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CHAPITRE IV

Des phénomènes que présente la hmœre électrique.

Lies apparences lumineuses , produites par rélectricité , se montrent sous une infinité d'aspects difierens : aussi est-il nécessaire de les examiner avec attention , et de comparer les circonstances de leur production > avec les prin* cipes généraux, que l'on peut considérer comme servant de base à cette branche de la physique.

La lumière n'est point un phénomène qui accompagne constamment toute production d'électricité ; elle ne se manifeste que lorsqu'on fait usage de puissans appareils^ et brille en

proporlkm 4e l'intensité électrique développée. SQj^)06ee que dix particules d'électricité soient ajoutées ou retranchées à un corps > dont rattraclion naturelle est représentée par a5. La diflërence électrique.entre ce corps et ceux qui renyironnent (supposés être dans leur état naturel) s»a lO. L'intensité de son état positif ou négatif 9 pourra aussi être représentée par le même nombre. Si ipaintenant vous admettes que Taltération qu'a subie la quantité naturelle de rélectricité du corps soit ao^ sa différence électrique sera double^ et il en Ê&udra dire autant de son intensité : expression qui est ici employée pour indiquer la quantité ^ soit en plus soit en moins ^ dont un corps quelconque électrisé est écarté du point qui lui sert de limite (*).

{*) Vêaiùdié que Ton suppose au fluide électrique per* net à un nombre plut ou moins considérable de particules » de se loger dans un même espace; et son intensité ou sa tendance à se mettre en équilibre ^ sera proportionnée à la quantité accuowlée sur une surface donnée , ou , en d'autres termes , k sa densilé. Ceci correspond aux actions que déreloppent les fluides élastiques ; l'air , par exemple : en admettant qu'à raison de sa densité , il puisse bîfe équilibre À on ponce de mercure , en supportera deux lorsqu'il sera mmprimé de manière à occuper la moitié de l'espace qu'il remplissait précédemment) il n'en supporterait au contraire

La lumière émise dans les cas ordinaires d'excitation n'offire que des apparences peu prononcées ; les étincelles ne peuvent avoir lieu^ que quand Télectricité est concentrée , ainsi qu'il arrive pour les conducteurs de la machine électrique. Lorsque l'étincelle éclate entre deux corps , leur forme ^ l'étendue de leur surface > la nature et la densité du milieu qu'elle traverse^ exercent sur elle une influence^ qui nous met dans la nécessité de considérer séparément chacune de ces conditions.

La distribution de l'électricité sur les conducteurs a évidemment fart peu de relation avec leur solidité , mais dépend surtout de l'étendue de leur surface; car on obtient les mêmes résultats , soit en employant des cylindres ou des sphères de métal d'une trèspetite épaisseur y soit des corps solides ayant la même forme et les mêmes dimensions ; il est probable aussi que l'action des conducteurs isolés consiste dans la rapidité avec laquelle ils communiquent leur état électriquie à la couche d'air contiguë à leur surface , et à la

qu'un demi si son volume Tenait à être doublé , et s'unirait k l'eau ou autre liquide en quantité proportionnée à sa densité (7) : il y a quelque analogie entre les électricités positive et négative I et l'air condensé et raréfié.

facilité <pi'ils offrent pour déchaîner cette couche électrisée, quand un corps non isolé, ou dans un état électrique opposé, est placé dans leur voisinage. Car tout conducteur po*- «tiyement électrisé , et celui qui Test négativement, sont entourés l'un d'une atmosphère positive, l'autre d'une atmosphère négative, dontles densités, toutes choses égales d'ailleurs, décroissent comme le carré de leur distance à la snrÊice augmente. Ainsi un corps quelconque isolé et électrisé , conservera son état électrique jusqu'à ce qu'il ait une intensité suffisante pour vaincre la résistance de l'air (qui est le milita servant à le séparer des corps non isolés ou différemment électrisés). L'espace plus ou moins considérable que franchit l'étincelle est nonuné distance explosive (8).

Quand la surface d'un conducteur est uni- &nne, la résistance de l'air environnant l'est aussi : mais dans le cas où cette même surface présente des irrégularités, la tendance du fluide électrique , pour entrer ou pour s'échapper , sera plus forte aux endroits les plus élevés , et d'autant plus forte qu'ils présenteront des angles ou des pointes. Pour comprendre ceci , il sujfit de se rappeler que chaque conducteur électrisé est enveloppé d'une atmosphère qui a la même figure que lui , et dont la surface qui

lui est contigttë est éiectrisëe de la même manière : électricité qui ne peut être transmise à travers l'air y sinan par le monvement de ses particules. Cette translation des particoles est arrêtée par la réaction que leur oppose l'air qui les environne; et les différens points de cette seconde sur&ce étant également susceptibles de recevoir Félcctricité , elle ne peut par conséquent en favoriser le mouvement dans une direction plutôt que dans Tautre : c'est pourquoi Fatmosphère électrique et irtimédiate du conducteur ne pourra sVn éloigner ^ étant arrêtée par une couche d'air qui lui résiste également dans tous les sens. Mais , s'il y a une pointe proéminente placée sur le conducteur > et qui pénètre cette atmosphère ^ elle facilitera leloignement des particules d'air électrisé qui lui correspondent : en les plaçant à une plus grande distance de la surface électrique d'une part , et en les exposant de l'autre à l'action d'un plus grand nombre de particules non électrisées.

L'action des corps pointus ou anguleux consiste donc à favoriser la rétrogradation des particules d'air électrisé, en plaçant une portion de l'atmosphère du conducteur dans xine situation plus exposée, à l'influence du milieu

ambiant , cb qui produit ub courant d'air qui v« de la pointe âectrisëe n^vs le £orps non iscié le plus voisin c d'où il réseàtB que le9 éorps les plus proémiueiié et les plus prârtus truismetleut le fluide électrique wee plu» de ^Kriltte^ puisqu'ils sont ceux qui remplissent le mieux les couditioifs exigées.

Une sur&ce sphérique est celle qui , consirdérée relativement à l'atmosphère qui l'cnvî-^ ronqe 9 a le plus d'uniformité; c^estpoiu'quoi des globes ou des cylindres , terminés par des portions de sphère y sont communément employés comme conducteurs isolés ; et les dimensions qu'il &ut leur donner dépendeut de l'intensité électrique qu'on veut obtenir. Uue pointe p^ut être regardée comme une boule d'un diamètre infinimentpetit, et agira en effet ainsi , eu égard à de petites quantités d'électrité; et une balle d'un diamètre modéré pourra aussi faire fonction de pointe si elle est fortemeut çl^ctriisée*

Si deux sphères d'égal diamètre -, mises en contact l'une avec Fautre au moyen d'un fil de fer, sont électrisées , leurs atmosphères s'étendront à la même distance , et auront par conséqaent la même intensité. Si le« sphères sont dç diamètres très-inégaux, l'atmosphère de la plus petite sera plus étendue , et elle aura néeessai-

rement une plus forte intensité électrique (^) , de manière que Fon peut retirer d'une petite boule adaptée à un conducteur , une étincelle

(*) M. Deluc a dëmontrë et fait d'une manière satbfaiiante , et qui n'exige qu'im appareil fort siaiple : deux pla« teaux circulaires de mëtal , dont les r^borda sont arrondis et polis. L'un d'eux, que j'appellerai A,, peut avoir de dix à douze pouces de diamètre et être maintenu dans une position borizontale par un support isolant. Le second , que je non^me B, ne doit point avoir plus d'un pouce de diamètre , et un douzième de pouce d'épaisseur; du reste y il doit , ainsi que le précëdent, avoir un manche isolant. Le disque A étant électrisé positivement ou négativement » B , que l'on tient par son manche isolant , est appliqué par sa surface à. une portion quelconque de A ) étant ensuite retiré de la même manière , et présenté à la partie supérieure de l'électromètre, la divergence qu'il produira fera connaître l'intensité électrique du point avec lequel il a été mis en contact. On touche une autre portion de la surface de A , et portant de nouveau le petit plan & l'électromètre , la divergence , pins ou moins considérable , fera connaître la différente intensité des deux portions du même conducteur. On peut répéter cet essai , et en général on trouvera que l'intensité est moindre au centre de la surface de A , et qu'elle augmente graduellement en allant vers la circonférence , et que c'est au bord lui-même où elle est la plus grande. On a fait de semblables expériences avec des boules de diamètres régulièrement décroissant , mises en contact les unes avec les autres au moyen d'un fil de métal : la plus petite balle est celle qm a offert la plus grande intensité électrique (9).

plus longue qne celle qa'on obtiendrait du conducteur lui-même ; et en général à mesure €[ae la boule sera davantage éloignée de sa surface (^) , cette étincelle aura plus de longueur ; ce qui ' mène à cette conséquence que la pointe la plus aigué, et qui eu même temps s'éloigne le plus d'une portion quelconque du conducteur y est celle qui agira avec le plus de rapidité ^ soit pour recevoir/ soit pour transmettre l'électricité. M. Achard a montré qu'une simple pointe métallique fixée au centre d'un disque de cuivre , d'un pouce et demi de diamètre , produit , soit pour laisser entrer ou sortir l'électricité , un plus grand effets que neuf pointes pareilles adajptées

(♦)MM. Gayendish *, Coulomb** , Laplace cl Poisson*** ontdierdié k détermiDer quelle relation existe entre la surface des différens conducteurs et riutensitë électrique correspon- <lante ; chaque analyse suppose une hypothèse , et celle de M. Cayendish parait la plus rationnelle , quoiqu'il y ait d'ailleurs plusieurs circonstances qui excluent une démonstration expérimentale rigoureuse. Il est ft effet probable que les intensités électriques sont en raison inverse des surfaces , en commençant par la surface plane oii eUe est la moindre jusqu'il la pointe où elle peut être regardée comme infi* nie (lo).

* Philos, trans. , toI. LXI , pag. 6^4 , etc.

** Acad. des Sciences, 1786, ^7^7» '7^8, 1789.

*** Mémoires de Hnstitut, 1812.

a la néiiie base; h proxhnHë de ces neuf pointe» leà fins»»! agir à peu près conmne le ferait une Sflir&ee cmidiietrice qtn atorait k mette etendne.

Si Ton insère dans Taxe d^ine sphère de enivre d'un grand diamètre ^ nire ptaite aâgnë^ 4|ÉieFon pourra y an mcr^en dnne petite vis, finre plu» ou moins saillir atr^dessos de sa snr^ face, on obkiendrs ayet cet appareil un effet sentUd^le à ceint tpié pourrait prodicire une sphère dW diamètre quekouque. Loirsque la poîMe est au-dessous de la surÊice de la sphère , eUe n'exerce aucune action f mats sa &cfultëpour trffiasmettre f éleetrickë ^ augm^ite à mesure qu^eUe devient plus saîlk^nte; et il est uù terme où elle détruit complètement l'influence de la sphère.

]!)'âprès la loi probable de la distribution électrique^ indiquée dans la note précédente, il suit> que plus les dimensions d'un conducteur isolé seront grandes, plus considérable au^i devra être la Aarge^ électrique nécessaire pour ^fne FétinceSe firanehisse une distance qso^léotiqi:^ doûnée : ausâi péût-on> avec une même m^chme éleCtri^e, produire deis effets différens en employant des conducteurs de dimensions variées. De là encore resuite , que des étincelles de même longaeiiF,. retirées de

conducteurs ayaat èe$ proportions différentes, varieront en force comme elles differenf rela*tirement à la quantité ée Ûvàée électrique. Les condacteuTs dont les dimensions eu longueur sont tr^-étendaes, donnent des étincelles plus courtes* que ceux dont la surface est ptus ramassée; mais quelquefois elles sont plus puissantes (*).

Les expériences suivantes montrent quelle est Finfluence de la forme et de l'étendue du conducteur ^ relativement aux apparences de la transmission électrique.

Exp. 26. Présentez une sphère de cuivre de trois pouces de diamètre , au conducteur positif d'une forte machine électrique; de brilr laotes étincelles éclateront entre eux, et seront accompagnes d'une explosioor plus ou moins forte. Letdq)i?on veut que les^ étincelles se sue* cèdent rapidement ,. il faut placer la boule à tme moindre dktance du cnndui^iifiiu»? ainre*

iMM

(*) IL JBrook. de Norwich a formé iia très^and condueleur avec des vo^^ métalliques , suspendues, par des tiges àe veire et assemblées entre elles de façon k imiter un gril. Atcc cet appareil , les étincelles , quoique plus courtes , étaient beaucoup plus douloureuses que celles d*un conductear de cinq pîcds de long et de cinq pouces de diamètre , diaigé a?ec le ménie cyUndre.

elles se dirigeront eu ligae droite et seron t plus nombreuses.

,£xp. :x'j. Adaptez au conducteur une boule d'uu pouce et demi ou deux pouces de diamètre , et, afin cpi'elle s'écarte davantage de la surface électrisée , elle doit être fixée sur une tige de trois à quatre pouces de long ; approchez-en la grosse boule de l'expérience précédente; vous obtiendrez des étincelles plus longues que celles fournies par le conducteur lui-même ; mais elles seront moins brillantes et se dirigeront en zigzag,

Exp. 28. Substituez une petite boule à celle qui , dans la dernière expérience , était fixée au • conducteur ; le fluide électrique franchira une plus grande distance : mais il sera divisé en un grand nombre de rayons à peine lum iueux , et fera entendre un bruit très-faible ; effet qui aurait encore lieu si , la machine électrique étant très-forte, on se servait d'une plus grosse boule. Pour obtenir ce résultat d'une manière plus certaine, il est préférable de présenter au conducteur de l'appareil un corps ayant une sur&ce plane , et de la classe de ceux qui conduisent imparfaitement le fluide électrique; tels sont le bois, le papier^ la forme d'un chapeau, etc.

Si vous remplacez , par une pointe aiguë ,

k sptiere adaptée au conducteur , vous n'en pourrez retirer aucune étincelle ; niais vous apercevrez une aigrette formée de rayons diyergens plus déliés que ceux observés dans lexpérience vingt-huitième , et 1 électricité sera transmise à une plus grande distance.

Si Ton fait varier la sur£aice du corps non isolé qui reçoit les étincelles, on aura des résultats diversifiés et analogues à ceux que Ton obtiendrait en changeant la sur&ce du conducteur.

Exp. ag. Tandis que le courant d'étincelles qui éclate entre la grosse boule et le conducteur, franchit une distance d'un pouce et demi à peu près, présentez au conducteur une pointe aîguê, environ au double de cette distance; aussitôt les étincelles disparaîtront, et le fluide électrique sera silencieusement transmis au moyen de la pointe.

Exp. 5o. Renfermez une pointe dans un tube de verre'; disposez-la de manière à ce qu'elle puisse rentrer dam son intérieur et s'éloigner d'une quantité quelconque de son ouverture. Dans cet état, l'influence de la pointe aura disparu, et elle transmettra l'électricité par étincelles, ainsi que* le ferait unie sphère. On détruit égalementle pouvoir d'une pointe, en la plaçant entre deux boules^ ou en empêchant ,

d'une manière C[UeIconque, qu'elle soit libre et saillante.

Exp. 5r. Isolez une capsule de mctal poli, et dont les rehords soient arrondis ; mettez dans cette capsule une chainede même matière , qui ne présente ni pointes y ni aspérités , ni angles saillans y et à l'un des bouts de laquelle • vous attacherez un fil de soie, que vous ferez passer sur une poulie ; de manière que vous puissiez y à volonté y retirer en partie la chaîne de la capsule : mettez en contact avec elle un petit électromètre à balles de sureau; électrisez cet appareil , soulevez la chaîne de dedans la capsule , aussitôt vous verrez la divergence de Félectromètre diminuer , et lorsque vous Tabaisserez y la divergence primitive reparaîtra. Les deux corps forment ensemble un conducteur dont la sur&ce augmente lorsqu'on élève la chaîne y et cet accroissement amène une diminution d'intensité électrique , en presen-tant une surface plus étendue à l'air non électrisé.

Si l'on Ëiit cette expérience avec une cajraule et une chaîne de grandeur suffisante, et qu'elles soient bien isolées , les étincelles pourront servir à donner les indications que fournissait l'électromètre de l'expérience précédente ^ et

^es seront plus ibiies qu&iui là surÊsK^e seltt moins étendue (i i).

Les étincelles sont ^ toutes choses égales d^aili^ leurs, d*autant plus brillantes que les substances entre lesquelles elles éclatent sont meilleurs conducteurs : aussi les métaux sont-ils presque exclusivement employés à cet usage. Le bois et antres conducteurs imparfaits ne produisent qu'un courant faible et d'une couleur rouge; Cependant ces substances remplissent les fono^ tions de pointes avec quel<|ue efficacité f et les poussières qui souvent s'amassent autour dé r^ppareil électrique agissent ainsi > et gênent beaucoap les physiciens.

L'électricité n'est pas nioins ibfluencée pa# la nature et la densité du milieu qu'elle tra^ verse ^ que par l'étendue et la figure des con<^ ducteurs qui la transmettent : communément elle a un éclat et une (otte qui sont proportion^ nés à la densité et à la fiiculté isolante du milietf dans lequel elle se meut; et c'est ce qui a fiiit pen« ser à Morgan (^) et a Biot (^*) que la lumière électrique est exprimée de ces milieux par le compression mécanique qu'éprouvent leurs molécules lors du passage rapide du fluide

{*) Pliilos. traasact. , Tol. LXXV^ p. 198. {**) Annales de Giiimîei voL LIII, p. 32 1

électrique ; idée qui est assez d'accord ayee la plupart des expériences faites à ce sujet.

Les di£férentes formes que présente l'étincelle f proyiennent des diverses modifications qu'éprouve la cause qui les produit^ c'est-à-dire , 4e la rapidité ^ et de la quantité du fluide élec-^ trique , ainsi que de la densité et de la propriété non conductrice du milieu qu il traverse. Dans lair libre les longues étincelles forment toujours des lignes flexueuses; car le fluide électrique , se mouvant avec une extrême rapidité , condense l'air qui est en avant de lui , et le rend par conséquent, dans cette direction , plus résistant que celui qui est situé latéralement; ce qui amène la déviation du fluide : bientôt l'air comprimé dans cette nouvelle direction , réagit avec plus de force, oblige l'étincelle à s'écarter de nouveau ; et ces inflexions successives produisent l'apparence du zigzag. Lorsque l'intervalle à fi:*anchir est petit, 1 etincelle se meut ordinairement en ligne droite ou très -légèrement courbée; mais son apparence est irrégulière , quelquefois comme brisée , interrompue en différentes parties, et le plus souvent plus rouge et moins brillante à sa partie moyenne que vers ses extrémités. Il est probable que ces irrégularités proviennent principalement de l'hétérogénéité de

latmosphère ; car dans le vtde les courtes étincelles sont uniformes > et les longues rarement infléchies.

Pour déterminer, par expérience, quelle influence exercent sur l'électricité les différens milieux gazeux, il suffit d'un appareil fort simple; c est lin globe de verre d a peu près quatre pouces de diamètre , terminé par deux appendices mastiqués dans des douilles de cuivre : à Fane d'elles est vissé un robinet portant un fil de métalet une boule, qui pénètrent dansFintérieur da globe; une seconde boule est attachée à un autre fil qni glisse dans une boite à cuir, vissée à Vautre douille , en telle sorte que Ton peut placer les deux sphères que renferme le globe à une distance quelconque Tune de L'autre (voyez fig. 9). On fait le vide dans cet appareil^ en l'adaptant à la machine pneumatique au moyen du robinet ; après quoi on peut le rempKr de tel ou tel autre gaz , raréfier ou condenser l'air qu'il contient , puis examiner l'influence que peuvent exercer sur la forme de Tétintelle ces divers milieux. En condensant l'air, la lumière devient blanche et brillante : en le raréfiant elle se divise et s'affaiblit , et dans l'air très^raréfié , elle est diffuse et d'une couleur rougeâtre ou pourprée. L'influence des différent gaz parait être proportionuée à leur densité :

^ans le gaz acide carboni€[ue I^étincelle est blanche et vive; dans le gaz hydrogène elle est rouge et faible (12).

Amesure ouelararetédWmilieu augmente ,1 l'intensité électrique nécessaire pour le rendre lumineux est moipdre , ce que rpn prouye fort ))ien de la mimière suivante.

Exp, Sa, A une des extrén^îtés ouvertes d'un tube de verre , ayant plus de trente pouces de long j, scellez un fil de fer ou de platine Élisant une petite saillie dans son intérieur; vissez une boule à l'extrémité du fil qui est hors le tube ^ que vous remplirez ensuite de mercure , puis le renverserez^ dans une capsule contenant ^ussi 4e ce métal. Alors il se formera un vide à sa partie supérieure, lequel augmentera lorsque le tube sera yertical, et diminuera graduelle-, me^t lorsqu'on l'inclinera. Une étincelle, qui daps Faîr libre franchissait seulement un quart de pouce, traversera avec facilité un espace vide de plus de six pouces ; et si vous établissez une communication entre le mercure de la capsule et le sol ^ toutes les fois que la boule qui termine le fil de métal sera approchée du conducteur électrisé, un courant d'upe lu-. mière faible traversera la partie supérieure du tube. Si, avant de le renverser pour plonger spn extréppîté ppyertç dans h capsule , on

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a mis à la surface de la coloane de mercure <{u'il cou tient, une goutte deau ou d*étber, a riostaat où ou le retourne le liquide se porte à sa partie supérieure , et lorsqu on retire le doigt f le mercure s abaissant , 1 ether ou Teau forme une vapeur qui se répand dans le vide^ et un courant d'électricité en la traversant , deviendra lumineux et d une couleur qui dépendra de son intensité. Quand l'étincelle est forte et passe à travers quelques pouces de vapeurs d'éthet^ elle a communément une belle couleur verte.

Exp. 35. Ajustez à un récipient, de douze k quatorze pouces de haut sur six a sept de diamètre , un fil de métal dont Textrémité , qui pénètre dans le récipient, ait à peu près deux pouces et soit terminée en pointe; placez ce técipient sur la platine de la machine pneumatique, électrisez positivement le 61 par sa partie supérieure , tant que Tair du récipient conservera sa densité, vous n'apercevrez qu'une aigrette lumineuse peu étendue ; mais à mesure que l'air sera raréfié, en faisant agir la pompe, l'aigrette deviendra plus volumineuse et la lumière d'autant plus diffuse^ que la raréfaction sera plus considérable, jusqu'à ce qu'enfin tout le récipient soit rempli d'une belle lumière rougeâtre dont la couleur est

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Buancëe à proportion que Félectrieîté transmise est plus intense ; et^lorsqu onse sert d'une bonne machine pneumatique , cette expérience produit un spectacle qui flatte agréablement 'la vue.

Les bons conducteurs de l'électricité deviennent aussi lumineux^ quand ils ont une ténuité suffisante^ et livrent passage au fluide électrique.

Exp. 54* Isolez une grosse boule de métal , à laquelle vous attacherez un fil d'argent de deux ou trois aunes de long, et dont l'autre extrémité sera tenue dans la main. En dirigeant des étincelles sur la boule, le fil paraîtra fai-* blement éclairé dans toute sa longueur (i5).

L'étincelle électrique , regardée à travers un prisme, offre toutes les couleurs prismatiques^ et est analogue à la lumière solaire par la faculté de les laisser voir toutes séparément p^r l'inteiv position de' difïerens milieux , ce que prouve l'expérience suivante.

Exp. 55. Prenez un morceau de bois de sapin peu résistant , d'environ trois pouces de long et d'un pouce et demi dans ses autres dimen-* sions; enfoncez obliquement à sa surface, et à une profondeur d'à peu près un huitième de pouce, deux fils métalliques pointus qui doi-^ vent être distans l'un de l'autre d'environ un

et demi^ inclinés dans des directions

r'es y et placés suivant la longueur des Une étincelle qui éclatera à travers le ^ur se porter d'une pointe à l'autre , prenfes couleurs différentes suivant qu'elle travenera une partie plus pu moins profondément située; et si on enfonce une pointe davantage que l'autre^ en sorte que l'étincelle passe obliqjaemeat et sous différentes épaisseurs de bois, on pourra apercevoir toutes les couleurs à la fois.

Des étincelles tirées à travers des balles de bois ou d'ivoire, prennent une couleur cramoisie; celles que l'on retire de la surface d'un cuir aiijenté, ont une teinte verte brillante (i4)> une longue étincelle qui passe sur le charbon en poudre est jaune , tandis que celles que fournissent les conducteurs imparfaits , ont une couleur pourprée ; l'épaisseur de la couche d'air à travers laquelle on les aperçoit, contribue aussi à faire varier leur apparence ; car l'étincelle verte dans la vapeur de l'éther parait blanche quand l'œil est placé à une petite distance dutube, rougeâtre au contraire lorsqu'on la regarde à une distance considérable ('*').

Lies conducteurs' métalliques , lorsqu'ils ont

(*J Morgan't Lectures , p. a34«

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une dimension suffisante , transmettent rélec* tricitë sans apparence lumineuse quelconque, pourvu cependant quils soient absolument contigus; et, s'ils sont tant soit peu séparés, une étincelle brillera à chaque solution de contiguïté. C'est d'après ce principe que l'on a con&truit différens appareils. On colle, d'une manière convenable , sur une lame de verre une bande étroite d'étain , et on la coupe traiisversaleniei(t au oaoyen d'un canif, dans lea endroits où Ton veut que l'étincelle éclate ( le canif doit être passé deux Ibis sur la petite bande , dans des directions opposées et croiséçs en forme X, d'où résulteront de petits losanges très^^peu écartés les uns des autres). Si un conducteur, ainsi interrompu, est collé en spirale autour d'un tube de verre dont Tune des extrémités sera tenue dans la main, et l'autre présentée au conducteur électrisé; une brillante ligne de lumière contoui*nera le tube , que pour cette raison on a nommé tube spiral , ou collier de diamans ( tube étincelant ) (voyez fig. lo). On peut, en renfermant ce tube dans un autre plus large et convenablement coloré , imiter le ç^phir , la topaze , f émeraude et autres pierres précieuses. On peut aussi obtenir, à ^eu près de la même manière, des mots , des fleurs , ou autres figures compliquées ; à cet effet ^ on coUe »

lurune lame de verre /de petites bandes de métal interrompues comme on peut le voir ( fig. 1 1 ). La tendance du fluide électrique k émettre de la lumière, quand il passe d'un con-> ducteur à un autre , est telle que leur contact apparent ne peut lempâclier entièrement; aussi une chaîne devient-elle lumineuse à chaque contact de ses chaînons, lorsqu'elle est traversée par Que forte électricité. La lumière produite par Taciion d'une forte machine électrique^ est si considérable, que souvent de vives étincelles^ qui éclatent entre deux grosses boules ^ suffisent pour édairer entièrement une très-* grande chambre , de Êiçon k laisser apercevoir distinctement les objets qu'elle contient. Avec une machine dont le cylindre avait quatorze pouces de diamètre , j'ai pu quelquefois rendre lumineux un tube étincelant long de neuf pieds , et dans lequel le fluide électrique passait à travers htiit cents intervalles distincts.

Tels sont les principaux phénomènes que présente la lumière électrique ; ils sont indubi-^ tablement conformes k Fidée que donne l'action mécanique d*un fluide agissant sur des milieux résistans ; mais , soit que l'on envisage la lumière émise comme une des parties constituantes de ces milieux, ou comn^e une des proprictcs du fluide électrique lui-même, les

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fiaits ne fournissent aucune donnée pour {M*a» noncer à cet égard*

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