DES NERFS EN GICNÉRAL
ï'actioti nerveuse serait transmise au delà des nerfs et à travers la substance organique, comme la nutrition a lieu au deU\ des termi- 'naisons artérielles, par une sorte d'imbibition.
Jl est digne de remarqxie que, dans quelques circonstances où il existe parcUysic du sentiment, et non du mouvement , les inflammations qui se développent ne sont point accompagnées de douleurs-, ce qui porterait à penser que les mômes cordons sont le siège du sentiment gjénéral et du sentiment douloureux, particulier à l'inflammation , et que ce ne sont pas seulement les nerfs des vaisseaux sanguins qui font éprouver ce dernier.
§ 778. Les parties dans lesquelles les extrémités périphériques des nerfs se terminent de la manière la plus évidente, sont donc les membranes tégumenlaires et les sens qui en font partie , les muscles et les artères.
Les sens • sont des organes plus ou moins compliqués , au moyen desquels on aperçoit les corps extérieurs : ils ont une structure calculée de manière à pouvoir recevoir une impression déterminée ; ils sont liés au centre nerveux par des nerfs très-développés : ces organes sont ceux du tact ou du toucher , du goût , de l'odorat , de l'ouïe et de la vue.
Les muscles sont lies au centre nerveux par des nerfs nombreux et très-ramifiés ( § 662 ). Les artères reçoivent un très-grand nombre de nerfs ; mais ils ne se comportent pas tous de la même manière : 1° les uns ne font que les accompagner et les entourer, comme le lierre entoure les arbres , sans pénétrer dans leur tissu , si ce n'est peut-être après les avoir accompagnés à vine distance plus ou moins grande : tels sont ceux qui accompagnent les artères vertébrales , udrotides internes et faciales*; 2" les autres, accolés à la membrane externe de l'artère, pénètrent avec celle-ci dans les organes devenus mous et pulpeux : après s'être beaucoup ramifiés ils disparaissent , et semblent se fondre dans la membrane externe ; 3° enfin, nonobstant la dénégation de Belirends, on voit des ramuscules nerveux traverser la membrane externe des artères , et se terminer dans leur membrane moyenne. Les nerfs des artères appartiennent soit aux nerfs sympathiques , soit aux nerfs spinaux et trijumeaux.
§ 77g. Les nerfs ont été examinés dans leur structure par divers anatomistes. Délia ïorre y a trouvé les fibi,-es et les globu^les communs à tout le système nerveux 5 Prochaska et Reil ont encore mieux fait connaître depuis leur disposition intérieure. D'après leurs recherches, les nerfs sont composés de cordons, et ceux-ci de filamens ou de filets très-fins , dont la ténuité est égale à celle des fils du ver à soie, et qui, dans le nerf optique seulement, sont du volume d'un gros cheveu. Ces filamens , qui sont de la même nature que les fibres ou filets médullaires du cerveau et de la moelle épinière , n'en diffèrent qu'en ce qu'ils sont plus distincts, plus séparés les uns des autres ; parce qu'une enveloppe ou membrane propre les entoure : cette enveloppe est appelée névrilème , neurhymen , ce qui signifie membrane des nerfs ; Galien s'est déjà servi de cette expression dont Reil a fait le premier une application précise. Le né-
' Fojrez BlainviUe, Principes d'Anal, comparc'o , t. I ; Paris , i8j>.^.
•ANÀTOMIE gÉnLRALE.
vnlùrae forme une euveloppe générale aux nerfs , cl fournit des enveloppes partielles aux cordons nerveux , ainsi qu'aux filamens qui les composent :, il est très-résistant. Lorsqu'on le vide , il représente un assemblage de petits canaux. Ces canaux s'unissent entre eux , s'abouchent de distance en distance. Il n'est donc pas exact de dire que les nerfs sont composés de filets qui se distinguent dans toute leur longueur ; les communications de ces filets entr'euv font qu'ils ne sont plus les mêmes : examinés à la partie supérieure et à la partie inférieure du nerf, les cordons nerveux ne sont pas non plus simplement accolés , mais ils s'envoient des filamens réciproques. C'est la même disposition que dans les plexus , où il y a une communication intime entre tous les nerfs , au moyen- des cordons et des filamens qu'ils s'envoient. Ce que les plexus présentent en grand , on le voit en petit dans chaque nerf ; et les cordons eux-mêmes ne sont que des plexus de filets nerveux. Vers l'origine ou l'extrémité centrale des nerl's , le névrilème se continue avec la pie-mère, mais seulement dans sa portion qui constitue l'enveloppe générale du nerf : les gaines intérieures des filets nerveux s'amollissent et se perdent insensiblement , de manière que ceux-ci sont à nu dans le centre du nerf. On voit également les nerfs se dépouiller de leur névrilème à leur terminaison , partout où on peut les suivre assez loin. Les canaux névriléraatiques ne présentent pas à l'intérieiu' une surface lisse et polie , comme l'est la surface interne des vaisseaux; ils envoient vine foule de prolongemens qui traversent la moelle du nerf et la soutiennent celle-ci n'est point libre et mobile dans le nerf, ce qu'elle doit en partie h. sa consistance , mais ce qui est dû aussi en partie à cette disposition. 11 existe du tissu cellulaire autour de la gaîne générale et entre les gaines partielles du nerf, comme on l'observe pour les faisceaux musculaires et pour les fibres qui les composent. Dans les névralgies, ce tissu est quelquefois le siège d'un œdème ou d'une infiltration qui le rend , dans certains cas , compacte et serré; d'autres fois d'une congestion sanguine ou d'une rougeur très-grande, comme Cotuguo et d'autres l'ont observé; ce qui porte à croire que ces afl'ections douloureuses dépendent de son inflammation. De la graisse peut aussi s'accvmiuler dans ce tissu. Les fibres médullaires renfermées dans les canaux du névrilème sont de la même nature que celles du cerveau et de la moelle.
§ •^80. Les vaisseaux sanguins des nerfs pénètrent entre les cordons qui les composent, ét se divisent, pour la plupart, en deux rameaux , l'un direct , l'autre rétrograde. Leur nombre est considérable : tout le névrilème en est couvert, dans les injections heureuses ; on les voit , à la loupe , se répandre jusque sur le névrilème des filets nerveux. Celuî-ci est formé de tissu cellulaire fibreux et de vaisseaux sanguins. On ne connaît pas les vaisseaux lymphatiques des nerfs.
§ n8i. La structure des nerfs n'est pas e.xacteraient la même dans tous. Dans la plupart des recherches qui ont été faites à ce sujet, c'est le nerf optique que l'on a choisi de préférence, parce que les filets nerveux y sont plus gros , et qu'il est facile d'y remplir les canaux névrilémaliques. Or, ce nerf diflère des autres en ce que ses caualicules sont séparés par des cloisons conuiiunes qui se détachent de l'intérieur de la gaîne générale. La structure des nerfs a
DES NERFS EN gÉhÉRAL. ^"^^
pourtant. aussi élé obscrvde dans fl'autres nc-ifs : c'est surtout dans ceux des nuiscles , où les fdcts sont plus distincts que dans les uerts des sens et de la peau, que ces observations ont cte faites.
§ 782. Reil , à qui l'on doit presque tout ce que l'on.sait sur la structure des nerfs, a très-bien indiqué les moyens à l'aide desquels on peut observer cette structure. En lavant un nerf avec de eau et de l'acide nitrique, on finit , au bout d'un certain temps , par détruire entièrement le névrilème , et il reste les filets médulhnres qu on peut voir s'entrecroiser, s'adosser, à peu près comme le font les neris optiques dans leur commissure. D'un autre côté, en plongeant le nert dans la lessive des savonniers , que l'on peut regarder comme une dissolution alcaline de sous-carbonate de soude , on détruit la substance médullaire, et on obtient les gaînes névrilématiques. Pour les empêcher de s'affaisser, on y souffle de l'air : ce qui est tres-facile en poussant ce fluide dans l'une d'entre elles , puisqu'elles communiquent toutes ensemble; le nerf est ensuite lié à ses deux bouts : desséché dans cet état, il présente, quand on le coupe, une foule de petits canaux abouchés les uns dans les autres , ce qui lui donne l'aspect intérieur d'un roseau. Ces observations , qui, depuis Reil , ont été répétées bien des fois y démontrent les deux différentes substances dont le nerf se compose.
Les observations de M. Home sur le nerf optique , ont montre que les filamens médullaires dont il est composé vont en augmentant dénombre et en diminuant de volume de l'origine à la terminaison.
§ 783. Les nerfs n'ont que peu ou point d'élasticité; ils n'offrent aucun mouvement sensible , soit d'oscillation , soit de vibration , lorsqu'on les irrite sur l'animal vivant. L'irritation d'un nerf produit des douleurs atroces , et détermine des contractions convulsives dans les muscles.
§ 784. Les nerfs ont pour fonctions d'-ètre conducteurs du sentiment et du mouvement. Ils transmettent avec une vitesse incalculable , du centre nerveux aux muscles , les volitions , et conduisent au centre les sensations produites par l'impression des agens extérieurs. Leur section, leur ligature , interrompent ses fonctions, et rendent insensibles et immobiles les parties placées au-dessous. L'irritation faite au-dessus de l'interruption détermine des sensations de douleur semblables à celles qu'aurait produites l'irritation de l'extrémité du nerf; l'irritation exercée au-dessous de l'interruption produit des contractions, comme celles qui résulteraient de l'irritation de l'origine du nerf.
.5 785. On a cherché , depuis Hérophile et Galien, s'il n'y avait pas des nerfs particuliers pour le sentiment, et d'autres pour le mouvement. On a bientôt reconnu qu'il y' avait effectivement des nerfs sensoriaux, comme la pi-emière , la seconde paire , et l'auditif; des nerfs moteurs, comme la troisième, la quatrième, la sixième, l'hypoglosse, etc. ; et des nerfs mixtes, comme tous les nerfs spinaux, qui en effet se distribuent h la peau et au muscle du tronc et des membres ; et comme les nerfs sous-occipital et trijumeaux. Mais les paralysies et les anesthésics , que l'on observe tantôt réunies , et tantôt séparées dans les parties du corps où se distribuent les nerfs à double racine , conduisaient à supposer que ces nerfs étaient composés de filets sensoriaux et de filets moteurs distincts. Lesexpérien-
3^4 AHATOMIE GÉNÉRALE.
CCS de M. Ch. Bell , celles de M. Magendie , et les miennes propres, ont clairement démontré que Ja racine postérieure des nerfs spinaux est sensoriale , et la racine antérieure motrice.
§ 786. Les nerfs ne sont pas bornés tout-à-fait aux fonctions de conducteurs : ils ont une activité propre qui se manifeste quand ils son^ séparés du centre nerveux ; mais cette activité est beaucoup augmentée par celle de la moelle , comme celle de la moelle par Tmlluence de l'encéphale ; de sorte que le retranchement de l'encéphale diminue beaucoup l'activité de la moelle , que celle de la moelle restreint beaucoup celle des nerfs , et que plus le nerf est retranché près d'un muscle, et plus l'inlluence nerveuse sur sa contraction eu est diminuée.
§ 787. Les nerfs ont-ils une force de formation ou de régénération telle que , coupés en travers, leur réunion ait la texture et remplisse les fonctions nerveuses? telle même que, divisés avec perte de substance , ils se reproduisent? Ces questions ont occcupé beaucoup de physiologistes , et notamment Fontana, Monro , Michaelis, A,rnemann , Cruikshank , Haighton , Meyer, etc. La plupart de ces expérimentateurs ont résolu affirmativement les questions relatives à la reproduction nerveuse. Arnemann seul , se fondant comme les autres sur une série d'expériences , a adopté une opinion contraire.
J'ai fait avec un de mes élèves ' un grand nombre d'expériences pour résoudre ces questions. Il résulte de nos observations, i° que la division d'un nerf produite par une ligature est constamment suivie de la réunion 'exacte des deux bouts du nerf et du prompt rétablissement de ses fonctions ;
2°. Que la section incomplète ou la piqûre , que l'on a accusé de donner lieu, chez l'homme, à des accidens si graves, ne produit pas ces accidens dans les animaux , et que la réunion et le rétablissement des fonctions ont lieu très-promptement ;
3°. Que la section complète d'un nerf dans une partie peu mobile, comme par exemple le long de l'un des deux os de l'avant-bras du chien , au cou , dans le même animal , le long de l'un des os do l'avant-bras chez l'homme , etc. , est ordinairement suivie assez promptement d'une réunion exacte et du rétablissement complet des fonctions ;
4°. Que dans les parties très -mobiles , comme au voisinage d'une articulation , lorsqu'un nerf est divisé , il s'établit , outre l'écartement primitif qui est constant , un écartement accidentel et variable suivant les mouvemens de la partie. Dans ce cas la réunion se fait beaucoup attendre; elle est imparfaite si même elle a heu : le«-établissement des fonctions est imparfait aussi , ou même tout-à-fait nul. C'est à cela qu'il faut rapporter les résultats de quelques-unes des expériences de Meyer , et la paralysie permanente que l'on dit résulter de la section du nerf radial à la partie mfeneure du bras;
5°. Enfin , que quand il y a déperdition considérable de substance d'un nerf, soit par une excision , soit dans une plaie contuse avec destruction , il reste un grand écartement entre les deux bouts du nerf, et que jamais les fonctions ne se rétablissent, quel que sdil
«L. J. Dcscot, Dissertation inaug. sur les affections locales des nerfs; Paris, i8aa.
DES NERFS Elf gÉnÉBAL. ^ ^^5
le iicrf aftecté; ce qui siinit pour prouver que les anastomoses n'y sont pour rien, quand le rétablissement des fonctions a lieu.
On peut donc conclure de tout ce qui piécède , que les nerfs coupés en travers se réunissent 5 et que quand la réunion n'a pas lieu, cela dépend uniquement de l'écartement considérable des bouts , déterminé soit par les mouvemens de la partie , soit par une perle de substance.
§ nSS. Lorsqu'un nerf a été divisé, il s'établit dans les premiers jours^ autour des bouts , à leur surface et dans leur intervalle, un suintement de matière organisable; le tissu cellulaire environnant est pénétré de la même matière et a perdu sa perméabilité. Dans cet état , les bouts du nerf sont simplement agglutinés entre eux et aux parties voisines ; les fonctions sont encore suspendues comme elles l'étaient immédiatement après la section ; les deux bout« du nerf, qui sont gonflés, et surtout le supérieur, le tissu cellulaire environnant, et la matière organisable, prennent plus de consistance , et deviennent très-vasculaires. Dans cet état, qui dure quelque temps , les deux bouts du nerf sont réunis par une substance organisée vasculaire ; mais il n'y a pas encore de communication de l'action nerveuse entre les deux bouts. Avec le temps le tissu cellulaire environnant cesse d'être compacte et vasculaire ; la substance intermédiaire , plus ou moins longue, suivant le genre de blessure et les circonstances concomitantes, diminue peu à peu de volume, de consistance et de rougeur; prend l'apparence et la texture du nerf (texture constatée par l'application faite par Meyer de l'acide nitrique à la cicatrice nerveuse ) à partir des extrémités vers le milieu de leur intervalle, et finit par en remplir les fonctions, d'autant plus exactement et d'autant plus vite, que l'écartement était nul entre les bouts , comme dans le cas de ligature , ou peu considérable , comme dans le cas de section simple, ou d'une très-courte excision dans une partie peu nîobile. Au contraire , quand l'écartement est considérable , la réunion est nulle , ou bien elle n'a lieu que par du tissu cellulaire qui n'acquiert pas , à une certaine distance de l'extrémité , la structure et les propriétés nerveuses. Le temps nécessaire pour le rétablissement complet de la structure et des fonctions n'est pas exactement connu ; il a été certainement exagéré par ceux qui X)nt avancé qu'il devait être de plusieurs années : on peut le porter à six semaines ou deux mois environ.
,S 7%- La section des nerfs pneumo-gastrique et trisplanchnique reunis, comme ils le sont dans le chien, produit constamment la mort, quand elle est pratiquée des deux côtés à la fois. C'est sur ces nerfs que l'on peut surtout étudier simultanément la réparation du tissu et le rétablissement des fonctions, d'après les expériences de Cruikshank, d'Ilaigbton, et celles qui nous sont propres. ^ Voici ce que nous avons vu arriver dans cette section répétée a divers intervalles.
Ayant coupé le même jour les deux nerfs pneumo-gastriques à deux chiens différens , l'un est mort trente heures après l'opération , lautre plus de soixanLc-six heures après celte double section. Un autre animal, après un intervalle de neuf jours entre les deux sections, est mort dans la nuit du quatrième au cinquième jour. Chez un quatrième , la seconde section ayant été faite au bout dos
vingt-ct-un jours, la mort n'est survenue que le vinet-cinquième après cette seconde scclion. Enfin, sUr un dernier animal, la seconde section a été pratiquée trente-deux jours après la première et 1 animal a survécu un mois entier. A cette époque , c'est-à-dire deux mois après la première section , nous avons trouvé le premier ncrt divise complètement réuni. Ce chien a succombé à un empyème qui s est développé dans la cavité gauche de la poitrine. Enfin llaighton a coupé le second nerf pneumo-gaslrique six semaines après le premier, et l'animal a survécu dix-neuf mois , après lequel temps il fut tué. On a prétendu que l'action nerveuse, de même que l'action galvanique, pouvait s'établir à travers une substance autre que le tissu nerveux , comme un liquide ou du tissu cellulau-c humecté; on a prétendu aussi que l'action nerveuse pourrait s'exercer à distance, et franchir l'intervalle qui existerait entre les bouts du nerf - on a prétendu enfin que le rétablissement des fonctions pouvait avoir lieu par des branches anastomotiques. Si c'était par l'une ou l'autre des deux premières causes que l'action nerveuse fût continuée, cette action ne devrait pas être un seul instant suspendue, et les animaux ne mourraient dans aucune des expériences citées ci-dessus. Quant au rétabHssement des fonctions nerveuses au moyen des anostomoses, il est contredit par un grand nombre de cas , dans lesquels le nerf ayant été coupé sur certains sujets , et , sur d'autres , excisé ou détruit par la cautérisation , les fonctions se sont rétaljfies dans le premier cas, et point dans le second. Le rétabHssement par les anastomoses est surtout démenti par une expérience qui consiste à recouper le même jour, dans l'endroit de la reunion , les nerfs pneumo-gastriqucs cicatrisés après la section pratiquée antérieurement sur ces deux nerfs , à un intervalle convenable. L'animal , qui avait survécu jusqu'à ce moment , meurt dans l'espace d'un à deux jours.
Ce n'est donc ni par l'interposition d'une substance simplement humide entre les deux bouts du nerf divisé , ni par l'action à distance du système nerveux , ni enfin par les anastomoses , que s'opère le rétablissement des fonctions nerveuses , mais bien par une véritable cicatrice nerveuse. L'on voit en efïet les fonctions, d'abord tout-àfait détruites , se rétablir graduellement, et suivre, dans leur rétablissement, tous les progrès de la réunion organique. On ne peut nier ceperidant que l'action nerveuse ne se propage à un certain degré d'une partie à l'autre d'un nerf simplement divisé : cela est ju-ouvé par des expériences de M. Wilson Philip, répétées en France '.
§ 790, Les nerfs sont sujets à d'autres altérations que celles qui résultent de leurs lésions physiques : telles sont l'inflammation ou neuritis, les tumeurs ou névrômes. Les unes consistent en un tubercule souscutané graniforme ou pisiforme , dur et très-douloureux ; les avitres en un tissu squirreux plus ou moins volumineux. Les névralgies et les insensibilités locales , les paralysies et les convulsions partielles , sont les résultats ordinaires des affections locales des nerfs ; en outre , ces affections locales se propagent quelquefois au centre nerveux , et donnent ainsi lieu à des névroses générales.
' Vavasseur, de l'Influence cUi système nerveux sur la iligcsliou stomacale ; Paris, 1823.
XrxOISIÈME SECTION.
^701. Le"; (rnnglions nerveux sont des corps ronds ou obronds, formes de filets nerveux médullaires et d'une substance propre, placés sur le trajet des nerfs, et surtout des nerfs des fonctions végétatives. \
§ 792. Le nom de ganglion , y^j^/ylo-j , été employé par Hippocrate, pour désigner les tumeurs des gaines des tendons. Galien l'a le premier appliqué aux nodosités des nerfs , par comparaison avec les ganglions morbides. J. Riolan fils et Vieussens se sont servis du même nom; d'autres ont employé celui de plexus gangliforme : celui de ganglion est généralement usité aujourd'lmi.
MM. Gall, Reil, Walther , de Blaiuville , etc. , ont étendu le sens du mot ganglion, et l'ont appliqué à la substance grise qui existe à l'intérieur de la moelle, aux amas de substance grise qu'on trouve dans la moelle allongée et dans les pédoncules du cervelet et du cerveaii , comme les éminences olivaires , le corps festonné ou rhomboïde du cervelet, les couches optiques et les corps cannelés; on l'a étendu même aux lobes olfactifs, aux hémisphères du cerveau, aux tubercules et au cervelet; on a enfin confondu les ganglions avec les plexus et avec les expansions nerveuses sensoriales. Ce sont des rapprochemens forcés et déjà combattus par Walther l'ancien , Reimar et Sœmmering. Ce n'est pas dans ce sens que le mot ganglion est employé ici.
§ 793. Les ganglions ont été particulièrement étudiés et décrits par Meckel ' , Jonstone ^ , Haase , Scarpa 4 , Bichat ^ , Wéber et surtout Wutzer 7. On peut rapporter à deux opinions principales, diversement modifiées , celles que les anatomistes et les physiologistes se sont faites sur la texture et la fonction des ganglions : les uns, les regardant simplement comme des plexus serrés , ne regardent les nerfs qui en partent que comme des divisions éloignées des nerfs spinaux et crâniens ; les autres , considérant les ganglions comme des centres nerveux spéciaux, considèrent les nerfs qui en émanent comme indépendans du système cérébral. On verra que ces deux opinions opposées doivent être combinées et se modifier mutuellement.
§ 794- Les animaux inférieurs, c'est-à-dire les rayonnés, les mollusques et les articulés , ont des renflemens nerveux qii'on a voulu assimiler aux ganglions des vertébrés. Mais dans les animaux invertébrés les mêmes nerfs appartiennent à tous les genres d'organes et de fonctions , tandis que dans les vertébrés les nerfs grands sympathiques (et, jusqu'à certain degré, les nerfs pneumo-gastriques )
^' Hisloirc de l'Acad. de Berlin , ann. ly/jg et 1753. "lEssais on ihe use o/'t/ie Ganglions, etc., 1771. — Médical Essais, cic.^ 1795. ^ De Gangliis nervaniin; Lijjsiœ, 1762.
4 /Je neffovuni Gangliis ctplexiibus; Mutinœ, 1779. SAnalomie générale.
De Systemate nciveo organ.: Lipsin', 7 De corporis huinani Gangliorum fabricd alquc usii; Devolini, 1817.
\NATOMIE GF.Ni'raI,K.
appartiennent spécialement aux organes des fonctions végétatives. M. Wcber a compare les ganglions spinaux des vertébrés aux ganglions des annnaux inférieurs.
Dans les animaux vertébrés, les seuls qui aient de vrais ganglions nerveux comparables h ceux de l'hoiiinie , on voit ces ganglions augmenter, surtout ceux du nerf sympathique, et le nerf pneumogastrique diminuer à mesure que l'encéphale se développe ; de sorte que çe sont les poissons qui ont le plus petit nerf sympathique et le plus grand pneumo-gastrique , et vice versa pour les mammifères : comme si les fonctions végétatives devaient être plus soustraites à l'influence de l'encéphale , à mesure que cet organe est moins soumis à l'instinct.
§ 795. Les ganglions ont été divisés en plusieurs sortes par ceus qui les ont décrits avec le plus d'exactitude. Scarpa les divise en simples ou spinaux, et en composés. M. Wéber les divise en ganglions de i^enforcement : ce sont ceux des nerfs spinaux et quelquesuns de ceux des nerfs crâniens ; et en ganglions d'origine : ce sont ceux du nerf sympathique, auxquels il rattache l'orbitaire et le maxillaire. M. Ribes '■ divise les ganghons en trois séries : il range dans la première les rachidicns ou spinaux; dans la seconde ceux qui se trouvent dans le trajet du trisplanchnique ; et tous ceux qui sont situés plus en dedans dans la ti-oisième. M. Wutzer les classe en ganglions du système cérébral, du système spinal et du système végétatif ou. sympathique. Je les divise en deux sortes : i" les ganglions des nerfs encéphalo-rachidiens , les uns, les plus nombreux et les plus réguliers, appartenant aux nerfs à double racine, quelques autres placés dans le trajet des nerfs à une seule racine ; 2" les ganghons des deux nerfs sympathiques, les uns formant une double série longitudinale, et quelques autres rapprochés de la ligne médiane.
§ 796. Le nombre des ganglions est très-grand comme on le verra. Ils sont tous situés au tronc ; c'est sans raison que Lancisi en a indiqué dans les membres. Leur volume varie depuis celui d'une olive jusqu'à celui d'un grain de millet; leur forme est ronde, olivaire , lenticulaire, etc.
§ •jg'j. Les ganglions sont composés de deux substances intérieures : la première médullaire, blanche; la seconde pulpeuse, d'un gris rougeâtre. La substance médullaire est rassemblée en cordons et en fils , comme dans les nerfs sensitifs et moteurs. Ces filamens médullaires intérieurs sont visiblement la continuation des nerfs tenant au ganglion . Le ganglion cœhaque est le seul où cette continuation soit peu manifeste. Ces fdamens se reconnaissent encore à leur couleur et à leur forme. L'action des alcalis et des acides , sur eux , les fait reconnaître , au milieu même des ganglions , pour des filamens médullaires nerveux.
Ces filets , en pénétrant dans les ganghons , se dépouillent de leur névrilème, qui s'unit intimement à la membrane extérieure du ganglion. Ces filets ont leur surface moins exactement déterminée que dans les nerfs; leur surface paraît plus lâche, comme Ibndue
iEx|io.sé sommaire de quelques recherches anat., phys. et palhol., dans les Me'm. de la soc. me'd. d'emulalion, vol. Vllt.
DES GANGLIONS ET DU NERF SYMPATHIQUE. Sag
OU intimement unie avec la substance adjacente. Ces filets médullaires ont d'ailleurs une assez grande ténacité.
^ 708. La seconde substance des ganglions établit non-seulement la dillerënce entre les nerfs et les ganglions, mais encore entre les -anglions et les plexus. Cette substance a été beaucoup négligée par fes anatomistes, qui, considérant les ganglions comme des plexus plus serrés, ne l'ont regûrdée que comme deslmée a séparer ou a réunir les filets nerveux (Scarpa), ou à remplir les fonctions de tissu cellulaire (Haase ). La matière qui entoure les filets médullaires des ganglions est un tissu cellulaire particulier, dont les interstices sont remplis d'une pulpe mucilagineuse ou gélatineuse , d'une couleur rougeâtre cendrée, jaunâtre dans quelques ganglions. Cette couleur, comme celle des autres organes , ne dépend pas uniquement de la quantité de sang qu'ils reçoivent.
Celte substance secondaire n'est pas également abondante, et n'est pas tout-à-fait miie à la substance médullaire de la même manière dans tous les ganglions.
§ 799. Scarpa dit que cette matière pulpeuse est de la graisse dans les cadavres très-gras. M. Meckel paraît être du même avis. Bichat pense , au contraire , que les ganglions ne se transforment jamais en graisse. Les observations dé M. Wutzer, et les miennes propres , sont tout-à-fait d'accord ayec celles de Bichat. Dans les sujets très-gras, il s'accumvile, sous la membrane des ganglions, de la graisse qui, quand elle est en grande quantité, entoure nonseulement le ganglion , mais le comprime et en diminue le volume; cependant il n'est jamais lui-même changé en graisse.
§ 800. Les gariglions sont enveloppés d'une membrane cellulaire ou fibreuse, différente dans les divei's genres de ganglions.
§ 80 r. Les vaisseaux sanguins des ganglions sont très-nombreux. Les artères proviennent des troncs voisins : elles se ramifient d'abord dans la membrane, oîi elles forment un réseau; des rameaux déliés pénètrent dans le tissu filamenteux et pulpeux du ganglion ; quelquefois des rameaux artériels pénètrent dans le ganglion avec des filamens nerveux , et les accompagnent. Les veines offrent une disti'ibution semblable. On ne sait rien touchant les vaisseaux lymphatiques de ces organes.
§ 802. Les filets médullaires ne présentent point d'interruption dans les ganglions; ils établissent une continuité ou une liaison non interrompue entre les cordons nerveux , dans le trajet desquels les ganglions sont placés. Ces filets médullaires contractent des connexions dans l'intérieur du ganglion , et les parcourent en diverses directions, de manière à réunir entre evix tous les cordons qui en dépendent. De là résultent la figure irréguhère et la comphcation intérieure des ganglions sympathiques latéraux et médians , qui sont placés au milieu de beaucoup de cordons nerveux , et la forme ovoïde régulière , ainsi que la direction simplement longitudinale des filets des ganglions spinaux.
§ 8o3. Bichat avait déjà tenté sur les ganglions quelques essais chimiques , qui lui avaient appris qu'il n'y a rien de commun entre leur substance et celle du cerveau. Quelques anatomistes cependant ayant continué de cônfondre avec les ganghons les renflemens de la masse nerveuse centrale , composés de substance blanche et de
ANAÏOMIE GtJVÉRALE.
substance gnse, M. Wulzcr a entrepris une série d'expériences chimicp.es comparatives sur les ganglions et sur des mélanges de substance blanche et grise du cerveau et du cervelet II résulte de ces expériences qu'il y a une diflérence réelle entre ces deux objets ; que les ganglions diflèrent des nerls par une plus «rande proportion de gélatine, et plus encore de l'encéphale par l'excès de gélatine, par une plus grande quantité d'albumine, et par une moindre proportion de graisse. M. Lassaigne ' a fait l'analyse chimique des ganglions gutturaux du cheval, et les a trouvés composés, i°de fibrine, pour la plus grande partie; 2° d'albumine concrète en petite quantité ; 3° d'albumine soluble ; 4° de traces de matière grasse ; 5° de phosphate et de carbonate de chaux. M. Lobstein a oTaservé que, quoiqu'ils résistent plus que les nerfs à la putréfaction, ils se convertissent promptcmcnt en gras par l'immersion dans l'eau.
§ 804. Les ganglions de la première sorte sont ceux que l'on trouve sur le trajet et (i peu de distance de l'origine des nerfs de la moelle épinière. 11 y en a, de chaque côté, trente, que l'on nomme spinaux; un sur le nerf trijumeau, qu'on api^elle ganglion de Casser; un ou deux sur le nerf vague, et un sur le glosso-pharyngien. Les ganglions spinaux , aperçus d'abord par Volcher-Coiter, au nombre de tlente de chaque côté, ont la forme ovoïde ou olivaire. Us appartiennent à la racine postéi'ieure seulement des nerfs spinaux, l'antéi4eure n'est unie au ganglion que par du tissu cellulaire lâche. Haase a le premier fait cette observation, confirmée depuis par Prochaska et Scarpa. Les anatomistes qui les ont précédés croyaient que les deux racines du nerf concouraient à la formation du ganglion.
La membrane des ganglions spinaux , fournie par la dure-mère , paraît plus ferme, plus dense et plus solide que celle des autres ganglions. Le ganglion lui-même en est si étroitement enveloppé, qu'il paraît très-dur. La substance pulpeuse enveloppe les filets médullaires plus lâchement que dans les autres , et en est plus distincte et plus, aisément séparable.
Les fascicules médullaires entrés par l'extrémité postérieure ou interne du gangfion , se divisent en trois , quatre , ou cinq filamens blancs. Us s'écartent d'abord les uns des autres, puis se rapprochent vers l'autre extrémité. Ces filets se réunissent entre eux en se mêlant, de sorte que chaque cordon sortant est formé de filets qui proviennent probablement de plusieurs cordons entrans. Cependant le nombre , la ténuité et la confusion des filets ne sont pas très-grands. Les ganglions spinaux ont Une texture simple comparativement aux autres.
Les fascicules nerveux rassemblés à leur sortie du ganglion se réunissent intimement , après un trajet d'à peine deux hgnes , avec ceux de la racine antérieure pour former le tronc commun des nerfs spinaux : tronc qui n'a lui-même qu'une longueur d'une ou deux hgnes avant de se diviser en rameau antérieur et en rameau postérieur.
Le tronc commun de chaque nerf spinal , à peu de distance du ganglion, fournit un rameau simple, souvent double, rarement
I Lassaigne, dans le Journal de physiologie, vol. I.
Dr.S r.ANGLlOIN'S ET DU NERF ST MT ATIIIQU E .
triple, qui se porte vers le ganglion voisin du Ironç nerveux syniputhiquc, et s'y joint de manière à établir la liaison la plus intime entre les nerfs de la moelle elle-même , et le nerf grand sympathique. Les anatomistes , et surtout les physiologistes, ont beaucoup discuté sur la question de savoir si le rameau de communication vient de l'une ou de l'autre racine. J'ai vu, comme Scarpa et comme M. Wutzer, que le rameau simple ou double vient du tronc commun inextricable, et que, quand on peut le poursuivre, on trouve qxi'il vient de l'ime et de l'autre racines. Ce rameau communiquant, semblable , à son origine , aux nerfs spinaux , arrivé à environ une ligne des ganglions du nerf sympathique, rougit et prend successivement les caractères de ce nerf.
Le gangfion de la cinquième paire de nerfs, ou le ganglion de Gasser, appartient évidemment à la série des ganglions spinaux, dont il ne diffère que par la forme. Les fascicules nerveux blancs qui passent au-dessous , sans en faire partie , que Paletta proposait de considérer comme des nerfs particuliers, ressemblent tout-à-fait à la racine antérieure des nerfs spinaux.
Les ganglions du nerf vague et du nerf glosso-pharyngien ressemblent encore , pour la fornie et pour la texture , aux ganglions * spinaux.
Le ti'onc même du nerf vague a une texture tout-à-fait particulière et différente des ^autres nerfs, sans résulter cependant d'une série linéaire de ganglions, comme le disait Reil. 11 ressemble beaucoup au tronc .du nerf sympathique.
§ 8o5. La seconde sorte de ganglions comprend la série des trois ganglions cervicaux , des douze thoraciques , des* cinq lombaires et des quatie sacrés, appartenant de chaque côté au tronc du nerf sympathique. Les ganglions ophlhalmique, sphéno-p\ilatin, et maxillaire, sont encore de la même sorte. Il faut y joindre le ganglion cardiaque, souvent remplacé par un plexus, ]es gangUons semilunaires ou cœliaques, et beaucoup d'autres, placés dans le plexus solaire et dans ses divisions; le petit ganglion coccygien, qui se trouve quelquefois à la réunion des deux nerfs sympathiques , visà-vis le sommet du sacrum ; et le petit ganghon palatin , qui existe quelquefois dans le conduit palatin antérieur; enfin l'on y joint aussi quelques ganglions variables , que l'on trouve quelquefois sur les parois des artères , où ils remplacent dès plexus , comme le ganglion de l'artère communiquante antérieure, celui du sinus caverneux, celui de l'artère temporale profond^ , etc.
Tous ces ganglions ont en général une figure irrégulière et variable; ils ont en général des connexions avec plusieurs troncs ou , plusieurs rameaux nerveux. La direction des filets médullaires qui les traversent est très-compliquée , et rarement ces filets les traversent simplement d'un côté à l'autre. La substance pulpeuse de ces ganglions est si fortement unie aux filets médullaires , qu'il est très-difficile de les en séparer. Cette substance, d'ailleurs, paraît dinerer de celle des autres ganglions : elle est plus dure , plus-serrée , plus tenace. C«la est surtout remarquable dans les ganglions cœhaqucs'et dans ceux de leurs plexus. La membrane des ganglions de celte série est cellulaire et ferme, mais n'a point la solidité libreuse.dc celle des ganglions spinaux.
ANATOMrE GÉNÉBALE.
§ 806. Les cordons et les rameaux nerveux , les nerfs , en un mot, qui réunissent ces ganglions , diffèrent notablement de ceux qui tiennent immédiatement à la moelle. Au lieu de diminuer, comme ceuxci, à mesure qu'en s éloignant de leur origine ou de leur extrémité centrale ils fournissent des divisions successives, on les voit indifféremment diminuer ou augmenter, ou ne pas changer de volume en s'éloignant des ganglions. Les nerfs ganglionaires ont une moindre force de cohésion ou plus de fragilité que les autres. L'enveloppe extérieure des ganglions se continue sur les nei'fs jusqu'à une certaine distance; au delà du point^oii cette continuation cesse d'être apparente, le névrilème paraît plus mince et plus intimement uni à la substance médullaire que dans les autres nerfs. Leur substance interne résulte , comme celle des ganglions , de filamens médullaires et de substance pulpeuse, grise, imigeâtre, qu'on peut à peine en séparer; les filets, ou les rameaux réunis pour former un cordon, sont eux-mêmes à peine séparables ; les nerfs ganghonaires , enfin , semblent formés par les mêmes substances que les ganglions , ceux-ci étant seulement allongés en cordons. Cependant les nerfs des ganglions ne sont pas tous absolument semblables : ceux qui unissent les ganglions spinaux à ceux du nerf sympathique , et les nerfs splanchniques , qui vont des ganglions thoraciques du sympathique aux ganglions cœliaques , semblent intermédiaires, par leur couleur blanche, leur forme cylindiique , leur composition fîbrillaire, leur fermeté et leur ténacité , entre les nerfs de la moelle et les nerfs gris rougeâtres , aplatis , irréguliers , pulpeux , mous et fragiles du nerf sympathique. Scarpa prétend que les nerfs sympatliiques peuvent être analysés par l'anatomie, et réduits en filets comme les autres. Je crois que cela est impossible , surtout dans les nerfs qui forment les plexus mésentériques ou intestinaux.
§ 807. Le nerf sympathique^ ^ intercostal ou trisplanchnique , est un cordon nerveux et ganglionaire , étendu depuis la tête jusqu'au bassin, tenant, par des rameaux anastomotiques ou des racines, à tous les nerfs spinaux et au trijumeau, et fournissant de nombreux rameaux aux organes des cavités splanchniques du tronc.
L'extrémité céphalique de ce nerf pénètre dans le crâne par le canal carotidien et le sinus caverneux, où il forme un plexus et souvent un ganglion sur l'artère carotide ; il envoie de là des filets anastomotiques au nerf de la sixième paire, et communique avec le filet inférieur du vidien ; il envoie des plexus secondaires sur les branches de l^rtère carotide interne , et peut être poursuivi jusqu'à un petit ganglion impair placé sur l'artère communiquante antérieure du cerveau. .
Il consiste ensuite en trois ganglions cervicaux, douze thoraciques , cinq lombaires et quatre sacrés , et en leurs cordons de communication placés de chacfue côté de la face antérieure de la colonne vertébrale.
Dans toute la longueur du nerf, chaque gangUon présente des
» Walter, Tabulée neri'orum thoracis et ahdominis; Berol. i^SS.— H. A. Wrisberg, de Nervis aiterias venasquc comitantibus.—De Nepnsi>liaryngeis. —De Ganslio plexuque semilunari.—De Nen'is viscerum abdominalium.ctc., in Comment.; Gottinp. — Chaussier, Table synoptiaue du nerf trisplanchnique. — Lobstein , DeNerni sjmpalhetici humanifabricd,usu et moi ois, Paris, i8a3. 4"? cum tabidis,
filets anastoraotiques externes, ou des racines et des filets internes ou des rameaux.
Sous ce rapport, on peut comparer le nerf sympathique a une ti-e souterraine ou à un rhizome articulé, qui, à chaque nœud, présente d'un côté des racines , et de l'autre des rameaux , lesquels , les uns comme les autres , s'en écartent à angle droit ou au moins
très-grand. , . ,
Les rameaux du grand sympathique se rendent aux organes situes à la face , au col, dans la poitrine , dans l'abdomen proprement dit , et dans le bassin.
L'extrémité pelvienne du nerf sympathique consiste en un petit ganglion oit en une anse , dans lesquels les deux nerfs se réunissent , et qui fournissent quelques filamens déliés aux environs de l'anus.
Les rameaux internes des nerfs sympathiques se portent, les uns directement sur des artères , et leur forment des plexus, les autres , en bien plus grand nombre , gagnent la ligne médiane , et forment là, en se réunissant à ceux du côté opposé, des ganghons ou des plexus médians ( le cardiaque et le cœîiaque ) , qui communiquent avec des rameaux du nerf pneumo-gastrique, qui fournissent des plexus et des ganglions secondaires, et se terminent au cœur, à l'aorte, au canal digestif, aux organes urinaires et génitaux, mais surtout aux artères de ces organes.
§ 808. Des interruptions rares, et peut-être mal observées , dans le tronc du nerf sympathique, ont porté quelques anatomistes à regarder l'existence de ce tronc comme une circonstance de peu d'importaace. Il y a de l'exagération dans cette opinion. Cependant ses racines sont bien sûrement dans les nerfs spinaux, et non dans le nerf vidien et dans la sixième paire.
Les rameaux du nerf sympathique ne diffèrent pas seulement de ceux des autres nerfs, mais ils diffèrent encore beaucoup les uns des autres : chaque ganglion et surtout chaque plexus de rameaux ont leur caractère propre ou spécial.
Le nerf sympathique a été considéré, par Sœmmering surtout, comme le nerf des artères : à la vérité les artères en reçoivent beaucoup de rameaux; mais le tissu musculaire du cœur, celui du canal digestif, la membrane muqueuse de ce canal et des voies urinaires et génitales, les Hgamens, les os même de la colonne vertébrale, en reçoivent des filets. 11 est remarquable que les veines , les vaisseaux et les glandes lymphatiques en soient dépourvus , ainsi que les membranes séreuses. On en trouve avi contraire dans les muscles longs du col , dans les intercostaux , dans le diaphragme'.
§ 8og. Les ganghons spinaux sont, avec leurs nerfs, les premières parties visibles du système nerveux.
Les ganglions et le troqc nerveux du trisplanchniqiie sont apparens dans le fœtus dès le troisième mois. Les ganglions cœliaques et les nerfs splanchniques, qui en sont comme les racines, se développent un peu moins promptement que les ganglions cervicaux et les nerfs cardiaques. Dans la vieillesse les ganglions et leurs nerfs sont plus pâles et plus secs que dans l'âge adulte.
On trouve les ganglions et les cordons des nerfs sympathiques dans les fœtus privés de cerveau, et dans ceux qui sont privés de cerveau et de moelle.
ANATOMIE GliNIiHALE.
nerv
§ 8io. Les animaux ■ verlébres sont les seuls qui'aient un système rveux particulier pour les organes des fonctions végétatives. Dans les poissons le nerf sympathique consiste en un filet Irès- Im , avec peu ou point de ganglions.
Dans les reptiles il est plus distinct : il réunit entre eux les nerfs inter-vertebraux , et pénètre dans le crâne, uni au nerf vague.
Dans les oiseaux il pénètre dans le crâne avec le nerf vague çt le glosso-pharyngien ; il communique avec la cinquième et la sixième paires; il présente au col une interruptioH apparente, tenant à ce qu'il est là contenu dans le canal vertébral : il est très-dislinct et ganglionaire dans la poitrine, et se prolonge juscpi'aux vertèbres caudales.
Dans les mammifères le nerf sympathique ne diffère pas beaucoup de celui de l'homme.
§ 8ii. MM. Meckel et Wéber ont fait l'emarquer que le nerf synipathique est d'autant plus petit, relativement au corps , que l'animal est plus éloigné de l'homme. Une seconde observation générale est que le nerf sympathique et le nerf vague sont en rapport inverse de développement; de sorte qu'ils se suppléent mutuellement dans la vie végétative à laquelle ils appartiennent l'un et l'autre. Il faut aussi remarquer que le nerf sympathique est développé dans tous les animaux en proportion de leur appareil circulatoire, auquel il appartient en grande partie.
§ 812. Le système nerveux ganglionaire, qui existe dans tous les animaux, qui, dans les vertébrés , forme encore un système à part en connexion avec le centre nerveux dont il précède le développement; qyi conserve d'une part l'état de dissémination que présente le système nerveux des invertébrés, et qui forme aussi quelques centres pji'incipaux , comme le plexus cardiaque, et surtout les ganghons, et le plexus cœliaque ou solaire , qu'on a appelé cerveau abdominal ou épigastrique , doit avoir une grande importance dans l'organisme. Mais, avant d'exposer les fonctions du nerf sympathique, il faut examiner celles des ganglions.
§ 8i3. Willis a eu , sur les ganglions et sur le nerf sympathique , une idée assez conforme à celle que l'on en a aujourd'hui : il considérait les ganglions comme des diverticules des esprits , et le nerf sympathique comme placé entre les conceptions cérébrales et les alFections précordiales, entre les actions et les passions , de manière à établir un consensus entre les parties.
Vieussens considère aussi le nerf intercostal comme un intermédiaire sympathiquç entre le cerveau et les viscères des dèux autres cavités; il place dans les gangUons, qu'il appelle plexus , un centre d'action inusculaire et fermentatif. Lancisi regardait aussi les ganglions comme des centres d'impulsion qu'il comparait au cœur.
Winslovr , qui a le premier employé le nom de nerf sympalhique, regardait les ganglions comme des centres d'origine, de véritables petits cerveaux.
Meckel attribua pour; usage aux ganglions, i» de diviser les rameaux nerveux ramuscules , et ceUx-ci en filamens ; 2° de faire
' ■\Vcbcr, Anatomla compta: neivi isjinpalh.; Lips., 1817.
T^ai-venir des rameaux par diverses directions des lieux éloignés ; \o de réunir plusieurs rameaux en un seul cordon ^
Zinn soutint la même opinion, en ajoutant que les rameaux reunis (le diUérens points dans un ganglion , sont plus intimement mêles
nue dans les plexus. 1 1 i
Johnstone regarda les ganglions comme des cerveaux capables de développer et de communiquer la force nerveuse, comme 1 origine des neîls involontaires, et comme propres à rompre rinfliience de la volonté sur les organes à mouvemens involontaires, tels que le
*^"HVase , qui a rapproché les ganglions des plexus , a combattu l'opinion de Johnstonc par ces deux argumens : que des muscles volontaires reçoivent des nerfs des ganglions spinaux, et que des organes involontaires comme l'estomac, en reçoivent du neii
^''scai-pa adopte une opinion semblable à celle de Meckel et de Zinn : suivant lui , les ganglions ont pour usage de séparer, de mêler et de réunir de nouveau les filets nerveux ; suivant lui , les nerfs des 'viscères émaneraient directement des nerfs spinaux et dès cinquième et sixième paires , et seraient seulement rassemblés dans les ganglions.
Toutes ces opinions comme on le voit , peuvent être rapportées à deux. Les uns , comme Meckel , Zinn , Haase , Scarpa , et plus récemment, Legallois, n'ont vu dans les ganglions qu'un arrangement particulier , une disposition anatomique des filets nerveux ; les autres , comme Winslow, Johnstone, Lecat, Petit, Metzger, etc., ont regardé les ganglions comme des points d'origine , et surtout comme des centres d'action nerveuse. Personne n'a défendu cette dernière idée avec plus de chaleur et de talent que Bichat. Reil , M. Autenrieth , M. Wutzer , M. Broussais , et beaucoup d'autres , ont ajouté de nouveaux argumens à ceux de notre célèbre compatriote , dont ils ont à peu près embrassé l'opinion.
§ 8i4- Bichat regarde le système nerveux organique comme ré' sultant essentiellement de centres nombreux ou de ganglions réunis entre eux par des filets , et le tronc nerveux sympathique lui-môme comme une série de ganglions et de filets anastomotiques. Bichat a peut-être accordé aux ganglions vme importance exagérée ; mais certainement il n'a pas accordé à leur ensemble, à leur réunion , toute l'importance qu'elle mérite.
Suivant Reil, le nerf sympathique constitue un système propre, qu'il appelle système ganglionnaire ; il l'appelle aussi système ner- . veux végétatif. Dans les animaux vertébrés il est uni au système cérébral ou animal, mais il n'en émane pas. Ce système , au lieu d'avoir un centre unique où les racines soient implantées, a plusieurs foyers d'action : i» il consiste en des plexus ou réseaux placés autour des artères ; on en compte environ douze ; parmi eux , un principal , l'épigastrique , muni de gangliôns, et formant des plexus secondaires, est une sorte de centre ou de cerveau. 2° Ces plexus sont liés au système cérébro-spinal par des rameaux et des plexus conducteurs : les deux troncs réunis en bas , devant le coccix , et en haut parles cinquième et sixièmes paires et par le cerveau, cons- ' tituent une périphérie elliptique qui embrasse tout le système des
336 AWATOMIE GÉNÉnAtE.
ganglions et des plexus, et dans laquelle pénètrent plusieurs nerfa cérébraux, notamment la huilième paire. 3". Les rameaux ou plexus conducteurs transmettraient des sensations et des volilions , s'ils étaient des conducteurs parfaits ; mais on peut les considérer comme des semi - conducteurs , et les ganglions comme des corps isolans.
Il résulte de là deux systèmes nerveux et deux sphères d'activité nerveuse : i° la sphère animale, où les impressions sont senties, où les volitions déterminent les mouvemens; a» la sphère végétative , où l'activité nerveuse est départie lentement, continuellement, obscurément. Dans ce système, les impressions, sans être propagées au centre animal, déterminent des mouvemens. Dans l'état malade , cependant, les cordons et les plexus communiquans deviennent conducteurs, les gangUons cessent d'être isolans, les impressions sont senties, et les mouvemens sont influencés par le centre animal.
Suivant Reil encore, dans le sommeil magnétique, la séparation des deux systèmes nerveux disparaîtrait , et le centre nerveux épigastrique , centre de la sphère végétative , deviendrait un sens distinct.
M. Autenrieth considère le nerf sympathique comme naissant du cerveau et de la moelle, mais en devenant de plus en plus indépendant à mesure qu'il en est séparé par des plexus et des ganglions , la substance rougeâti'e , grisâtre, des nerfs sympathiques, condviisant plus difficilement que la blanche les impressions et les irritations.
M. Wéber a rassemblé beaucoup d'argumens anatomiques et physiologiques , pour démonti'er que le qerf sympathique constitue un système particulier , qui , indépendant du cerveau, a son centre en lui-même.
M. Wutzer a observé , comme Bichat et d'au.tres encore , que l'irritation mécanique du nerf sympathique ne produit aucun effet appréciable, tandis qu'un irritant plus fort , comme l'agent galvanique, détermine des douleurs et des convulsions.
M. Broussais considère aussi le nerf intercostal comme un système propre , un centre sensitif particuher, qui transmet des impressions au sensorium animal , et par suite des déterminations sur les muscles volontaires. Dans le fœtus il agit seul , il dirige les organes sécréteurs et nutritifs , il excite l'énergie du cœur, il étend son action jusque sur le centre animal , et détermine les mouvemens automatiques. Dans les fœtus anencéphales etamyèles, il excite les mouvemens musculaires par son action sur les nerfs spinaux. Après la naissance , il agit sur le centre nerveux , en y transmettant les sensations internes, ét étabUt ainsi , entre le cerveau et les viscères des deux autres cavités une haison féconde en phénomènes. Dans tous les temps il régit l'action des vaisseaux capillaires , et dirige la nutrition par l'intermédiaire de la force formative ou plastique , que cet ingénieux écrivain appelle chimie vivante. ^
§8i5. Presque toutes ces opinions , qui consistent à considérer le système des ganglions comme un système indépendant, pèchent en ce qu'elles sont trop absolues, tout comme celles qui ne considèrent dans les ganglions qu'un pur arrangement anatoiiiique. Le système des gangUons doit être considéré tout à la fois comme un sys-
\cme séparé.ou réuni, indépendant ou dépendant, suivant diverses circonstances déjà indiquées pour la plupart. ^
Le« fonctions des gangliôns paraissent être de diminuer ou d arrêter l'influence du centre nerveux sur les nerfs ganglionaires , de diminuer ou d'empêcher h transmission des impressions au centre ; de sorte que, par l'action des ganglions, le système nerveux végétatif est 5eWe du système animal. .
Les "^nglions paraissent en outre destines à rassembler j a coercer la force nerveuse qu'ils puisent dans la moelle 5 à en développer par eux-mêmes, pour le communiquer convenablement aux nerfs et aux organes oîi ils se terminent.
Les ganglions exercent des fonctions différentes, suivant la dwer de leur texture. . .
Ces différences consistent dans , 1° le mélange plus ou moins m time des filets médullaires ; 2° la diversité de la substance secondaire ; 3° les différences dans la membrane extérieure, plus ou moins dense , plus ou moins tendue : or , c'est dans les ganglions du nerf sympathique que l'on obsérve l'intrication et la fusion la plus grande des filets médullaires, la ténacité et l'union la plus intime de la substance secondaire, et une membrane ou capsule assez ferme, et trèsadhérente à la substance intérieure. Dans les ganglions spinaux , au contraire, les filets médullaires sont droits , point mêlés , et la substance secondaire est grossière, lâche et très-distincte des filets : aussi ces ganglions sont-ils regardés comme moins parfaits que les autres; aussi Pfeffingçr pensait-il qu'on devait les exclure de ce genre d'organes. La fonction de ces derniers ganglions reste d'ailleurs trèsdouteuse. Il ne parait pas, en effet, qu'ils diminuent la communication nerveuse ; ils ne peuvent pas être considérés non plus comme les origines des nerfs moteurs et sensitifs communs ; car la racine antérieure des nerfs spinaux leur est étrangère.
§ 8x6. Les usages des cordons nerveux ganglionaires sont de conduire l'influence nerveuse : mais ils sont des conducteurs un peu difféi-ens des autres nerfs, dont ils diffèrent en se rapprochant beaucoup des ganglions : ils sont des conducteurs imparfaits. Les irritations mécaniques et chimiques ne les travei'sent pas ; mais l'irritation galvanique est conduite par eux, et détermine soit des sensations , soit des contractions. 11 en est de même des irritations morbides, comme les irritations intestinales , m-étériques , etc. , qui sont l'essenties.
Les fonctions du nerf sympathique sont de diriger la nutrition , les sécrétions ; de diriger l'agent nerveux au cœur , au canal digestif et aux organes urinaires et génitaux , d'établir une liaison sym pathique entre tous les principaux organes. 11 remplit ces diverses fonctions sans l'influence de la volonté et sans conscience des impressions, les ganglions faisant tout à la fois l'ofîice des ligatures qui modèrent la transmission de l'influence nerveuse , et des centres particuliers d'activité , qui en augmentent et en modifient la distribution.
Ce nerf forme ainsi un système particulier dans le système général; il a une sphère d'action propre renfermée dans la sphère générale. L'un et l'autre systèmes nerveux ont des connexions intimes ; ils s'influencent réciproquement , surtout dans l'élat de maladie.
ANATOMIE GÉNLllALE.
§ 8 . 7. M. Lobstein a recueilli plusieurs faits Irès-curieux relatifs aux altérations morbides des f>anglions et des nerfs sympathiques : il a observe 1 inflammation des ganglions semi-lunaires ou cœliac ues dans des cas de nevropathies abdominales chroniques, de roqueluches et de tétanos; il a observé également dans divers cas l'inflamination des nerfs cardiaques et pulmonaires. M. Autenrieth a aussi observe dans la coqueluche l'inflammation des nerfs vagues, sympathiques et cardiaques. M. Duncan a vu dans Vin cas de diabètes la portion abdominale du nerf sympathique triplée ou quadruplée en volume. Les nerfs sympathiques sont, comme les autres, augmentés en volume dans les hypertrophies, diminués au contraire dans les atrophies simples , ainsi que dans celles qui résultent d'une production accidentelle infiltrée dans le tissu d'un organe.
Beaucoup de maladies abdominales et thoraciques semblent en outre dépendre d'une action irrégulière du nerf sympathique ; et d'autres, très-nombreuses aussi, de l'action anormale de ce nerf sur le centre nei'veux cérébral.
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