DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES
que leur connaissance est assez récente. Cependant ils ont été entrevus par les anciens. Erasistrate et Hérophile avaient certainement aperçu l'es vaisseaux ehylifères. C'est Eustachio qui a découvert le canal' thoracique dans le cheval. AseUi vit. et nomma vaisseaux lactés, les chylifères de quelques animaux ; B indiqua bien leurs fonctions. Veslingius est le premier qui ait vu les vaisseaux chylifères ou les lymphatiques du mésentère et le canal thoracique dans l'homme. On doit à O. Rudbeck, et l'on a attribué aussi à Th. Barthohn et à Jolyf, la découverte des vaisseaux de cette espèce dans les autres parties du corps. Les inventeurs leur donnèrent les noms de vaisseaux séreux, aqueux ou lymphatiques; Bartho lin conjectura qu'ils étaient, comme les veines , continus aux artérioles , et destinés à rapporter la partie aqueuse du sang. Ruysch a tuès-bien décrit leurs valvules. La connaissance des vaisseaux lymphatiques s'est beaucoup étendue par les travaux de Meekel, de Monro, par ceux de W. Bunter et dé- trois de ses disciples, J. Hunter, W. Hewson 1 et Cruikshank a ; surtout par ceux de l'illustre P. Mascagni 3 , et par quelques autres 4. encore, qui tous leur ont accordé
' Dencriptio systematis lymphatici , ex anglico- versa, etc. in op. omn. Lugd. Bat. 1795.
2 Anatomie des vaisseaux absorbans du corps, humain , traduite de l'anglais par Petil-Radel; Paris, 1787.
3 Vasorum lymphaticorum corp.hurn. historia et ichonographia; Senis, 1787.
' Ludwig, Traduction allemande de Cruikshan.k <?t de Mascagni, avec des additions- Lips. 1789. — VVerner et fc'el- 1er, Vasorum lacleorurn atque lymph. auat.-physiol. descrip-
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des orifices béans, et ont attribué l'absorption à ce* orifices.
§ 46o. On distingue communément ces vaisseaux en chylifères et en lymphatiques ; mais cette distinction est tout-à-fait superflue et sans aucune utilité, car leur disposition, leur texture et leurs fonctions sont les. mêmes.
§461. Les vaisseaux lymphatiques ont une disposition arborisée comme les autres vaisseaux. Les humeurs qu'ils contiennent les parcourent, comme les veines, des ramifications, ou plutôt des racines, vers les troncs. L'ensemble de ces vaisseaux consiste en un tronc principal et un tronc accessoire', auxquels aboutissent des racines innombrables.
§462. .On trouve des vaisseaux lymphatiques dans toutes les parties du corps, si l'on excepte la moelle épinière , l'encéphale, l'œil et le placenta.
Leur situation présente cela de remarquable, que, dans les membres et dans les parois du tronc, ils sont, comme les veines, distribués en deux plans*, l'un superficiel ou sous-cutané , et l'autre inter-musculaire ou profond qui accompagne les vaisseaux sanguins et les nerls; et que dans les cavités splanchniques on trouve de même un plan de vaisseaux lymphatiques situés immédiatement sous les membranes séreuses, et d'autres plus profonds.
§ 463. Le nombre des vaisseaux lymphatiques est très-considérable; on en compte jusqua une vingtaine
tih; Lips. 1784. —J. G. Haase, de Vasis cutis et intestin, aksorbentibus, etc. Lips. 1786.- Schreger, Fragmenta anal, et physiol.fasc. I; Lips. 1791.
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dans le plan superficiel des membres inférieurs pour accompagner la seule veine saphène interne, et un nombre moins grand, mais assez considérable encore, pour accompagner les vaisseaux profonds. Les superficiels sont moins volumineux que les profonds. . Le volume de ces vaisseaux est beaucoup moindre que celui des veines. Ceux des membres inférieurs sont plus gros que ceux des membres supérieurs, ceux de la tête sont très-petits. Quant à leur capacité totale, elle n'a pas été exactement déterminée, elle paraît en général être environ le double de celle des artères, et égaler celle des veines dans le plan superficiel au moins.
§ 464- L'origine des vaisseaux lymphatiques est invisible et inconnue. Des considérations physiologiques et des expériences anatomiques ont fait admettre et puis rejeter leur continuation directe et immédiate avec les artères. On a vu aussi plus haut que leur origine par des orifices béans à la surface des deux tégumens et des membranes séreuses, dans les aréoles du tissu cellulaire et dans la substance des organes, admise d'après des considérations et des expériences du même genre, n'est pas mieux constatée. Il faut savoir douter.
§ 465. Aussitôt qu'on peut les apercevoir, on voit les radicules des vaisseaux lymphatiques s'unir entre elles, se séparer, et s'unir de nouveau, de manière à former des réseaux qui constituent en grande partie les membranes séreuses, tégumentaires-, etc.
Ces vaisseaux deviennent en général plus gros et moins nombreux en s éloignant de leur origine. Dans leur trajet ils continuent de se diviser en branches
4Qq A.NATOMIE GÉNÉRALE.
qui se réunissent de nouveau avec d'autres branches voisines, ou même entre elles, de manière à former des îles: ces divisions, ces réunions, ces nombreuses anastomoses, forment en beaucoup d'endroits des plexus.
Quand ils sont pleins et un peu distendus ils paraissent plutôt moniliformes que cylindriques ; c'est le grand nombre de valvules dont ils sont munis, et la dilatation qu'ils présentent au-dessus d'elles, qui leur donne cette apparence de chapelet ; ils offrent assez souvent encore d'autres dilatations ovoïdes. Ils présentent beaucoup de variétés dans leur trajet : constamment ceux d'un côté différent plus ou moins de ceux du côté opposé.
Tous, après un trajet plus ou moins long, se ramifient à la manière des artères, et semblent se terminer dans des glandes lymphatiques, au delà desquelles ils reparaissent de nouveau formés de racines qui se rassemblent à la manière des veines. Ceux des membres parcourent de longs trajets, plusieurs pieds, sans interruption de ce genre; ceux du mésentère ne parcourent que quelques lignes sans rencontrer des glandes. Quelques-uns passent à côté d'une glande sans s'y arrêter. Il paraîtrait même, suivant Cruikshank, que des vaisseaux lymphatiques du dos arriveraient aux troncs sans passer par des glandes; mais Mascagni, dont l'autorité est si grande dans cette matière, assure qu'aucun vaisseau lymphatique n'arrive aux troncs sans passer au moins par une glande,
§ 466. Après un trajet, plus ou moins long, plus ou moins interrompu par des ganglions , les vaisseaux