CHAPITRE IL
Effets mécaniques de Télectridié.
'CaAQOTE fois que le fluide électriqjae passe d'un corps à un autre, il produit toujours <pielques effets mécaniques. Lprsque son mou- 'vement est lent, il meut les corps l^ers, ^it len^agissant directement sur eux, soit au moyei;i da4:ourant d'air qu'il détermine : quand, au contraire , xet agent est animé d'une grande
\itesse , il manifeste une lumière plus ou moi» vive , souvent accompagnée d'un bruit jJus ou moins éclatant, produit par le choc subit des particules d'air déplacées lofô du passage du fluide. L'intensité de ce bruit doit donc être en proportion de la quantité et de l'énergie de la chyge. Par conséquent, si des jarres de difr férentes dimensions sont électrisées au même degré et successivement déchargées, l'explosion sera d'autant plus foite que la jarre sera plus grande; et, dans les mêmes circonstances , une puissante batterie produira un «effet encore
plus énergique.
La conséquence immédiate du passage d'une charge électrique à travers une substance quelconque , paraît être l'expansion ou le déplacement des particules qui se trouvent directement placées sur la route du fluide , ce qui nécessairement détermina la compression de celles qui les environnent : en telle sorte que le résultat d'une explosion électrique a toujours quelques rapports avec les effets produits par une force expansive.
Exp. 49. Chargez une jan'e dont la surface armée ait à peu près un pied carré J applique» contre son armure externe, une carte ou la couverture d'un livre ^ sur laquelle vous placerez une des boules de l'excitateur^ en même, temps
que vous dir^erez l'autre vers 'le conducteur interne de la jarre : la charge traversera la carte, et les bords de louverture présenteront une petite bavure » du côté auquel répondait Texcitat^ur, et une autre plus large sur la face qui était en contact avec l'armure. Quand on se sert d'une batterie , on peut percer de la même manière une main de fort papier, et le fluide électrique se meut avec une telle mpidite, que, si ce papier est librement suspendu , il ne prendra aucun mouvement.
Exp. 5o. Poseç sur I4 tablette de l'excitateur universel un morceau de. papier sec; mettez en contact avec lui , et à la distance de deux pouces l'une de l'autre, les boules qui terminent les tiges mobiles de cet instrument* Faites ensuite passer une forte décharge d'une boule à Tautre; alors le papier sera déchiré : si vous lui substituez une certaine quantité de pains à cacheter, ils seront dispersés, et ceux à travers lesquels la charge aura passé seront mis en pièces. *"
Exp, 5i. Percez deux trous aux extrémités opposées d^un morceau de bois long d^un demi-pouce , et épais d'un quart de pouce : faites entrer dans les trous deux (ils métaUi«ques , de manière que leurs extrémités , dans l'intérieur du bois , soient séparées Fune dé
Tautre d'un peu moins d'un .quart de pouce* Faites passer une forte charge à travers les (ils de métal, et le morceau de bois aéra fendu avec violence : un morceau de sucre , des pierres, et beaucoup d'autres corps non conducteurs fragiles , peuvent être brisés de la même manière, si on emploie une charge suffisamment forte.
l^p. 52. Introduisez dans un morceau de terre glaise hioUe , deux fîLs métalliques, entre lesquels vous ferez éclater une forte charge électrique. La portion comprise entre les extrémités des Ris, sera développée d'une manière assez curieuse : l'expérience ne pourrait d'ailleurs pis réussir, si la terre était trop molle ou trop sèche.
Exp. 53. Faites passer deux fils de métal, à travers des bouchons placés aux extrémités^ d'un petit tube de. verre; laissez un intervalle^ d'un demi-pouce à peu près, entre ces fils; emplissez d'eau le tube, à l'intérieur duquel vous dirigerez ensuite une charge modérée : il sera brisé et l'eau dispersée.
L'expansion que l'électricité détem^ine dans les fluides est en effet bien remarquable, et produit quelques résultats qui sont vraiment surprenans. Quand la charge est forte , il n'y a point de vaisseaux de verre qui puissent ré-
sister à cette soudaine impulsion. Beecaria
iatroduisit une goutte d'eau au centre d'une
boule solide de verre , et £ûs9nt ensuite pa83^,
au moyen de deux fils de métal , un choc à
travers cette goutte d'eau , 1^ sphère fut briséç
avec une grande violence. M. Morgaii a réussi ,
par le même procçdé , a casser des bouteille
de verre vert remplies d'eau , lor^ même que
la distance^ entrç les parois du verre et les
fils qui transmettaient l'électricité , oxcédait
deux pouces. Moi-^méme^ nvec une charge
modérée ^ j'ai réussi ^ par ce même moyep , à
briser des tubes de cristal dont les parois avaic^it
un demi-pouce d'épaisseur , et dout le calibrç
intérieur était de mém^ dimension.
Exp. 54. Mettez dans la presse de l'excitateur nniversel t ou posez sur sa tablette une lame de glace d'envirpn yn pouce carré et un demi*** pouce d'épaisseur ; opposez l'une à l'autre les pointes des fils pétalliques , en les plaçant k une petite distance du tranchant inférieur du morceau de verre, de façon que J'étinceUe passe en dessous : la charge d'une forte jarrQ étant ainsi transmise^ manquera rarement dç briser la glace. Lorsqu'elle est seulement poséç sur la tablette, on r^tssujçtit a^ moyen d'un poids.
E^p. 55. Procurez-vous un petit mortier
d'ivoire , ayant une cavité d'un demi-pouce de diamètre sur un pouce de profondeur. Faîtes passer^ à travers ses côtés opposés, d«s fils de métal qui pénètrent vers le fond 4^ la cavité, et soient séparés l'un de l'autre par un intervalle d'un quart de . pouce à peu près. Une boule de liège , de dimension convenable , est reçue dans l'excavation qu'elle remplît exactement , sans cependant y éprouver de frottement. Lorsqu'on fait passer une forte décharge à travers les fils de métal , l'air , qui est dans le mortier, *est soudainement dilaté, et la boule de liège chassée à quelque distance avec une certaine force.
Exp. 56. Creusez un morceau d'ivoire, de manière à former une cavité sphérique , susceptible de recevoir aisément la moitié d'une bille faite en bois léger; au-dessous de la cavité, pratiquez tine excavation conique , dans laquelle pénétreront deux fils de métal placés sur les côtés du mortier : si on met une goutte d'eau , d'huile, d'alcoholou d'éther entre les deux fils de métal , et qu'ensuite on place la boule audessus , dans la cavité destinée à la recevoir, une charge dirigée à travers la goutte de fluide, la convertira en vapeurs et chassera la balle avec une grande rapidité.
Si on Êdt éclater la décharge d'une batterie
snr de^a glace ^ sa surface est quelquefois creusée y comme si on y avait posé une chaîne br&lante; si ^e passe sur de la neige, les parties à travers lesquelles elle se meut sont divisées , et , lorsqu'on la dirige sur de la pâte moUe, ime dépression permanente répond au trajet de Fétincelle ; si elle traverse une feuille verte , cette dernière sera déchirée en difFériitos endroks. Il parait donc qu'un effet expansiF a lien à chaque interruption du circuit métallique, ou à Viustant ou le fluide électrique de- Tient lumineux , lors de son passage. Ce pouvoir expansif produit un effet mécanique proportionné à la nature et à la résistance du milieu dans lequel il se développe. Les meilleurs conducteurs mème> lorsqu'ils ont une ténuité suffisante , éprouvent , de la part de rélèctricité , une dilatation considérable. Prenez un tube capillaire de verre ; emplissez^e de mercure, et faites passer an travers une décharge électrique; le mercure augmentera suflSsamment de volume pour faire éclater le tube.
La lumière électrique brille dans toutes les inteimptions du circuit métallique , même dans les conducteurs liquides , lorsqu'ils livrent passage au fluide accumulé dans une jarre. On peut ^re cette expérience avec de l'eau con-
tenue dans un tube de verre épais, à riatérieur duquel pénèlrent deux fils de métal y dont les extrémités doivent être à peu près en contact Une charge modérée suffira pour produire une étijacell^e brillante, et il ne £iut point, dans cette expérience, employer une électricUé plus forte que celle qui est absolument nécessjfîre , parce qu'il y aurait quelque danger da briser le tube^ On peut d'abord essayer une charge très-faible, et , si elle est insoflisante , on l'augmentera graduellement jusqu'à ce qu'on ait trouvé le degré convenable.
Dans l'huile, l'alcofaol etréther/Tétincellese mani£sste plus promptement, parce qu'ils sont moins bons conducteurs : mais l'es^pansibilité de ces fluides rend l'expérienoe plus dangereuse , lorsqu'on les emploie préférablement à l'eau. La difficulté de développer la luinière électrique dans un milieu quelconque , augmenr tant avec sa faculté conductrice , il faut une plus forte charge pour obtenir une étincelle dans l'eau chaude que dans l'eau froide : dans l'eau chaigée de sel, Ja difficulté est plus grande encore ; et dans les acides concentrés , on ne peut apercevoir la lumière électrique que lorsque le volume d'acide est peu cpnsi*-
dérable, comparativement à l'électricité transmise.
QadkjttèSMin» de ces fluides exercent une influence bien remarquable sur la distance etplosiTe dans Tair : le docteur Prîestley observa le premier que la décharge d'une forte batlerie firanchissait un plus grand intervalle a la surface de Feau que daus Fair libre. Ce fait peut être convenablement démontre de la manière suivante.
Ex». 57. "Tracez à la surface d'une lame de virre, avec une jdume trempée dans de Teau^ une ligne dont vous mettrez une extrémité en contact avec Tarmure externe d'une jarre , et à sbcpotices de distance, vous ferez toucher cette ligne par une des boules^ l'excitateur. Lors^ que la jarre sera complèAnnent chargée , vous porterez la seconde boule de l'excitateur sur le conducteur qui* a servi à lui transmettre le fluide ; et la charge traversera cet intervalle 4e six pouùès d'eau sous la forme 'd'une étinoelle.
Exp. 58. Avec une plume trempée dans de l'acÂde sulfurique, tracée sur une bande de verre une ligne , comme dans l'expérience précédente ; mettez une de ses extrémités en contact avec l'extérifur de la jarre ; la boule de l'exicitateur pourra être placée sur le verre à douée pouces de distance, et le fluide traversera cet intervalle avec autant d^éclat qu*U
a fi:*aii£hi l'espace de six pouces lorsqi^'oii s'est servi d'eau.
Dans l'unç et l'autre de ces eiqpérîences , si la ligue tracée avec le liquide est plus lai^e dans une partie quelconque de sa longueur , l'éclat de la décharge sera modudre eu ûanchissant cet espace ; ce qui probablement provient de la plus grande division qu^éprouve le fluide , en passant d'une portion moins étendue du conducteur , sur une autre qui lui offire ufte plus large surface.
Dans cqs diverses expériences ^ le fluide électrique exerce , comme agent mécanique , une action qui est unpuisy«it indice de son existence probable comme sutlftance matérielle f^et l'imperméabilité des coi^ JÇkQu conducteurs, quand ils le sont parfaitement, est démonjj^ée par les altérations qu'ils éprouvent , lorsque , réduits en lames suffisamment minces, on force une puissante charge électrique à les traverser.
Les corps les plus durs et les -jplns compactes . peuvent, de cette manière, âbre brisés ou perforés ; mais l'influence des surfiices ou d autres causes, font que leur résistance n'est pas touj ours proportionnée à leur fiicnlté isolante. On peut opérer, avec une faible électricité , la perforation de corps solides ncm conducteurs , lorsque la charge est, pour ainsi dire , confinée en
lin seul p6iAt , et qu'on enipéd(e sa dispersioa en FenTiratinant de toutes parts de matières non conductriees , ce <ple montré l'expmence suivante. . • • -
Exp. Sg. Emplissez d'huile d'olive une petite Bouteiile; fermeas^a avec un bouchon à travers lequel vous feret passer un fil de métal terminé en pointe , et recourbé à angle droit ; vous le disposerez de manière quHl puisse giissér a travers le col de la bouteille , en sorte que sa pômte pourra être placée à une petite distance "des parois de la fiole : suspendez-la par son fllde tnétal au cdtiducteur d'une ma* chine électrique : présentez le dos de la main ou une boule ihétaDiqu^ à Teixtéricur âa vase, dans la partie qui corre^plbbd à la pointe du fil intérieur:^ une étincelle se portera vei^ la main et percera lè verre; en changeant la positicm de la pointe , On pourra multiplier ces trous.
La pointe pour une très- petite portion du verre , fait ici fi^ction d'tine armure interne : h diarge retenue par l'huile ' environnante n« peut se* dissfper ^ et son pouvoir^ pour ainsi dire / concetitré en un seul point , surmonte bientôt la résistance que lui oppose le verre. De semblables effists auront t<>u}Our8 lieu , lors* qu'une grande * quantité d'électricité sera sih bitement ^ transportée sur une surface dune
étendue comparativement p^u çôïisîdéraUe.
JLXP. 60. OBkrgez une très-grande jarre, mettez son extérieur en communication avec celui d'une autre dix ou douze fois plus petite : établissez avec l'excitateur une communication entre les armures internes; la petite jarre sera brîsëe p la xpianiité d'électricité qui lui est transmise. étsM^ bor^ ^e proportioa avec son étendue* ^
Pour déterminter l'én^ie ay^c laquelle les diverses substuioes résisteuît à l'éfectricité , on peut emplçyer un fil métallique terminé en pointe: on l'eavàronnera d'un cylindre, de cire ou de poix qui, étant amoUi?, peiîit être appli quée ^lur la lame que l'od» veut esMyer : oe qui limite Tactioa de la pointe à une tràs-petite portion de cette surface. Oi^feraicommuniqHer :avec l'extérieur d'une jff <re , le côté ide la lame qui est opposé au fil d^^étal au travcers auquel on<^»érera ensiiite la à6chu!ge. M. Mcu^an assure que -de cette oquanière^ un fhn de cimoR jde soufre^ épais de ~ de pouce, fut penoéfiar fuae forte chaire ; tandis qu'une lime, de Terre 4e i; 4e pouce 9 est le plus grand interralle que .puisse franchir l'électricité a^ raoy^n de cet •appareil ; et lorsqu'on eaaiplQya de da gommehqofi , -^ de pouce aeidèment fur^^t tra9^3p$é6. Les résultais de ces expériieiices semUent indi-
qaer que la gomme-laque est le meilleur non« conducteur que nous ayons.
Plusieurs substances , qui cTâleurs con-» dnisent assez bien réiectricité ^ peuvent aussi être pcrfoîxjes par une charge électrique, dont Faction est concentrée en un point de leur surface ; c'est ce qui conmiunément arrive à rartixtire qui recouvre les grandes jarres : si , h>rsqti'eUes sont fortement électrisées^ on opère la décfaiffge en touchant seulement avec Fexcitatetnr tin deé points de h, lame d^étain , la petite étincelle qui éclate k Fendrôit du contact fond le métal y et en conséquence, Fou observe presque totijotiri^^ après la décbat^e, une légère âdbâ^etice leïitre !k boule de Fexcitatedr et Farfnarfe t propriété que l'on peut ainsi mettre en >évtdencfe. *
ÏLXP. 61. Chargez une forte jarre et mettez une* petite pièce de monnaie entre son ar« ifrare et la boule de Fexcitateùr : après la décharge, la pièce sera légèrement soudée à Tëtain , ce qui provient de la fîisiôn que ce dertiiei' a éprouvée an point de contact; aussi la pièce itKSVera-t-elle adhérente à Farmure lorsque vous retirerez Fexcitateùr.
Lesî^tS mtécaniques que produit l'électricité, ont été employés comme pouvant indiquer la nmte tpie suit le fluide lors de la décharge^ ^t
par conséquent^ comme propres à confirmer la supposition qui admet que 1 électricité positive résulte de TAccumulation du fluide , et que la négative provient de sa diminution ; hypothèse contraire a celle d'abord proposée par du Fay , qui r^ardait les électricités positive et négative comme deux espèces distinctes.
Nous avons précédemment vu que les phénomènes déjà exposés paraissent annoncer faction d un seul fluide ; et les efteis suivans ^ relatifs à la transmission de la cha^ ^-condui*» ront à la m^me conséquence , quoique dans le nombre il y ait pjiusieurs résultats, qui ont été différemment interprétés par quelques électriciens ptu expérimentés. Il n exista probablepient aucune branche de phy<aiqu6 dans laquelle, pour le succès des expériences^ lliabitnde et l'adresse soient plus essentielles qu'en âeo tricité : les £dts qui constituent cette science^ sont nombreux et ont des apparentées diverâ* fiées; néanmoins^ ils sont tellement dépendans les uns des autres; que, jusqu'à ce que leorl mutuelles relations soient connues^ et toutes les obscurités de l'actioq électriqtie dissipées , on ne pourra raisonnablement compter sur les principes établis. Il n'est donc pas trèsrsurprenant que des personnes peu habituées , quand elles cherchent à déduire des conséqueiiices d'un
petit nombre d'observations > soient fréquemment conduites à des concIusioVis erronées, qui n'ont d autre fiondement que le peu de soin ^'eUes ont mis à faire les expériences , et leur manque d'habileté pour disposer, classer et comparer les phénomènes.
Ëxp. 62. Ou peut rendre sensible la direction que suit Télectricité; lorsque dans une chambre obscure on met en contact avec le conducteur positif de la machine, le crochet d'une bouteille de Leyde , dont on a rendu l'extérieur un peu humide , en soufflant légèrement dessus. La bouteille «tant complètement chargée, si on continue à tourner le cylindre, Oflr verva le fluide électrique passer de l'armure interne k l^armure externe , sous la forme d'un cornant lumineux 4|tti ruissellera sur Tinter- Talle non armé , et produira un effet semblable à œliiî àe l'eau qui déborde d'un vase entretenu constamment plein. Si on retire la boutéMe f Jtt €pxe l'on mette son crochet en com- HHmicatian avec le conducteur négatif, lorsffn'eUe sera surchargée , le courant aura lieu dans une direction contraire , c'est-à-dire , de ramure externe vers l'armure interne. Dans ces expériences, un certain degré d'humidité/ sur ioL ssarbce non armée du reire , est néce&*
saire pour prévenir la décharge spontanée f
la
qiil sans cela aurait lieu , et dans laquelle le jBuide passe trop rapidement d'une sur&ce à l'autre , pour que l'on puisse s'assurer de la direction qu'il suit. Si l'humidité n'est pas suffisante, au lieu du courant continu, précédemment décrit, on verra par intervalle des rayons divergent de lumière s'élancer de la hce positive.
Exp. 65. Chargez positivement à son intérieur une petite bouteille de Leyde , mettez-ia sous le récipient de la machine pneumatique , faites le vide , et alors des rayons de hïmière se porteront du crochet sur l'armure externe; répétez l'expérience en chargeait îâ bouteille négativement^ la direction des apparences lu* mineuses sera complètement cbat)gée.
Exp. 64. Placez une bougie sfllumée entre les conducteurs de Fexcîtateur universel, laisses entre eux un intervalle d'à peu près quatre pouces, et faites en sorte que la flamme soit à égale distance de l'un et de l'autre : mettez alors en communication un des conducteurs avec Tarmure d'une petite bouteillb chargée , dont vous ferez ensuite toucher le crochet à l'autre conducteur. Si la charge eât juste ce qu'il faut pour franchir l'intervalle sans qu'il y ait explosion, la flamme de la bougie sera constamnieat dirigée du fil positif vers celui qui est négatif.
Exp. 65. Mettez sur la tahlette de rexcitateur uuivejcsel , deux bâtons de cire à cacheter trèsdroits f de, manière k ce qu'il résulte de leur contact une espèce de gouttière formée par leurs surfaces arrondies : une grosse boule de moellç de. sureau serA placée dans cette gout« tière ,. et le$ conductet^rs de lexcitateur universel seront disposés en telle sorte ^ que leui^ pointes, éloignées TuQe de l'autre d'à peu prés quatre? pouces , répondjsont à la ligne de jonction des bâtons de cire.^La.balle devra être également éloigoéjÇ 4^ .chacune dfis pointes, et en Élisant pas^r.i^çe petite décharge d'un des conducteurs à Tautre^ e]le sera.cliassée de celui qui est positif vers cçhdqui e$t n^atif : efifet qui est constant, si les fils métalUquestSont terminés en pointes; ce qui est jjiécess^ire pour lis; sortes d'expériences. Si Ton, emploie des fils émoussés, la balle oscille fréquemment ei^tre eux*, ce qui , en apparence, rend le résultat équivoque : il faut se rappeler qu'en se servant de tels conducteurs , on s'oppose à la transmission de la charge, puisque, repondant aux armures opposées de la bou-teille, ils doivent nécessairement attirer la balle alternativement ainsi que le feraient des corps électi^isés en sens inverses. Quelquefois le mouvement de la balle ne jcépond pas à la direction supposée du fluide, lors
même Won emploie des fils terminés en pointes; car, s'il arrive qu'elle soil mise en contact avec Fun ou l'autre , elle s'en écartera aussitôt que le circuit sera formé , Mit que ce fil touche le côté positif ou laégaiif ^e la bouteille. Lorsqu'on examine àttenli^mieut ce résultat y il ne prouve rien retâtivenietit à la direction du fluide ; car la bafle s'électrise en touchant le ffl de métal ^ et conséquemment s'en é<»rte pour se porter vers la surface opposée f par laquelle elle est îftktfs attirée : attraction qui est la cause de cette anomalie apparente; ce que l'on peut prouver en prenant , pour fidre l'expérience , une jarre modérément chargée , et dont la surface armée ait à peu prèô 'on pîed carré. On Télectrise avec modération , d'abord positivement , puis n(%ativement y son extérieur est mis en communication avec le conducteur vers lequel la balle doit se diriger, et le circuit complété avec l'excitateur qui fait comnmniquer le fil opposé (ccmtre lequel deît être placée la balle de sureau ) avec le crochet de la jarre. Quand la charge est positive^ la balle peut être forcée à s'éloigner du fil de métal trois ou quatre fois dans une même expérience 5 si on a le soin de la replacer «près chacpie contact de l'excitateur : quand la charge est négative , la balle reculera une fois seule—
ment. La cause de son moavement dans ces deux expériences est donc différente; dans la dernière c'est Tattraction , et dans la première e*€st un courant continuel d'ëlectricitë : mais dans Fane ou Fautre ^ si Ton emploie une forte eliarge , la balle «sera oomj^ètement chassée dç la gmittîère (^).
(*) Cette expërience ne foarnit point une indication satisfaisante de la route que suit le fluide lors de la décbarge ; et , après Ta voir répétée tin grand nombre de fois dans des circonstance! très-variées , 9 me parafe que c'est toajoars k raltractIMi cledHqiM q«'it feut attrîbtitr le iMuvement de la bailli; car je no snii «nuré qve, si on la met sur la rai-< niifeà^C^'^MfnM de l'une et l'autre des pointes mctaU lîqoes (ainsi qu*OD l'a recommandi^ ) , elle se dirigera, de celle avec laquelle l'excitateur est mis en contact , vers l'autre, que la jarre soit d'ailleurs cbargëe positivement ou ncgntiyement *, Si l'excitateUr est maintenu en contact avec le crochet de la jarre , la balle reste du c^ë du fil vers lequel elle a étë poussée ; mais si , après que le contact a eu lieu , FekGÎtalnir est promptemtM retire , remis en contaet et en-»
* M. Howldy a aTancé, dans le jounial de Nîchokon , vol. 34 * pag- *999 qn'one balle de moelle de inreau , placiée dans une rainure et à égala distance des pointes métalliques , ne se mouvait pas lorsque la décharge passait de Tune à l'autre j mais la raianre dont il se serrit était disposée de maDière à répondre à la cauwhare de la balle de sureau , et assez profonde pour en recevoir une hémisphère; conséquemment le mouvement était arrêté par le frottement que ne pouvait surmonter la faible charge quHI enaplojFa.
. On a pensé qu'il serait possible derecoDnaître la direction que suit le fluide, en examinant attentivement les apparences que présente une carte ou une épaisseur plus ou moins considérable de papier, à travers laquelle on a lait passer une explosion électrique. Dans ces expériences Texpansion contrarie beaucoup les résultats que produirait le courant électrique s'il agissait seul ; il y a constamment deux bavures; mais M. Gough a depuis peu fait voir que, quand on opère avec soin , la bavure du côté positif est toujours la plus petite, ce qui a aussi lieu lorsqu'on se sert d'un poinçon pour percef une carte : la petite saillie se trouve sur le côté où le poinçon a été appliqué , et la plus grande du côté opposé ("*•). On m'a dit que , loi-squ un boulet traverse une feuille de cuivre, on remarque des 'apparences analogues ; et en faisant passer une charge électrique à travers plusieurs corps moins expansibles que la carte, les indices furent décidément en faveur d un courant dirigé du côté positif au côté négatif : c'est particulièrement ce qui arrive lorsqu'on perce une feuille d'étain
suite retiré plusieurs fois , la balle se mouvra d'un (il à FauU^ à diffe'rentes reprises, ainsi qu'il arriverait si elle était placce entre deux surfaces électrisces eu sous inverse. (*; Nicholsou's Journal, vol. 3?> , pag. 176.
OU une lame de plomb trè&-mince , et ce que l'on remarque également sur des morceaux peu épais de cire ou de savon très-sec. Il est avantageux de se servir d'une loupe pour mieux examiner les résultats de Fexplosion.
M. Symmer fît passer la décharge d'une batterie à travers, un cahier de papier, au milieu duquel il avait mis une lame d'étain ; les feuilles de papier furent percées et Tétai n dentelé, suivant des directions opposées ^ ce qui fît admettre à ce physicien Fexistence d'un double courant, un fluide venant du côté positif et Tautre du côté négatif (^). Si Ton examine attentivement cette expérience, on sentira que Finterposition dune feuille d'étain produit dans le circuit métallique une double interruption :. or on a fait voir précédemment qu'une étincelle éclate chaque fois que, dans un bon con* ducteur, il se présente une solution dcf contiguïté. Cette étincelle est d'ailleurs toujours accompagnée d'un effet expansif; l'on doit conséquemment en retrouver les traces sur le papier en contact avec les faces de la feuille de métal : c'est effectivement aussi ce que prouve la disposition des bords de l'ouverture- L'expansion du papier réagit à son Uur sur la
(*) Pliil. iraos. vol. II > pag. 871^
feuille d'étain , et détermine sui* cbacuBe de ses faces des dentelures qid sont dirigées du papier vers elle, ce qui doit dès -lors les faire paraître dans des directions iipposées: D'après cela il est évident que M. Symmer (*) a pris les effets expansifi da fluide électrique
{*) Une modiûcation de FexpëneBce de H. Sjmmer vktit à l'appu} des raisontiemens q^i ont ctë faits pour réfuter som. hypothèse : prenez six ou huit feuiUes d'e'taia , placez-les entre les feuillets d'une main de papier , de manière que tes lames de mëtal soient séparées Tune de F antre f^r trois ou Quatre épaisseurs de papier^ faisant alors passer wve etxatge suffisamment forte an travers de ce cahier, ses leifiOeU seroAt percés en différens endroits, et. chaque feuiik .d'jétdin aura des dentelures opposées Tune à Vautre. En sup|>06«nt que cet cfiet fut produit par des courans contraires d'électricité, il faudrait nécessairement admettre l'existence de deux fois autant de fluides électriques qu'il y a de lames d'étaitt^car les dentelures dirigées dans Tnn et l'autre sens ne sont point placées sur la même ligne. Pour pretrre ttltérieure que cela résulte simplement de ïeSét cxpanAÎf hahitnel de l'étincelle à chaque interruption du ctrcott métallique , l'impression sur ks feuilles d'étain est plus ou moins grande proportionuellcment au nombre des feuilles de papier ^ui les séparent les unes des autres : et quand il n'y a entre elles qu'un simple feuillet, elles n'offrent rien de particulier^ et, si toute l'épaisseur est peu considérable, le cahier et les feuilles d'étain «ont quelquefois percés en une seule direction', allant évidemment de la face positive à la face f négative.
pour un indice de sa direction ; erreur dont^ M. E. Watter a ingénieusement tiré tout le parti possiMe^ dans un des derniers numéros du Màgmin philosophique (*) (ig).
M. Cavallo a dédcmvert que quelques substanoeiit»inëraled sont altérées; quand on fait passer une cbdrge électrique à leur surface , on peut donc* mettre à profit cette propriété, pour rendre évidente la trace du fluide passant d'un côté à l'autre d'une carte ou d'un papier épais; dans ce cas., les fils métalliques qui transmettent le fluide doivent être placés à quelque distance lun de l'autre.
E».66.X!olorez avec du vermillon les deux côtés d'une carte que vous placerez sur la tablette de fexcitateur universel, dont vous mettrez les conducteurs en contact, l'un avec la £sur6 supérieure , et l'autre avec la fiice inférieure de la carte, la distance entre les pointes doit être d'un pouce environ. Lorsque vous opérerez la décharge , le fluide, en se dirigeant du conducteur positif vers celui qui est négatif, percera le corps interposé. La route que suit l'électricité est ici indiquée d'une manière permanente, par une ligne noire qui s'étend de la pointe positive a l'ouverture faite par l'étin-
(*) Phil. Maga2,vol. XLlI,p. 161.
iCelle dans Id voisinage de la pointe négative , vers laquelle on aperçoit une marque noire diiïuse : ces effets sont constans; la ligne noire est toujours sur le côté de la carte qui est en contact avec le conducteur positif, et le trou toujoui^ voisia de la pointe qui termine le condi^cteur |^atif. L'impulsion mécanique, que,.<(j^évç|9{^ Félectricité , m'a dermèrepi^j|;it i^iww L'idée dW appareil propre à rendre se;Eisi)>le 1a direction que suit le fluide électrique. Ce mpy^ coafirme ce que semblant. ajQqQiCuçiçer. les : faits précédens^ et contribue p^ conséquent à éclaircir la cause de leur anomalie appa^rente. Oa sait depuis long-temps , que si Ton (i^^e pjlusieurs ailes de carton mince autour d'un bouchon traversé par un axê , il en résulte une sorte de volant^ qui se meut circulairement aussitôt qu'on le présente à une pointe électrisée. Le mouvement a toujours lieu da|i3 le sens de cette pointe, qu'elle soit positive ou négative : ce fait a quelquefois été cité comme un argument en faveur d'un double courant électrique. II est cependant évident, d'après ce qui a été dit (pag. 90), qu'une pointe électrisée positivement, ou négativement, doit produire un courant déterminé par la répulsion qu'éprouvent les molécules d'air qui étant en contact avec elle, s'électrisent de la même manière; cause
qui est suffisante pour produire les effets dont il s'agit. Conjecturant donc que les courans d'air ëlectrisé ne s'établiraient point aiaÂ# lorsque les pointas seraient opposées Tune à rautre, ]e disposai Fappareil suivant.
£xp. 67* Un léger volant , constniit ainsi qu'il vient d'être dit , est jnonté de manière à tourner librement autour d'un axe soutenu {iar une sorte de fourchette , qui est elle-même supportée par une tige isolante. Ce volant est placé entre les conducteurs de l'excitateur universel qui doivent être terminés en pointes opposées Fune à l'autre aussi exactement que possible y et éloignées d'un pouce au plus de chaque côté de l'aile supérieure ( voyez fig. 28). Or il est évident , d'après la disposition de cet appareil^ «que ^ s'il existe deux fluides qui se meuvent dans des directions contraires^laroue^ également sollicitée par l'un et par l'autre, n'obéira k aucun et restera par conséquent immobile : mais , s'il n'existe qu'un fluide , le volant prendra du mouvement dans la direction suivant laquelle se meut ce fluide. Mettex en contact une des pointes avec le couducteur positif d'une machine électrique, et l'autre avec le conducteur négatif : aussitôt que le cylindre sera en mouvement, le volant tournera dans la direcUon du conducteur positif au
conductear négatif : changez les communica'^ tiens de manière cpie le fil qui était négatif devÎMlit positif y et vice vérëàf le moavexnent^ la roue sera aussitôt rauversé, et la rotation aura encore jieu dans le sens du conducteur positif au conducteur' négatif y ce qui prouve que le fluide électrique suit meHemeut cette direction. On obtiendra ie même résultat en déchargeant une famé que pi^altfUeineiit il &udra avoir Ja précaution d'ise^/ ce qui. est nécessaire pour assurer là trknsiftissioiftdo fluide d'un des fils de métal à l'aulte > cHr autranent il pourrait être dispersé ^ «n suivant ^diverses routes pour se porter sur les oorp^ conducteurs y qui sont en contact avec l'^ctériewr de la jarre.
Exp. 68. Placez verticalement xaStcntej eu l'insérant dans un petit morceau de bouchon, qui forme une base d'à peu près un quart de pouce de large y et qui soit simplement suffi* santé pour maintenir la carte dans la situation verticale y en telle sorte qu'elle puisse être renversée par la plus &ible impulsion^ Les pointes métalliques de l'escitateur universel étant op* posées l'une à l'autre , et distantes d'environ quatre pouces , on placera entre elles la carte qui doit être disposée de manière qu'une ligne ; tirée d'une pointe à l'autre , réponde à peu près
à un quart de pouce auKlessoiis de soa bord $«i|iërteur f si ks conducteurs de Fexcitaieur sont aloro rcapectiyemeat reodus positif et Begatif , floii parce qu'on les &ra communiquer aiFec les coodocteurs opposés d'une ma-* aine, oo*paice qu'on les mettra dans le circml if ane )aam isolée ^ la carte sera toufours venvesite et tottJiera oonstimunent dans une dmotipo îfêx va du c6le positif au c6té négatif; maïs jTe&t «am dieu en sens inverse^ si les oonaniinÂcalîaw. électriques sont changées.
Si, auflieu déplacer la carte k égaie distance de l'une et de l'autre pointes , on la Êiit imihé*dîatement communiquer, soit avec celle qui est positive ,. soit stVec œlle qui est négative , elle sera encore renversée ; mais cela vient de ce que cette carte est un conducteur imparfait , qoi pÉT'ConséqMMits'ékctrise dans le point de coDtact; ce que l'on prouve en la recouvrant avec and ieuiUe dergeot -qui en fiit un boa conducteur sur lequel rélectrictié peut librement se répandre : ette MSte alors debout , quoique mise en coiartact avec l'une ou 1 autre pointe j et tombe dans ia^direction du conducteur positif au «ondnctenr n^otif , lorsqu'elle est également éloignée de l'un et de l'autre (ao). Tels sont les renseignemens que nous four-> nissent les phénomènes mécuiiques de l'élec-
trîcité; telles sont aussi les indicatioas qu'ils donnent sur la matérialité de ce fluide , et sur ses modes dedifiusion et de transmission. Lors* que Ipn considère la subtilitié de c^t agent, cm doit a4mettre , je pense , qu'em physique nous avjons peu d'exemples*, #ii Tactioa daae puissahce invisible soit aussi clairdm^|it, indiquée par les effets qu'elle pc^duijt z efl^.quiemMlaisent à une seule coniféqtaewcQ ^ ,iifi fiu^oîw à rendre les phénomènes int^Ujfli)>le& ]iar la simple exposition de leur, enchalnemeot : et 4e leurs rapports mutuels: ..^ m. : .