‹ Élémens d'anatomie générale, ou, Description de tous les genres d'organes qui composent le corps humainChapitre 63 sur 73 · I. Du Tubercule · texte numérisé non relu

I. Du Tubercule

% 837. Le tubercule , ou les tubercules , car ils existent presque toujours en grand nombre, constituent le tissu morbide le pins commun. On les appelle aussi tubercules scrofuleux , parce quiis se rencontrent dans la plupart des cas de scrofules.

DES TISSUS ACCIDEUTELS hÉtÉrOLOGUES. 345

Ce tissu existe sous la forme de masses isolées ou enveloppées, et sous celle d'infiltration. „ . ' .

Il commence par l'état gelatmiforme ; mais cet état n est apercevable que quand la substance tuberculeuse est infiltrée.

Il existe ensuite à l'état grisâtre, transparent, comme demi-cartilagineux c'est la première période distincte des tubercules isolés; ils° constituent alors les granulations œiliaires de Bayle.

Ces "rains, en grossissant, se réunissent souvent en masse; ils deviennent opaques, jaunâtres, friables, en commençant par le centre. Le même changement de couleur et de consistance a lieu dans rétat d'infiltration : c'est encore là l'état de crudité.

Ils se ramollissent ensuite, et se liquéfient : à cette période, ou même dans les périodes précédentes , il se produit ordinairement beaucoup de nouvelle substance tuberculeuse, soit en masse, soit en infiltration.

La matière tuberculeuse , ramollie plus ou moins complètement, en pus homogène, ou en pus caillebotté, est évacuée par une ouverture de la peau ou de la membrane muqueuse ; elle est peutêtre aussi quelquefois résorbée. Tantôt le foyer reste enflammé , ulcéré indéfiniment; tantôt il se resserre et s'oblitère; tantôt la membrane de nouvelle formation qui le tapisse acquiert une texture demi-muqueuse ou demi-cartilagineuse , et constitue une fistule permanente sèche; tantôt enfin on ne trouve qu'une matière friable, résidu probablement d'une résorption, le tubercule n'ayant pas abcédé.

On ne trouve jamais de vaisseaux dans les masses tuberculeuses : dans le cas d'infiltration tuberculeuse les vaisseaux comprimés , oblitérés, disparaissent promptement. Les masses qui se développent lentement ont une enveloppe rnolle ou glutineuse , celluleuse, cartilagineuse , et même quelquefois osseuse:

On trouve le tissu tuberculeux dans tous les organes , et surtout dans les poumons , dans le tissu cellulaire naturel et accidentel , à la surface des membranes séreuses, mais surtout dans leurs fausses membranes, à la surface libre de la membrane muqueuse, et surtout celle de l'intestin, dans les ganglions lymphatiques, dans les glandes, dans la rate, dans les os, dans le tissu musculaire, dans celui du cœur, dans l'encéphale et dans la moelle épinière , dans les tumeurs composées.

On a observé ce tissu morbide dans tous les animaux vertébrés.

IL De V Encéphaloïdc,

§ 838. Le tissu encéphaloïde ou cérébriforme est une production morbide très-commune : elle a été confondue sous le nom de cancer avec plusieurs autres, et notamment avec le squirre. Elle a été d'abord caractérisée par Bayle et M. Laennec. C'est le cancer médullau-e, rinflammatiou fongueuse, le fongus hématode de quelques écrivains anglais.

Ce tissu existe sous forme de masses nues oU enveloppées, et sous celle d'infiltration.

A l'état de crudité, il forme des masses de grossem- variée : chaque masse est lobée , lobulée , et les lobides sont ordinairement contournés comme les circonvolutions du cerveau. Ce tissu est alors

terme comme la couenne du lard , demi-transparent , incolore, ou blanchâtre, ou grisâtre; les lobules sont réunis entre eux par un tissu cellulau-e imparlait, d'une mollesse extrême; ils se confondent a mesure que la masse se développe. Des vaisseaux nombreux tres-bns , a parois tres-faibles , sont ramifiés dans ce tissu cellulaire et dans la substance cncéphaloïde elle-même.

Quand le développement est complet , l'encéphaloïde est d'une couleur blanche rosée ou violacée par endroits, soit par teinte , soit par points. €e tissu morbide est alors très-analogue au tissu cérébral, mais moins lié, moins tenace. Il présente d'ailleurs divers degrés de consistance dans la même masse ; degrés comparables à ceux des diverses parties de l'encéphale. <

Les masses encéphaloïdes qui ne sont pas enveloppées d'une membrane distincte le sont d'une couche de tissu cellulaire mou; les autres ont une enveloppe demi-cartilagineuse, doublée, à l'intérieur, de tissu cellulaire mou et vasculaire comme les premières. Quelquefois le kyste est incomplet dans son développement; dans tous les ea&, il paraît postérieiu- dans sa formation à la substance qu'il renferme.

L'infiltration cérébriforme est très-commune, surtout darfs le tissu du col de l'utérus; dans cet état la période de crudité est très-courte.

Le ramollissement de ce tissu donne lieu à une matière pultacée ou comme de la bouillie de couleur rosée. Quelquefois alors, les vaisseaux se rompant, il se fait des infiltrations sanguines dans le tissu cellulaire, ou des cpanchcmens semblables à l'apoplexie dans la substance amollie : le sang se concrète alors, et est en partie résorbé ; quelquefois même il se forme une membrane en forme de kyste autour du sang ; quelquefois ce sont des infiltrations séreuses qui ont lieu dans le tissu cellulaire ambiant, ou des épanchcmens séreux dans la substance même , qui est alors liquide comme celle du ramoUissement blanc du cerveau.

Quelle que soit la ressemblance, en effet très-grande , entre le tissu morbide, dont il s'agit, et la substance du cerveau, il n'y a pas identité; et l'on ne peut admettre l'opinion de M. Maunoir, qui regarde ce tissu comme le produit d'un épanchement de matière nerveuse.

Quand le ramollissement est extéi'ieur ou en contact avec l'air, la surface est grise , verdâtre , fétide , enflammée ; quelquefois elle se détruit en tombant en putrilage.

Ce tissu, moins cependant que les tubercules, se multiplie dans l'organisation , loi's de son ramollissement surtout. Il a plus de tendance que le tubercule à s'accroître ou à s'étendre de proche en proche. 11 ne paraît pas qu'il soit susceptible d'être éliminé et de se guérir spontanément.

Il peut exister dans tous les organes : on l'observe fréquemment dans la mamelle, le testicule, l'utérus, le foie, le poumon, l'encéphale, l'estomac, le périoste, la méninge, les os, leur membrane médullaire , les membranes séreuses , la membrane muqueus» , les muscles, les glandes, les gangUons lymphatiques, le tissu cellulaire commun.

DES TISSUS ACCIDENTKLS hÉtÉwOLOGUES.

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