DES CONCRÉTIONS PIERREUSES
§ 824. Les concrétions ou calculs' sont des coijps solides, plus ou moins dui's, qui se forment dans les humeurs contenues dans les cavités , les réservoirs et les conduits tapissés par la membrane muqueuse. Cette formation est toujours accompagnée d'un changement de composition plus ou moins évident des liquides où elle a heu.
§ 825. Les calculs intestinaux sont rares dans l'espèce humaine. Ces calculs , plus ou moins volumineux et nonibreux , sont ronds ou ovoïdes , jaunes ou bruns : leur pesanteur spécifique est de i, 4- l's ont pour noyau un calcul biliaire, des fèces endurcies , ôu un corps étranger. Ils sont formés de couches , et composés de substance terreuse, surtout de phosphate de chaux, et d'un peu de substance animale. ' ,
Les follicules muqueux et sébacés contiennent quelquefois des amas endurcis ou plus ou moins concrets.
On cite quelques exemples de petits calculs de phosphate de" chaux et de matière animale , dans la caroncule lacrymale , dans les itonsilles, dans la prostate.
On a trouvé quelquefois aussi des concrétions piei'reuses de même nature dans le sac et le canal lacrymaux, daps les glandes salivaires et dans leurs conduits , dans le pancréas.
§ 826. Les voies biliaires' sont fréquemment le siège de calculs ; cholelithî. On les trouve le plus souvent dans la vésicule biliaire , quelquefois dans les canaux cystiques , hépatique ou cholédoque; ou dans le canal intestinal, et rarement dans les racines du canal hépatique dans le foie. Le nombre et le volume de ces calculs varient extrêmement : on en trouve depuis un jusqu'à plusieurs milliers dans la même vésicule, depuis le volume d'un œuf de poule jusqu'à celui d'un grain de millet ; leur couleur varie du blanc au jaune, au brun et au noir; leur surface est arrondie ou à facettes, polie ou rugueuse; leur consistance varie beaucoup; leur pesanteur spécifique est de 0,20 à o,35. On les divise , d'après Waller ,
'Walter, de. Concrementis ieiTexiribiis; Bcrol., lyy.'). — Vicq d'Azyr, Acadcin. roy. de Mcdpcinc, aiin. 1779. — Mosoviiis, Dissert, de calculnrum animaliiiin} covumquc. imprimis hilinrioiiim, origine et naturci; Bcrolini. 781a.
^ Sœnimcring, de -Concrementis hiliariis corp. htimani; ïrojcct. ad Mœn., J795. — Thenard, Mcm. de la soc. d'Arcucil, vol. I.
ANATOMIE GliNÉnALE.
eu trois genres : striés ou rayonnes , striati, lamelleux , lamellali , et pourvus d une ecorce, coniccUi. Dans l'espèce humaine ces calculs sont formes de cholestérine , de matière jaune de la bile , et quelquefois d un peu de picromel.
§ 827. Les calculs ui'inaires' uroUthi, se trouvent dans le bassinet du rem dans l'iuetère, dans l'embouchure de ce canal dans la vessie, dans l'urètre, dans le prépuce, dans des locules'de la vessie , dans les conduits prostatiques et dans des cavités et des voies urinau-es accidentelles. <
Les calculs du bassinet et des calices du rein se moulent dans ces cavités, quand ils s'y accroissent, et deviennent rameux comme le corail.
Les calculs vésicaux sont les plus communs : tantôt, et c'est le plus ordinaire, il n'y en a qu'un dans la vessie, tantôt il y en a plusieurs; on en a vu jusqu'à plus d'un cent. Leur volume et leur pjoids varient depuis celui d'un grain de blé jusqu'au volume de la tete d'un fœtus à terme, et jusqu'à plus de six hvres de poids. Leur foi-me est ronde ou obronde , ou ovoïde, ou tétraèdre, ou cunéiforme , ou cubique , etc.
Leur surface est unie, ou rugueuse , ou mamelonnée ; leur couleur et leur consistance sont très-variables. Ils ont toujours un noyau formé , soit par un gravier descendu du bassinet , soit par un caillot de sang , ou un flocon de mucus , soit par un corps étranger.
Ils sont quelquefois homogènes , assez souvent formés de couches superposées , semblables ou dilTérentes ; ou d'autres fois mêlés ou hétérogènes , et sans couches.
Les calculs vésicaux sont composés, i" d'acide urique; 1° d'oxide cystique ; 3° de phosphate de chaux ; 4° d'urate d'ammoniaque ; 5° de phosphate ammouiaco-magnésien ; 6° d'oxalate de chaux ; 7» de silice; 8° de carbonate de chaux; 9° d'oxide xanlique ; 10° de matière fîbrineuse; 1 1° de mucus; et 12° de phosphate de fer , de magnésie, de carbonate de magnésie , d'urate de soude. Ces substances se trouvent dans les calculs , ou isolées ou combinées par deux, trois, quatre ou cinq. Le plus commun de tous est le calcul d'acide urique ; puis le calcul fusible , composé de phosphates ammoniacomagnésien et calcaire ; puis le calcul mural, composé d'oxalate de chaux ; puis le calcul formé de couches distinctes d'acide virique et d'oxalate de chaux, etc. La silice et l'oxide cystique, et pins encore l'oxide xantique et la fibrine, sont les substances les plus rares dans les calculs urinaires.
§ 828. On dit avoir trouvé quelquefois des concrétions calculeuses pisiformes dans les vésicules spermatiques et dans les conduits éjaculateurs.
On trouve quelquefois aussi de petites concrétions semblables dans les trompes utérines. Quant aux concrétions de l'utérus , ce sont le plus souvent des corps fibreux ossifiés. Cependant on a trouvé dans cet oi-gane des concrétions de phosphate calcaire ayant pour noyau un corps étranger.
On assure avoir trouvé des concrétions calculcuses dans les conduits excréteurs de la njamelle.
'Fourcroy et VaiK(iielin, Mom. de l'Insl. nat., loin. IV. — Wollaslon , Philos. Iruiis., aun. 1797, etc.