DES TISSUS ACCIDENTELS ANALOGUES
§ 833. Ces tissus ressemblent plus ou moins parfaitement aux tissus de l'homme sain.
Ils sont altérables comme les tissus natui-els, et même plus qu'eux.
Ces tissus sont de deux sortes : 1° les uns sont le résultat de l'adhésion des lèvres d'une solution de continuité, ou de la régénération après une perte de'substance 5 2° les autres sont le résultat
' Laennec, Cours oral de médecine, an Collège de France, année 18221823.
ANATOMIE GÉNÉRALn.
cVune production tout-a-fait accidontelle. Les uns et les autres ont ete décrits à 1 occasion de chaque tissu (Chap. I. à X.)
§ 834. Les tissus demi-analogues sont, i" quelques'-uus des tissus ci-dessus , qui n'atteignent pas un degré parfait d'organisation • telles sont surtout les' cicatrices ou productions cutanées accidentelles la production de tissu blanc compacte et (lasque , les productions de'micartdagineuses , les ossifications terreuse et pieri-euse , les productions cornées imparfaites , etc. ; 2° ce sont aussi la production nacrée, analogue à la vessie natatoire des poissons, observée dans des parois de kystes ; la production de fongus en lames , etc.
ARTICLE n.
' DES TISSUS ACCIDENTELS hÉtÉrOLOGUES.
§ 835. Les tissus accidentels hétérologues , morbides, ou sans analogues dans l'organisation saine , sont assez nombreux. Les plus communs et les mieux caractérisés sont, le tubercule, le squirre, l'encéphaloïde et lamélanose; quelques autres plus rares seront indiqués après ceux-là.
§ 836. Ces tissus commencent probablement par l'état fluide, mais dès le moment qu'on peut les apercevoir ils sont solides. Ils persistent plus ou moins long-temps en cet état, qu'on nomme de crudité ou d'organisation; état dans lequel on peut les comparer à des zoophytes , dans lequtl ils présentent, pour la plupart, des vaisseaux, et dans lequel ils sont indolens et ne nuisent que mécaniquement. Ils se l'amollissent ensuite, se décomposent, se liquéfient. Dans cet état , que Bayle comparait à une mort anticipée , ils causent des douleurs plus ou moins vives , quelquefois nulles ; ils irritent et enflamment les parties voisines ; ils exercent une action délétère sur tout l'organisme, et particulièrement sur la nutrition, même sur celle des os; ils s'étendent et se multiplient alors plus ou moins rapidement dans l'organisation.
L'origine et la cause de ces tissus sont inconnues. On les a regardés comme innés ou héréditaires ; comme résultant d'une aberration de l'action formatrice; comme des êtres organisés se développant et mourant prématurément au milieu de l'organisation ; comme des produits, des résultats de l'inflammation et de l'irritation, etc.' Ce sont autant d'hypothèses plus ou moins ingénieuses et plus ou moins fondées.
Ces tissus existent sous forme de masses isolées, de masses enveloppées, d'infiltrations dans le tissu des organes^ etc.
Tantôt ils existent seul à seul , tantôt ils sont combinés entre eux et avec d'autres productions accidentelles, et avec des tissus et des humeurs altérés.