DU TISSU CELLULAIRE
§ i34- Le tissu cellulaire a été ainsi nommé à cause des aréoles qu'il forme et qu'on a, peut-être mal à propos, appelées cellules. C'est un tissu mou, spongieux, répandu dans tout le corps , qui entoure tous les organes, les unit et en même temps les sépare les uns des autres, qui pénètre dans leur épaisseur et se comporte de la même manière a l'égard de toutes leurs parties , et qui , entrant dans la composition de tous les corps organisés et de tous les organes, est le principal élément de l'organisation.
Suivant la manière dont on l'a envisagé, on lui a donné les noms de substance, de corps, de système,
ANATOMIE CÉNÉHAT.E.
d'organe , de membrane , de tissu cribreux , muqueux, glutineux, intermédiaire, aréolaire, réticulé, lamineux, filamenteux, etc. Le nom de tissu cellulaire ne lui convient peut-être pas mieux que les autres, mais il est plus généralement adopté.
§ i35. Malgré 1 étendue et l'importance très-grandes de ce tissu , qui ont dû frapper de bonne heure les anatomistes, on n'en trouve point de description dans les auteurs anciens. Hippocrate parle de la perméabilité générale des tissus, lorsqu'il dit qu'il est manifeste que tout le corps est perspirable tant au dehors qu'au dedans : on a voulu trouver dans ce passage les premières notions de l'existence du tissu cellulaire. Ce qu'Erasistrate appelait parenchyme correspond peutêtre à ce tissu. Mais il faut arriver jusqu'à Charles Etienne, Vésale, Adrien Spigel , pour trouver quelques notions exactes sur la disposition du tissu cellulaire : encore ces anatomistes et un grand nombre de ceux qui leur ont succédé, n'ont-ils indiqué le tissu cellulaire qu'à l'occasion des différentes parties où on le rencontre, comme autour des vaisseaux, des muscles , de la graisse, etc. Kaaw-Boerhaave , Bergen, Winslow , ont émis les premiers quelques idées générales sur la continuité de ce tissu dans les différentes régions; mais ce n'est que depuis Haller,' qu'il a été présenté sous son véritable point de vue. Le tissu cellulaire a donné lieu à un grand nombre de traités. Schobinger, Thierry, G. Hunter, Bordeu, Fouquet, Wolff, Detten, Lucœ, De Feliei , s'en sont particulièrement occupés. Leurs ouvrages ont ajouté peu de chose à la description donnée par Haller; mais plusieurs d'entre
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eux sont remarquables 1 par quelques idées plus ou moins fondées sur la nature et les fonctions de ce tissu. Tous les anatomistes, et surtout ceux qui se sont oc cupés d'anatomie générale, en ont parlé dans leuis traités : Mascagni seul le nomme à peine. Il n'existe pas de bonnes figurés du tissu cellulaire, et il est en effet impossible de le représenter, parce qu'il n'a ni forme ni couleur déterminée; Wolff a tenté de le faire , mais sans succès.
§ i36. Pour faciliter l'étude du tissu cellulaire, on l'examine successivement dans deux portions, dont l'une est considérée comme indépendante des organes et remplit seulement les vides qu'ils laissent entre eux, tandis que l'autre n'est relative qu'aux organes qu'elle enveloppe, et dans la texture desquels elle entre. Ces portions ne sont distinctes que par la pen-
1 Dav . Ch. Schobinger. De telœ cellulosœ in fabricâ corporis humani dignitate. Gott. 1748. — Fr. Thierry. Ergo in ecllidoso le.rtu freqaentiàs morbi et morborum mutationvs. Paris. 1749» 17^7, 1783. — W. Hunter. Remarks on the cellular membrane etc. , in med. obs. and in q. vol. ri. Lond. 1757. — Th. de Bordeu. Recherches sur le tissu inuqueux ou l'organe cellulaire, etc. Paris. 1767. — Fouquet, et Abadie. De corpore cribroso Rippocratis Monsp. 1774. — C K. Wolf. De teldquam dicunl cellulosam ob ter validités , in nova acta Acad. Se. lmp. Petrop. Vol. vi, vu. viu, 1790, 1791. — M. Detten. Beylrag, etc., c'est-à-dire, Supplément à l'étude des fonctions du tissu cellulaire. Munster. 1800. — S. Ch. Lucœ. Annotationes circa telam cellulosam, in obs. eirca netvos , etc. Franc, ad Moen. 1810. — G. M. de Felici. Cenm di una nuova idea sulla natura del lessuto cellulare. Pavia. 1817.
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sée, car le tissu cellulaire est partout continu à luimême.
§ 137. La première portion est le tissu cellulaire extérieur, général ou commun, (textus cellularis intermedius , seu laxus), celui qui ne pénètre pas dans les organes. Ce tissu cellulaire commun , a l'étendue et la forme générale du corps; il formerait, si l'on supposait que tous les autres organes fussent enlevés, et qu'il pût se soutenir de lui -même, un tout conservant la figure du corps , et offrant une multitude de loges poulies différens organes. L'épaisseur de la couche qu'il forme autour de chacun d eux n'est pas la même partout. Dans le canal vertébral, le tissu cellulaire est en très-petite quantité; dans l'intérieur du crâne, ce tissu forme une couche presque invisible, tant sa ténuité est grande, On en trouve d'avantage à l'extérieur de ces mêmes parties : il est surtout abondant autour de l'épine, particulièrement en devant. A la tête, les différentes parties de la face, les orbites, les joues, en contiennent une grande quantité. Il en existe beaucoup également au cou, le long des vaisseaux et entre les muscles; dans la poitrine, entre les lames du médiastin, et à l'extérieur de cette cavité, autour des mamelles. L'abdomen renferme, soit dans son intérieur, soit dans l'épaisseur de ses parois, une grande quantité de tissu cellulaire. Aux membres, ce tissu est abondant dans l'aîne, dans l'aisselle, dans le creux du jarret , à la paume des mains et à la plahte des pieds; il forme, entre les muscles, des couches plus ou moins épaisses. En général, les organes les plus importans sont ceux qu'entoure le plus de tissu cellulaire : ce tissu est aussi