‹ Élémens d'anatomie générale, ou, Description de tous les genres d'organes qui composent le corps humainChapitre 37 sur 73 · DU TISSU LIGAMENTEUX EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DU TISSU LIGAMENTEUX EN GÉNÉRAL

§ 498- Les organes lip[amenteux ne forment point un tout continu ou un ensemble ; on a cependant cherché un centre et une réunion à toutes les parties de ce genre.

Une opinion très-ancienne, antérieure à Galien, mais énoncée dans un de ses traités , attribuait au péricrâne l'origine de toutes les membranes nerveuses. On a cru que les Arabes, en traduisant dans leur langue le nom de méninges par un mot qui a la même signification , et aussi celle de mère, regardaient les membranes du cerveau comme génératrices des autres membranes; c'est une erreur consacrée par Sylvius, qui a représenté les méninges comme des membranes fécondes et mères. Beaucoup plus tard Bonn , et tout récemment Clarus , ont attribué, en quelque sorte, la même qualité aux aponévroses d'enveloppe. Bichat a indiqué le périoste comme la partie centrale du système fibreux. Mais ce système, formé de parties indépendantes les unes des autres, n'a point, à proprement pai'ler , de centre ; quelques-unes de ses parties sont même tout-àfait isolées des autres. C'est d'ailleurs un tissu très -généralement répandu, ayant beaucoup de rapport avec le tissu cellulaire, et se continuant avec lui en divers endroits.

§ 499. Le tissu ligamenteux se présente sous deux formes principales, celle' de lien, ou de cordon, comme les ligamens et les tendons ; et celle de membrane ou d'enveloppe , comme le périoste , la méninge , la sclérotique , etc. Ces deux formes , funiculaire et membraneuse, se confondent dans certaines parties, alongées et arrondies à une extrémité, épanouies et aplaties à l'autre, tels sont certains

• Bemerlmngen iiber die Jlechsen, in Beitrâgefur die zergliederungskunsi , Band. I, Leipsig, i8oo. '

DU TISSU LIGAMF.TÎÏEUX EN gÉNEIIAL. 20Cf

tendons; en' outre la forme meinl^-aneuse , quoique en général destinée à former des enveloppes , forme aussi quelquefois des liens : tels sont les ligamcns capsulaires, les aponévroses d'insertiori , etc. D'après ses connexions , on a aussi diviçé le tissu ligamenteux en parties servant aux os , aux muscles et à d'autres organes ; et , d'après ses usages, en parties servant d'attaches ou d'enveloppe, ou à l'un et à l'autre usages.

§ 5oo. La couleur du tissu ligamenteux est blanche; son aspect est en général resplendissant ou satiné.

§ 5oi. Sa texture est essentiellement fibreuse , les fibres dont il est composé sont des filamens très-déliés, parallèles ou entre-croises. Dans quelques tendons longs et^réles, les fibres sont comme tressées ; dans les aponévroses , elles sont ordinairement disposées en plusieurs plans entre-croisés, et quelquefois comme tissues entre elles. Dans quelques parties de ce tissu , les fibres sont si étroitement réunies , que le tout semble homogène et non fij^reux , tels sont les ligamens carlilaginiformes; mais dans toutes les autres parties on peut, dans les sujets infiltrés , ou dans les parties soumises à la macération , séparer les faisceaux de fibres les uns des auti^es, séçai^er les fibres ellesmêmes sous forme de filamens fins comme des fils de ver à soie. On. ne sait pas bien si c'est le dei'nier terme de division , mais c'est probable. Ces filamens sont blancs, tenaces, peuélasticpies, flexibles, et probablement pleins ou solides. Fontana et M. Chaussier regardent cette fibre comme primitive et particulière ; ïsenflamm la regarde comme formée de filamens cellulaires imprégnés de gluten et d'albumine ; Mascagni dit que l'inspection microscopique semble démontrer •^ue ces filamens primitifs résultent d'un amas de vaisseaux absorbans entoui'és d'une membrane formée de ces mêmes vaisseavix , et d'une autre résultant de vaisseaux sanguins très-déhés formant un réseau subtil; on voit que c'est toujoui's la même idée déjà exposée plus haut (§ 3g4.) Ces filamens paraissent être du tissu cellulaire trèscondensé; la macération les amollit et les change en substance muqueuse ou cellulaire.

Les divers organes ligamenteux sont enveloppés de gaînes formées par le tissu cellulaire ; de plus , ceux qui ont des faisceaux distincts contiennent encore de ce tissu dans leur intervalle; les fibres enfin sont elles-mêmes entourées et liées entre elles par ce tissu , que l'infiltration et la macération rendent très-apparent. On trouve aussi du tissu adipeux dans l'épaisseur des organes Hgamenteux. Le tissu ligamenteux est en général peu vasculaire ; cependant on trovive à sa surface et l'on suit dans son épaisseur quelques petits vaisseaux sangmns. Pour les bien voir, il faut, après les avoir injectés en rouge, iaire sécher la partie , puis la tremper dans l'huile volatile de térébenthme, pour la rendre transparente. Quelques parties du système hgamenteux sont très-vasculaires; tel est surtout le périoste, telle est encore la méninge crânienne. On aperçoit des vaisseaux lymphatiques dans le;s plus gros organes de ce genre. Il est douteux qu'ils aient des nerfs. ,

ses fibres peu distinctes. 11 résiste long-temps k la macération qui

Page 1