‹ Élémens d'anatomie générale, ou, Description de tous les genres d'organes qui composent le corps humainChapitre 49 sur 73 · DES CARTILAGES ARTICULAIRES · texte numérisé non relu

DES CARTILAGES ARTICULAIRES

§ 554. Les cartilages articiUaires diarthrodiaux = sont des lames cartdagmeuses aplaties et élargies , qui revêtent ou incrustent les surfaces des os dans les articulations mobiles. Ces lames ont une surface ibre, recouverte par la membrane synoviale qui y est étroitement unie, et une face qui adhère aussi intimement à la surface de l'os -sans pourtant qu il y ait continuité de tissu. Leur circonférence' ammcie, s étend jusqu'à celle des surfaces artic.ilaires dès os. Leur épaisseur, peu considérable et proportionnée à leur largeur est de Zslf T ''^T S'"^^'^' n-ac.i^on de igne

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surfaces concaves sont , au contraire , plus épais au pourtour qu'au centre. ^

§ 555. La texture de ces cartilages, aussi peu évidente au premier aperçu que celle des autres, tellement qu'ils ressemblent à unc^couche de eu e dont on aurait enduit l'os, peut être découverte par quelques procédés ; elle est fibreuse. La macération d'une partie articulaire d'un os , prolongée pendant six mois , détermine la destruction de la membrane synoviale , seule membrane qui recouvre le cartilage dépourvu du périchondre fibreux , et produit la désunion des fibres qui le composent, lesquelles s'élèvent perpendiculairement de la surface de l'os , comme les filamens du velours s'élèvent de sa trame. Si on fait dessécher un cartilage ainsi disposé par la macération , les fibres eu s'araincissant s'écartent les unes des autres , et deviennent encore plus distinctes. La décoction , quand elle n'est pas assez prolongée pour fondre le cartilage articulaire , produit d'abord le même effet que la macération. L'action du feu nu fait aussi apercevoir la même chose. Ces cartilages n'ont point de vaisseaux : l'injection fine et l'inspection microscopique montrent les vaisseaux capillaires se terminant à leur circonférence et à leur face adhérente, sans pénétrer jamais dans leur substance.

Ces cartilages , compressibles et élastiques , amortissent les effets de la pression et des chocs; leur poli facilite le mouvement des articulations diarthrodiales. Ils s'amincissent beaucoup dans' la vieillesse.

§ 556. Dans les articulations contre nature' il ne se produit point de véritables cartilages , mais seulement du tissu desmo-chondroïde , tissu qui , à la vérité, ressemble beaucoup à celui des cartilages diarthrodiaux. Dans les articulations diarthrodiales naturelles, la destruction des cartilages est quelquefois suivie de leur i-eproduction à peu près parfaite; seulement le cartilage nouveau produit à la surface de l'os, étant plus .mince , a une couleur en apparence violacée, ce qui est dù à sa demi-transparence : les bords de l'ancien cartilage sotit libres , et anticipent sur le contour très-mince du nouveau.

On trouve quelquefois, dans les articulations des vieillards affectées de diverses autres altérations , les cartilages diarthrodiaux changés en fibres villeuses , libres et flottantes. Mis à découvert dans les désarticulations , si la plaie est réunie par adhésion primitive , le cartilage et sa membrane synoviale n'y participent point , et restent libres derrière la cicatrice. Si la plaie reste ouverte, si elle s'enflamme et suppure, on voit au bout de quelques jours le cartilage se ramollir, et disparaître ensuite successivement de la circonférence au centre , à mesure et même avant que les granulations s'étendent à la surface de l'os. L'inflammation des cartilages diarthrodiaux est en général rare ; et , quand elle a heu , elle se termine ordinairement par ulcération ou par résorption. Cette ulcération des cartilages diarthrodiaux est le plus souvent consécutive à l'inflammation de la membrane synoviale ou de l'os, quelquefois à celle du cartilage lui-même, mais quelquefois aussi elle semble n'être précédée d'aucune inflammation. Quelquefois, avant de s'ulcérer, le cartilage s'amoUit et prend l'apparence fibreuse. Cette ulcération a le plus souvent lieu chez les sujets jeunes, ou avant l'âge moyen de la vie. Cette ulcération est accompagnée d'une douleur d'abord légère, qui augmente peu à peu d'intensité. Quand l'ulcération s'arrête et guérit, il se fait une repro-

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duclion de cartilage déjà indiquée, ou bien une production osseuse éburnée ou émaillce , ou bien enfin une soudure des surfaces , une ankylose. Dans le cas d'ankylose vraie, les cartilages soiit toujours

résorbés. , i- i j

§ 557. Les cartilages des articulations synarthrodiales , sont des lames extrêmement minces, placées entre les os articulés d'une manière immobile , et tenant fortement des deux côtés à ces os par engrenure ; leurs bords , dans l'intervalle des os , tiennent intimement au périoste externe et interne qui passe de f un à l'autre os. Ils concourent ainsi pour beaucoup à la solidité de ces articulations. Ces cartilages, dans les sutures du crâne, sont plus minces à l'intérieur qu'à fextérieur de la paroi , ce qui rend en partie raison de la disparition plus prompte des sutures à l'intérieur qu'à l'extérieur du crâne. Sous le rapport de la fréquence de leur ossification , ils tiennent le milieu entre les cartilages temporaires et les permanens.

DES CARTILAGES COSTAUX, LARYNGIENS, CCc.

§ 558. Les cartilages costaux ' sont les cartilages les plus longs et les plus épais du corps 5 ils constituent des prolongemens cartilagineux aux côtes osseuses. Les premiei's d'entre eux peuvent aussi être considérés comme des côtes cartilagineuses antérieures ou sternales. Les cartilages tiennent tous à l'extrémité antérieure des côtes , par engrenure, comme les cartilages synarthrodiaux. Le premier est même continu avec le sternum par fautre extrémité ; les six suivans s'articulent avec le sternum par diarthrose; les trois suivans s'articulent de même avec ceux qui les précèdent ; les deux derniers sont plongés dans le tissu cellulaire intermusculaire.

§ 559. La texture de ces cartilages est très-obscure, et au premier aspect ils paraissent homogènes. Cependant, par la macération prolongée pendant au moins six mois, les cartilages costaux se divisent en lames ou plaques ovales , séparées les unes des autres par des lignes circulaires ou spirales, et réunies entre elles par quelques fibres obliques qu'elles s'envoient réciproquement. Ces lames elles-mêmes se divisent en fibrilles radiées , et celles-ci , à la longue , en petites parcelles , qui se réduisent enfin en substance muqueuse ; toutes ces divisions ou séparations s'opèrent d'abord à la circonférence du cartilage : le centre est plus homogène, et se divise le dernier. On peut hâter cette séparation en faisant dessécher au soleil un cartilage costal macéré pendant deux ou trois mois. Les acides produisent un. effet analogue.

§ 56o. Les cartilages costaux sont un peu flexibles et très-élastiques. Dans l'inspiration , le mouvement imprimé aux côtes par les muscles , les ploie et les tord sur eux-mêmes ; et quand l'action musculaire vient a cesser, ils tendent d'eux-mêmes à reprendre leur direction première, et sont ainsi des agens de fexpiration.

§ 56 1 Passé l'âge adulte et dans la vieillesse , les cartilages costaux cessent d être ou de paraître homogènes. Leur périchondre devient

opaque , et il se produit, entre le cartilage et lui, et dans son épaisseur, des plaques osseuses plus ou moins nombreuses et larges, qui~ finissent quelquefois par former un étui osseux plus ou moins complet. Ce changement arrive presque constamment au premier, en commençant par son extrémité sternale ; les autres cartilages sternocostaux l'éprouvent aussi, mais à un degré moindre. Les cartilages costaux-aslernaux l'éprouvent moins encore, ou point. En même temps les cartilages costaux deviennent jaunâtres, puis rougeâlres dans leur centre,- qui présente aussi des points osseux plus ou moins gros et nombreux , lesquels finissent quelquefois par envahir le cartilage tout entier.. Ce dernier phénomène se montre plus fréquemment et plus tôt aux cartilages asternaux qu'aux autres.

Ces changemens dans les cartilages sont ordinairement l'effet de l'âge ; ils commencent vers le milieu de la vie, et vont continuellement en augmentant; cependant on a vu des hommes de cent trente ans et de cent cinquante ans ne pas avoir les cartilages costaux ossifiés.

Quand les cartilages comrtiencent à éprouver ce changement, la dessiccation les fait rompre en travers dans le centre , devenu aréolaire , et non à la surface , devenue au contraire plus dense.

Ils s'ossifient fréquemment , et à un âge peu av^cé , chez les phthisiques.

§ 562. Les cartilages costaux dénudés ne produisent point de granulations , mais sont recouverts par celles des environs. Rompus , ils ne se réunissent pas par une substance cartilagineuse , mais une lame cellulaire est produite entre eux, et l'endroit rompu est enveloppé d'une virole osseuse fournie par le péiichondre , et qui est plus ou moins régulière , suivant que les fragmens sont restés plus ou moins exactement affrontés. J'ai vu quelquefois dans l'homme, et souvent dans le cheval, la fracture des cartilages asternaux ossifiés, réunie par un cal osseux.

Les cartilages costaux sont sujets à quelques vices de conformation primitive, et même à manquer en totalité ou en partie : dans ce dernier cas, c'est toujours l'extrémité tenant à la côte qui existe. Quand la poitrine se déforme , quand elle se rétrécit , comme cela a quelquefois lieu après la guérison de la pleurésie , les cartilages du côté affecté se ploient, et deviennent difformes.

§ 563. Le cartilage nasal, celui du conduit auriculaire et celui du conduit guttural du tympan , sont encore articulés par engrenure avec les os. Ceux du larynx , au contraire , ne sont attachés aux os que par des hgamens , et sont réunis entre eux par des articulations mobiles.

Ces cartilages ont encore une certaine épaisseur. Quand on enlevé leur périchondre, on trouve leur surface lisse et dense. La macération long-temps continuée divise ces cartilages en fibrilles ou filamens mous et courts. La coction et les acides minéraux produisent les iTiêmcs cfFcts.

Ces cartilages sont flexibles et élastiques ; par leur solidité ils maintiennent la forme et la cavité des organes qu'ils contribuent a former. Ceux du larynx présentent la particularité remarquable d un accroissement très-rapide à l'époque de la puberté. Ces mêmes carti âges s'ossifient quelquefois dès l'âge adulte, en partie du moins. L inilammation chronique de la membrane muqueuse du larynx et son

DES CAJRTlLAGtS MEAIBRAKIFORMES. ÎÎQ

iilcéralion liaient beaucoup cette ossification , qui est en effet constante dans la phlhisie laryngée, et fréquente clans la phthisie pulnoonaire.

Les cartilages thyroïde et cricoïde divisés, se reunissent par des laraes osseuses du périchondre , plus épaisse? à rextérieur cju'à l'intérieur du larynx.

ARTICLË III.

DES CARTILAGES MEMBRANIFORMES.

§564- Ces cartilages sont ceux que Bichat a rangés dans son système fibro-cartilagineux. Ils sont très-minces et très-flexibles.

Ce sont les cartilages palpébraux ou tarses, celui de l'oreille, ceux des narines, l'épiglotlique, le cartilage médian de la langue, les trachéaux et les bionchiques.

Ces cartilages très-minces sont pourvus d'un périchondre très-fort et très-épais , relativement à eux , et qui envoie dans leur épaisseur des prolongemens filDreux et cellulaires , dont quelques-uns même les traversent de part en part; a,ussi leur sui'face est-elle inégale et poreuse. La macération , prolongée pendant deux ou trois mois , les ramollit , et les réduit à l'état dé fibrilles distinctes d'abord , et enfin de substance cellulaire ou muqueuse.

Ils sont très-flexibles, parfaitement élastiques, et beaucoup moins cassans et plus tenaces que les autres. Comme les précédons, ils concourent à former des organes , des canaux , dont ils maintiennent la forme , et dont ils conservent le calibre. Ils s'ossifient rarement et très-tard. Les cei-ceaux de la trachée seuls présentent dans l'adulte ^ une ossification plus ou moins étendue. Cependant on a trouvé, dans le cas de phthisie, les arceaux cartilagineux des bronches ossifiés. On a vu aussi, sur des goutteux , et à la suite de [inflammation de l'oreille, le cartilage de cette partie devenir osseux. Dans le cas de goitre , et même sans cette cause de compression , on trouve quelquefois les arceaux cartilagineux de la trachée comprimés d'un cote à l'autre, et leur, partie moyenne pbée à angle : on observe aussi le même changement de forme dans les bronches.

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