‹ Élémens d'électricité et de galvanismeChapitre 11 sur 35 · CHAPITRE IH · texte numérisé non relu

CHAPITRE IH

jExpériçiwes faites avec la machine électrique ,• tliéo* rie de son actiony phénomènes d'attraction et de répulsion,

trjL madiine éteetrîqtie étant disposée - aîim qu'il a été dît dans 1er chapitre précédent, et le coussin modérément pressé* ëoMre la glacé; au moyen ^ la ri» qui sert- » cet «sage ^ en ctiet le cylindre ea mouYc^niieQt, atToa obseryç ies pfaénoffnènes aiiivanâ : -c

i«. Dei^ faratnées distinctes de lumière , aC'irompagnées de scintillations latérales, passent â'un conducteur à Fautre , en glissant sur cette portion de la surface du cylindre de glace , qui n'est poiat^ecouYerle par laapie : on les appdilê Nacelles électriques. ,

' a<>. Des etinceUes brillantes s^nceat de l'o9 àa Fautre Wnductetir vers la tnfain , <m stir to«le fiutrè substanté pôlîe, et noft isolée, qu'on en ^proche a une distance modérée : quand elles Sû^t dirigées sur le dos de la main , pu $ur une partie qacdbcQoque id^ corp^ , .^es font éprou*; Ter une sensation douloureuse.

3o. Ces effets ont encore plus d'intensité, et les étincelles fournies par chaque conducteur

so^ plug fortes^ lorsqu'on les retire en roévM temps de Tua et de l'autre.

4<'. Les étincelles fournies par le condneteur positif ou uegatif / atteignent leur maximum d'intensité ^ quand l'autre conducteuf^^tt'est point isolé : ce qu OA obtient eu établissait , au moyen d'une chaiiie de métal ^ une corn* mmùca^on entre lui et le sol.

5*. Si une corniHuxûcation métalliifue est établie eotri^ les deux conducteurs, le frotte* ment dikçy)ka^^^ cpielifue vif et prolongé qWil fioit d'aîUeiirs , ne donnera naissance à aucune portion d'électricité ^préciaJble.

. fip. Si, aui lieu 4'ua fîl 4e métal, les Qonduc* teurssont réunis par un cordon de soie, sur Jffuel sont cffiUlés, en. nombre sufOsant, des graias de plomb « ou de tout autre métal, dis* tans les uns des autres d'à peu frè& la vingtième partie 4'ua pouce, on verra éclater, entr^ chaque grain , des étincelles brillante qui ae PMm&ateiMâk. aussi Jkk»g4emps que durera le BMMirenieiKt de la mackine.

JkeBk bon de rappeler que Tua des.conduc* tcsn, oslui qui porte le coussin^ est électrise dala même mduaiere que lui , tandis que Tantre €st dans le même état électrique que le cylindre ^ Vtcre; c'est pourqfuoi les plusnomènes qu'ils péseflAent sont conformes à c^ qii'oa obtîe»»

drait dams toute antre circonstance où le firot* tenient serait la cause productrice de rélec-* tricité. ^.

La première et la seconde expériences sem-^ blent indiquer que l'électricité dépend d'une cause matérielle ; car elle affecte les sens , et Êtit éprouver une impulsion qui a quelque chose de mécanique^ et qu'il serait difficile de concevoir dans toute autre supposition.

Le troisième phénomène prouve qu'il existe une action mutuelle entre les électricités de chaque cylindre métallique, puisque, lors-, qu'elles sont simultanément dirigées sur un corps conducteur, elles produisent des effets plus intenses.

Le quatrième phénomène montre aussi qu'il existe entre les conducteurs inversement élec- Irisés un rapport qui , à un degré différentj^ est le même que celui qui subsiste entre le sol et diaque conducteur.

Le cinquième Êiit conduit à admettre que , quand les électricités positive et négative sont développées en même quantité, et peuvent se réunir au moyen d'une substance cou*ductrice, les phénomènes électriques disparaissent.

La sixième expérience a seulement pour but de prouver que, malgré le contact de ses con-

âucteurs, la. machiae coatiaue à dévelopyei: ift f élcckrieké ; maïs fes» appwrenees ne se raa^ infestenl plus à raisoa de la cenimaiiicatioa établie.

IFaprès ces faits on peut raisônoabieinent Teodre compte des phénomènes ëlectri4|ues^ A» k manière snivante :

i"*. La caose des phénomènes ëleetFl<|ues est matérielle , et jouit des propriétés ouiapptftieimeat aux fluides élastiques.

2^. Le ftiûde électrique attire et est. attiré par iMte espèce de corps ; en conséquence de cette attraction, il existe dans toutes lessuibslaaees connues. ^

5^. L'attraction des. dîflerens corps pour le iloUe électrique est variable , ce qui a égale-^ jBieBt lieu pour un même corps placé dans des cireonsCances diverses : conséquemment la quantité d'éleetricité naturelle des différentes sobfilauces peut être en proportion^ inégale, et le aiéme corps, lorsqu'il est combiné avec d'autres , peot s^r plus ou moins puissamment que s'ii était seul; mais sa force d'attraction piotttiTe sera rétablie en détruisant la com- Imuâsoa artificielle.

4^ Une dés particularités qui. résultent de

la Datare- du- fluide électrique , est que son

attraction pour la matière dépend plutôt de la figure que de la masse du corps ; aussi est-elle plus grande pour des sur&ces étendues que pour celles qui sont plus limitées (4)«

5**. Une des propriétés du fluide électrique est de se mouvoir avec une grande Eicilité sar la surface et à travers la substance de quelque» corps 9 tandis qu'il en est d'autres qui refusent de le propager.

6^. Quand l'attraction d'une substance quelconque pour l'électricité est égale au fluide qu'elle contient , cette substance ne manifeste point de signes électriques; mais il y en aura au contraire d'immédiats , lorsque la quantité de fluide sera supérieure ou inférieure à ce qu'exige la saturation de l'attraction existante; s'il y en a davantage , les signes seront ceux de l'électricité positive; si y au contraire^ il y en a moins ^ ils seront ceux de l'électricité négative. On peut donc concevoir que la production de l'électricité a lieu de la manière sni* vante : les corps employés contiennent chacun une certaine quantité de fluide proportion* née à l'attraction naturelle qu'ils exercent sur lui ] ils le retiennent et paraissent n'être point électrisés , aussi long-temps qu'ils demeurent dans leur état habituel* Si donc deux pareils

corps sont mis en contact, les actions qu'ils exerçaient dans leur état ordinaire seront modifiées ; Fun agira plus et l'autre moins fortement qu'ils ne le faisaient isolement. Le fluide électrique se partagera donc entre eux en proportion de leurs attractions aciuéUes , et par conséquent ils paraîtront encore n'être pas. électrlsés. En les séparant tout à coup, la nouyelle distribution du fluide électrique se maintiendra , tandis que les attractions primitives se rétabliront ; et comme elles difierent de celles qui avaient lieu lors du contact , les corps paraîtront électrisés ; celui dont l'action nalurelle était augmentée, ayant reçu une arfdiiion à la quantité de fluide qui lui est propre , sera électrisé positivement y tandis que Pautre dont Fattraction a diminué ^ contenant nne proportion moindre que celle qui lui est naturelle, sera négatif.

Prenez pour exemple la machine électrique eDe-même; si Fon représente par 20 Fattraction dn coussin pour le fluide électrique, et par So celle qu'exerce la surface de la glace , leur tomme sera 5o ; en mettant ces deux corps en <!OtKtaçt, leurs attractions sont modifiées. Supposons que celle de la glace devienne 4o, et cdie du coussin seulement i o , la somme sera ^Wîore 5o i c'est pourquoi Félectrioité natu-

relie , quoiqu'inëgalement distribuée , est encore égale à la somme des attraction$ et reste insensible { car la cause qui a produit cette inégale distribution (le contact) subsiste encore. Separez la glace du coussia^ son attraction primitive, représentée par 5o, reparaîtra; mais comme elle a acquis 40 d'électricité , à raison de son çoptact ^yec le coussin , elle est électrisée positivement d'une quantité égale à 10 : le coussin a aussi, dans ce cas, recouvré son attraction primitive égale à 20 ; mais comme il ne contient plus que i o , il sera donc électrisé négativement avec une intensité égale à 10. On voit ici pourquoi les corps qui s'éleotriaent , l'un positivement et l'autre négativement , agissent plus puissamment lorsqu'on les XQçt en opposition , que dans le cas où Tune des deux substapces serait nulle à cet égard : et, en effet y leur mutuelle différence est alors souvent deux fois plu3 grande que celle qui est particulière à chacun d'eux considéré isolément. Si donc la dernière est 10 ^^ Vautre peut être 30..

Les eQets qui viennent d'être décrits se re- Ht^uveltent aussi lopg-temps que dure le mouvemient 4u cylindre, dont chaque partie est successivement mise en contact avec le coussin et emporte avec elle 1 électricité qui a été ainsi pjrQgressivement développée : le tafG^tas ciré

peut être considéré comme fiisant partie da frottoir , et en maintenant Faltération qu'a éprouvée la &culté attractive de la glace , il empêche la tendance que le fluide aurait à repasser dans le coussin. Cette competlsation n'a plus lieu pour les portions du cylindre qui ont dépassé le taffetas : d*où il résulte que rélectricité acquise n*est plus à Tétat de combinaison et a une tendance à se répandre dans les corps environnans. Le conducteur^ qui est armé de pointes , étant le plus prochain réservoir, i-eçoit rélectricité, et passe alors h l'état positif. Pendant cette opération , le coussin et le conducteur , auquel il est fixé , fournissent constamment du fluide électrique au verre, et sont par conséquent éleArisés négativement au même degré; mais, comme ils n'ont qu'une sor&ce et une quantité d'électricité limitées, si on les suppose parfaitement isolés (c'est-i-dire environnés par des corps non conductears), ils ne pourront fournir qu'une portion donnée de fluidoi; mais , s'ils communiquent avec le sol dont la surEaice, comparativement à la leur , est infinie, ils puiseront, pour ainsi dire, k vue source intarissable ; ce qui explique fort bien pourquoi Pélectricité de l'un ou l'autre conducteur est plus forte lorsque celui qui lai est opposé n'est pas isolé.

Il y a quelque rapport entre cette manière d envisager la production de Télectricité et les mouveniens du calorique. Un simple contact mécanique est rarement suivi d'un changement sensible de tempe'rature , ce qui arrive au contraire dans la plupart des combinaisons chimiques. La solution d'un grand nombre tle sels est accompagnée d une absorption de calorique; le mélange des acides avec Teau présente , au contraire , une élévation de température ; et 9 en les unissant à certaines substances combustibles y on peut produire une inflammation accompagnée de lumière. Tous ces faits prouvent qu'en tout temps nous sommes environnés par une multitude de puissances qui , dans leur état naturel de combinaison , restent silencieuses , mais qui souvent n'attendent qu'un léger changement pour devenir actives.

Nous avons considéré l'électricité positive comme un résultat de l'accumulation du fluide électrique; et la négative comme dépendant de sa diminution : c'est pourquoi quand des étincelles^ ou autres phénomènes électriques , ont lieu entre deux conducteur^ électrisés inversement^ on suppose que ces effets sont produits par le passage duiluide> qui du conducteur positif se porte vers le négatif; mouvement occasioné par la tendance de l'électricité

a se rétablir dans Fétat d^équilibre qui lui est propre : d'après le même principe ^ les étincelles, et autres phénomènes que Ton remarque entre un conducteur positivement ëlectrisé et un autre non isolé , sont supposées provenir du mouvement de la matière élec-trique , qui se dirige du corps électrisé vers le sol y tandis que Ton attribue les phénomènes qui ont lieu entre un conducteur négatif et le globe , au passage de l'électricité qui du dernier se porte vers le premier.

Cette direction, attribuée au fluide électrique, est, en quelque sorte, justifiée par cer* tains faits; mais il aurait été plus sage de ne la regarder que comme une supposition probable; car la rapidité avec laquelle se meut le fluide électrique, est telle qu'il est diflicile que l'oeil paisse s'assurer de la direction qu'il suit, sinon dans descirconstances tout4i-faitparticulières(*).

£xp. 1 1 • Si l'on présente une fil de métal termine en pointe à un corps quelconque négativement électrisé , on apercevra une aigrette lumi-

('*') Lorsqu'on emploie des macliHies âeetri<iue8 trè»-puis- ^antes , ks édnceHes qn'oD en retire peuvent avoir de dix à vÎDgl pouces de Ibi^ » et constamment semblent se porter do conducteur positif au négatif, ou du conducteur positif à la boule qui tcnoine rexdtateur.

neuse qui, de l'extrémité du fil, se dirigera évi-demment à la surface du corps : en présentant , au contraire, cette même po^iite à une sur&oepo«r* tive, elle offrira un point lumineux très-brîllant : cette lumière résulte indubitablement du mouvement du fluide électri(]ue ; le fil de métal doit ètreregardécommeuncondmtquipeuit émettre ou recevoir l'électricité, et les apparences observées dépendent du mouvement de translation que f on suppose à ce fluide; car la surface nigatwe , qui est celle que . Ton croit dépouillée d'une portion de son électricité, ainsi que le fil présenté, et qui est alors terminé par une aigrette, indiquent que la cause de cette lumière se dirige de la pointe au corps négatif. La sur&ce poskive , au contraire , qui est censée contenir un excès de fluide , aussi bien que la pointe placée dans son voisinage , et qui est simplement éclairée par un point brillant , fournissent des apparences que Ton peut concevoir produites par l'entrée d'un fluide subtil qui traverse le fil de métal.

Si les pointes sont adaptées à des corps élec^ tri^s wv^rs^mient , leç lappajneiices seront pnécisement opposées à ce qui arrive, quand elles leur sont présentées ; ce qui doit effectivement être en admettant que la supposition précé^ dente soit exacte,

Exp. 12. La figure ô^epréscnte deux balles de métal d'environ trois quarts de pouce de diamètre , isolées Tune et Tautre sur des piliers de Terre qui les maintiennent à une distance d a peu près deux pouces. La partie supérieure de chacune d'elles présente une excavation dans laquée on met un petit morceau de phosphore. Une petite bougie ou une lampe est placée de bçon que sa flamme soit a égale distance des deux boules , dont Tune est mise en communication avec le conducteur positif de la madiine, et l'autre avec le conducteur négatif; ce que ToA &it au moyen de fils de métal: aussitôt que les boules sont rendues élecb^qnes, la flamme est agitée et s'incline vers celle qui est dans un état négatif, et bicnf6t réchauffe assez, pour que le phosphore qa'eBe contient ♦prenne feu; la température de la baBe positivement électrisée ne s'élève pas sensiblement , et son phosphore conserve par conséquent Fétat solide. Si Ton change la disposition des fils de métal, de manière à ce que la boule, qui était négative, devienne positfre , et vice persà , le pbosphorc cpie contient celle qui alors sera négative pren-» dra feu à son tour. Ainsi l'électricité est dirigée du positif au négatif, et transmet avec elle la chaleur qui provient des corps en ignition (5),

Exp. 1 3. Fixez au centre de la platine de la machine pneumatique un fil de métal de trois pouces de long , terminé supérieurement par mie boule d un pouce de diamètre ; ajustez-en une semblable à la tige de métal qui traverse la boite à cuir d'un récipient que vous placerez sur la platine de la machine , ayant soin que les deux sphères soient dans la même- verticale et distantes d a peu près un pouce (voyez fîg. 7). Faites alors exactement le vide , établissez une communication entre le conducteur négatif et la platine, agissez de même à Ti^ard de la boule supérieure et du conducteur positif; mettez ensuite en mouvement le cylindre de la machine électrique ; et^ si vous faites Texpé-r rience dans l'obscurité , vous apercevrez un courant d'une belle Irmiière purpurine qui se rend de la balle positive à la balle négative j sur laquelle il se divise et forme une sorte d'atmosphère lumineuse qui l'enveloppe de toute part ainsi que sa tige ; ce qui domie l'idée d'un fluide glissant sur la sur&ce d'un solide qu'il ne peut aisément pénétrer. Aucune apparence dekimière ne se manifeste à la balle positive^ si ce n'est dans le point d'où s'échappe la ligne lumineuse qui se dirige vers la boule, inférieure : si vous rendez n^ative la sphère qui était positive , et positive celle qui était néga-

tive^ TOUS aurez des lefl'els entièrement opposés, Ijorsque cette expérience est faite avec soin, elle rend sensible à Tœil la direction que suit le fluide^ et ceux qui en sont alors témoins. De peuvent conserver aucun doute à cet égard. Les phénomènes électriques sont donc produits par le mouvement d'un fluide naturellement répandu dans tous les corps ^ et que l'on peut, par quelques procédés, accumuler sur certains et diminuer dans plusieurs autres. Ce fluide tend constamment à l'équilibre ; c'est pourquoi^ s'il ne trouve point d'obstacle, il passera des corps qui en contiennent une sura^ bondance, à ceux qui en sont privés; mais, si dans le voisinage il n'en est pas qui soient dans cet état ^ il se répandra sur les corpç qui^ ont seulement leur quantité naturelle.

Les mots positif et négatif sont donc simplement des expressions comparatives qui indiquent différentes variations de l'état naturel. Il y a deux points fixes auxquels, dans diverses circonstances, on peut rapporter ces états : quand l'effet est mesuré par la divergence des balles de moelle de sureau ou autres corpslégers suspendus dans l'atmosphère , l'air ambiant est rétalon auquel on rapporte le plus ou le moins f , et les indications données par les ballea sont dlm seulement proportionnelles à la différence

électrique qui existe entre elles et l'air , lequel ^ à raison de sa propriété non conductrice , peut être considéré comme étant isolé. Mais, dans la supposition où une substance quelconque, communiquant avec le sol , est présentée à un corps électrisé et isolé, c'est alors le globe terrestre qui devient le point fixe d'où Ton part pour mesurer la divergence positive ou négative de ce corps. Alors ce point fixe est nommé point neutre, et toute substance qui ne contient que sa quantité naturelle d'électricité , doit être regardée comme étant dans le même état ; et quoiqu'elle ne soit point alors réellement électrisée, on doit la considérer comme positive si on la compare à* des corps qui ont moins que leur quantité naturelle , et négative au contraire si on Toppose à ceux qui contiennent au-delà de cette même quantité.

Le mouvement que l'électricité imprime aux corps légers , et qu'on nomme habituellement attraction et répulsion y dépend des actions respectives qu'exercent l'un sur l'autre le fluide électrique et les molécules matérielles des corps; ce que Ton verra plus nettement encore au moyen de l'expérience.

Ex^. 14. Prenez un léger duvet ou une J)alle de sureau suspendus h, des fils de métal

(semblables à ces fils dorés dont on se sert pour recouvrir la soie). Tenant le fil par une de ses extrémités ^ approchez la balle contre un conducteur quelconque électrisé positivement ou négativement; elle sera attirée et restera adhérente au conducteur jusqu'à ce qu'il soit complètement dépouillé de son électricité.

Les corps qui soD,t positivement électrisés tendent à verser leur électricité surabondante sur tous ceux qui les environnent ; tandis que les corps négatif cherchent au contraire à acquérir ce fluide : de là l'un quelconque des états électriques produira l'attraction; car^ si les corps légers doivent se mouvoir, il est indifférent qne la surface électrisée attire leur fluide naturel , ou la matière à laquelle il appartient, puisque l'attraction résulte seulement de la diversité des rapports qui existent entre ces actions , considérées relativement à deux corps qutelconques; et elle doit continuer tant que cette difierence subsiste. Or, dans l'expéneoce précédente, le corps attiré communiquait avec le sol dont l'état électrique n'a pu être sensiblement altéré à raison de la surface comparativement très-limitée du corps conducteur; c'est pourquoi l'attraction a dû continuer entre lui et le globe terrestre jusqu'à ce qa'il lui ait communiqué ou en ait reçu une

quantité de fluide égale à celle dont il était surchargé , et par conséquent jusqu'à ce que la différence électrique entre lui et la terre ail totalement disparu.

Exp. i5. Répétez l'expérience précédente en suspendant la balle de sureau ou le duvet à un fil de soie. Ce corps léger sera d abord attire par le conducteur ; et ensuite il sera repoussé , et ne pourra renouveler le contact à moins qu'il n'ait auparavant touché un corps conducteur non isolé.

Le corps léger est ici attiré par la même cause que précédemment; mais il est isolé , et par conséquent , à l'instant où il touche la surface électriséè , il contracte -une électricité de même natm'e, et est dès*lors repoussé, étant attiré par l'air ambiant ou autres corps environnans^ qui ayant leur quantité naturelle d*électricité , diflEerent du corps léger qui en contient plus ou moins ; la surface électriséè , au contraire , qui est dans le même état que lui , ne peut , par conséquent, l'attirer à moins que y touchant quelque conducteur non isolé , il ne revienne a son état naturel.

De ces expériences on déduit nécessairement ce qui suit :

ï*. Des corps .positivement électrisés au même degré se repousseront l'un l'autre : leur

fluide électrique positif étant attiré par le milieu ambiant qui est dans son état naturel.

2*. Les corps qui sont dans un même état négatif se repousseront également ; leurs molé^ coles matérielles étant attirées par l'électricité naturelle du milieu environnant.

5*. Les corps électrisés , soit positivement ou négativement à differens degrés , s^attireront mutuellement jusqu'à ce qu'ils soient proportionnellement électrisés d'une manière égale ; alors ils se repousseront l'un l'autre , et tendront a se pmter vers les substances non électrisées.

4*. Les corps positifs et négatif s'attireront réciproquement; et, s'ils sont électrisés au même degré d'intensité, au moment du contact, . ils reviendront à leur état naturel.

5*. Dans le cas d'électricitç positive et négative à des degrés differens , les corps s'attireront, et, après s'être touchés, ilsseront électrisés dans la proportion suivant laquelle la somme de leurs électricités différera de celle du milieu environnant.

De là on peut conclure que , quand deux corps s'écartent l'un de l'autre , ils ont des électricités semblables ; lorsqu'au contraire ils s'attirent , ils sont inversement électrisés (6). Une foule d'expériences purement récréa*-

tives ne reconnait d'autres causes que celles qui viennent d'être exposées. Des corps légers, placés entre des conducteurs différemment électrisés^ se portent de L'un à l'autre, et par cette succession de mouvemens alternatife offrent des résultats asse:i singuliers. Dans les exemples suivans , qui sont des ]Hreuyes vulgaires du mouvement électrique , le corps n»u est toujours pjacé entre une sur&ce électrisée et usie seconde qui est en cocnraunicatipii avec le sol . 11 est d'abord attiré par la première à raison de la différence des états électriques; soi momeoft du contact , il s'électrise de la même manière qu elle , et est alors repoussé vers le corps qui communique avec le sol; il repasse à sootéÊt^ naturel aussitôt qu'il l'a touc hé , est aloi» rénfe^joé par la surface électrisée; devenu rlnrliin— pour la seconde fois , il. retourne à sa premîjjkre situation pour être encore attiré , etc. , mou^ vement qui doit nécessairement continuer jusqu'à ce quç les états électriques des deu:^ surfaces soient devenus semblables et égaux. Les corps légers, mis en mouvement par l'élec* tricité , peuvent donc être considéra comme des véhicules qui servent à transporter le fluide électrique d'un système de corps à un autre , et qui deviennent ainsi la cause de sa distribution naturelle.

Exp. 16. Placez sur la paume de la main une feuille mince^ d'or^ d'argent ou de tout autre métal ; présentes-la à quelques pouces d'un conduc« tenr électrisé ; elle sera attirée et continuera a se mouvoir alternativement de la main au conducteur, tant que ce dernier conservera son état électrique.

Exp. 17. Suspendez au conducteur d'une machine électaîque un plateau de cuivre , et au dessons ^ à la distance de trois à quatre pouces, vous en placerez un second communiquant avec le sol ^ et sur lequel vous poserez des petites figures en papier ; vous électriserez enle plateau qui communique avec la ma- , les petites figures seront alors attirées y leurs mouvemens alternatif simuleront jR>rte dé danse.

'Exp. i8. Mettez sur le conducteur de la machine y une pointe de métal, qui vous servira pour électriser Fintérieur d'un verre à boire bien sec, dont vous présenterez successivement les différens points au fil de fer, pendant que la machine est en mouvement. Placez sur une table plusieurs balles de moelle de sureau , que vous couvrirez ensuite avec le verre électrisé. Vous verrez ces balles se porter alternativement de la table au verre , et leur mouvement con- ' tinuera pendant quelque temps.

Exp. 19* Pk^effMsiiine petke houle de métal qoe vous fixerez à l'extrémité df un Ûi de soie , au moyen ducfuel tous la suspttodfes à égpic di$(as»ee de dmix timbres soutenus par desr tubes de verre ^ et éciurtés Ywel de* Faulre da peu près, un pctoce. Etablissess une communication entre le conducteur de. la machine et Tun des-timibreSy faites communiquer le second avec le sol et aussi long-temps <|iie durera 4e mouvement du» cylindre ; la booie de métalira de.' Tun k Fautre- timbre ,. et produira un carillon électrique.

. Ëxp* 20. IsoleiB nn anneau de cuûinne. de manière qu'il soit éloigné dlk peu près un poaoe ^t demi f de la sur&ce d'une table^ sur laquelle il doit être placé et mis en.commmiication avec) le conducteur de la machine électrique; posez ^isuite sur la table et dans l'anneau, une boule de verre souillée ^ légère et bien sphérique ^ dedeux pouces de diamètre environ. Laludle serai attirée par le cercle métallique ^ le touchera et: deviendra, électrique dans le point de contact seulement^ lequel, étant alors soumis^à l'attrac^ tton que la tablé exerce sur lui ,. prendrai du. mouvement etr sera remplacé par une. autre portion de la. boule, qui bientôt après sera également repoussée. Cette action se répétant à chaque instant, la balle prend un mouvement

de rotation H âétrit là cûcoaCereiice iatérîeùre de f anneâtt. Cet effel qu'éprouye la boule de yétréàéfétod de sa &ciilté non condnctriee f qm HmHe l'inflaesce dà eoiitact à la portkm ton* chée de aa sur&ee , dont les différen» points sont aloré dtyefsement éleetrisés eii même temps.

Ces divers monvemens ékctriqnis , qm sont to«9 rqiportés à la même eanse , metteM en eYÎdeiice la matémlité d» fluide ëlectrrque ^ dont 1 attractiefi iiidîquè ici une de» pioa essen^ tielle» profriété» de la matière ^ et peut même contre-belafice^ le9 effets de la pesanteur. L'écvieniénf des. dtfërentéé parties de» corps lônqu'eUés sont sembblilement électriséesy ediifi^ la supposition précédente ^ ce quo £eu£peut voir par lés expériences suivantes.* \fSsstPi âti • Isaiez l'un et Faut ré conducteur 4éi{appareil électrique et àieftez en c6mmu* OMtion arec chacun d'eux un électromètre k Ules de sureau; la machiiie étant mise en moèiTémenl y chaque électromètre divergera , ev ïvoL et l'autre difi%reAt de l'étet étectri!que de l'aîr ekivironnaivt ( Tun contenssit phis de fioide et FautCre moins)* Rétmisiez lescondnetears oppè8À> au mojen d'un fil métallique ; la divergence cessera, Itf différence électrique entre ces conducteurli et 1^ ambiant étaut akis anéintie.

Ëxp. 212. Prenez une douzaine -de fils> dont vous réunirez ensemble les extrémités supérieures; faites la même chose à Fégard des bouts inférieurs ; attachez ensuite au nœud du haut uneespèced'anneau au moyen duquel vous suspendrez ces fils à un des conducteurs de la machine : dès qu'ils seront électrisés , ils s'écarteront les uns des autres , et le nœud infériem* se rapprochant du supérieur , ils prendront une figure sphérique ^ qu'ils garderont aussi longtemps qu'ils conserveront leur électricité.

Exp. 23. Isolez une fontaine de compression , électrisez-Ia; aussitôt son jet se subdivisera , occupera un espace très -considérable , mais reviendra a sa dimension primitive à l'instant où l'on discontinuera l'électrisation.

Exp. 2^' Fixez un morceau de cire à cacheter k un fil de fer , que vous ferez entrer dans l'un des trous pratiqués au conducteur de la machine électrique ; amollissez la cire au moyen de la chaleur, tournez alors le cylindre^ et des fils très -déliés de cette substance se formeront aux dépens de sa masse. Si on les reçoit sur une feuille de papier, ils présenteront des filamens tenus , que l'on peut comparer à de la laine rouge très-fine.

Exp. a5. On verra, par la suite, que les corps terminés en pointe transmettent lelectricite

Vf te beaucoup plus de Êicilité que ceux' dont les extrémités sont mousses ou arrondies : de là y si un conducteur quelconque électrisé a des pointes à sa sur&ce , Taîr qui leur correspond s'âectrise de la mèine manière , s'en écarte et est ensuite remplacé par de nouvelles particules , qui à leur tour s'électrisent aussi , et sont ensaite repoùssées ; en telle sorte qu'il s'établit un courant d^air non interrompu , déterminé par la pointe, et qui parait en sortir, qu'elle soit électrisée positivenjent ou négativement. On a construit sur ce principe divers appareils à mouvement circulaire. La figure 8 représente des fils de métal placés en croix , et dont les extrémités pointues sont recourbées dans le même sens. Si l'on soutient leur centre sur un pivot et qu'on les électrisé, ils tournent avec beaucoup de rapidité dans une direction opposée à celle de leurs pointes; la réaction <]ae l'air exerce contre eHes est la cause de ce mouvement.

Une pointe électrisée est capable de déterminer un courant d'air , qui suffit pour faire tourner avec rapidité un volant ayant quelque ressemblanceTavec la disposition des aubes d'un moulin à eau ; et , si l'on présente une chandelle allumée à un tel courant , sa flamme peut être soufilée.

Tels sont les principaux phéfitomèctes du mouvement produit par l'action électrique; ils sont susceptibles d'une infinité ée nuances ^ mais sont toujours conformes aux principes précédemment établis^ G*e6t<4i-<[ire a l'attrac-^ tion du fluide électrique pour la matière , et à sa tendance k se répandre uniformément; propriétés qui peuvent être quelquefois suspens dues par la faculté non conductrice de certains corps et les modifications dont est susceptible la force d'attraction.

Page 1