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CHAPITRE III

Effets chimiques de Telectricilê,

JL'action qu'exerce rélectrieité , pour dëter* Hoiner des phénomènes chimique», est, en quelcpe sorte , plus remarquable et pins étendue «pie son pouvoir comme agent mëcatiiqae; et «lie dépend probablement • "de la même cause. Parmi les nombreux eflfels que produit le fluide électrique , ceux qui se présentent le plus commimément sont accompagnés d'^ppa*rences lumineuses et d'une élévation de température ; on pourrait donc supposer qu'ils sont les résultats du mouvement rapide de l'élec-

f rîcité à travers les particules matérielles d'une autre substance ; car Texpëriepce a fait voir que la compression mécanique et soudaine d'un corps élastique quelconque , donne lieu à un dé^gement de lumière et de chaleur. On peut s'assurer, etrplaçaM la boule d'un thermomètre dans le eourant lumineux établi entre deux balles de btfis Sûyersement électrisées, cpie le seul miàovettient'du fluide électrique , à travers lair, détc^ihe une élévation de température. L'élîrfcélle on l'explosion, et en général tous les phénomènes lumineux de l'électricité , sont accompagnés d'une odçur particulière , qui a eût soupçonner que ces apparences pourraient être les résultats A'une espèce de combustion : mais le passage long-temps prolongé de l'étincelle dans une portion donnée d'air où elle ne produit qu'tm ehangenkent tléterminé, ainsi qnela fiiculté qu'elle a d'éclater sous l'eau et autres fluMeâ , vendent cette opinion très-peu probable. Lonsque l'électricité est concentrée, elle peut enflammer la plupart des corps combustibles > quand , sous la forme d'étincelle , elle traverse une couche d'air en contact avec eux ; et on ne peut attribuer ces effets à l'influence directe de la chaleur ^ puisque les communications électriques sont établies au moyen de substances susceptibles de l'absorber.

Exp. 6g. Versez de Téther ou de Tesprlt-de* Tin très-rectiflé dans une capsule de métal, que vous isolerez et électriserez. Approchez ensuite le doigt, une boule de cuivre^ ou même un morceau de glace, de la suriace du liquide; vous en tirerez une étincelle (piifeailammera , quelle quesoit d'ailleurs la substance conductrice dont on se sera servi pour provoquer leleetncité. Si Tesprit-de-vîn n'est pas tnè^rectifié , il £iudia nécessairement le chaufiâsr un peu avaftt l'expérience , précaution qui devient iavtîle lors» qu'on se sert d'éther.

Exp. 70. Desséchez l'extérieur d'un verre à pied, dont la lige pourra servir comoae de support isolant; versez-y de l'eau froide à la surface de laquelle vous mettrez une oouche d'éther. ^u moyen d'un £1 métallique , établissez une concunanicatioa entre l'eau et le conducteur de la machine : lorsque le cyl&dre sera mis en mouvement , présentez la jiointure du doigt à la surface 4u liquide , une étiaeelle s'élancera de l'eau vers lamaJA ,,etr<éther pne»dra feu.

Le même effet aui^ encore lieu si , pour transmettre à l'eau l'électricitQ^le la mâKihîae, on employait une série de vases remplis d'un mélange frigorifique et mis eiâ commuiiica« tion par des fils de métali il est donc , d'après

cda^ évident que le pouvoir absorbant des coadacteurs interposés n'empêche point la puissance de letincelle (:2i).

Ëxp. 71. Procurez -vous une soucoupe de porcelaine ; emplissez-la d'eaù à la surface de laquelle vous mettrez de la résine en poudre ; ajustez aux cotés op(>osés de cette soucoupe deux Sis de métal , dont les bouts doivent être à peu près de niveau avec le liquide, et distans entre eux de quatre à cinq pouces : faites passer d un fil à Fautre la charge d'une jarre , * et la résine sera enflammée dans le trajet de rétincelle. Le même effet a lieu lorsqu'on répand cette poussière sur un morceau de bois noueux , ou lorsqu'on s'en est servi pour saupoudrer un flocon de coton.

Du phosphore mis dans une petite capsule d'étain qu'on laisse flotter sur l'eau , peut aussi être aisément enflammé , en dirigeant vers sa surface un courant d'étincelles électriques.

Parmi les combustions que produit l'électricité, la plus remarquable est, sans contredit^ celle des métaux. Le docteur FranUiu fut le premier qui en observa les effets ; M. Kinnersly^ ainsi que le célèbre Beccâria, ajoalèrent ensuite beaucoup aux expériences de ce savant; et depuis, MM. Brook^ Van- Marum et Cuthbertson^ se sont occupés

particulièrement dé ce genre de redierches.

Exp. 72. Mettez sur du papier btanc une petite bande de feuille dW ou d*argent, à travers laquelle vous ferez passer une forte décharge; le métal disparaîtra en produisant im brillant éclair, et laissera sur le papier une tache d'une couleur pourpre ou grise.

Exp. 75. Prenez trois morceaux de carreaux de vitre , ayant un pouce de large et trois de long; placez entre eux deux bandes étroites ' de feuilles d'or, de manière que la lame dm milieu ait sur chacune de ses faces une bande métallique dont les extrémités doivent déborder : faîtes passer la charge d une grande jarre à travers le métal ; il sera iondu et imprimé sur les faces du verre. Communément les kanes extérieures sont brisées ; mais celle qoi occupe la partie moyenne reste souvent intacte, et chacune de ses faces est marquée #une empreînte métallique.

Exp. 74. On a employé les couleurs produites par l'oxidation des métaux, pour imprimer , sur la sore ou le papier , des lettres eu autres ornemens. Ou trace d'abord sur un papier ^pais f esquisse de lu %ure que Ton veut représenter; OH le découpe ensuite à la manière des planches à vignettes. La découpure est alors placée sur la soie ou le pajuer qu'on se propose

d'imprimer ^ puis recouyerte (f une feuille d^or aiHlefisus de laquelle on met uhe carte : le tout est ensuite placé dans la presse ou com» priait de toute autre manière, et Ton diriges la clAorge d'une batterie k travers la feuille d'or. L'impression est limitée par l'interposition du papier sur lequel la iîgure est découpée » de manière à ne laisser i^ecueillir que les traces du dessin; et en usant de cet artifice , on peut nettement représenter un profil , une fleur ou toute antre figure.

Lorsqu'une puissante charge électrique traverse un fil de fer très-mince , il est briilé et dispersé en petits globules rouges. On pensait autrefois que de très-fortes batteries étaiet^t indiapensaUes pour produire cet effet ; mais, si le fil est âssee fin , une seule jarre, ayant environ cent quatre«*vingt*dix pouces de surface armée, sQifira pouf feire cette expérience, dabâ la^* quelle on se sert avec avantage du fil d'âcièr plat le plus fin dont les horlogers font usage pour le régulateur des lUOntres. Afin de pouvoir proportionner la chai'ge, ou doit toujours employer l'électromètre-balsince de Cuthbcrtson , et il est essentiel de fendre aussi court qtie possible le circuit qui établit la comniuntctflion entre la face interne et k face externe de la )«rr^« De plus il est néceâèaire que le fil

que l'on veut fendre , soit placé en ligne droite et maintenu à ses extrémités par de petkes. pinces de métal.

Exp. 75. L'intérieur d'une jarre et le bras recourbé de Félectromètre , étant mîs^ en contact avec le conducteur positif d'une machine électrique , on fixera ^ au moyen des petites pinces de métal , environ deux pouces de fil d'acier entre la boule la plu£( basse de l'électromètre et l'armure externe de la jarre; le curseur sera placé sur le bras gradué de Tinstrument, à la division i5. La machine étant alors mise en mouvement, lorsque l'intensité de la charge excédera la résistance de cpinze grains , le fléau de Félectromètre s'abaissera , la charge passera à travers les deux pouces de fil d'acier, qui seront rougis et fondus en globules*

Exp. 76. Si la jarre n'a point une bande de papier disposée ainsi qu'il a été recommandé (pag. 1 5 1 ) , il faudra soufiler dedans pour prévenir la déchaîne spontanée , placer huit pouces de fil d'acier dans le circuit, et porterie curseur à trente degrés : on mettra ensuite la machine en mouvement^ quand la charge estassezintenae^ le fléau de J'électromètre s'abaisse , et le flaide traverse les buit pouces de fil d'acier, qui sont fondus avec les mêmes apparences que les deux pouces employés dans la dernière expérience.

Exp. 77. Mettez, comme ci-dessns^ huit pouces de fil d'acier dans le circuit : mais , au lieu d'une seule jarre chargée à trente grains, employez^n deux chaînées à quinze grains : les résultats de cette expérience seront identiques avec ceux de la précédente, en telle sorte que l'effet est également augmenté f soit qu'on double l'étendue de la sur£aice armée ou le degré de la charge.

MM. Brook et Cuthbertson , d'après les résultats que leur ont fournis un grand nombre d'expériences , ont - conclu que l'action de l'ëleetrîcité sur les fils de métal, est comme le carré de la quantité du fluide employé; puisque deux jarres chargées au même degré ^ fondent quatre ibis autant de fil que le ferait une seule : quantité qui serait d'ailleurs qua* druplée , en doublant l'intensité de la charge.

J'ai trouvé cette loi exacte dans toutes les expériences &itcs avec soin , et pour lesquelles on emploie des fils métalliques de longueur modérée; et il parait, d'après les expériences de M. Cuthbertson , qu elle ne se soutient que jusqu'à luie certaine limite. Les batteries dont se sei*t ce physicien , contiennent ordinairement quinze jarres :une d'elles fondrait un demi-pouce de lil de fer^ ayant 7^ de pouce de diamètre , et les quinze jarres fondent soixante pouces du

même fil (♦). J'ai fait plus en grand quelques expeViences avec du fil de fipr très-fin ^ de ~ de pouce de diamètre; mais la charge perd quel-» que cho$e, de son intensité en parcourant un ^ mince dune grande longueur; Tesiplosion de la bi^tterie ( très-forte dans d autres circonstances) peut alors être à peine entendue. Ayeo une batterie de quarante pieds de surface armée , j'ai souvent fondu , par une seule ex[Jo* sion , dix-huit pieds du fil dont il vient d'être question ; le phénomène était alors singulièrement remarquable, à raison du grand nojcnbre de globules incandescens dis^persés da^is toutes les directions.

La loi qui vient d'être établie , relatiyement à rinftueD,ce qu'exerce sur le pouvoir brûUmt du fluide électrique , leteiidiie de la sur&ce armée ou Tinteiisité de la charge y v^M^ie lorsqu'il y a une différence considérable dans l'épaisseur des jarres dont ou iait usage ; celles qui sont épaisses , indiquent une même intensité électrique j bien qu'elles contiennent uncf quantité de ce fluide qui est comparativement moindre : elles ont conséquemment une plus faible puissance pour opérer la fusion des fils de métal*

(^) Cuthbertson's, Pr^tical Electricity, p. i8i , «te. jou Niclio)sop*s, Jouni. in-4* y ^ol. 21 y p, 6a5 y e2«.

Je possède une très^grande jarre qui^ lorsquelle est chargée à trente grains , devrait , eu égard à Tétendae de sa sui^ace armée , fondre trois pieds de fil de fer ; mais , a raison de sa grande épaisseur, sa capacité électrique est tellement diminuée qu elle ne peut en fondre que dix-huit pouces ; ce qui est conforme aux conclusions données^par M. Cavendish , que la quantité d électricité nécessaire pour charger diffîrentes jarres dont les surfaces armées ont la même éten4ue , est en raison inverse de leur épaisseur (*).

La fusion d'un fîl de métal peut donc , ea quelque sorte, servir a indiquer la quantité de fluide électrique qui est accumulé sur une surÊice, puisque les expériences précédentes ont prouvé , qu'une charge donnée fondra la même longueur de fil, soit quelle se trouve répartie entre deux jarres , ou contenue seule* ment dans une; il parait aussi naturel de conduis , que rintensité plus ou moins forte de la charge n'influe pas essetitielleniônt sur la fà<> culte qu'elle a de fondra les métaux. On peut, dans la pratique, tirer quelque avantage de ce résultat remarquable ; car les électromètres ne donnent que la mesure de l'intensité éleclri-*

(♦) Pbfl. Transact. yoI. LXVI , p. 196.

que , et sont autant affectés par une seule jarre que par une batterie qui en contiendrait cent. Lorsque^ pour mesurer le pouvoir électrique, . on emploie la fusion d'un fil de métal, il faut ayoir soin que la longueur du circuit soit toujours la même, et que les degrés de l'incandescence soient uniformes ; car un fil peut ne montrer que de légères yariations dans les apparences qui accompagnent sa fusion , bien que d'ailleurs il livre passage à des quantités d'électricité très-différentes : aussi , dans toutes les expériences comparatives, on doit^ pour avoir des phénomènes uniformes, s'arrêter au moindre degré de rincandescence parfaite, c'està-dire qu'à rinstant même de la décharge, le fil de métal doit devenir rouge brûlant dans toute sa longueur et tomber en globules.

L'accroissement graduel de la charge produit , sur les fils métalliques de même longueur, des effets qui sont très-remarquables. Si on se sert d'un fil de fer ou d'acier, sa couleur devient d'abord jaune; si on augmente latqùantité de fluide , le métal prend une teinte bleue ; il passe au rouge vif et tombe en globules, quand la charge est plus considérable : si on la rend plus énei^ique encore , indépendamment des apparences précédentes, les globules seront pix>jelés avec plus ou moins de force ; et , lors*

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