‹ Élémens d'anatomie généraleChapitre 9 sur 72 · ANATOMir. GKMÎKALE · texte numérisé non relu

ANATOMir. GKMÎKALE

même que ces menibranes , que par le tissu cellulaire appartenant à la gaine des vaisseaux. Une artère et une veine pénètrent dans le canal médullaire, et s'y divisent, aussitôt après leur entrée, en deux branches dont les ramifications s'étendent aux deux extrémités de l'os , et communiquent avec les vaisseaux nombreux et volumineux de ces extrémités. Les vaisseaux lymphatiques n'ont été suivis que jusqu'à l'entrée du canal médullaire. Les injections heureuses montrent, au contraire, une foule de filamens colorés dans le canal des os longs. Les nerfs de ce canal, dont l'existence a été niée, sont pourtant assez faciles à suivre. Sœmmering, il est vrai, pense que ces nerfs sont destinés à l'artère seulement. Ces nerfs ont particulièrement été observées par Wrisberg et Klint. Le tissu médullaire est donc essentiellement composé; i° d'un réseau artériel et veineux, et probablement aussi d'un réseau de vaisseaux lymphatiques; i° d'un plexus nerveux, destiné soit à l'artère, soit aux autres parties en même temps; 3° de la gaine çelluleuse propre à ces parties, laquelle fournit des fibrilles dont la réunion constitue une sorte de membrane incomplète, frangée. Il faut joindre à cela des vésicules très-apparentes, mais seulement dans les sujets frais, et. qui deviennent moins sensibles dans les autres, parce que la moelle se fluidifie trèspromptement. Ces vésicules sont tout-à-fait semblables à celles du tissu adipeux général; elles ont le même volume et les mêmes connexions avec les vaisseaux sanguins auxquels elles paraissent appendues. Grutzmacher pense que la texture de la moelle et celle de la oraisse en général, est aréolaire comme le tissu cel-

luîair'e commun, et non vésiculaire. Les extrémités celluleuses des os longs contiennent un grand nombre de vaisseaux ; mais leur membrane est moins distincte que celle du milieu de ces mêmes os. Il paraît y avoir des vésicules semblables à celles de la membrane médullaire. Les porosités de la substance compacte semblent également en contenir.

§ 174. La graisse des os prend les noms de moelle dans le canal médullaire, de suc médullaire dans la substance spongieuse, et de suc huileux dans la substance compacte. Cette graisse est formée des mêmes principes que la graisse ordinaire, seulement en des proportions différentes, puisqu'elle est plus fluide; elle est aussi plus colorée, plus jaune.

§ 175. La membrane médullaire est sensible; Duverney a très-bien indiqué l'expérience qu'il faut faire pour constater cette propriété, que Bichat a peut-être un peu exagérée, mais que l'on a eu tort de révoquer en doute. En effet, si le plus souvent, dans les amputations pratiquées chez l'homme, l'impression causée par la section de l'os est à peine sentie, cela tient uniquement à la douleur plus vive, résultant de la section de la peau, et qui a précédé celle-ci. Mais en mettant, sur un animal vivant, assez d'intervalle entre la section des tégumens et la lésion de la moelle, pour que l'impression, produite par la première, ait le temps de se dissiper; un stylet introduit dans le canal médullaire produit à l'instant même une douleur que l'animal témoigne de diverses manières : on conçoit bien que cette sensibilité réside dans la membrane, et est étrangère à la moelle elle-même. Les nerfs accompagnant dans

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1 os , l'artère médullaire principale , si l'os est amputé au-dessus de l'entrée de ce vaisseau, la moelle restante ne communique plus avec le centre nerveux, c'est à cette disposition qu'il faut attribuer la différence de sensibilité observée par Bichat, entre le centre et les extrémités de la cavité médullaire, et aussi à ce que les filets nerveux vont en se divisant vers les deux bouts de cette cavité. Le tissu médullaire est doué d'une contractilité obscure, semblable à celle du tissu cellulaire. Les artères qui se ramifient dans cette membrane y sécrètent et y déposent la matière grasse.

§ iy6. Suivant Bicbat , la membrane médullaire existe de très-bonne heure, préexiste au canal; seulement elle est remplie d'une substance cartilagineuse, qui fait ensuite place à la moelle à mesure que l'ossification s'opère. L'observation la plus attentive nemontre dans les cartilages, ni artères, ni veines, ni membrane médullaire ; plus tard , la cavité des os longs n'est qu'un canal élroit que l'artère remplit; celle-ci se déjette sur le côté et s'accole aux parois, quand le canal commence à s'élargir; une substance visqueuse ou gélatineuse est alors contenue clans ce dernier; de la moelle s'y produit enfin, mais en petite quantité; avec l'âge, le canal devient de plus en plus large, et la moelle plus abondante. Il n'y a aucune différence appréciable, sous le rapport de ce tissu , entre les deux sexes. Ce fluide présente, en outre, des variétés individuelles, par rapport à sa quantité. Lorsque l'embonpoint est ordinaire, la graisse forme la majeure partie de la substance contenue dans le canal médullaire; j'ai trouvé, sur huit parties de cette substance ,. sept de graisse : le reste est

formé par les vaisseaux, de l'eau et de l'albumine. Che* les sujets maigres, au contraire, la graisse ne constitue que le quart, ou une moindre proportion encore du fluide contenu dans les os longs ; le reste m'a paru être de l'eau, ou du moins une substance évaporable, et de l'albumine , ou une substance coagulable. Les oiseaux ont, dans les cavités des os longs, de l'air au lieu de moelle , suivant la remarque de Camper.

S 177. Les fonctions du tissu médullaire sont de servir de périoste interne et de réservoir à la graisse : c'est sur lui que se ramifient les vaisseaux qui, d'une part, se portent en dehors pour concourir à la nutrition de l'os, et d'autre part, en dedans pour opérer lai sécrétion de la graisse. Celle-ci a les mêmes usages généraux que dans les autres parties. Ses usages locaux sont de remplir le vide qui sans elle existerait dans les os. On a cru, et Haller et Blumenbach ont adopté cette opinion , qu'elle rendait ceux-ci plus flexibles , moins cassans; mais les os des enfans , privés de graisse, sont pourtant moins cassans que ceux des adultes , tandis que les os des vieillards , dans lesquels ce fluide est si abondant, sont en général très-fragiles. Ceux qui ont avancé cette opinion se fondent sur ce que la combustion ôte à la substance osseuse toute sa solidité ; il est évident que ce n'est pas seulement l'huile qu'ils perdent dans ce cas, mais bien la matière animale qui leur est enlevée, dont dépendait leur solidité. Les mêmes auteurs ajoutent qu'en faisant bouillir dans l'huile, ou dans la gélatine , le résidu terreux obtenu par la combustion, on lui rend, jusqu'à un certain point, sa solidité ; mais il se forme alors un composé particulier, une

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espèce de stuc qui n'a rien de commun avec l'os. Haller et plusieurs autres physiologistes ont encore pensé que la moelle servait à la reproduction des os, et notamment à la formation du cal. Cependant l'observation fait voir qu'une fracture se guérit d'autant plus promptement que l'individu est plus jeune; or, plus l'individu est jeune, et moins il y ade moelle, ou moins la moelle contient de graisse. Duverney et d'autres ont cru la moelle nécessaire à la nutrition des os : il suffit que la moelle manque chez plusieurs animaux, comme les - oiseaux, que le bois des cerfs, par exemple, en soit dépourvu, que ce fluide n'existe point dans l'enfance, et que les os se forment avant la moelle, pour que cette opinion ne soit point admissible. On a aussi regardé la moelle comme le réservoir du calorique latent et de l'électricité. La moelle ne sert pas non plus à lubrifier les surfaces articulaires, .car la synovie existe dans beaucoup d'endroits où la moelle ne se rencontre point.

§ 178. La moelle présente quelques altérations morbides l. Dans les fractures, pendant que l'os se consolide, la graisse disparaît dans le canal médullaire; le tissu cellulaire de ce canal devient compacte, comme dans les autres cas de solutions de continuité , et finit par s'ossifier: ce dernier fait, que Bichat a observé, a été constaté de nouveau par plusieurs observateurs. Lorsque la consolidation est parfaite, la membrane médullaire reprend ses propriétés.

On observe dans la moelle , à la suite des amputations, les mêmes phénomènes que dans les autres

1 Voyez Moignon. Tentamen de morbis ossium medullœ, Paris, et Lugd. Ann. III.

DU TISSU ADIPEUX. xgl

plaies qui intéressent le tissu graisseux : la matière huileuse disparaît, et une couche cellulaire et vasculaire se forme à l'extrémité tronquée de l'os , qui finit par se clore. La moelle est détruite dans les séquestres , et ne paraît pas se rétablir après leur sortie , du moins ne l'a-t-on pas vue se reproduire dans ce cas ; peutêtre l'état des parties n'a-t-il pas été examiné assez long-temps après l'issue de la maladie.

La membrane médullaire est susceptible d'inflammation : c'est probablement à elle et à ses suites' qu'il faut attribuer les nécroses intérieures. Il est également probable que les douleurs ostéocopes dépendent de cette inflammation. On observe dans le rachitis un endurcissement particulier de la membrane médullaire , qui n'a pas été décrit.

Parmi les affections propres à cette membrane , le spina-ventosa est une des plus remarquables. Il y a, suivant mes observations et celles de plusieurs autres, au moins deux, et même trois espèces distinctes de cette maladie. Le développement considérable de l'os tient à l'accroissement extraordinaire de la membrane médullaire altérée ; 'mais tantôt l'altération de la moelle consiste en une dégénération carcinoinateuse, en un véritable cancer mou ; tantôt la tumeur est fibreuse et cartilagineuse ; dans quelques cas, enfin et surtout chez les enfans , l'os , renflé dans son milieu, contient une- substance rouge très-vasculaire , dont la nature n'est pas bien déterminée : cette variété s observe surtout dans les os du métacarpe , du métatarse, et des doigts. Le spina-ventosa affecte spécialement les os longs des membres : dans le fémur, c'est

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le plus souvent la partie inférieure de l'os qui est malade ; dans l'humérus , c'est la partie supérieure. J'ai enlevé le tiers supérieur du péroné à une jeune « femme, dans un cas de spina-ventosa qui avait donné à la tête du péroné, à peu près le volume du poing de la malade. Des tumeurs de ce genre ont été décrites par Vigarous, sous le nom de stéatomes osseux, etpar M. Astley Gooper , sous celui d'exostoses médullaires.

DES MEMBRANES SEREUSES.

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