçonné par J. Hunter, entrevu par M. Maunoir et par Jones lui-même, quoiqu'il ait combattu l'opinion de M. Maunoir, a été mis hors de doute par les expériences du docteur Parry Si on lie ou si l'on retranche une partie de l'artère carotide du mouton, artère qui ne fournit aucune branche dans toute la longueur du cou , on trouve , quelque temps après , la circulation rétablie dans l'endroit où l'artère a été oblitérée ou l'etranchée, par plusieurs rameaux à peu près parallèles occupant l'intervalle qui existe entre les deux bouts de l'artère.

§4^6. L'inflammation générale des artères est rare; l'artérite locale ne l'est pas. Cependant la rougeur ne suffit pas pour la caractériser; il y a de plus de l'épaississement , du ramollissement dans ' les parois, et souvent à l'intérieur ime exsudation plastique, quelquefois du pus, et quelquefois des ulcérations plus ou moins profondes.

§ 4^7" Les blessures ^ des artères offrent des considérations anatomiques d'un grand intérêt ; l'acupuncture ou piqûre d'une artère donne lieu à une hémorrhagie faible si le vaisseau est entouré de tissu cellulaire, plus forte s'il est dénudé de sa gaîne. L'hémorrhagie s'arrête par la coagulation du sang qui est ensuite successive ment i-ésorbé; il reste pendant quelque temps un petit renflement vis-à-vis la piqûre ; il se forme ensuite une cicatrice si exacte , qu'il devient à la longue impossible de l'apercevoir. Une petite incision parallèle à l'axe du vaisseau s'écarte un peu , et donne lieu à une hémoirhagie plus forte que la piqûre. La guérison s'effectue quelquefois ensuite, et de la même manière. L'incision transversale donne lieu, par l'écartement considérable de ses bords, à une hémorrhagie plus ou moins grave, suivant que l'artère est ou non dénudée. L'hémorrhagie est d'autant plus grave , que l'incision intéresse la moitié de la circonférence du vaisseau, cas dans lequel, abandonnée à elle-même, elle continue ou se renouvelle, après . s'être arrêtée, jusqu'à la mort. Dans le cas oîi l'incision atteint une petite partie de la circonférence, si la gaîne existe, le sang, après avoir coulé plus ou moins, s'y infiltre, s'y coagule, et quelquefois il se fait une cicatrice qui, à la vérité, est, dans l'homme, beaucoup moins solide que les parois originelles de l'artère, et qui devient ordinairement' le siège ou la cause d'un anevnsme

' Loc. cit. , , , • ■ ,1 , l.r,

' J. F. D. Jones, On the process emplnfedbj nature in supressing Uit ne-

mon-hage, etc. Lond. i8io. — Bcclurd , loc. cit.

DES ARTERES.

tlit consécutif. Quand, au contraire, la division transversale dépasse de beaucoup la moitié de la circonférence , la rétraction est telle, ainsi que le rétrécissement qui en résulte, que si la gaîne existe encore , le sang s'y infiltre , s'y arrête , s'y coagule , et que la guérison peut aussi avoir lieu ; mais pour cela la division de l'artère s'achève, et ce cas rentre alors dans le suivant.

§ 428. Quand une artère d'un moyen calibre est coupée en travers, soit sur une surface amputée, soit dans la continuité des parties, le sang sort à plein canal et par un jet continu, alternativement élevé et abaissé, jusqu'à ce que la circulation soit beaucoup affaiblie; l'écoulement se ralentit alors et s'arrête, soit pour recommencer une ou plusieurs fois, quand la faiblesse sera passée, et continuer jusqu'à la mort, soit pour ne plus reparaître. Dans ce dernier cas, très-rare dans l'espèce humaine, l'artère s'étant rétractée dans sa gaîne et dans le tissu cellulaire ambiant , le sang s'est infiltré et se coagule autour du bout du vaisseau, il se coagule aussi dans ce bout même , jusqu'à une hauteur plus ou moins grande, toujours détei^minée par la situation de la branche la plus voisine , dans laquelle la circulation continue d'avoir lieu. Le bout de l'artère est alors obstrué et bouché , à peu près comme l'est le goulot d'une bouteille par le bouchon et par la cire dont on le recouvre. L'artère n'étant pkis soumise à la distension alternative qu'elle éprouvait, revient peu à peu sur elle; son extrémité tronquée éprouve l'intlammation traumatiqvie , et devient le siège d'une exsudation plastique ; le bout se cicatrise , le sang coagvilé à l'intérieur et à l'extérieur est successivement résorbé , l'artère continue ^de se resserrer, elle se change en un cordon imperméable, et finit ordinairement par disparaître ou se changer en tissu cellulaire jusqu'aux environs de la branche la plus voisine qui continue de servir à la cii'culation.

§ 429- Quand on distend en long une artère , elle s'alonge d'abord beaucoup en glissant dans sa gaîne à la faveur du tissu cellulaire qui l'entoure ; après avoir beaucoup cédé sans Se rompre elle commence à se déchirer à l'intéi'ievir. La membrane externe se déchire la dernière, après s'être alongée et effilée à peu près comme un tube de verre que l'on fond et que l'on tire à la lampe d'émailleur. Une fois rompue , les bouts de l'ai-tère se retirent moins qu'ils ne se sont alongés , et le sang jailHt d'abord comme dans le cas précédent, mais bientôt il s'arrête pour ne plus reparaître ordinairement. On a attribué cette cessation prompte et définitive de l'hémorrhagié, qui a presque toujours lieu dans ce cas, à la rétraction de l'artère et à d'autres causes imaginaires : beaucoup de cas observés dans l'espèce humaine et beaucoup d'expériences faites sur les animaux, m'ont convaincu que c'était aux ruptures mterieures plus ou moins multipliées qu'éprouve l'artère avant de se diviser totalement en un point , qu'il fallait attribuer ce phénomène remarquable. Les phénomènes consécutifs sont les mêmes qu après la section transversale ( § 428 ).

§ 43o. Une ligature appliquée circulaii'ement à une artère, soit dans sa continuité, soit sur une surfece amputée, assez serrée pour arrêter la circulation dans le vaisseau , coupe les membranes interne et moyenne, et, si l'artère est saine, ne divise pbint la

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membrane externe. Si la ligature reste en place, le sang arrêté dans le vaisseau se coagule dans sa cavité jusqu'à la branche la plus voisine, qui continue de servir à la circulation. La division éprouvée par les membranes internes , la pression exercée sur l'externe, et la présence de la ligature, déterminent une efl'usion de matière organisable, qui produit d'abord l'agglutination de toutes les parties intéressées : la partie embrassée par la ligature s'amollit d'abord , puis se divise par l'effet, de l'inflammation , et la ligature est rejetée au dehors. Les changemeus ultérieurs dans le vaisseau sont les mêmes qu'après sa section transversale ( § /pS). ' § 43i. Dans les trois genres de blessures gui viennent d'être exposés ( § 428-30 ), les phénomènes ultérieurs sont différens, suivant qu'il s'agit d'une surface amputée, ou bien de la continuité des parties. Dans une surface amputée, non-seulement l'artère prin- ^ cipale s'oblitère, mais encore toutes ses branches et ses rameaux aboutissans à la surface ; de sorte que le tronc lui-même se rétrécit plus ou moins. Dans l'autre cas , au contraire , les branches qui naissent de l'artère liée , coupée ou déchirée , non-seulement continuent de servir à la circulation, mais se dilatent pour suppléer le tronc principal; elles entretiennent ainsi, jusqu'au point d'où elles naissent, la fluidité du sang, son mouvement et son effort sur le vaisseau. C'est à cette différence qu'il faut attribuer la fréqvience de la l'éunion primitive des artères divisées dans une surface amputée, et la rareté relative de cet heureux résultat dans la continuité des parties.

§ 432. On trouve quelquefois une production ou une transforma- ' tion cartilagineuse avec épaississement des parois artérielles dans une étendue ordinairement assez limitée. Les productions dites athéromateuses , stéato'mateuses , etc., ne sont, comme la précédente, que le prélude de l'ossification pierreuse dont les artères sont si fréquemment le siège. 11 faut distinguer cette ossification en accidentelle et en sénile. La première a son siège entre les membranes interne et moyenne, et est précédée d'une des altérations ci-dessus. La seconde, au contraire, a son siège dans la membrane moyenne, et consiste en une transformation de ses anneaux fibreux en cerceaux osseux plus ou moins étendus. Les diverses parties du sytème artériel n'y sont pas toutes également disposées. Le système aorlique en est beaucoup plus souvent affecté que le pulmonaire. Les éperons intérieurs des artères et les valvules de leurs troncs en présentent souvent ; l'aorte et ses branches principales en sont souvent le siège ; les artères des membres inférieurs plus souvent que celles des membres supérieurs; les artères des muscles, du cœur, du cerveau , de la rate, assez souvent; celles de l'estomac et du foie rarement. La totalité enfin du système artériel a été vue ossifiée par Harvey, Riolan et Loder. L'ossification des artères est le plus généralement le partage de la vieillesse. Cependant on voit aussi quelquefois l'ossification accidentelle chez de jeunes sujets , et même dans la première enfance. L'ossifi- ,cation des artères est plus rare dans le sexe féminin que chez les hommes. Elle est beaucoup plus commune dans les climats fi-oids que Ndans les pays chauds.

L'effet de l'ossification artérielle, et surtout de celle qui est acci-

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