‹ Elémens d'histoire naturelleChapitre 30 sur 222 · I. GERMINATION · texte numérisé non relu

I. GERMINATION

3° La repronucriox, fonction en vertu de laquelle la plante reproduit un

Elle offre à considérer : 1° ses conditions, ou ses agens; 2° ses phénomènes ; 3° les usages des diffé

rentes parties de la graine.

1° L'eau joue un des rôles les plus importans dans la germination, d'abord elle ra

mollit les tégumens qui enveloppent l'embryon ; en second lieu , elle sert à la

nourriture de la plantule, soit par elle-même, soit par les substances salines et terreuses dont elle est le véhicule.

2° La chaleur. L'humidité pourrirait les graines, s'il ne s’y joignait en même temps

une certaine élévation de température , dont le degré est impossible à fixer, parce qu'il varie beaucoup selon les espèces. Néanmoins , en principe général, aucune

A plante ne germe, si la température est assez froide pour geler l'eau , ou assez

| chaude pour l’évaporer entièrement. —- Le froid modéré se borne à suspendre le

CONDITIONS développement de la plantule, sans y détruire le principe vital. — On à constaté

ou que des végétaux qui, dans une température basse, mettent 12 heures à germer, AGENS le font en 3 heures dans une température élevée.

de la germination.

3° L'air. Le gaz oxigène qui entre dans la composition de l'air enlève à la plante

le carbone (principe chimique qui y abonde ) , et se combine avec lui en vertu de son affinité. Or, par suite de cette soustraction , la matière nutritive qui compose le périsperme ou les cotylédons (fécule ) devient laiteuse, sucrée , et fournit à la plantule un aliment qu'elle serait encore inapte à se procurer par elle-même.

4° Le sol. Il n'est pas indispensable à la germination, puisqu'on voit des graines

germer dans leurs propres fruits, sur des éponges mouillées, etc. ; mais il lui est d'une utilité indirecte en servant de conducteur à l’eau, à la chaleur, et en interceptant la lumière , dont le contact est nuisible à la graine.

22 PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE

1. PREMIER TEMPS DE LA GERMINATION : ramollissement des enveloppes et gonflement de la graine. — La graine qui se trouve dans les conditions nécessaires à la germination absorbe l'humidité. Ses tégumens se ramollissent, se distendent par suite du gonflement de l’amande, puis finissent par se rompre. La force d'expansion des graines est si grande dans ce moment , qu'on leur a vu soulever des poids considérables.

2. SECOND TEMPS DE LA GERMINATION : développement de l’embryon. — La radicule s'ellonge la première, sort des enveloppes, et se dirige toujours vers la terre, quelle qu'ait été sa direction dans la graine. La plumule se redresse et s'allonge en cherchant l'air et la lumière. Quant aux cotylédons, tantôt ils s'élèvent au-

B. dessus du sol , verdissent et s'étalent sous la forme de feuilles ( feuilles séminales ) ; Ses tantôt ils restent sous terre et flétrissent ; il en est qui ne sortent même pas des

AO Ne enveloppes séminales. | ‘ 3. Durée DE La cErminariox : elle varie, selon les espèces, entre quelques heures et une, deux années, Elle est en rapport avec le plus ou moins de résistance des enveloppes , l'action plus ou moins vive des agens extérieurs ( calorique , électricité, humidité, etc.) — Relativement au temps pendant lequel les graines peuvent conserver leur faculté de germer, les différences sont plus grandes encore. Il en est qui ne germent que si on les a mises en terre aussitôt après leur maturité ; d’autres perdent la propriété germinative au bout d'un an ou deux ; il en est enfin qui peuvent la conserver en quelque sorte indéfiniment. Ainsi quand on remue les décombres d'anciens édifices, on voit le sol se couvrir de plantes nouvelles

qui proviennent de graines enfouies dans leurs matériaux. A l’époque de la germination , une sorte de fermentation s'établit dans la fécule , ou

substance nutritive de la graine (périsperme et cotylédons.) Cette substance liquéfiée fournit à la plantule une nourriture facile, douce, appropriée à l’état de ses

C. organes. Les fonctions importantes que remplissent alors les cotylédons , leur ont : fait donner le nom de mamelles du végétal. Dans les espèces où ils manquent, Dee c'est Le périsperme qui, épais et charnu , tient en réserve la substance alimentaire.

des diflérentes( Les enveloppes servent à protéger l'embryon et ses cotylédons contre l'humidité du sol, qui les décomposerait promptement.

. Une fois la germination accomplie , ces diverses organes se flétrissent et se détruisent. GTA, Quand les cotylédons se convertissent en feuilles séminales , ils suppléent sous ce nouvel état aux fonctions d'absorption que la plantule à l'état rudimentaire ne peut encore remplir qu'imparfaitement , puis ils disparaissent peu à peu , à mesure que le végétal prend de l'accroissement.

Tels sont les phénomènes de la germination dans les graines parfaites. Dans les plantes acotylédones, ils offrent un grand nombre de variations.

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