‹ Élémens d'anatomie générale, ou, Description de tous les genres d'organes qui composent le corps humainChapitre 38 sur 73 · IO · texte numérisé non relu

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l'araoUit, le rend Iloculent à la surface , écarte ses fibres', en rendant le tissu cellulaire apparent dans son épaisseur , et finit par les changer elles-mêmes en substance muqueuse. Le feu le crispe violemment, et il laisse un charbon volumineux. La décoction le crispe beaucoup d'abord, le rend jaune, dur, élastique, et finit par le réduire en gélatine. Les acides minéraux froids et chauds le dissolvent : l'acide nitrique commence par le crisper. L'acide acétique froid le gonfle et le réduit en une masse gélatineuse ; chaud, il le fond entièrement. Les alcalis le gonflent et le ramollissent; en cet état ses fibres se séparent aisément, et présentent les couleurs de l'arc-en-ciel.

§ 5o3. L'élasticité du tissu ligamenteux frais est très-médiocre, mais elle est très-marquée quand il est desséché. Son extensibilité est presque nulle, quand l'effort est subit; de là les étranglemens produits par les parties ligamenteuses , et les déchirures de ce tissu pa^' des distensions violentes. Quand, au conti-aire , les causes de distension agissent lentement et graduelleraept , le tissu ligamenteux cède en s'amincissant, ses fibres s'écartent, et se désunissent même, si la distension lente est portée très-loin. Il ne faut pas confondre avec ce phénomène l'augmentation de volume du tissu fibreux par excès de nutrition. La rétractilité du tissu fibreux s'exerce dans la même proportion que l'extensibilité; elle ^ lieu promptement si la distension a été prompte sans aller jusqu'à la déchirure, et lentement si elle a été graduelle et lente. La ténacité ou la force de résistance de ce tissu à la rupture est énorme ; elle persiste après la mort dans toute son énergie ; l'irritabilité ou côntractilité vitale y est nulle ; ainsi il ne faut pas y admettre avec Baglivi des mouvemens de contraction , ni des mouvemens d'oscillation avec La Gaze. La sensibilité de ce tissu est extrêmement obscure ou douteuse. Ceux qui l'admettent , conviennent qu'elle n'^st développée que par certains agens mécaniques , particuliers pour les diverses parties de ce tissu : ainsi la dure-mère serait sensible à l'impression de quelques excitans sans effét sur d'autres parties ligamenteuses; les ligamens seraient sensibles à la distension et au tiraillement violent qui précède leur ruptui-e , tandis que la même chose n'a pas lieu dans les tendons. Il reste encore bien des doutes -sur ce sujet. On a eu tort cependant de conclure , des expériences favorables à l'opinion de l'insensibilité des parties ligamenteuses, qu'elles n'éprouvent aucune impression des causes irritantes; ces causes au contraire y développent l'inflammation , la sensibilité morbide et diverses altérations. La force de formation des parties ligamenteuses est très-active.

§ 5o4. La fonction de ce tissu, toute mécanique , est de former des liens , des cordons , des enveloppes très-solides , qui servent à . attacher les os entre eux , les muscles aux os , à contenir certames parties, à transmettre des efforts, etc.

§ 5o5. Le tissu hgamenteux est d'abord, dans l'embryon , mou et muqueux comme toutes les autres parties; il conserve pendant la vie fœtale et pendant l'enfance beaucoup de mollesse et de flexibilité; il est alors peu dense, plus vasculaire, d'un blanc bleuâtre, perlé ou argentin , et aisément soluble dans l'eau bouillante. Quelques parties, comme la méninge, la sclérotique, le périoste, sont plus épaisses que dans l'adulte; les tendons et, les aponévroses au contraire sont plus grêles et plus minces. Dans la vieillesse, au con-

nu TISSU LIGAMENTEUX EN GtNKBAf,.

traire, il devieul jaune, moins resplendissant, plus icrine, plus coriace, plus sec, moins vasculaire, et moins soluble dans l'eau Jjouillante qu'il ne l'était dans l'âge adulte.

Malgré la dureté du système ligamenteux chez le vieillard, il n'a pas "une très-grande tendance à s'ossifier. Les tendons ne s'ossifient guère que là où ils fi-ottent , et où ils ont une texture fibro-cartilagineuse, et à leur extrémité insérée aux os. La i-areté de l'ossification sénile des tendons est d'autant plus remarquable , que chez plusieurs animaux, comme certains oiseaux, comme lès insectes et les crustacés, l'ossification ou un endurcissement analogue a toujours lieu dans le dévéloppement régulier de ces parties.

§ 5o6. Les diverses parties du système fibreux , quoique assez analogues pour former un genre d'oi'ganes, ne sont pourtant point identiques ; le tissu des tendons est moins serré que celui des ligamens; celui des ligamens cartilaginiformes est tellement serré, cju'il est presque homogène en apparence. La composition chimique de toutes ces parties est à peu près la même ; cependant les tendons cèdent beaucoup plus facilement à l'action dissolvante de l'eau bouillante, que les autres parties ligamenteuses.

§ Soy. Le tissu ligamenteux divisé , déchiré ou rompu, se l'éunit : c'est ce qu'on voit arriver aux ligamens après les luxations. Le tendon d'Achille , ou quelque autre gros tendon étant rompu , si les bouts sont maintenus immobiles et en contact , il se fait en premier lieu une agglutination fentre eux, puis une réunion organique qui, plus extensible d'abord que le tendon , acquiert avec le temps sa force de cohésion, ou sa ténacité et sa presque inextensibilité. Il se fait entre les bouts des muscles divisés , et quelquefois à la suite des fractures des os, des réunions fibreuses.

§ 5o8. La production accidentelle du tissu hgamenleux est assez fréquente , et se présente sous plusieurs formes. On trouve des membranes de ce genre autour de certains kystes qui en sont rarement enveloppés en totalité. Certaines tumeurs solides ont aussi des envelojppes du même genre. Les articulations contre nature ont aussi des capsules fibreuses plus ou moins distinctes. On trouve quelques fois des lames ou brides fibreuses dans les membranes séreuses, et surtout dans la plèvre.

Les corps fibreux ou ligamenteux isolés ont été très-anciennement vus, mais confondus avec le squirrhe; M. Chambon lésa décrits sons le nom de scléromes. Waher et Baillie les ont conntxs. Bichat, et d'après lui M. Roux , les ont décrits 5 mais c'est à Bayle et à M. Laennec qu'on en doit la connaissance complète. Ils ont la forme globuleuse, leur surface est inégale et comme lobulée^ les anfractuosites les plus grandes contiennent des vaisseaux et du tissu cellulaire mfîltré. Fendus , on voit qu'ils sont formés de lobules et de bandes contournées en volute , réunis par du tissu cellulaire et des prolongemens fibreux. Ils ont peu de vaisseaux à l'intérieur. Ils sont d abord petits et mous comme la fibrine du sang; ils s'accroissent progressivement en volume et changent de texture; ils deviennent rarement cartilagineux , mais fréquemment osseux ; l'ossification pierreuse s y développe d'une manière irréguUère , et ressemble dans eur épaisseur a un calcul moriforme. Ils se forment souvent dans 1 épaisseur et près des surfaces de l'utérus; quelquefois dans l'ovaire,

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clans le tissu cellulaire acciilenid dep membranes séreuses, cl sont alors formés de couches comme une bulbe, dans le tissu cellulaire; on a dit aussi dans les os ; on en a vu aux doigts et aux paupières , sous la membrane muqueuse du nez : les fongus de la dure-mère sont quelquefois des corps de ce genre ; on en a même vu une fois ,dans le cerveau.

On trouve des productions fibreuses informes dans l'es cicatrices du foie, des os, de la peau; dans le scrotum et ailleurs autour des fistules.

§ 5og. Il y a une production qui se rapproche beaucoup du tissu ligamenteux , c'est celle d'un tissu blanc , compacte , point fibreux , point lamineux, point celluleux , demi-diaphane, point chatoyant, flasque et tenace. Quelques organes atrophiés semblent se transformer en ce tissu ; les cicatrices de la peau , celle du tissii cellulaire après la guérison des phlegmons chroniques , et après celle des fistules anciennes, quelques granulations blanches des membranes séreuses analogues aux glandes de Pacchioni, sont de ce genre.

On doit aussi en rapprocher la sclérose que Ton observe dans le tissu cellulaire et la peau dans l'éléphantiasis des membres, du scro tum et de la vulve, et que l'on a vue aussi daiis le tissu cellulaire souspéritonéal , dans un cas-de cancer.

C'est à cette production qu'il faut aussi rapporter la plupart des polypes de l'utérus et surtout du vagin , et certaines tumeurs saillantes sous la peau qu'elles soulèvent; polypes et tumeurs, dont le tissu blanc , compacte , flasque et tenace , tUlfère du tissu fibreux , mais s'en rapproche plus cependant que d'aucun autre. ■

Ces variétés de tissu blanc accidentel se rapprochent des productions morbides par leur tendance à s'étendre et à repvilluler.

§ 5io. L'inflammation du tissu ligamenteux est peu connue, mais elle n'est pas très-rare.

Elle se termine le plus souvent par résolution , assez souvent aussi par production d'une matière plastique ou organisable, qvu tantôt est résorbée, et tantôt donne lieu à l'ossification accidentelle. L'inflammation chronique ramollit ce tissu , lui fait perdre sa ténacité , et donne aussi quelquefois heu à son ossification.

'Quelques fongus de la dure-mère , certains polypes des fosses nasales et des arrière-narines, certaines épulies, quelques tumeurs du périoste, sont des productions morbides ou des dégénerations cancéreuses du tissu ligamenteux.

SECONDE SECTION

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