CHAPITRE III
De quelques pîiénomènes lumineux de Valmosphère ; obsen^atlons sur Télectricàé atmosphérique ^ et êesaiption £une nom^elle méthode d^isoïement.
Apkès avoir acquis les preuves évidentes de Tinflueiice que Télectricifé exerce relativement à la productioa du tonnerre et des éclairs ^ on a irherché à expliquer, de la mêvae rnanière, plusieurs autres phénomènes, et, dans quelques cas ps^rticuliers , cette tentative a dooné des solutions plus plausibles que toutes celles proposées jusqu'alors : c'eirt ce qui a pailicuHtrement eu lieu pour certains météores duipineux, qui quelquefois embelUsseut notre atmosphère , efTets.qui ont toujours été et continuent -encore à être rangés parmi les phénomènes les plus impénétrables.
Uiuirore boréale , ou laluinièr^du nord^ est de ce aomfare. Les apparences qui la caractérisenty ont une telle ressemblance,.avec quelquesuns des effets de Télectricité artificielle ^ que ceux qui ont eu occasion de les con^paver^ n'ont pu former aucun doute sur l!identfté .de leurs causes»
Lorsque Télectrité traverse une. masse d'air
raréfié y elle laisse apercevoir un courant de lumière diffuse^ ayant toutes les apparences qui distinguent les lumières du nord : même variété de couleurs et d'intensité ; même mouvement d'ondulation^ mêmes coruscations accidentelles. Les courans montrent la même diversité de caractères; quelquefois ils se divisent en nombreuses ramifications^ d autres fois ils se réunissent et ne présentent plus qu'une masse de lumière ^ ou se partagent en jets larges et distincts. Enfin f lorsque la raréfaction est considérable , diverses portions des courans prennent cette teinte embrasée , qui parait quelquefois dans l'atmosphère 9 et que l'observateur peu instruit regarde avec étonnement et crainte.
II parait donc probable que l'aurore boréale résulte du passage de l'électricité à travers les régions supérieures de l'atmosphère. M. Carvendish est, de tous ceux qui ont cherché à estimer a quelle distance de la terre ce phénomène a lieu y celui dont l'évaluation est la moindre ; il pense qu'on peut la supposer de soixante-onze milles : or, à soixante-dix milles, l'air est un million quarante-huit mille cinrpcent soixante-seize fois plus rare qu'à la surlace de la terre, et c'est un degré de raréfaction supérieur à tout ce que peuvent produire les meilleures machines pneumatiques.
Ces circonstances portent a croire que la lumière de laurore boréale provient de la même cause que celle qui produit la luoiière électi*ique ; mais il y a quelques autres particularités de ce phénomène remarquable , qui ne sont point encore expliquées.
Le docteur Halley a très^longuement décrit les apparences d'une aurore boréal* fort remarquable y et il a rassemblé une série d'observations variées . qu'on peut , en quelque sorte'^ regarder comme l'historique de ces météores (^). n attribuait leur production à la même cause que celle qui développe le magnétisme , et les observations de M. Dalton prouvent que la direction des colonnes lumineuses de l'aurore ne diffère réellement pas de celle de l'aiguille aimantée (**). Beccaria pensait que les phénomènes magnétiques dépendent de la circulation naturelle et constante du fluide électrique, qu'il croyait provenir de plusieurs sources placées dans l'hémisphère boréal, et se diriger du nord au sud. Il supposait aussi que le centre commun de ces courans , en s' écartant du pôle nord, peut c.iuser la
.. lU y *
(*) Traus. phil. vol. XXX,. pag. 1099-, ou Abrégé de Motte , Toï. II, pag. 1 16.
C**^) £ssdis météorologiques de Daiton, p. iS;.
déclinaison de laiguîUe : et la période de cette déclinaison serait alors la même que celle da centre ; tandis qne l'obliquité des courans déterminerait Finclinaison de laiguiUe aimantée. Il est à présent très-rare de voir des aurores boréales dans ce pays; cependant je les ai observées plusieurs fois, il y a quelques années. Une d'elles, entre autres, me parut très-brillante et tout-a-fait semblable a celle que M. Dalton a décrite, et qui eut lieu le i5 octobre 1792- Un extrait de la description que ce physicien en a faite , donnera une idée générale d'un phénomène que nous avons rarement occasion d'observer.
(( L'attention fut d'abord provoquée par une » apparence rougeâtre et remarquable que » présentaient les nuages situés vers le sud; ils » fournissaient assez de lumière "pour lire à » huit heures du soir, quoiqu'il n'y eût ni lune, » ni aurore boréale ; ces indices taisant présu- >i mer l'apparition de quelques phénomènes » extraordinaires on plaça un théodolite , poiu- » en observer la hauteur et les autres circonsu tances , etc.
» De neuf heures et demie à dix heures du j» soir , on remarqua» vers le sud un arc hori* » zontal , grand et lumineux , ressemblant » presque exactement à ceux que nous voyons
» vers le nord, où il en parut un ou plu- » sieurs concentriques et faibles. On observa » fiarticulièrement, que tous ces arcs étaient M exactement divises en deux parties par le » pian du méridien magnétique. A dix heures j» et demie, des courans parurent au sud-est, il très-près de rhorizon , se dirigeant ça et là » de Touest à Ttist. Us augmentèrent en nom* n bre et commençaient à s'approdier du sénith , ^ » en apparence , avec une vitesse accélérée, » quand tout à coup Thémisplière entier en fut » couvert et présenta un spectacle qu'il est ^) impossible ^e décrire. L'intensité de la lu* -» mière, le nombre prodigieux et la légèreté » des colonnes , le mélange ^Jbondant de toutes >} les couleurs prismatiques dans leur plus grand j» éclat y ' donnèrent a l'atmosphère embrasée » l'aspect le plus enchanteur ot le plusdélij) cieux : ce spectacle ia»posant , offrait en » même temps une des scènes les plus belles i> et les plus sublimes de la nature. Ghacua se -» regardait avec étonnement , mais l'intensité » peu coiitmune du phénomène ne dura qu'une » min«te : la variété des couleurs disparut, des » celotmes perdirent leur n>ouvement latéral , M «t lurent, comme cela arrive ordinairement, » converties en irradiations lumineuses ; ce- >} pendant elles surpassaient encore toutes ies
» autres apparences de l'aurore boréale , en ce » qu'elles couvraient tout rbe'mîsphère.
I) Malgré la rapidité avec laquelle cette au- » rore acquit tout son éclat^ il y eut cependant » une régularité remarquable dans la sucees- )) sîon des effets. Un globe de feu semblait » aller de l'est à l'ouest et pice persâ , ^vec une » telle vitesse, que tout ce quV)n pouvait faire, }) était de le distinguer d'un courant continuel, i) qui allurïiait successivement les divers rangs i) de colonnes. Ils étaient placés les uns de^ j) vant les autres dans un ordre très-régulier, » de façon que les bases de chaque rang for- I) maient une circonférence coupant le méri- » dien magnétique à angle droit. Ces divers » cercles s'élevaient les uns au-dessus des au- » très , en telle sorte que ceux voisins du » zénith paraissaient plus écartés entre eux, » que ceux qui approchaient davantage de l'ho- }) rizon ; indication qui porte à croire, que leur » distance réelle était sensiblement la même. » Une circonstance d'ailleurs remarquable , fut » que les colonnes avaient un mouvement » latéral, rapide et dirigé de manière que » deux rangs voisins se mouvaient en sens » inverse , en telle sorte que , si l'un allait de » l'est à l'ouest; le suivant se portait de l'ouest » a l'est.
» Le point vers lequel semblaient se diriger » uniformément les colonnes et jets lumineux, » était situé dans le méridien magnétique , et , )) autant qu'il fut possible de le déterminer , » éloigné du zénith d'environ quinze à vingt » degrés. Cette aurore continua plusieurs )) heures ; mais son éclat fut toujours en s affai- » blissant, et pendant sa durée on observa plu- » sieurs étoiles tombantes^ qui parurent situées » au-dessous^ et n'avoir aucune relation avec M elle (*). »
Quand les aurores boréales sont visibles dans ce payS; elles paraissent principalement au printemps et en automne , et communéiAent à la suite d'un temps sec ; elles ne réfractent pas la lumière des étoiles, que souvent on aperçoit distinctement à travers les colonnes ou les arcs lumineux.
Ce phénomène a plus rarement lieu encore dans les contrées équatoriales; mais on te remarque presque continuellement , pendant les longs hivers des régions polaires , et il acquiert alors une magnificence dont nous ne pouvons que difficilement nous former une idée.
Dans les iles Shetland^ on désigne ces aurores sous le nom de merry-dancers; elles accompar
(*) Essais météorologiques de Dalton, pag. 65.
gnent ordînaîrement les belles soirées, et contribuent beaucoup à embellir et à rendre moias tristes les longues nuits d'hiver. Elles commencent à se manifester à Tentre'e de la uuit, précisément au-dessus de l'horizon. Elles u ont d'abord ni éclat, ni mouvement particulier; mais elles ne tardent pas à donner naissance à des courans d'une lumière brillante y dont Itô colonnes changeantes prennent graduellement toutes sortes de formes et toujtes les nuances possibles de couleui^ ; elles couvrent (réquenimeût tout Thémisphère visible , qui présente alors le spectacle le plus brillant que l'imagination puisse conbevoir.
Dans la baie d'Hudson, l'éclat de l'aurore est, dit-on, fi^quemment égal à celui de U pleine lune : sous les latitudes nord de la Laponie et de la Suède, leur clarté est si remarquable et si constante , qu'elle suffit pour éclairer le voyageur durant toute la nuit. Les aurores qui ont été observées dans les parties nord-est de la Sibérie, sont décrites comme se mouvant avec une rapidité incroyable , et couvrant le ciel d'une appai-eiice lumineuse brillante > que Ton a comparée à une tente étincelante d'or, de rubis et de saphir. On dît que ce météore est accompagné d'un fort sifflement ou d'un bruit particulier si efirayâut
que, lorsqu'il surprend les chasseurs, qui sur les confins de la mer Glaciale poursuivent les renards , leurs chien» se couchent p^^r terre et refusent de se mouvoir jusqu'à ce que 4e bruit ait cessé.
Plusieurs observateurs , et entre autres M>i. Nairne et Cavallo , ont assure qu un bruit analogue a quelquefois accompagne les aurores boréales. Le dernier de ces physiciens affirme lavoir distinctement entendu dans plusieurs occasions. Cet effet est le plus extraordinaire de tous ceux qui accompagnent ce météore ; et s'il était vrai , il faudrait convenir qu'il est toat*k-fait inexplicable; car, d'après l'étendue des pays d'où l'on aperçoit fréquemment une aurore boréale , il est évident que le lieu de la scène doit être à une très-grande hauteur au-dessus de la surface de la terre; et, quoique les calculs faits à cet ^ard différent essentiellement (*),
('*') La haoteur d'une aurore fut évaluée , *par Bosco?icli , ^ hait cent vingt-cinq milles; par Bergman , d'après trente oiMérraliotts faites en diSerens lieux , à quatre cent soixante- Imit milles. Euler Fa estimée égale à plusieurs milliers de milles. Mairan pense que cette distance peut éq^iivaioir à deux cents lieues. M. Cavendish , en comparant des observations, suppose qu'elle peut être de cinquante à soixanteonze milles, et MM. Dalton et Crosthwaite la portent à cent cinquante milles.
cependant l'évaluation la plus faible donne une distance à laquelle , suivant les principes connus de physique , il n'existe aucun milieu capable de transmettre le son.
On ^ quelquefois observé une aurore pr^ le pôle sud y ce qui semble favorable li l'idée de Beccaria y qui supposait que ce phénomène dépend de la circulation d'un fluide. L'aspect sous lequel s'est présentée cette aurore était d'ailleurs semblable à ce qu'on a remarqué vers le nord; mais elle n'offrait pas la même diversité de couleurs.
Les colonnes de l'aurore paraissent converger vers le zénitli, et leurs sommets semblent être plus étroits que leurs bases ; mais , ainsi que lont fait observer le docteur Halley et M. Cavendish , c'est une pure illusion d'optique ; M. Dalton a fait voir que ces colonnes sont réellement cylindriques et parallèles les unes jiux autres; il montre que la distance de leurs bases à la terre est égale , ou probablement plus grande que la longueur des colonnes elles-mêmes qui^ d'après les calculs de ce physicien , peuvent avoir soixantequinze milles de long et sept milles et demi de diamètre (*).
(^} Essais métëorologiques, p. 177.
Les autres apparences lumineuses de l'atmosphère , que Ton a aussi attribuées à l'ëlectricité , sont cellestjue communément on appelle , m«ftéores ou globes de feu ; il y en a deux classes trèsrdistinctes : les uns, d'une dimension en apparence très-grande^ se meuvent progressivement, parcourent un espace très-considé« rable, et quelquefois se dispersent en une muititade d'étincelles (^). Ces météores ne se montrent que rarement; et leur dispersion est quelquefois accompagnée d'unechute de pierres; circonstance qui rend l'application des prin-* cipes électriques absolument insuffisante pour les expliquer. Jusque dans ces derniers temp^, OQ ajouta peu de foi aux relations concernant la chute des pierres météoriques ; mais tout récemment , une attention sérieuse ayant été dirigée vers ce genre de recherches, on fit Texamen des pierres que l'on prétendait être ainsi tombées, et le fait fut constaté , avec cette circonstance , extrêmement remarquable , que toutes les pierres de cette espèce, jusqu'ici exa-*
(♦) Un semblable météore fut observé en août 1 783, par M. Cavallo , qui était placé sur la terrasse du château de Windsor; il l'a décrit dans les Transactions philosophiques, ann^ 1784» ^^t. 9; ainsi que dans le quatrième volume dt Traité de physique , p. 35g.
minées^ sont de nature pi^esque ôemUable.
Dans rëtat actuel de nos connaissances , on ne peut donner une explication «atis&isante de ces météores^ et to^t ce qu'on a proposé à cet égard est purement hypothétique. Les détails de ces suppositions hasardées ne pourraient être que iatîgans tt inutiles ; l'electri*cité ne saurait expliquer convenablement ces sortes d'effets ^ et quelques-uns des phénomènes concomitans portent presque à croire qu'une combustion à lieu , à rinsl:antoùce8 apparences se manifestent.
On voit beaucoup plus fréquemment la seconde espèce de météores, généralement oon^ nue sous le nom d'étoîks tambauies ou dWlfenias Jilantêê. Elles diffèrent quelquefois relativement à leuns /liniensions et a leurs couleurs ; mais elles ont h peu près la mémie vitesse de ti anslation ; eUesse meuvent avec rapidité >dan6 toutes les directions , et sont principalement inclinées vers la terre. Oli les observe dans différens états de l'atmosphère , plus souvent , quand les causes propres à amener des changemens électriques ont été plus actives : aussi les remarque-t-on plus fréquemment pendant les nuits claires et froides , et quelqnefois lors* qu'un vent sec soufilé' de l'est, et que le ciel est serein. Elles abondent également; pendant
un temps pluvieux, dans les intervalles que les nuages laissent eutre eux; et à travers lesquels on peut apercevoir le ciel. On les voit encore pendant les soirées d'été , où des nuages bien prononcés flottent dans une atmosphère transparente. Je les ai souvent observées à des époques où dominait une forte lumière étrangère, provenant soit de Féclat brillant des étoiles et des planètes, soit de la présence de la lune; enfin je les ai encore remarquées pendant des nuits partiellement nuageuses et obscures.
Plusieurs observations prouvent qu'elles ont aussi lieu, pendant le magnifique spectacle que présente l'aurore boréale ; mais un fait remar'* quable est qu'elles paraissent toujours plus basses; ce qui semble indiquer, suivant toutes les probabilités, qu'elles sont produites par la même matière , se mouvant dans un milieu plus résistant.
Lorsque les conditions atmosphériques sont favorables, ces apparences se succèdent avec une telle rapidité , que j'en ai fi*équemment compté trente dans l'espace d'une heure, et dans quelques circonstances presque le double. La fi*équence de ces apparitions indique qu'elle! dépendent de quelques modifications habituelles de l'atmosphère; et, comme elles ne donnent point lieu à la chute de pierres météo-
riques, il parait presque certain que leur nature est essentiellement différente de celle de ces grands météores.
Indépendamment des autres sources d'analogie f les suivantes sont de puissans argumens en faveur de leur origine électrique.
lo. La lumière des étoiles tombantes ressent- }Ae à la lumière électrique.
2"". Ces météores se montrent fréquemment , avec autant d'irrégularité que les autres modifications électriques qui se manifestent dans latmosphère.
3®. Leur mouvement, comme celui de l'électricité , est d une inconcevable rapidité , et le plus long intervalle qu'ils parcourent, est toujours trop petit pour être apprécié.
4^' Ces phénomènes arrivent le plus souvent, pendant ou vers l'époque- des changemens de temps qui sont généralement reconnus , pour exercer une influence sur l'état électrique de l'atmosphère.
5^. Leur direction n'est jamais constante; ils paraissent dans toutes les parties de l'atmosphère , et se meuvent à peu près dans toutes les inclinaisons , ce qui arrive également aux éclairs.
-6^. On peut assez bien, au moyen àe Félectricité, imiter l'apparence des étoiles filantes.
et la réassite de ces- exj^riences dépdnd de conditions qui ont quelque ; similitude avec celles qui contribuent le {>lus à la production du phénomène naturel. ! . .»
Si l'on fait passer de l'électricité à travei^an récipient^ dans lequel on fait gradueHement lé vide y ce floide affecte* les apparences de 1 aurore bMéale; mais, si Ton en transmet subitement une quantité considérable , il traverse cet espace avec tous les caractères jH^opres à une étoile tombante ^ soit relativement à sa direction, en ligne droite y soit relativement à son- éclat .c. Sa le récipient a six pouces de diamètre sur quatorze ou seize de haut, il faut, pbur pror duire cet effet , employer une jarre de grandeur iBodàcée qui soit complètement chargée : on réussit plus sûrement, lorsque le récipieat n'est que modérément épuisé, d'air, en. sorte que ce qui en reste puisse encore opposer quelque résistance. t
D Êiut donc, pour iiudter artificiellement ce» 4^ux phénomènes , réunir les conditions qm,^ dans Vordre naturel, . paraissent ' essen4 tielle^ à leur production. L'aurore > boréalie ne se. manifeste que dans les hautes régions de l'atmosphère où l'air est plus raréfié , et son imîtalion la plus parfaite s'obtient dans un récipient vidé d'air, autant e^ actonent que
possible : les étoiles tombaotes se moutreLt daiis les parties plus rapprochées de la surface , de la terre, où la densité de l'dir est plus consi« dérable ; et pour simuler oea météores , il (aut employer un fuiliev qui suit encore sdaeeptible de résister.
Toutes les modifications qtie Ton fait sabir à cette expérience , viennent à Tappoi des âûts |»écédens) et, dans quelques. cas partÂonliers^ <m imite , d une manière trètweniavqiiâtUey les
appardnces du phénomène Aatunel iCMou peut feirè traverser au flmde élddvique.up ti^ Urand inte^alle^ en se serTontd'uir appareil convenable.
J'emploie k cet effet un tube de. verre ayant
cinq pieds de long et 7 de pouce de diamètre}
il est muni de viroles, de onit re à chaque ex«
ftrémité. Lovsqu'on a fait k vide dans son tntd«*
«' rieur, aucune étincelle otdinaire ne peut le
traverser, sinon dans un état de dâtfuston ; mais»
f en faisant usage de la charge d'une très-f[rande
|arré , on obtient, dans toute sa lotigueur, iine
brillante étinceUe. M. Morgan a trouvé qu'n^
vec un tube plus court que celui dont je vient
. . ' de parler , oti simulait l'apparence d'mne étoile
i !.. tombante, en le faisant traverser par une ëttn<^
!/ celle qui , dans l'air libre , franchirait un espace
de dix pouces { il ûiut * néanmoins que la lon«-
gueur de ce tabe n^eiccède point quarantehuit potrces^ et qu'il contienne tine quantité d'air dont la densité soit un vingt-quàtriènie de ce qu'elle est dans l'état ordinaire : tnais si ce fluide était davantage dilaté par Taction d*une machine pneumatique, la plus puissante étincelles passerait sous la forme d'un courAnt divisé. En employant un tube trèsétroit de même longueur , la colonne d'air raréfié qu'il' teflfermé, résiste suffisamment à la cfaaige pour ^^MA^tAve, dans toute son étendue, l'appafencé d^tiirt^^irtceUè brillante, toutes les fois que la puiésanM de l'électricité accumulée est suffisante pour le traverser.
Oes espérienc^ et les analogies sur lesquelles elles teposent, veulent tfès*prôbable la sup^ position que Télectricité a des irapporte avec ces tortes de météores ; mais il n'a point encore été possible d^expliquer, d^une façon plau^ sible , ni la itianiàre précise dont ils sont proâttits, ni le bol aaqcel ils répondent.
Lor^e l'état électrique de l'atmosphère est très^intense , on remarque quelquefois une ftppafence lumineuse > au sommet des clochers Oti à Textrémité des mâts des vaisseaux ; et , dafttB quelques circonstances, on a observé ht mètité chose à la pointe des lances. Ce fait est «nalogue à la lumière qui se manifeste sur tout
conducteur proémineat et , délié , lorsqu il est environné dair électrisé, ou approché d'un corps dans le nié^ïie état.
Les tremblemensde terre, les trombes, et mêine les éruptions volcaniques, ont été attribués h l'action de lelectricité. Cependant cette opinion n'est étayée que par roccurrenccaccidentelle de quelques efTets électriques , qui se manifestent durant ces phénomènes ; mais , suivant toutes les probabilités , on doit plutôt les regarder comme les résultats, que comme les indices de la cause qui leur donne naissance.
Les phénomènes électriques de Tatmosphère ne sont point limités aux seules apparences lumineuses : car on s'est . assuré que, Tair est presque constamment élegtrisé ; et, sous ce rapport, pour étudier ses propriétés ainsi que les modiGcations qu'il éprouve , on se sert du cçrfvolânt électrique , de barres métalliques isplées, ou de fils de métal tendus. Il paraîtra sans doute intéressant de donner ici quelques i^nseigne^ mens sur la structure et la. di^osition. des appareils propres à ce genre de recherches. ,
Un cerf-volant électrique , étant très*susceptible d'être déchiré ou perdu, il faut le construire de la manière la plus simple ; .il . doit avoir des dimensions modérées , car souvieat il ne fait pas assez de vent pour en lancer uu
très-grand, lequel est en oufre, sous plusieurs autres rapports , très-diflîcile à manier. On peut se servir, pour ces sortes d'expériences, d'un cerf-volant de papier, ayant à 'peu près quatre pieds de haut sur deux de large; et, afin de le défendre de la pluîe^ on rîmbibera d'une huile siccative. La corde doit être formée d'un très-petit fil de cuivre ou d'argent (semblable a ceux dont on se ^rt pour broder), que l'on entrelace dans toute sa longueur avec un autre fil. Quand le cerf-volant est enlevé, on isole la ficelle en l'attachant à un cordon de soie, dont l'autre extrémité peut être fixée a une balustrade ou à tout autre corps immobile ou pesant. Le bout de la corder métallique répond à un conducteur isolé, à deux pouces duquel est placée une boule de cuivre en communication avec le sol ou avec l'eau la plus voisine; elle doit. être disposée de feçon que l'électricité , quand elle a une intensité suffisante pour fi'anchir cet intervalle de deux pouces, puisse être transmise sans danger pour l'expérimentateur. Le physicien doit alors prendre garde de ne point trop appro- •cher du conducteur ; et, s'il a besoin de toucher quelqu'une àe-i parties de l'appareil , il ne doit le faire qu^en se servant.de longs .manches ou de pinces isolés. En ne négligeant aucune de ces
précautions y M, de Romas partint à recneil*iir, au moyen de son appareil, une énorme quantité d'électricité qu'il put ensuite, ainsi que nous Favons déjà dit, soumettre, sans danger, à Texpérience. Mats , comme il est trèsprobable que de tels essais ne peuvent conduire à aucun résultat utile, je conseillerais plutàt au physicien , en pareilles circonstances , de s'éloigner iipmédiatement de Tappareil et de se tenir à une distance raisonnable.
Lorsqu'on élève ou abaisse le cerf-¥olant, on est exposé à recevoir par inadvertance des commotions que Ton peut prévenir, en laissant en contact avec la boule de cuivre qui communique au sol, une portion de la corde qui est entre le physicien et le cerf-volant : cette précaution est ibrt essentielle , lorsque des nuages orageux sont au-dessus de l'appareil ; mais il est alors absolument inutile d'avoir recours à ce procédé dangereux, puisque l'on peut observer l'électricité atmosphérique par des moyens beaucoup plus simples.
Les effets qu'on obtient en se servant du cerf-volant électrique, étant communément en rapport avec la longueur de sa corde , on a pensé qu'il pourrait é|re avantageux d'en disposer deux ou trois placés les uns au-dessus des autres, afin de pouvoir, lorsque l'électricilé
«faaEi6flpherîqiie cist tnb^tihle , exposer à Tair une €or4e snSUamineat longue. Les ceii-vo- 1ms ^ Ù9^ fiuperpQsé», oot ooe longue fente dans la baguette du n^ieu , et qiaaml le prei^ier a pris tout ce qu'il peut porter de corde , on passe le bout à travers la fente du deuiièma^ et ^n Tf^ttfebe k sa corde. JUDioquts le second est ^nm. parvenu à sa plus grande hautew, on peut 0 de la même aujiière ^ lui en ajouter un troisième ; mais» il eat faon d'dbsenrer que Fcm rencontre à diffieiwites bauleum dans latmosphère^ des eoufans opposés, qui peuvent contrarier 'ces sortes d'expériences.
Il est évident que le cerf-volant électrique n'a d'autre usage que de servir à éteadre^ dans Fatmosphàre^ un fU conducteur d'une longueur ]dus (Mi moins coii^dérable ; et, cooame il ue convient point pour fidre des expériences permanente^ I on a proposé de lui substituer un autre ntioyen : Beccaria plaça à demeure un loiig 61 de métal f qui d'un cerisier s'étendait à un bâton fixé à un rang de cheminées ; pour iso* ier les extrémités dé ce fil, il se servit de verre enduit de cire à cacheter , qu'il garantit ensuite de la pluie avec de petits entonnoirs de fer bknc^ une tige conductrice, partant du fil de jnétal, pénétrait dans sa chambre à travers un carreau de vitre , et c'est lii qu'il fit ses observa*
-fions sur Télectricité recueilliepar cet appareil ; il compara les résultats <{u41 obtint a diverses e'poqueSy avec les indications hygrométriques, et autres phénomènes concomitans.
Le fil dont se servit habituellement ce pby-
.sicien y avait cent trente-deux pieds français de long; il fut placé au haut de la montagne de Garzegna, dans le voisinage de Mondovi^ situation élevée et de laquelle on découvre les Alpes et la plaine du Piémont. A une autre époque /il étendit > au«dessus du fleuve du Pô,
:une corde isolée , longue de quinze cents pieds, mesure de Paris , et il remarqua que chaque
'fois qu'il tombait une ondée , elle dcMinait des
• signes intenses d'électricité*
Ce physicien zélé continua ses observations pendant quinze ans ^ elles prouvèrent que l'àt-
- mosphère est presque toujours électrisée , que son électricité est positive et a une relation manifeste avec Tétât dé la vapeur qu'elle con^ tient : les indications que fournit cet appareil sont û'équeminent influencées, soit par les
'jiuages qui passent au-dessus de lui, soit par l'action d'un courant d'air provenant des endroits ou des nuages se forment, ou bien de la
: vapeur se précipite. Si nous nfiettons à pari ces sortes, de circonstances , on observe rarement
-que-l'atoio^hèr^i^t ditns )iin iétat électrique
négatif.' On peut donc supposer ^ lorsque cela arrive^ cpie cest un résultat du à l'influence qu'une portion de l'atmosphère , positivement électriisëeii un haut degré, exerce sur l'électricité naturelle d'une autre portion qui en est voi-^ sine, ou ^ en d'autres termes, que les signes tpi se m^mifestent alors , sont une conséquence de l'action que développe Félectricité atmosphérique permanente, et non pas les résultats d'tfnè cammuhicalion réelle.
Mon ami , André Crosse , écuyer de Broomfield ,près Taunton , physicien aussi actif qu'in* tellig6nt> a dernièrement fait un trè»^rand nombre d'observations, au moyen d'un conducteur atmosphérique d'une étendue consi*raUe. Cet appareil consiste en un fil de cuivre, de ~ de pouce de diamètre, attaché et isolé entré èetcc^ mâts de cent à cent dix pieds de haut. Qd s'^st donné beaucoup de peine pour rendre cet appareil plus parfait et plus étendu que tous ceux qui avaient été construits jusqu'alors. Le fil isolé avait une longueur. d*un mille et ûnr quart , et , pour conserver son isolement, on a eu recours à diverses inventions plus ou moins ingénieuses; mais sa longueur le rendait tellement susceptible d'être avarié ou volé, qu'ih parut convenable de la réduire '4 dix hut cents pieds 5 et jusqu'à présent oii n'a pas
encore pu trooyer de moyens qoi paissent maintenir l'isolement pendant na bromUaid épais ou un temps de neige.
Il y a quelques petits iuconvénieiis inséjMh râbles de l'usage de cet appareil ^ auxquels on remédie néanmoins en le fixant d*une mamère trè&eolide , et surtout en se ménageant^ lorsik sa copstnietion, la facilita de le hausser et k baisser à volonté , pour nettoyer les isoloirs qui souvent deviennent conducteurs par les toiles 4'araignées qui $*y attachent. Les points auxquels le fil de fer est fixé, doivent être assez solides pour résister au poids d'ungFgud nombre d'hirondelles qui quelqueficiis vianoent s'y percher, el au choc q^'il reçoit lorsque des pigeons» des hiboux, etc. , en volant» se heur^ tent violemmept contre lui*
Un fil ainsi disposé a été conservé tendn pendant dix-huit mois, saaa éprouver dacd* dens : d'après les indications qu'il a données et celles fournies par d'autres expériences d'une moindre durée , on a conclu que ;
i«. Dans l'état habituel de i'^tmosphèfe , son électricité est invariablement positive.
2^. Les. brouillards , la pluie , la neige » la grêle et la neige fondue, changent rétid; éloo trique du ftl de métal. 11 est habituellement oé^ galif à l'instant où se développent ces météorfe^;
mais souveot il 4evient positif, augmente grd^ duelkment en intensité ^ puis décroît de la même iMtnière , et varie ainsi toutes les trois oa quatre minutes. Ces phénomènes sont tel-élément constans que , toutes les fois que Ion tronve l'appareil négativement électrisé , c'est un indice certain qu'il y aura dans son voisin nage immédiat de la pluie t de la ueige , de la grêle on du brouillard, ou bien qu'un nuage orageux n'est pas éloigné.
y. A l'af^roche d'un nuage chargé,. lappa^ reil donne quelquefois des signes d'électricité positive; d'antres fois il maniâkte d'abord des signes d'électricité négative ; mais i quel que soit son état, l'effet augm^ite graduellement jusqu'à un certain terme ^ puis décroît, dispa* ratt, et est suivi par une indication opposée qui croit anccessivement au-delà du premier maximum , décroît de nouveau , devient nulle , et esl ensuite suivie par des indices de l'électricité primitive. Ces alternatives sont quelque» fois nombreuses , et suivant les circonstances pins ou moins rapides : elles augmentent habituellement en intensité à chaque récidive , et enfin , nn courant dense et continu d etiacelles se porte du conducteur atmosphérique sur la boule qui en est voisine, s'arrête par intervalles^ puis reparait avec, plus de force. Dans
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cet état de choses , un fort courant tf air parait sortir du (il de métal et de tout l'appareil qiii lui communique : il n'y a que ^luî qui en est témoin , qui puiss^ese former une idée de l'effet imposant et majestueux d*un tel phénomène : à chaque éclair , un courant , accompagné d'un bruit particulier , se manifeste entre les balles de l'appareil , et éclaire^ de la manière la plus brillante, tous les coi'ps environnans; ces apparences sont encore rendues plus effrayantes par les roulemens successife du tonnerre , et le sentiment intime que Ton a du voisinage dé la cause qui produit ces effets.
Tandis que l'agent électrique présente un spectacle si ' imposant pour tout autre observateur, le physicien demeure sans inquiétude auprès de son appareil, conduit la fondre dans des directions déterminées, l'emploie pour fondre des fils métalliques , s'en sert pour décomposer des fluides et lui fait enflailimer des substances combustibles : lorsqu'enfin les effets sont trop énergiques pour qu'il puisse sans danger continuer de telles expériences , il fait communiquer le fil isolé avec la terre , et transmet ainsi en silence et sans péril , Félectrîcité accumulée.
4*. Un brouillard qui tombe , ou une forte pluie, électrise fréquemment l'appareil^ a peu
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près autant que le- ferait ui| nuage orageux, et avec les mêmes njpjdîHcatious. . .
S^" . Dans un temps nébuleux , communément on remarque une élecjtricité positive faible : s'il tombe de la pluie^^ souvent .cette électricité devient négative ; mais son état positif reparait quand la pluie cesse.
6«, Durant un beau froid, l'électricité posir* tive est plus forte que pendant, qn beau. jour d'été. Dans le tableau suivant on a inscrit les intensités variables des signes électriques -, à raison des diflërens cbangemens, qu éprouve Tatmosphère. On a d'abord indiqué ceux dont les effets sqnt plus intenses, en. continuant; ^ius^ dans un ordre décroissant : ,
I ^. Lors de la présence d'un nuage orageux uniforme:
j2». Pendant un brouillard .épais , accomp^ gné- d'une petite pluie ;
3<>. Une chute de neige ou urne grêle. abojoK dante;
4*. Une forte ondée, particulièremeot pen? dant un jour chaud; ' > . - ' :
5**. Un temps chaud succédant^ à des joiyrs hunoides; ' .i
&>. Un temps humide, à la cuite de jours secs^;.