LES SERPENS
proprement dits.
Cette famille se divise en deux tribus :
1° Espèces non venimeuses On en fait deux genres princi-
paux :
Animaux faibles , innocens, de petite taille, qu'on pourrait, si ce n’était l'absence des
pattes, classer parmi les sauriens; leur corps est recouvert d'écailles qui se recouvrent comme des tuiles.—Zes orvets , jolis petits ophidiens, insectivores, vivant dans des trous ; se roidissant tellement contre la main qui les saisit, qu'on les voit fréquemment se rompre, ce qui leur a fait donner le nom de serpens de verre. L'espèce commune en Europe atteint environ un pied de long, a des évailles d'un jaune argenté en dessus , noirâtres dessous ; queue de la longueur du corps.
1° Celle des DOUBLES-MARCHEURS : Ainsi nommée parce que leur tête étant toute
d'une venue avec le reste du corps, ils peuvent marcher également en avant et en arrière. Les mâchoires ne sont pas disposées de manière à permettre la dilatation
de la gueule. T'els sont les amphisbènes qui ont d’un à deux pieds de longueur et la forme d'un ver de terre.
2 Celle des VRAIS SERPENS : Espèces dans lesquelles les mächoires sont suscep-
tibles de s'écarter à un tel point que l'animal peut avaler une proie beaucoup plus grosse que lui; leur peau est souvent recouverte de grandes écailles en forme de plaques : on les distingue en espèces non venimeuses et espèces armées d’un venin.
a. LES BOAS : Il en est qui atteignent plus de 30 pieds de longueur. Ils se nour-
rissent de grands quadrupèdes qu'ils commencent par étouffer, par broyer en quelque sorte dans leurs replis, puis qu'ils avalent en entier , quel que soit leur volume. Tant que dure le pénible travail de cette déglutition et de la digestion qui la suit, l'animal reste immobile et dans une torpeur profonde. C'est un moment favorable pour l’attaquer.
b. LES COULEUVRES : Se distinguant des espèces dont nous venons de parler par
des plaques doubles ou par paires sous la queue. Leur tête est généralement aplatie, ovale, couverte de grandes plaques en forme de losange et se recouvrant comme des tuiles. Leur langue, semblable à celle des lézards , ne lance pas de venin comme on le croit vulgairement. Ces animaux n’ont aucun moyen de nuire. Naturellement doux, ils sont susceptibles de se familiariser avec l’homme. Ils se nourrissent , selon leur taille, d'insectes, de reptiles , de poissons. — Espèces princicipales : les pythons, de l'Amérique équinoxiale, atteignent à peu près la taille des boas. — Les petites espèces (couleuvres PRpRe dites), ne dépassent pas celle des orvets. La couleuvre à collier, la plus commune en France, doit son nom à trois taches blanches qu’elle porte derrière la tête; le reste du corps est cendré , avec des taches noires le long des flancs ; les écailles relevées en arête. Elle est commune dans les prés, dans les eaux dormantes. Elle vit de grenouilles , d'insectes. etc. Sa taille est d'un à trois pieds. Elle nage avec facilité. On la mange dans plusieurs provinces. — La couleuvre verte et jaune grimpe après les arbres et fait la guerre aux petits oiseaux. — La lisse est roux-brun , marbrée en dessous, avec deux rangs de petites taches noirâtres sur le dos.
Espèces venimeuses portant à la michoire supérieure deux dents recourbées (crochets à venin) que l'animal redresse à volonté, et qui sont percées
glande située à la — On en fait
deux genres prin-
a. LES CROTALES ou serpens à sonnettes : Ainsi nommés du bruit que font en
frottant les unes sur les autres les plaques de la queue. Ils atteignent G pieds de longueur. Leur morsure cause la mort d'un homme en quelques instans. Ils habitent l'Amérique septentrionale.
b. LES VIPÈRES : Relativement à la forme du corps et à la disposition des écailles,
elles ressemblent complètement aux couleuvres; mais elles en diffèrent par la présence de crochets à venin. I est des espèces, dans les pays chauds, qui atieignent 5 à 6 pieds de long. Tel est le naïa ou serpent à lunettes , ainsi nommé d’une tache brune en forme de lunettes qu'il porte sur le cou. Cet animal jouit de la singulière faculté de rentrer fa tête dans le cou, considérablement élargi au moyen de ses côtes, qui se redressent et soulèvent la peau en cet endroit, — La vipère commune , longue de 17 pouces à 2 pieds, brunâtre en dessus, avec une ligne noire en zig-zag , et deux rangées de laches noires de chaque côté , ardoisée en dessous. On la rencontre aux environs de Paris, dans les lieux boisés
cipaux :
(PL 9e Jig- 1.) €.